Bêtes de science
Download on the App Store

Bêtes de science episodes

  • Ce crocodile se déguise en nid pour chasser l'oiseau

    En dépit de son physique intimidant, le crocodile ne peut s'empêcher d'avoir un je-ne-sais-quoi de sympathique avec ses pattes courtes et son air paresseux. D'ailleurs, s'il est connu pour la violence de ses attaques, cet animal n'en sait pas moins faire preuve de ruse lorsqu'il part en chasse. Découvrez l'étonnante technique qu'il met en œuvre pour attirer les aigrettes dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️


    Pour aller plus loin :

    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • Bêtes de science : ces crocodiles se déguisent en nid pour attraper des oiseaux
    • Crocodile et alligator : quelle différence ?
    • ⭐ Soutenez notre média et rejoignez les coulisses ⭐


    Transcription du podcast :

    Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à l’astucieuse technique de chasse du crocodile.

    Une peau terne hérissée d’écailles, une longue queue et des pattes musculeuses, une immense gueule remplie de crocs plantés irrégulièrement... Aussi terrifiant soit-il, le crocodile ne peut s’empêcher d’avoir l’air sympathique. Avachi sur le sol ou flottant paresseusement dans l’eau, on dirait le croisement entre un gros chien tranquille et un dinosaure. Pas étonnant qu’on le retrouve comme animal de compagnie un peu benêt et attendrissant dans La Famille Pirate. Mais s’il est connu de tous, c’est bien évidemment parce qu’il fait partie des plus grands prédateurs du règne animal. Sur terre ou dans l'eau, le crocodile est d’autant plus redoutable qu’il est à l'aise un peu partout, du moment que le climat dans lequel il vit est tropical, ou subtropical. Poissons, oiseaux, antilopes et buffles, il est capable de s’attaquer à des proies bien plus grosses que lui. Et avec un corps pouvant atteindre sept mètres de long pour une tonne de muscles et de nerfs, il est clair que lui mettre une laisse au cou ou essayer de lui grattouiller le ventre n’est probablement pas une bonne idée.

    On le confond souvent avec l’alligator, dont la gueule est plus large et aplatie, mais en réalité, des dizaines de millions d’années d’évolution séparent la famille des Alligatoridés de celle des Crocodylidés. Ces derniers sont d’ailleurs parmi les plus proches cousins des oiseaux, avec qui ils partageaient un ancêtre commun du côté des archosauriens, il y a environ 240 millions d'années. Comme quoi, la notion d’air de famille est parfois très relative !

    Cousin du poulet ou pas, depuis toujours, le crocodile fait peur. Sa mâchoire est ornée de dents un peu particulières. Celles-ci n’ont pas de racines est peuvent être remplacées jusqu’à cinquante fois au cours de la vie de l’animal. Vous imaginez s'il y avait un dentiste pour crocodiles ? Quant à sa morsure, elle est l'une des plus puissantes au monde – l’équivalent d’une force de 2 tonnes – et fait aussi des victimes chez les humains. Le crocodile du Nil par exemple serait responsable de plusieurs dizaines et peut-être même centaines de disparitions par an pour défendre son territoire ou protéger ses petits, mais aussi pour se nourrir, parfois. Avec son physique qui lui permet de passer pour un morceau de bois dérivant sur le fleuve, il se cache sous la surface de l’eau en ne laissant dépasser que ses yeux et ses narines. Puis il se jette sur les imprudents qui s'approchent de trop près. Mais cette technique de chasse, vous l’avez probablement déjà vue dans un documentaire animalier. L’animal se jette sur sa victime et se met à tournoyer frénétiquement, l’emportant sous l’eau avec lui.

    Alors, pourquoi nous intéresser au crocodile aujourd'hui ? À cet animal dont le cerveau est de taille... disons... modeste, pour ne pas trop le vexer ? Eh bien c’est parce que des chercheurs ont observé que les membres de l’espèce Crocodylus palustris (et même leurs cousins Alligator mississippiensis) ont mis au point une méthode encore plus astucieuse pour attraper leurs proies.

