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Or


Artiste pluridisciplinaire parmi les plus influents de sa génération, Ibrahim Mahama s’est imposé sur la scène internationale par ses installations réalisées à partir de matériaux collectés, d’archives et de fragments de patrimoine industriel qu’il réactive pour façonner de nouveaux imaginaires.
Son œuvre explore les héritages coloniaux et postcoloniaux du Ghana. La question extractiviste est au cœur de cette conférence et de son exposition en préparation à la Fondation Cartier, intitulée Le Temps des Récoltes. S’appuyant sur l’histoire industrielle et commerciale de son pays, il interroge la circulation des biens, la transmission des savoir-faire et la préservation du patrimoine. Son travail met en lumière les continuités et les ruptures politiques, sociales et économiques, en portant une attention particulière aux infrastructures, aux traces du passé et aux dynamiques collectives. Au-delà de sa pratique artistique, Ibrahim Mahama a joué un rôle important dans le développement de la scène artistique contemporaine ghanéenne. Depuis 2019, il a créé plusieurs espaces culturels et artistiques à Tamale, notamment le Savannah Centre for Contemporary Art (SCCA), Red Clay et Nkrumah Volini, offrant ainsi de nouveaux lieux de production, d'échange et d'apprentissage artistiques dans le nord du Ghana. Au cours de cette conférence, l’artiste revient sur son travail et amorce une réflexion plus large sur une œuvre majeure : le Parliament of Ghosts. Cette installation prend la forme d’une chambre parlementaire autant que d’une agora autour de laquelle les visiteurs sont invités à s’asseoir. Elle incarne la pratique collective et vivante de l’artiste, qui façonne le présent en créant des espaces de vie et de potentiels à partir de matériaux anciens. Comme l’écrit l’artiste : « C’est du passé que l’on peut exhumer le potentiel de l’avenir. Le futur n’est pas une chose qui “existe” simplement quelque part ; il vit aussi dans nos mémoires, sous la forme de futurs inaccomplis ». Amphithéâtre des logesMardi 29 septembre 2026
Emma Bigé – danseuse et philosophe – et Gisèle Vienne – artiste, chorégraphe et metteure en scène interviennent autour de la question de l’archive comme endroit de luttes et de résistance.
Du répertoire scénique à la performance, le corps, envisagé comme archive vivante, enregistre et transmet des mémoires, des récits, des batailles. La rencontre est conçue et modérée par Audrey Illouz et le collectif Bapperf (Camille Paillou, Salomé Daheron, Baptiste Agnero-Rigot et Raphaëlle Louise) une association créée par et pour des étudiantes et étudiants en 2025 afin de soutenir la performance en archivant et diffusant les créations des artistes des Beaux-Arts de Paris.
Rencontre précédée de deux performances :
17h - performance de diplôme d'Adrien Bougrat à la bibliothèque d'art contemporain. Pour Couvertures, les œuvres sont réalisées à partir d'une collection de livres de rebut qui sont exposés, transformés ou manipulés en décalage avec leur usage commun et de manière à révéler la superposition des écritures qu'ils portent jusqu'à nous.
18h - performance Depths from deep cuts, une articulation réimaginée du solo de Brian Campbell (où chant, danse, musique et geste brasse nos imaginaires de l’érotique et des écosystèmes) avec les étudiantes et étudiants de l’atelier Hyunh.
