Baba Squaaly se confie sans haine

Baba Squaaly se confie sans haine

By Radio NovaMusic
Download on the App Store

Baba Squaaly se confie sans haine episodes

  • Le monde d’après à l’arrêt ?

    Ça fait un an que j’vis au ralenti. Ça fait un an qu’on vit tous au ralenti… Bien sûr, il y a eu les quelques mois d’été, mais c’est le cas de le dire, ça fait un an que notre vie a des allures de plat pays. En un mot comme en cent, je bulle et j’ai en ai marre, marabout, bout de ficelle, selle de cheval. Et encore, moi, j’ai un édito à livrer 4 jours par semaine, des disques à écouter, des dossiers de presse à parcourir, des papiers à rendre de ci de là cahin-caha et des tonnes de truc à faire en visio. 

    C’est simple, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que j’sois en retard, mais pour tout le reste de ma life, c’est mort ! J’ai un rythme de petit-vieux alors que l’heure de la retraite n’a pas encore sonnée. Et je ne suis pas le seul. Le troisième âge nous a gagné et je ne parle pas là que des seul.es sexagénaires, ni même des quinquas bien avancé.es. J’en connais qui sont encore loin du demi-siècle et dont la vie est désormais organisée autour de quatre points cardinaux : le lit, la table, le bureau et le lit. Ils n’ont même pas été foutu d’en trouver quatre. Bien sûr, ils s’accordent quelques sorties pour le ravitaillement, mais c’est tout. Ils se sont fondus dans un moule de vieux, planté dans leur relax au milieu du salon face à l’écran plat. C’est simple, ils ne parlent plus, ils radotent !

    Le pire, c’est que lorsque la machine va se remettre en route… car oui, un jour, il faudra bien qu’on en sorte de cette foutue pandémie et qu’on retourne au boulot, qu’on en finisse avec les aides aux sociétés et le chom’du à temps partiel, et qu’on recommence nos sorties avec les potos et les poutrelles, qu’on reprenne nos tournées des grands ducs. Quand le monde d’après finira bien par arriver, je crains qu’il soit un monde d’arrêt, qu’on ne soit pas dans les starting blocks prêt à démarrer. Pas sûr d’arriver à s’caler sur le tempo de la reprise. Pas sûr que nos articulations suivent. Pas sûr au-delà même de l’envie forte qu’on a, que nos corps embraient.

    Et puis, je me dis, qu’à l’heure de la reprise, quand il faudra enfourcher la machine de la vie, ça sera un peu comme avec le vélo. Nos pieds retrouveront les pédales, les mains le guidon et sur Mars comme ailleurs, ça repartira ! Ce matin, je pensais à vous, mes amis re-re-confinés, et ça m’a filé le blues. Heureusement demain est un autre jour...


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    4 min
  • La Commune, de Paris à Marseille

    Après le premier anniversaire de la covid célébré hier avec tous ceux qui sont né.es un 17 mars, j’ai choisi de vous parler ce matin, 18 mars 2021, d’un autre anniv’, de revenir sur la Commune de Paris qui fête aujourd’hui ses 150 ans. Vous le savez, j’aime laisser refroidir le brouet de l’information, plutôt que de mes bruler les lèvres avec ce minestrone qu’on appelle actu.

    Revenons au 18 mars 1871, jour retenu par l’histoire avec un grand H, comme point de départ de la commune de Paris. Le pays sortait défait de la guerre contre les Prusses. Dans la capitale, les travaux conduits par le Préfet Haussmann modifiait l’assisse populaire de la ville, centrifugeant les plus riches à l’Ouest et les plus pauvres à l’Est. Rien n’a changé ou presque. De quoi attiser en tout cas la colère du peuple de Paris, les colères des Parisiens. La suite connue sous l’appellation commune de Paris, on l’a tous plus ou moins apprise à l’école.