    Le menu des crocodiles comporte une grande variété de plats. Et quand vient la saison des amours, l’aigrette, qui est un oiseau, a tout intérêt à garder ses plumes près du corps. Durant cette période, cette dernière est généralement à la recherche de branches pour construire son nid, et ça, eh bien les crocos l’ont bien compris. Les plus malins d’entre eux ont en effet appris à repérer les brindilles flottant sur les eaux et à se glisser sous elles pour qu’elles se retrouvent posées au bout de leur mâchoire. Déguisés en tas de petit bois, ces fins stratèges n’ont plus qu’à attendre que notre aigrette naïve vienne se servir pour la croquer en un instant. Ou plutôt pour la gober toute crue, car comme les serpents, les crocodiles ne mâchent pas.

    Mais c’est ici bien plus qu’une simple partie de cache-cache. Ce que les chercheurs décrivent là est ni plus ni moins que le tout premier cas observé d'utilisation d'outils chez des reptiles. De quoi nous faire passer l'envie de classer le crocodile au rang d'animal un peu grossier et ennuyeux. Dans son livre pour enfants, L'Énorme Crocodile, l'auteur Roald Dahl nous avait pourtant prévenus en lui faisant dire : « J'ai dressé des plans secrets et mis au point des ruses habiles. » Eh oui, en réalité le cousin du poulet se montre très observateur, et capable de stratégies cognitives poussées. Doit-on en conclure que ses ancêtres dinosauriens savaient eux aussi utiliser des outils ? Cela reste à prouver. Les chercheurs espèrent pouvoir observer plus de comportements de ce type avant de confirmer que le crocodile y voit là une stratégie. Mais si cette hypothèse se confirme, elle viendra compléter la liste des aptitudes sociales et cognitives de ce prédateur pour le moins surprenant. Il impressionne, mais pas de quoi verser une larme de croco ! Alors, pas si bête, le crocodile !

    ​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur vos plateformes audio préférées. Ne manquez pas notre hors-série estival, La Nature sur Écoute, animé par Pierre et Élise Kerner, à paraître une semaine sur deux sur jusqu’au 10 août. Quant à nous, on se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !


    Musique et bruitages :

    Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

    Piano in Blues, par MusicLFiles

    Big Drumming, par Kevin MacLeod

    Indian Meditation, par Liron

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

    BBC Rewind

    Zapsplat

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    7 min
  • Certaines grenouilles préfèrent le jazz et d'autres le disco (Hors série spécial été #1)

    Bienvenue dans ce premier épisode Nature sur Écoute, le hors série estival de Bêtes de Science. Aux côtés d'Elise et Pierre Kerner, partez à la rencontre d'un groupe de grenouilles d'Afrique occidentale et découvrez que chez les batraciens aussi, la musique que l'on écoute est une affaire de goût.

    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️


    Pour aller plus loin :

    • La technique des grenouilles pour attirer les femelles mais pas les prédateurs
    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • ⭐ Soutenez notre média et rejoignez les coulisses ⭐


    Transcription du podcast :

    Bienvenue dans ce premier épisode de la Nature sur Écoute, l’escapade sonore de Futura proposée par Élise et Pierre Kerner.

    Victor Hugo écrivait : « C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas. » Alors, écoutons-là !


    PIERRE : Tiens Élise, écoute.

    [Cri strident d'une première puis d'une seconde grenouille.]

    ÉLISE : Hmmmm… On dirait la musique du film Psychose, mais j’imagine que ce n’est pas ça.

    – Non en effet. Il s’agit d’un chant de grenouilles. 

    – Ah, je ne l’aurais pas deviné.

    – Plus précisément, ce sont des grenouilles d’Afrique occidentale, de Côte d’Ivoire ; des mâles pour être parfaitement exact. Ils sont en train d’essayer de séduire une femelle avec leur chant nuptial.

    – Hmm, Personnellement, je ne trouve pas ça très séduisant, mais… je suis une humaine, pas une grenouille gluante. Et je veux bien croire que toutes les femelles grenouilles gluantes trouvent ce chant extrêmement attirant.  

    – Toutes? Ben, pas vraiment à vrai dire ! Est-ce que tu avais remarqué que ce n’était pas un mais deux chants de deux mâles différents qui se succédaient dans l’enregistrement ? On peut le réécouter si tu veux. 

    [Le cri de la première grenouille est légèrement plus grave que celui de la seconde.]

    ÉLISE : La différence entre les deux est très subtile, non ?