Amphithéâtre des Loges
Jeudi 11 juin 2026
Crédits photos :
Visuel SOS © Création 2026 / Design : © DACM / Gisèle Vienne / Photographe : © Jean Louis Fernandez Affiche correspondant à une performance passée au Palais de Tokyo - Archive Fever, avec Emma Bigé, Hélène Giannecchini, Marcela Santander Corvalán © Photo Makoto Ôkubo / Collage Théo Storf
Annette Messager, ancienne cheffe d'atelier aux Beaux-Arts de Paris et artiste du Pavillon français à la 51e Biennale de Venise, échange avec Marie-Laure Bernadac, préfacière de son ouvrage Et pourtant…, paru alors que le Musée de la Chasse et de la Nature lui consacre actuellement une exposition personnelle : Une hirondelle ne fait pas le printemps. La rencontre sera suivie d'une signature.À partir de cette cartographie de l’œuvre d’Annette Messager, qui réunit notamment poèmes, notes d’atelier inédites ou carnets intimes elles reviennent sur une œuvre importante, Les pensionnaires (1971-1972), sur l’album-collection qui l’accompagne et sur la présence de l’écrit dans l’œuvre d’Annette Messager. Comme le note Marie-Laure Bernadac : « Cette installation polymorphe de 1971-1972 est une œuvre fondatrice parce qu’elle rassemble toutes ses pratiques artistiques : cahiers, animaux empaillés, dessins, planches documentaires, écriture, alphabet et énonce d’emblée le dédoublement de sa démarche, divisée entre artiste et collectionneuse (…) Cette déclaration sur la division de l’appartement et sur la double identité est un manifeste de la situation d’artiste-femme pour Annette Messager ». Amphithéâtre des logesMardi 2 juin 2026Crédits photos : © Droits réservés
De l’indépendance à la permaculture institutionnelle
Le commissaire d’expositions Guillaume Désanges, aujourd’hui président du Palais de Tokyo revient sur sa pratique curatoriale telle qu’elle a pu se déployer collectivement aux laboratoires d’Aubervilliers puis à travers sa structure de production indépendante WorkMethod ou depuis 2022 au Palais de Tokyo. Il abordera notamment la notion de permaculture institutionnelle (qu’il a développé dans son petit traité de permaculture institutionnelle, pour un site de création contemporaine vivant et productif) et la manière dont ce concept peut devenir effectif dans la programmation du Palais de Tokyo et notamment dans la saison Norme Corps, une saison qui interroge positivement les notions de vulnérabilité, de fragilité, de handicap et d’écarts par rapport aux normes pour proposer des expériences artistiques qui bouleversent les idées reçues.
En conversation avec Audrey Illouz, responsable de la programmation culturelle aux Beaux-Arts de Paris.
Amphithéâtre des loges
jeudi 28 mai 2026
Crédit photo : © Palais de Tokyo, 2022
Entre conférence et performance, Sally Bonn présente les résultats d’une recherche – qui prend parfois les allures d’une enquête – pour rendre compte d’une forme nouvelle de porosité entre les pratiques artistiques et les pratiques d’écriture dans l’art contemporain.
À partir d’exemples actuels, il s’agit de rendre compte de ces gestes presque archaïques auxquels semblent remonter les artistes qui usent de mots et les poètes ou écrivains qui dessinent, dans une tentative sans cesse renouvelée de saisir par le corps ce qui nous fait être au monde, ou, pour le dire comme Michaux, ce qui nous fait « participer au monde par des lignes ».
La recherche de Sally Bonn est nourrie par une sorte d’enquête et ne s’éloigne jamais d’une forme de plaisir du texte. La riche matière rassemblée, dynamique et actuelle, visuelle et textuelle, sert de modèle à une singulière manière de penser en agissant.
Mardi 12 mai 2026
Amphithéâtre des Loges
Crédit photo : © Jean-Luc Perez
Parlons ménage !
L’artiste Miriam Cahn, qui présente actuellement l’exposition STILL LEBEN à la galerie Jocelyn Wolff échange avec la commissaire et historienne de l’art Marta Dziewańska et la curatrice Emma Lavigne. Ensemble elles reviennent sur les enjeux de l'exposition et sur la manière dont cette nouvelle série d’œuvres prolonge les engagements et luttes féministes de l’artiste : comment l’attention portée aux objets et aux gestes du quotidien est politique.Comme l’écrit Yann Châteigné Tytelman dans le texte de l’exposition : « Avec STILL LEBEN, Miriam Cahn s’engage dans un nouveau travail. Dans ces œuvres récentes, presque toutes produites ces derniers mois, plus de corps ou presque. Uniquement des objets, des situations quotidiennes, des intérieurs. Plus de brutalité, du moins en apparence. Mais une concentration sur le monde domestique et ce que