    C’est grosso modo un peu plus de deux mois - 71 jours pour être précis - d’insurrection populaire et républicaine. C’est une tentative de démocratie directe qui a fini dans un long bain de sang. Une semaine de tuerie, ce n’est pas rien. Ce que l’on sait moins, c’est que très vite, 4 jours à peine après les débuts du mouvement insurrectionnel parisien, Marseille avec à sa tête l’avocat et poète Gaston Crémieux s’enflamme et soutient les insurgés parisiens. Le mouvement, sera très vite laminé, décimé par une répression féroce ordonné par Adolphe Thiers, le chef du pouvoir exécutif de l’époque. En mettant fin au soulèvement à Marseille, il met fin à toute velléités de soulèvement en région comme on ne disait pas encore.Ce petit bout d’histoire, qui se déroulait presque simultanément à Paris et à Marseille, ces deux mois et quelques jours ont marqué pour beaucoup l’histoire des luttes, ici en France, mais aussi dans le monde entier. Ces 71 jours agitent aujourd’hui encore les imaginaires militants et les espoirs de grand soir de ceux qui y croient encore.


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    3 min
  • César, compression en petit comité

    L’époque est compliquée… Si compliquée que je n’ose plus réagir à l’actualité sans préalablement laisser filer un délai d’au moins 3 jours ouvrés. Aujourd’hui, tout est si complexe que je pèse désormais chacun de mes mots, chacune de mes idées avec la précision d’un orpailleur en fin de journée. Un bon mot et la fortune peut te ruisseler dessus… Un mot de travers et c’est la Béresina, en gouttelettes froides et glaciales comme l’eau de ce fleuve bélarus. 

    Vendredi dernier, une poignée d’artistes se câlinait le nombril entre deux sanglots longs et trois suffocations, devant un parterre tout riquiqui qui ressemblait plus à la salle d’attente d’un centre de vaccinations endimanché qu’à une salle de spectacle accueillant en strass et grandes pompes, une remise de prix. C’est en huis clos donc qu’ils ont parlé d’eux, de leurs souffrances, de leur ennui, parfois, et souvent même des ennuis d’un métier, le cinéma, à l’arrêt faute de salles. Ils ont parlé avec des mots justes, des bustes tels des culs de bus tagués, des silences et des moqueries. Ils ont parlé et ça en a irrité certains, énervé plus d’un qui leur ont reprochés cette mise en scène et surtout ces mots d’acteurs devenus auteurs, auteur d’un roman dont ils peinent à être le héros. 

    Il n’y a plus de héros, héros, héros petit patapon. Il n’y a plus de héros à applaudir le soir à 20h00. Alors on se tait, où l’on râle plus fort encore pour que l’écho de notre râle supplante le râle du voisin. Du haut de sa tour d’ivoire, chacun râle de plus en plus en fort. On se croirait en pleine répétition d’une chorale sous LSD. Chacun braille à tue-tête sa partie sans chercher l’accord avec les autres. 

    L’acteur, celui qui habituellement cherche à être l’autre, à être le rôle, ou du moins à l’incarner, lui donner vie et à résonner avec ceux de ses partenaires, l’acteur a viré égocentrique. Moi, moi, moi… 

    Souffler n’est pas joué, souffrir n’est pas jouir ! Mais que n’aurait-on dit, si plutôt que de parler de lui, l’acteur devenu auteur, l’actrice devenue nue ou auteure ou les deux à la fois, nous avait narré la vie de quelqu’un d’autre, de quelqu’une d’autre, s’il, si elle s’était approprié.e inclusivement ou pas cette autre vie. L’écho des flashs sur le mur blanc, plus encore que celui du râle dans la parisienne, agite la culture à gros brouillons pour le ravissement de son actionnaire numéro 1. À l’heure de l’occupation des théâtres et autres lieux de culture, n’oublions pas que ce qu’attendent acteurs et spectateurs, c’est de l’action pour renouveler sur la même scène et dans la fosse, cet ensemble qui nous va si bien à nous tous.