    – Pour toi certainement, mais pour une femelle grenouille, c’est une autre chanson, littéralement. Je te propose une petite expérience. Imagine que tu rentres du travail, un verre de champagne t’attend sur la table et je mets cette musique.

    [Musique disco sexy.]

    – Hmm, pas mal. Peut mieux faire.

    – D'accord, et maintenant qu'est-ce que tu penses de ça ?

    [Musique de jazz sensuelle.]

    – Ah, nettement mieux ! Donc si je comprends bien ta petite expérience, tu es en train de me dire que les grenouilles femelles perçoivent la différence entre les chants des mâles aussi clairement que moi entre ces deux morceaux.

    – Oui c’est ça.

    – Et donc j’imagine que certaines femelles vont préférer la version disco et d’autres la version jazzy.

    – C'est exactement ça. 

    – Je me demande si la discothèque des grenouilles est aussi variée que celles des humains

    – Alors, la comparaison avec les humains a ses limites quand même. D’ordinaire chez une même espèce, les mâles produisent tous le même chant. On dit que les chants sont stéréotypiques.

    – Hmm, je comprends. Donc si certaines femelles préfèrent un chant, c’est plutôt par instinct que par goût personnel. Mais attends, ça signifie que tout à l’heure on a entendu les chants de deux espèces différentes ?

    – En effet, même si dans ce cas précis, la situation n’est pas si évidente. À la base, un groupe de chercheurs s'intéressait à la biodiversité d'une région d’Afrique occidentale et ils s'attendaient à y trouver une seule espèce précise de grenouille. Mais lorsqu’ils ont enregistré les sons que je t’ai fait écouter, ils se sont rendu compte qu'il y avait peut être deux espèces différentes. 

    – D’accord, donc quand les chercheurs entendent deux chants différents ils concluent à deux espèces différentes, c’est bien ça ?

    – Pas si facile que ça : pour s'assurer qu'il s'agit bien d’espèces différentes, il faut réunir un ensemble de preuves. Acoustiques, comportementales, anatomiques, génétiques, etc. Dans notre cas, le souci, c’est que ces deux grenouilles se ressemblaient quasiment trait pour trait. Les chercheurs ont donc poursuivi leur enquête en analysant leur ADN, car les données génétiques sont beaucoup plus précises que l’observation. Ce sont ces résultats qui leur ont permis de conclure qu’ils avaient affaire à deux espèces différentes.

    – Je comprends. Mais en même temps c’est un peu bizarre de distinguer deux espèces de grenouilles alors qu’elles se ressemblent autant, non ? 

    – C’est une bonne remarque. À vrai dire la définition d'espèce n'est pas simple du tout. On dit que deux animaux appartiennent à des espèces différentes quand leur progéniture n’est pas capable d’avoir des petits. Par exemple, un âne et une jument peuvent avoir un bébé ensemble : une mule. Mais dans la plupart des cas, cette mule ne sera pas capable d’avoir d’enfant.

    – D’accord. Je vais essayer de prendre en compte l’ensemble de ces infos pour récapituler ce que je comprends de toute l’histoire. tu m’arrêtes si je me trompe.

    – Ok.

    [Bruit de cassette que l'on rembobine]

    – En Afrique occidentale, on a des grenouilles qui ont toutes la même apparence. Mais le chant des mâles est différent et séduit une partie seulement des femelles avec lesquelles ils peuvent avoir des petits têtards. Donc si une femelle de l’équipe disco se laisse séduire par un mâle de l’équipe jazzy, a priori c’est fichu, pas de bébés. 

    – Oui… de manière générale.

    – Mais, ce serait pas possible que… Attends, j’ai une idée qui me vient à l'esprit, une sorte de scénario évolutif qui expliquerait ces différences. Imagine : au début, on a une seule espèce qui vit au même endroit.

    – D'accord.

    – Mais certains mâles commencent à jouer du jazz, alors que d’autres continuent la mode du disco. En somme, leurs chants deviennent de plus en plus distincts. Tous ces mâles séduisent néanmoins des femelles attirées par leurs chants respectifs et se reproduisent. Peu à peu deux groupes séparés se créent et finissent par vivre suffisamment à part pour se diviser en deux espèces. Ça te semble complètement fou ou… ?