l’artiste appelle le ménage. »Influencée par l’art de la performance ainsi que par les mouvements féministes des années 1960 et 1970, Miriam Cahn développe dans les années 1980 un travail intégrant de grands dessins noirs et puissants représentant des navires de guerre, des téléviseurs, des avions de chasse et d’autres éléments issus d’un imaginaire traditionnellement masculin. Elle utilise son propre corps pour activer le dessin dans un geste performatif. Le corps n’est pas seulement un sujet de contemplation : il constitue également un médium pour l’artiste. À partir de 1994, Cahn introduit la couleur dans son travail, sensible à la puissance formelle et psychologique des images issues des médias de masse. Au cours des dernières décennies, l’ampleur et la richesse iconographique de son œuvre abordent des thèmes récurrents tels que le corps, les conflits humains, l’habitat, la guerre, la nature et le paysage, qu’ils soient réels ou imaginés.Miriam Cahn (née à Bâle en 1949) vit et travaille à Stampa, Suisse.Principales expositions personnelles: MAAT - Museum of Art, Architecture and Technology, Lisbon (2025), Stedelijk Museum (2024), Palais de Tokyo (2023); ICA Milan (2022); Museum für Gegenwartskunst Siegen (2022), the Kunsthal Charlottenborg (2020) & The Power Plant, Toronto (2021); Palazzo Castelmur (2021); Sifang Art Museum (2020); Kunstmuseum Bern (2019), Haus der Kunst, Munich (2019) & Museum of Modern Art, Warsaw (2019); Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (2019); Kunsthaus Bregenz (2019).Elle a participé à la 59ème Biennale de Venise (2022) et à la documenta 14 à Kassel et à Athènes (2017). Elle a reçu des prestigieux prix dont le 14ème Rubens Prize de la Ville de Siegen (2022), Oberrheinischer Kunstpreis Offenburg, Basler Kunstpreis, Käthe-Kollwitz-Preis Berlin, …Amphithéâtre des LogesVendredi 10 avril 2026Crédits photos : Emma Lavigne © Droits réservés / Miriam Cahn © Jocelyn Wolff / Marta Dziewańska © Thomas Meier
À l’occasion de l’exposition Le Syndrome de Bonnard actuellement présentée au FRAC Ile-de-France dont le commissariat est assuré par le collectif Le Bureau/, composé de Marc Bembekoff, Garance Chabert, Aurélien Mole, Céline Poulin et Émilie Villez, les commissaires reviennent sur les formes et modalités de leur pratique curatoriale.
Depuis leurs positions à géométrie variable (artistiques, esthétiques, théoriques et pratiques, institutionnelles ou indépendantes), ils et elles ont depuis une vingtaine d’années œuvré à définir leur travail à l’intersection de dynamiques collectives et d’engagements individuels.
À rebours de la figure de commissaire auteur, ils privilégient une approche curatoriale expérimentale et horizontale. Au cours de cette rencontre ils et elles reviennent sur quelques protocoles mis en œuvre pour valoriser les trajectoires et la polysémie des œuvres d’art incluant les artistes, les institutions et les publics.
Fondé en 2004, le Bureau/ est un collectif qui regroupe des membres aux parcours et formations différentes, théoriques ou pratiques. Le collectif a réalisé plus d’une quinzaine d'expositions sur une dizaine d'années, en France et à l’étranger.
Au départ, la forme du collectif intègre explicitement le refus d’une position souveraine d’une ou d’un commissaire compris comme autrice ou auteur d’exposition. L’idée est de produire par un travail collégial une approche expérimentale de la forme exposition et de penser la question de sa réception, à travers des protocoles précis - comme les règles d’un jeu. En outre, la multiplicité de points de vue des commissaires portés sur les œuvres permet de valoriser leur polysémie. Une forme spécifique de collaboration qui offre une horizontalité radicale des processus de travail.
Aujourd'hui, le Bureau/ réunit Marc Bembekoff, Garance Chabert, Aurélien Mole, Céline Poulin et Emilie Villez.
Amphithéâtre des Loges
Mardi 7 avril 2026
Crédit photo : © Aurélien Mole
À l’occasion de l’exposition Le Syndrome de Bonnard actuellement présentée au FRAC Ile-de-France dont le commissariat est assuré par le collectif Le Bureau/, composé de Marc Bembekoff, Garance Chabert, Aurélien Mole, Céline Poulin et Émilie Villez, les commissaires reviennent sur les formes et modalités de leur pratique curatoriale.
Depuis leurs positions à géométrie variable (artistiques, esthétiques, théoriques et pratiques, institutionnelles ou indépendantes), ils et elles ont depuis une vingtaine d’années œuvré à définir leur travail à l’intersection de dynamiques collectives et d’engagements individuels.