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    4 min
  • À quoi bon ?

    Toi, moi, nous, nous nous posons parfois, souvent tout le temps chacun biffera ses mentions inutiles les mêmes questions. Bien sûr tu es plus grand ou plus blond, moi plus gros et peut-être plus insouciant. Je chausse du 42 et demi et toi du 36. Et si je cours plus vite que toi cela n’est aucunement lié à la taille de mes pieds, car j’en connais qui font du 45 et que je grille aisément sur la ligne d’arrivée. Nous sommes évidemment différents, pas pareils qu’on dit à Marseille et pourtant, nous avons des questions, des tourments, voire des obsessions en commun. 

    Ce matin, vers 5h43, juste après avoir giflé mon réveil qui se faisait insistant, je me suis demandé pourquoi me réveiller ? À quoi bon ? Cette question, je ne me la pose pas tous les jours, car heureusement comme vous à Paris, j’ai des bonnes raisons de me lever, de mettre un pied, puis deux hors du lit et d’avancer dans un système vertical orthonormé, si vous me suivez. Cette question, je ne pense pas être le seul à me la poser ? Je te devine toi à Boulogne s/Mer, ou toi à Limoge et même toi qui m’écoutes en DAB+ à Colmar ou n’importe où dans le monde en podcast, tu te poses la même question : Mais à quoi bon ? Tu te le demandes de temps à autre, peut-être un peu plus souvent cette dernière année pourquoi faire tout ça ?

    Pourquoi cette agitation, puisque tous autant que nous sommes, nous finirons poussières sous terre ou cendres en équilibre instable dans un pot sur l’écran plat du salon. On en regrette presque le confort de nos bonnes vielles télés cathodiques. Cette question – à quoi bon ? - on se la pose tous, quelle que soit la force de notre dépigmentation, quel que soit notre rapport au soleil, quelle que soit la latitude sous laquelle nous vivons. On se la pose tous ! Et heureusement que je me suis posé cette question ce matin, sinon, je crois bien que l’irrésistible Morphée m’aurait à nouveau ouvert ses bras. Je crois bien que je me serai rendormi et l’on se serait loupé ce matin. Vous m’auriez manqué. Ça, c’est sûr. J’espère que l’inverse est vrai. De toutes façons, on remet ça tous les jours du lundi au jeudi. J’entends déjà où plutôt je devine déjà le son de mon réveil. Bonne journée à toutes et à tous et à demain.


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    4 min
  • À la recherche du patient zéro

    Dans les cours d’école, il parait que les enfants ne jouent plus qu’à ça. Garçons et filles sans distinction ! Quant aux parties, elles peuvent durer plusieurs récrés d’affilée. Alors quand retentit la cloche qui marque la fin de la pause, tous protestent, tous espèrent pouvoir prolonger le game encore et encore. Tous veulent savoir qui est le patient zéro. Certains de leurs instits, ceux qui ont connu mai 68 évoquent des modes passés, celles de billes ou des osselets, celles des élastiques ou du tac à tac à tac à tac, et tous sont obligés de reconnaitre que le jeu du patient zéro est sans commune mesure plus addictif que tous les jeux de cours d’école auxquels ils ou elles ont pu assister par le passé. Ils ne pensaient pas connaître ça avant de prendre leur retraite. Les gamins sont comme dingues. Tout est prétexte à jouer. Au premier toussotement, au moindre saignement de nez, ils pistent les indices, les confrontent au réel, quand ils ne mettent pas en branle des batteries de tests imaginaires. 

    C’est simple, les énigmes qu’ils élaborent sous le regard médusé des adultes tiennent plus de l’équation à trois inconnues que de la simple party de Cluedo à élucider. 