    – Bah, je ne sais pas si ç’a été le cas avec nos grenouilles d’Afrique occidentale, mais ce phénomène existe. On appelle ça la spéciation. C’est-à-dire l’apparition d’une barrière entre des populations, des groupes d’une même espèce. Cette barrière peut être...

    – Physiologique?

    – C’est-à-dire?

    – Le développement des caractères physiques qui empêcheraient des individus de se reproduire ensemble.

    – Oui, par exemple. Mais parfois il y a même plus radical. Imagine qu’une île se retrouve soudain divisée en deux à cause de la montée des eaux : d’un coup, on a une barrière géographique qui empêche les membres d’une même espèce de se rejoindre. Et puis il y a les barrières comportementales.

    – Oui, comme ici donc, où les grenouilles ont des chants différents. Mais c’est un peu triste comme histoire. Ça veut dire que des sérénades amoureuses ont divisé des groupes au point de créer des espèces différentes.

    – Oui, mais des fois ça les rapproche. Moi j’aime le jazz aussi, tu sais.

    – Viens que je t’embrasse mon crapaud.


    Merci d’avoir écouté ce premier épisode de la Nature sur Ecoute, le hors-série estival du podcast Bêtes de Science. Si cet épisode vous a plu, n’hésitez pas à le partager autour de vous et à découvrir nos autres podcasts sur vos plateformes audio préférées et sur futura-sciences.com. Rendez-vous dans deux semaines pour un nouveau numéro dédié aux criquets mutants de l’île d’Hawaï. D’ici là, tendez l’oreille !


    Musique et bruitages :

    Flying Ukes, par Brian Holtz

    Faster Does It, Stringed Disco et DarxieLand, par Kevin MacLeod

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

    Noire, par MusicByPedro

    Zapsplat

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    7 min
  • L'ours brun : bien plus futé qu'il n'y paraît

    Ancien roi des animaux, l'ours brun continue d'occuper une place privilégiée dans le paysage de notre enfance. Ce gros animal peluche est loin d'être un benêt, une boule de poils paresseuse qui ne se lève que pour piquer un peu de miel dans les ruches. Son comportement social est riche et complexe, et il sait même se servir d'outils. Découvrez pourquoi Baloo se gratte contre les arbres et quelle astuce l'ours a trouvé pour véritablement apaiser ses démangeaisons dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.


    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️


    Pour aller plus loin :

    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • Bêtes de science : l'ours brun sait se servir d'outils
    • Yéti : l'abominable homme des neiges serait un ours
    • ⭐ Soutenez notre média et rejoignez les coulisses ⭐


    Musique et bruitages :

    Silly Intro, Fantasy Ambience, et Freedom, par Alexander Nakarada

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

    Piccolo and a Cane, par TeknoAxe

    Wat Dat Dee, par Smooth Sounds

    Zapsplat

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    6 min
  • Ces pieuvres qui construisent des cités sous-marines

    Dans la catégorie des animaux étranges, la pieuvre est sûrement digne de remporter la palme. Mais elle est aussi d'une intelligence qui soulèvent de véritables débats éthiques à son sujet.

    Si l'on connaissait déjà ses talents de camouflage, de chasse, de résolution de problèmes ou d'infiltration, c'est sur des cités sous-marines qu'elle construit au large de l'Australie que nous nous attarderons dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️


    Pour aller plus loin :

    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • Bêtes de science : l'intelligence hors norme de la pieuvre
    • Les huit bras des poulpes possèdent chacun leur « cerveau » !
    • ⭐ Soutenez notre média et rejoignez les coulisses ⭐


    Transcription du podcast :

    Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser aux cités englouties que construisent les pieuvres.

    Un corps mou dépourvu de squelette, trois cœurs, huit bras, neuf cerveaux, et le sang bleu. (musique de science-fiction démarre) Non, non, non ! Ce n’est pas un extraterrestre ! (nouvelle musique débute) Dans la catégorie des animaux étranges, la pieuvre est sûrement digne de remporter la palme. Ce mollusque marin appartient à la famille des céphalopodes, et profitons-en pour rappeler que pieuvre, et poulpe, c’est pareil ! Le mot poulpe nous vient de l’ancien grec et signifie « plusieurs pieds »,  alors que le mot pieuvre a été emprunté aux pêcheurs de l'île de Guernesey par Victor Hugo en personne. C’est grâce à lui que ce terme, issu du vieux parler normand, s’est imposé dans notre vocabulaire quotidien. Cet animal a d’ailleurs nourri l’imaginaire de l’être humain au fil du temps, alimentant le mythe du kraken ou encore des pieuvres monstrueuses. 