À rebours de la figure de commissaire auteur, ils privilégient une approche curatoriale expérimentale et horizontale. Au cours de cette rencontre ils et elles reviennent sur quelques protocoles mis en œuvre pour valoriser les trajectoires et la polysémie des œuvres d’art incluant les artistes, les institutions et les publics.
Fondé en 2004, le Bureau/ est un collectif qui regroupe des membres aux parcours et formations différentes, théoriques ou pratiques. Le collectif a réalisé plus d’une quinzaine d'expositions sur une dizaine d'années, en France et à l’étranger.
Au départ, la forme du collectif intègre explicitement le refus d’une position souveraine d’une ou d’un commissaire compris comme autrice ou auteur d’exposition. L’idée est de produire par un travail collégial une approche expérimentale de la forme exposition et de penser la question de sa réception, à travers des protocoles précis - comme les règles d’un jeu. En outre, la multiplicité de points de vue des commissaires portés sur les œuvres permet de valoriser leur polysémie. Une forme spécifique de collaboration qui offre une horizontalité radicale des processus de travail.
Aujourd'hui, le Bureau/ réunit Marc Bembekoff, Garance Chabert, Aurélien Mole, Céline Poulin et Emilie Villez.
Amphithéâtre des Loges
Mardi 7 avril 2026
Crédit photo : © Aurélien Mole
Le parcours de la théoricienne et cinéaste féministe Laura Mulvey a contribué à transformer en profondeur nos rapports aux images. Depuis les années 1970, la théoricienne du « male gaze » n’a cessé d’œuvrer du côté d’un regard mobilisé, conscient des asymétries entre les genres, asymétries qui structurent l’histoire des images, leur réception, leurs modalités de fabrication.La réception de son travail, en France notamment, a souvent reposé sur les liens qu’elle a su tisser avec des théoriciennes, militantes, traductrices ou enseignantes plus jeunes qui, bouleversées par ses textes, ont permis leur traduction puis leur publication.C’est le cas de la dernière traduction en date : Un Jardin, aux éditions Burn-Aout (2025). Deux des textes les plus importants de Laura Mulvey (« Le spectateur pensif » et « Le spectateur possessif ») y sont traduits par le collectif Women Remix.En dialogue avec Clara Schulmann, enseignante aux Beaux-Arts de Paris, et en présence du collectif Women Remix, elle évoque ces effets de transmission, de passation mais aussi ces questions de regard mobilisé et curieux, éminemment féministe.Née en 1941, professeure émérite à l’Université Birkbeck à Londres, Laura Mulvey est une figure centrale de la culture visuelle telle qu’elle se construit dans la seconde moitié du XXe siècle. En 1975, elle publie dans la revue Screen un article provocateur intitulé « Visual Pleasure and Narrative Cinema ». Conçu comme un véritable manifeste féministe, ce premier texte s’inscrit dans la continuité des activités qu’elle mène alors au sein du Women’s Liberation Movement londonien. Devenu une référence incontournable dans le champ des cultural studies, « Visual Pleasure… » inaugure le croisement des théories du genre et des études filmiques en montrant comment les schémas patriarcaux structurent le cinéma hollywoodien : l’homme est au cœur de l’action, puissance motrice entrainant la progression du récit, tandis que la femme est un centre d’attention, un objet de fascination qui suspend provisoirement le cours des événements. Prenant acte de cette forme de conditionnement du plaisir visuel des spectateurs quelle que soit leur identité de genre, Laura Mulvey en appelait à un cinéma instituant autrement notre relation aux images. Si la différence sexuelle est pour Laura Mulvey un levier d’interprétation essentiel de la réception des films, ses analyses se focalisent désormais plus largement sur la question du désir et la façon dont les pratiques de visionnement réinventent les formes et les usages de la fascination cinéphilique : du « spectateur possessif » au « spectateur pensif », le regard bascule, une position de pouvoir devient un désir de savoir.Laura Mulvey est l’auteure de plusieurs essais : Visual and Other Pleasures (1989, rééd. 2009), Fetishism and Curiosity (1996, traduit en français en 2019), Death 24x a Second (2006) et Afterimages : on Cinema, Women and Changing Times (2019) – dont l’impact sur le paysage critique et théorique anglophone demeure considérable.Mardi 31 mars 2026Amphithéâtre des Loges© Droits réservés
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