    Adieu Colonel Moutarde, adieu Madame Pervenche vous ne tuerez personne avec la clé anglaise dans la cuisine, le Brexit est passé par là et nos minots ont mieux à faire 

    N’empêche qu’il faut trouver le coupable, celui qui a enclenché la machine infernale, celui qui est au départ du grand chambardement, il faut localiser cet être sous puissant, cet anti-héros, ce Jo la Scoum’, par qui tout est arrivé. Même les parents succombent, se transformant parfois en Sherlock Holmes sur leur temps de télétravail. Qui est le patient zéro reprend au 3ème millénaire l’intrigante énigme de la poule et de l’œuf. 

    Autant dire que le jeu risque de durer, de s’éterniser et probablement même de finir par lasser, mais pour l’instant tout le monde se sent investi. Bien sûr certains contestent, remettent en cause l’idée qu’il n’y aurait pas de patient zéro, mais plutôt une addition de nullité comme ils disent non sans humour. Ce qui est sûr, c’est que la vie dans les cours de récré a changé et qu’on ne sait quand elle reprendra son cours normal. Ce qui est sûr, c'est qu’à défaut de patient zéro et à force de procrastiner, je suis en passe de devenir l’impatient ultime, Un impatient qui fort heureusement sait encore composer avec l’infini, l’intangible et le nébuleux. Pourvu que ça dure.


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    4 min
  • Le 11 mars, jour des accidents domestiques

    C’est un 11 mars que décédait le chanteur Claude François, le 11 mars 1978 pour être précis. Claude Antoine Marie François, surnommé CloClo finissait ses jours, foudroyé par un œdème pulmonaire provoqué par une électrocution accidentelle dans sa baignoire. Quand tout à chacun espère mourir dans son lit, lui a fini ses jours en infusion dans sa baignoire.

    Je m’en souviens, c’était un samedi, en tout début d’aprèm, je venais de retrouver ma bande du moment pour une de nos errances hebdomadaires dans les rues de la capitale. Il n’y avait pas de portable à l’époque et encore moins de tweeter ou de réseau sociaux. C’est je m’en souviens dans un café branché sur une radio périphériques, il n’y avait pas de FM non plus mais des cafés ouverts - c’est déjà ça - que nous avons appris sans affect aucun la nouvelle de son décès. 43 ans plus tard, je ne comprends pas que cette date du 11 mars ne soit pas devenue le jour des accidents domestiques. 

    Ces accidents qui provoquent grosso modo pas moins de 12.000 morts par an. 12.000 morts et 11 millions de blessés dont 4, 5 passent par les Urgences, 500.000 devant même être hospitalisés. Ce n’est pas rien ! 500.000 hospitalisés par an, c’est bon an mal an 1370 lits d’hôpitaux occupé par jour. A l’heure de la Covid, il va falloir que cela se cesse, d’autant qu’il faut aussi ajouter à ce chiffre, celui des accidents du travail, même si lui risque d’être en baisse en raison du confinement et du couvre-feu ! Rien n’est gagné… et je ne vous parle pas là de la hausse des accidents du télétravail, une augmentation qui risque d’impacter par confusion des genres le nombre total d’accidents domestiques sur l’année, nombre qui sera de toutes façons, plus important que dans les dernier relevés au regard du temps passé à la maison. Domestique signifiant je te le rappelle en refermant mon gros dico : qui appartient à la maison. 

    Il serait peut-être urgent de reconsidérer le budget de la santé pour renforcer notre dispositif hospitalier. Je vous entends déjà Armel et Sarah Lou murmurer face à vos micros fermés : mais tout ça un coût. Je le sais et j’y ai pensé puisque nous sommes en guerre, il suffit de mettre à contributions le Ministère des Armées et basculer les crédits flechés sur de l’achat de petits matériels et autres chars d’assaut vers les hôpitaux. Ni vu ni connu, les finances restent en équilibre et tous les Claude François de l’hexagone peuvent reprendre leurs travaux domestiques ! A lundi, moi ce week-end question accidents domestiques, j’suis dispensé, je passe mon week-end à Paris, loin de ma maison. A lundi à Marseille !