    Mais revenons-en aux curieuses caractéristiques de la pieuvre. En 2015, des chercheurs ont séquencé le génome de l'une des 700 espèces de céphalopodes qui existent dans le monde. Résultat : 33.000 gènes identifiés. C'est plus que ceux contenus dans l’ADN humain ! Et côté neurones, il semblerait que la pieuvre n'en compte pas moins de 500 millions. Le double de la souris et autant... qu'un chien ! Cette matière grise est répartie entre un cerveau central, en forme de donut, et huit plus petits cerveaux dans chacun de ses tentacules. Enfin, quand ils parlent de petits cerveaux, les chercheurs pensent plutôt à des cellules nerveuses qui contrôlent les mouvements. De quoi permettre à chaque bras de la pieuvre d'agir de manière autonome, tout en restant étroitement connecté. Et c’est sans compter ses capacités extraordinaires de camouflage, chasseuse hors pair, bref, la pieuvre étonne et fascine.

    Malheureusement, la vie de cette créature étonnante n’est pas de tout repos. Son habitat est menacé par le réchauffement climatique, et, qui plus est, la pieuvre est pêchée en masse pour satisfaire les gourmands, au point où l’on s’inquiète aujourd’hui pour son avenir. Certains ont proposé de l’élever au lieu de la chasser à l’état sauvage, mais la question soulève un véritable débat. Car notre amie est intelligente, très intelligente. Qu’elle vive au large ou dans un aquarium, le pieuvre démontre des capacités de mémorisation, d'apprentissage, d'orientation et d'adaptation hors du commun pour un mollusque, sans compter son corps mou lui permettant de se faufiler dans des trous de la taille d’une pièce de 2€ 

    Par exemple, elle est capable de dévisser le couvercle d'un bocal pour y récupérer le crabe qui s'y cache. En seulement 54 secondes, excusez du peu. Cette grande futée a même appris à éteindre les lumières en projetant des jets d'eau sur les ampoules. Une compétence qui aurait permis à Inky, une pieuvre néo-zélandaise, de s’échapper de l’aquarium où elle habitait. Son histoire n’est d’ailleurs pas la seule preuve de tentative d’évasion chez les céphalopodes.

    Un autre signe d’intelligence de la pieuvre est sa capacité à utiliser des outils. Les chercheurs l’ont observé à plusieurs reprises, et notamment en 2009, en Indonésie. Là-bas, des poulpes ont été surpris en train de ramasser des coquilles de noix de coco. Après les avoir déterrées puis nettoyées, ils les ont transportées plus loin pour assembler un abri.

    Toujours pas impressionnés ? Et si je vous disais que les pieuvres sont certes capables de construire des abris, mais aussi des cités entières ? Au large des côtes australiennes, les scientifiques ont en effet découvert deux structures qui ressemblent à des villes de pieuvres : Octopolis et Octlantis. Construits par des membres de l’espèce Octopus tetricus, ces repères d’une quinzaine d'habitants chacun sont érigés à partir de toutes sortes de coquillages, souvent les restes des proies dévorées par les poulpes gloutons. Et sur place, les créatures ont développé un système de communication et d’interaction sociale complexe, plus complexe que ce à quoi les chercheurs s’étaient attendus. Ils se saluent, protègent leur partenaire, discutent et chassent les intrus. Un véritable petit New York sous-marin ! Et la preuve que, comme beaucoup d’animaux, ces créatures méritent notre respect, même si ça veut dire ne pas manger de poulpe frit cet été. Alors, pas si bête, la pieuvre !

    ​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !


    Musique et bruitages :

    Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

    Let There Be Light, par Rafael Krux

    Deep ocean 2, par Frank Schröter

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

    Zapsplat

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    6 min
  • Le macaque crabier, négociateur hors pair

    Le macaque crabier. Vous n'avez peut-être jamais entendu son nom, mais il y a au moins de fortes chances que vous l'ayez déjà vu. Avec son visage expressif et sa réputation de chapardeur, il est devenu un animal emblématique en Asie du Sud-Est.