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    4 min
  • Noire, c'est noire !

    Demain, nous célébrerons - ou pas - d’ailleurs l’anniversaire du premier confinement en France. Personne, si je ne me trompe, n’a songé à faire un gros gâteau en forme de Covid, même si nombre de mes confrères ont déjà commencé à emballer cet anniversaire dans du papier journal. Je ne vous dresserai pas ce matin la liste de ce que la Covid à changé dans nos vies, de ce qu’on ne fait plus. Je ne vous répèterai pas non plus toutes ces choses non essentielles qui me manquent terriblement, qui nous manquent terriblement, je n’ai que deux minutes et quelques secondes pour cela.

    Non, ce matin, je vous raconterai juste que cette année noire - pour reprendre l’expression utilisée par certains de mes collègues comme on dit à Marseille - m’évoque d’autres années noires, des années noires qui s’écrivent au pluriel, des années noires qui ont duré 10 ans et plus, des années noires qu’on a surnommées la décennie noire pour lui garder son caractère singulier de l’autre côté de la Grande Bleue.

    C’était dans les années 90, en Algérie, c’était il y a plus de vingt ans, donc pas trop loin pour qu’on s’en souvienne encore, mais suffisamment quand même pour qu’on ait pris de la distance avec ses années terribles où des gamins se rendaient le matin à l’école, sans savoir s’ils seraient de retour le soir ; et si à leur retour, ils retrouveraient père et mère pour les accueillir. C’était une horreur quotidienne. Une horreur qui a occasionné 60.000 à 150.000 morts selon les sources.

    C’était dans les années 90, en Algérie, c’était il y a plus de vingt ans, donc pas trop loin pour qu’on s’en souvienne encore. Étonnement, quand tu en parles avec des Algériens ou quand ils en parlent entre eux, c’est comme un trou noir dans leur vie. Ils l’ont vécu, c’est passé, ils n’en parlent plus ! Comme si leur mémoire, leur esprit occultait ces années-là. Pourtant tous ont dans leurs proches, dans leurs familles, leurs amis ou relations de travail des personnes qui sont restées sur le carreau. Tous ont été victimes directes ou collatérales de cette guerre civile. C’était leur quotidien, qu’ils soient d’un bord ou de l’autre, voire d’un troisième qui n’en avait pas grand-chose à faire de tout ça.Personne n’a vraiment oublié, mais tous pour la plupart, se souviennent que l’humour, les blagues éclairaient leur quotidien. Aujourd’hui, ils sourient encore considérant que la pandémie, le couvre-feu ne font pas réellement le poids face à la décennie noire. On en reparle dans quelques années.


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    4 min
  • Greenpeace installe une banderole sur un avion

    Minot, je rêvais à des avions de toutes les couleurs, des sortes d’oiseaux flamboyants, et colorés. Je les empruntais au cœur de ma nuit dans des rêves magnifiques. A l’époque, je ne savais pas comment on faisait voler ces lourdes carlingues et leurs chargements humains, excédents de bagages compris. Dans mes souvenirs, ils ne faisaient pas de bruit et circulaient au grès des courants d’air. Il y en avait des petits, des tout petits et des énormes, on les reconnaissait à leurs couleurs. « Le 747 bleu en direction de Tanger décollera à 15:24, embarquement immédiat porte jaune. Le Cesna arc-en-ciel à destination de Rome décollera lui à 16:18, embarquement dans dix minutes porte lie de vin. Les avions caca d’oie étaient réservés aux vols militaires. C’est à ça qu’on les reconnaissait les militaires, à la couleur caca d’oie, caca d’oie de ces oies qu’on a gavé toute l’année pour qu’aux fêtes, elles nous fassent de jolis foies bien gras et de jolis cacas bien puants. Mais revenons à nos avions qui, de jour, donnaient des airs de feux d’artifice permanents au ciel. Oh le beau bleu, oh le beau mauve. Dans mes rêves, minot, tous les jours ressemblaient au 14 juillet sans l’allocution du Président et la garden-party à l’Élysée, je n’étais déjà pas très protocolaire, juste nez en l’air !