    Mais si l'animal a tendance à la rapine, il est aussi excellent négociateur avec les victimes de ses larcins, ainsi que nous le démontrons dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️


    Pour aller plus loin :

    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • Bêtes de science : ces macaques, rois du racket
    • Le macaque crabier ou macaque à longue queue
    • ⭐ Soutenez notre média et rejoignez les coulisses ⭐


    Transcription du podcast :

    Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser aux talents de chapardeur du macaque crabier.

    Le macaque crabier, tout le monde le connaît. On l'appelle aussi le macaque à longue queue, et il est il est le singe le plus répandu en Asie du Sud-Est. Facilement reconnaissable grâce à son pelage gris roux et son visage très expressif ce primate espiègle a pendant un temps bien failli disparaître. La déforestation menace son territoire, et l’être humain l’a traqué à tout va, le chassant pour servir de remède traditionnel, de repas, de bête de cirque, ou encore comme animal de laboratoire. Si bien qu'à la fin des années 2000, il était devenu le mammifère le plus vendu parmi les espèces menacées de la faune sauvage.

    Aujourd'hui, le macaque crabier va mieux. Enfin, pas vraiment. S’ils sont aujourd’hui plus nombreux, c’est surtout grâce à leur élevage en captivité. Le plus grand programme de ce type héberge pas moins de 30.000 individus, mais ceux-ci sont destinés … à l'expérimentation animale. En particulier dans le domaine des neurosciences. Le macaque crabier est donc loin d’avoir complètement retrouvé sa liberté.

    Mais ce drôle de primate à plus d’un tour dans son sac. Car en parallèle, il a appris à s’adapter, en tirant profit des milieux occupés par les humains. Comme dans la ville de Lopburi, en Thaïlande, où la police a baissé les bras face à l’invasion de milliers de singes envahissant les rues. Ou sur l'île de Bali, en Indonésie, où ils cherchent de la nourriture aux abords du temple de Uluwatu, dressé au sommet d'une falaise de 70 mètres de haut. Et c'est justement à ces derniers, tout particulièrement, que nous allons nous intéresser aujourd’hui. Car figurez-vous qu'ils font preuve d'une intelligence et d’une compréhension du monde humain plutôt surprenante pour des singes sauvages.

    Les macaques crabiers qui vivent du côté du temple de Uluwatu ont en effet appris l’art subtil de la négociation. Si lorsqu’on le croise on est facilement charmé par ce singe qui paraît sage et peluche, il n’en est rien. Sous ses airs d’animal tranquille, le plan est très bien élaboré dans sa tête. Tranquillement assis sur un parapet de pierre, l’un d’eux passe à l’action. Il se penche soudain en avant et attrape en un clin d’œil quelque chose dans la main d’un passant. Lunettes, appareils photo, smartphones ou même argent, il a appris à identifier les objets de valeur qui se cachent dans les poches et les sacs des touristes. Une fois le larcin commis commence la phase de troc. Car disons-le, notre macaque n’a pas grand usage d’un sac à main une fois de retour parmi les siens, ce qui l’intéresse, c’est ce qu’il peut obtenir en échange.

    Dans 95 % des cas, les macaques accepteront de rendre l’objet volé contre un peu de nourriture. Mais là encore, ils ne se laissent pas avoir. Ne dit-on d’ailleurs pas “malin comme un singe” ? Plus l’objet semble avoir une valeur importante, plus ils se montrent exigeants sur la qualité de la récompense. L’animal n’est pas dupe, et sait ce qu’il veut. Les chercheurs ont d’ailleurs observé plusieurs de ces interactions, qui ont beaucoup à nous apprendre sur l’intelligence des primates. Durant l’un des échanges, qui a duré 17 minutes, le singe refusait obstinément de rendre l'objet volé, considérant que l’offrande qui lui était proposée en retour n’était pas à la hauteur de ce qu’il avait dérobé. En même temps, on n’apprend pas à un vieux singe à faire du marchandage !

    D’après les scientifiques, les facétieux primates apprennent ce comportement unique à travers l’expérience et l’observation, et le transmettent de génération en génération. Ils estiment que les singes d’Uluwatu auraient appris à maîtriser la négociation il y a plus de trente ans pour faire face aux changements amenés par l’humain. Un bel exemple d’adaptation et d’intelligence culturelle et économique pour les macaques, que les chercheurs espèrent pouvoir observer dans des situations toujours plus complexes et nuancées… En espérant qu’on les laisse un peu souffler hors des laboratoires. Alors, pas si bête, le macaque crabier !

    ​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !


    Musique et bruitages :

    Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

    Industrious Ferret et Meatball Parade, par Kevin McLeod

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

    Bali Bali, par Doug Maxwell et Jimmy Fontanez

    BBC Sounds

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    6 min
  • Les abeilles ont développé leur propre wifi

    Les abeilles. Nous devons tellement à ces minuscules créatures ailées : miel, fleurs, ou tout simplement nourriture. Mais savez-vous qu'au-delà d'être des ouvrières hors pair, ces membres du sous-ordre des hyménoptères sont également redoutablement intelligentes ?

    Tenez, pour l'illustrer, nous vous proposons de découvrir l'étonnant système de télécommunications qu'elles ont inventé, dans ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️

    ⭐ Soutenez notre média et rejoignez les coulisses ⭐


    Pour aller plus loin :

    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • Bêtes de science : ces abeilles ont inventé un réseau de communication
    • L'abeille, sentinelle écologique
    • Pourquoi l'abeille meurt-elle après avoir piqué ?
    • ⭐ Soutenez notre média et rejoignez les coulisses ⭐


    Transcription du podcast :


    Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à une bestiole pas comme les autres.


    Les abeilles. Il y en a des sauvages et des domestiques, mais, pour tout vous dire, on en dénombre pas moins de 20.000 espèces dans le monde. Et elles occupent toutes une place centrale dans la nature et même dans notre société. Rendez-vous compte : on estime que 35 % de nos ressources alimentaires dépendent à 80 % des abeilles. Pour ceux et celles qui n’aiment pas les chiffres, dites-vous simplement que sans elles, nous serions bien embêtés pour manger, et surtout pour manger sainement. Car les abeilles sont ce que l'on appelle des insectes pollinisateurs. Elles participent à féconder de nombreuses plantes en transportant des grains de pollen de fleurs à fleurs lorsqu’elles les butinent gracieusement. Jusqu'à 500.000 grains de pollen par patte postérieure, paraît-il ! De vraies petites transporteuses d’amour végétal.

    Malheureusement, les populations d’abeilles – comme celles de la plupart des insectes – diminuent depuis quelques années. En cause : toute une série de comportements que nous pourrions revoir. Par exemple, notre attrait pour les monocultures : c’est-à-dire le choix de ne cultiver qu’une seule espèce végétale qui ne sera pas suffisamment nourrissante pour les abeilles. Il y a aussi notre tendance à débarrasser nos jardins des plantes jugées indésirables mais que les abeilles apprécient tout particulièrement. Ou pire encore, l’utilisation excessive de pesticides qui certes tuent certaines petites bêtes mangeuses de feuilles mais empoisonnent aussi nos pollinisatrices. Enfin, il y a le problème des espèces importées, comme l’acarien baptisé varroa ou le trop célèbre frelon asiatique déciment les ruches… Sale temps pour nos abeilles !

    Le sujet est important, et il existe plein de manières de protéger les abeilles que je vous invite à découvrir, car même le plus petit des gestes peut changer beaucoup de choses. Mais, si nous avons choisi de nous y intéresser ici, c'est pour discuter de leur intelligence. Car les abeilles ne sont pas si bêtes. On le devine dans la complexité de leur organisation sociale, comme chez le rat-taupe nu, vous vous souvenez ? Et puis, de nombreuses études ont montré leurs capacités d'apprentissage et de mémorisation. Ces butineuses savent par exemple associer des couleurs et des odeurs à une récompense alimentaire. Les chercheurs assurent même que les abeilles savent faire des additions ! Si nous la réduisons très souvent à nos pots de miel, l’abeille est un insecte qui étonne de plus en plus.

    Pour aller un peu plus loin, des biologistes affirment aujourd'hui qu'en travaillant ensemble et en se laissant guider par l'amour inconditionnel qu'elles portent à leur reine, les abeilles ont mis au point ce qui ressemble à un réseau de télécommunications. Pas de satellites ou de fibre optique, vous allez voir c’est encore plus malin. Les chercheurs l'ont découvert un peu par hasard. Ils observaient des abeilles en train de former un essaim. Et ils ont remarqué qu'au cours de l'opération, elles avaient tendance à mettre leur derrière en l'air et à battre furieusement des ailes. Une étonnante chorégraphie qui a su attirer l’attention des scientifiques.