     

    Ça, c’était quand j’étais minot. Et puis comme nous tous ou presque, à l’exception du Petit Gregory, j’ai grandi. J’ai appris à classer les avions non plus par leur couleur, mais par le logo de la compagnie et la qualité de service qu’elle proposait. Je suis même passé au low-cost pour voyager plus, pour aller voir au loin ce que d’autres venaient apprécier en bas de chez moi. J’ai pris des avions pour partir en vacances, et d’autres pour aller bosser, pour couvrir un festival à Pointe Noire, participer au 30ème anniversaire de Nova depuis Vancouver, ou mixer à Pékin ou sur l’Ile de la Réunion. J’aimais ça, je l’avoue. J’aimais et j’aime encore être jet-laggé, vivre à quelques fuseaux horaires de mes pompes. Mais un pangolin, un jour, a mis le Bronx dans tout ça. Fini les voyages de presse ou de décompresse, finies les oreilles qui se bouchent au décollage et à l’atterrissage. Je suis resté cloué au sol, et comme la grande roue du monde ne supporte pas l’arrêt, les gouvernements du monde entier dont le nôtre ont cherché à verdir le trafic aérien… un peu comme dans mes rêves de minots, mais d’une seule couleur, comme un Klein d’œil au bleu du ciel mais en vert. Même Jean-Baptiste Djebarri, notre Ministre Délégué aux Transports a tenté de troquer l’encre noire de son stylo pour une verte tout en s’apprêtant à signer des extensions d’aéroports, une dizaine sont en attente dans le parapheur du gouvernement, en n’intervenant pas assez sur les vols courts, ou en refusant de s’engager durablement sur le ferroviaire. C’est ça que lui ont rappelé une poignée de militants de Greenpeace la semaine dernière en peignant de de vert la carlingue d’un Boeing 777 d’Air France sur le tarmac de l’aéroport Charles de Gaulle. Ils en ont profité pour installer une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Y a-t-il un pilote pour sauver le climat ?». Minot, je rêvais d’avions de toutes les couleurs, je ne rêvais pas d’avion sans pilote !


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    5 min
  • Baba Squaaly aime que les choses soient dites

    Si souvent, vous pensez que j’avance masqué, ce n’est pas juste la faute à un vilain virus et aux mesures prises pour lutter contre sa propagation. Il est vrai que parfois, souvent, je vous laisse juge, je glisse sur les sujets que j’aborde avec un air de ne pas y toucher. Je pratique en fait ce que j’appelle l’art du décalage immédiat. Pourtant, j’aime que les choses soit dites, formulées, exprimées et souvent même écrites. Les paroles s’envolent, les écrits restent. Sans les tables de la loi, serions-nous sûrs d’avoir toujours dix commandements à honorer. J’en connais plus d’un par exemple qui se passerait bien du 7ème commandement. J’en connais plus d’un qui se passe bien du 7ème, celui qui dit : « tu ne commettras pas l’adultère. ». Effectivement si les dix commandements n’avaient pas été gravés dans la pierre, celui-ci et d’autres probablement seraient passer à la trappe. Il ne resterait peut-être que le premier, celui qui place Dieu au-dessus de tout, sans concurrence possible. Alors que Dieu est comme nous, puisqu’il nous a créer à son image ou l’inverse, je ne sais plus. Dieu est faillible. Il a mis 6 jours à faire le monde et s’est reposé le 7ème. Pauvres de nous, s’il avait mené à bien sa besogne en 5, voire 4, 3, 2, ou 1 jour, nous en aurions 2, 3, 4, 5, 6 pour buller, badiner, s’amouracher, s’aimer et qui sait peut-être même commettre l’adultère. Et s’il n’avait rien fait du tout, nous ne serions pas là, la Covid et les maladies vénériennes non plus d’ailleurs.

    Que serait l’histoire du monde alors ? Celle d’un paradis où il manquerait juste un homme et une femme pour fredonner l’air de rien un chabadabada, chabadabada chabadabada sur les planches de Deauville et mettre un chouyadevie chouyadevie chouaydevie dans tout ça. Je ne sais pas. Mais j’aime que les choses soit dites. Et pas dans le vent d’une plage de la côte normande. Surtout pas dans le vent. J’aime que les choses dites au bon endroit, celui où l’on va les entendre, où elles auront de la force, où elles pèseront de tout leur poids, où elles feront sens et pas juste dans l’Yonne !

    J’aime que lorsqu’on a un différent avec une personne, un groupe de personnes voire même un pays et ses dirigeants, on s’adresse directement à ces personnes par les canaux les plus appropriés. Quand Emmanuel Macron par exemple reproche à la junte birmane sa répression, j’applaudis jaune me souvenant de celle orchestrée sans comparaison aucune il est vrai, en direction du peuple de France il y a quelques mois, et surtout je regrette que notre président, le fasse par tweet et non pas par les canaux diplomatiques habituels. J’entends déjà la junte birmane glisser comme l’aurait dit Jacques Chirac : « Ça m’en touche une, sans faire bouger l’autre. ». Bonne journée à vous toutes et tous et à demain.


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    4 min
  • Faire pipi dans les rues de Marseille

    Hier, je vous l’avouais tout de go, je m’étais réveillé avec une irrépressible envie de danser, une irrépressible envie de danser. Irrépressible est un adjectif que je n’utilise d’habitude que rarement, voire très rarement ; et quand je l’utilise mes envies irrépressibles, à la différence de celles de nombres de mes congénères marseillais ne terminent jamais ou presque dans le caniveau ou contre un mur, si vous vous voyez ce que je veux dire. Faut dire, à la décharge de mes amis gros dégueux qui n’en sont pas moins fiers d’être Marseillais, que la ville est fort peu lotie en matière de sanisettes publiques : une quinzaine seulement pour 871 103 habitants, dans une ville qui je le rappelle, est deux fois et demie plus grande que Paris et 12 fois plus que Brie-Comte-Robert. Seulement 15 chiraquettes comme on disait à la création de ces toilettes autonettoyantes pour 871103 habitants… Et encore c’est sans compter, ceux qui ne comptent pas, qui ne comptent aux yeux de nos décideurs qu’ils soient locaux ou nationaux sinon ils agiraient. Oui c’est sans compter ceux qui n’ont pas ou plus de maison, plus d’adresse, plus de domicile fixe, juste des bouts de trottoirs ou ils peuvent difficilement déplacer avec eux leurs toilettes fussent-elles sèches ?Savez-vous que dans la nomenclature de INSEE, l’institut national de la statistique et des études économiques, les trônes publics, les petits coins, les cabinets d’aisances et autres lieux de commodité, les chiottes pour parler clair, les water closets qu’on trouve dans nos rues sont classifiés comme bâtiment non résidentiel, au même titre que les prisons. Etonnant, non ? 

    Mais revenons à nos pipis à défaut de mouton. A l’heure de la fermeture des bars et autres lieux autorisés de soulagement, je vous laisse imaginer le panorama olfactif de la deuxième ville de France. 15 toilettes pour 871103 habitants voire plus, c’est peu. C’est pourquoi, j’aimerai plutôt que de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, nos décideurs nous permettent de les soulager. Vous m’excusez, une irrépressible envie me prend et je ne suis vraiment pas d’humeur à danser ce matin !


    Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.

    3 min

About Baba Squaaly se confie sans haine

From the publisher's feed

Billet d'humeur confinée… Air du temps qui passe entre quatre murs… Chroniques libre et enfermée… Confinature sans sucre ajouté… C'est un peu tout ça à la fois… Pour Squaaly, c'est comme si le…