    En fait, tout part de leur reine, l'individu le plus important de la ruche. Comme la plupart des insectes, celle-ci communique par phéromones, de petites molécules odorantes qui permettent d’envoyer un message chimique à ses comparses. C’est très pratique, mais contrairement à la voix, les phéromones ne sont pas faites pour voyager très loin. Comme avec une odeur, les molécules se dispersent sur une toute petite distance, à moins d’être portées par le vent. Mais les abeilles, elles, ont trouvé une parade à cette limitation. Lorsque leur reine leur envoie un message donc, les abeilles les plus proches d'elle cessent immédiatement leurs activités. Elles prennent connaissance du message, et avant que celui-ci n’ait une chance de se dissiper, elles activent leurs ventilateurs postérieurs. Popotin en l’air, elles battent des ailes pour créer un courant d’air qui permet de transmettre le message au reste de la colonie. Mais bon, à ne pas reproduire chez vous si vous cherchez à capter le wifi, vous risqueriez de ne pas avoir l’air … Très malins !

    De nombreux animaux sont connus pour déposer des phéromones dans leur environnement, comme votre chien lorsqu’il fait pipi sur un arbre ou votre chat lorsqu’il se frotte contre vos jambes… Hé oui, certains comportements qui nous semblent dérisoires ont une fonction cachée bien utile à nos compagnons ! Mais nos hyménoptères, elles, sont devenues des reines de la communication, grâce à la force de la coopération. Alors, pas si bêtes, les abeilles !


    ​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !


    Musique :

    Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

    Light Piano Waltz, par MusicLFil

    Verano Sensual, par Kevin McLeod

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    7 min
  • Le blob, cette drôle de gelée qui sait penser

    Voilà une bien curieuse créature que le blob. Ni animal, ni plante, ni champignon, on le compare souvent à de la moisissure ou à du vomi de chien. Mais s'en tenir aux apparences serait le sous-estimer, car même sans cerveau, le blob sait faire preuve d'une intelligence qui inspire même nos ingénieurs.

    Qui est donc cet étrange organisme tout droit sorti d'un film de science-fiction ? Pour le savoir, il vous faudra écouter ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️


    Pour aller plus loin :

    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • Bêtes de science : la drôle d'intelligence du blob
    • Le blob mémorise sans cerveau en absorbant des substances


    Transcription du podcast :


    Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à une bestiole pas comme les autres.


    Le « blob ». Vous voyez ce que c’est ? Si vous êtes adeptes de films de science-fiction à l’ancienne et un peu kitchs (ou des années 50) il vous viendra sans doute une image à l’esprit : celle d’une créature extraterrestre jaune gluante qui grossit en engloutissant les habitants d’une petite ville de Pennsylvanie, ou de Californie, au choix. Un Flanby géant ravageant tout sur son passage, avouez, vous avez frémi ! Non ?

    Mais, dans la vraie vie, le blob existe vraiment. Bon, en moins terrifiant je dois dire, mais,  de son véritable nom Physarum polycephalum, c’est un organisme unicellulaire bien terrestre. Il fait partie de la catégorie des… des… ben on ne sait pas trop en fait. Ni plante, ni champignon, ni même animal, on dit qu’il est un amibozoaire, et plus spécifiquement, un myxomycète. Voilà pour les mots compliqués.

    On sait que ce drôle d’organisme existe depuis des centaines de millions d’années. Et les scientifiques en ont, à ce jour, décompté plus de 1.000 espèces. Mais même là les choses se corsent, puisque certaines peuvent présenter autant de différences que celles que l’on trouve entre un rongeur et une baleine dans le monde des mammifères. C’est donc une grande famille que l’on commence tout juste à explorer. Jaune, rouge ou noir, le blob adore les endroits sombres et humides. Son apparence gluante et visqueuse lui vaut quelques comparaisons gracieuses, comme du vomi de chien,  des croûtes de mucus, ou…  De la moisissure. Bref, rien de très ragoûtant. Et pourtant, le blob étonne les chercheurs autant qu’il les fascine.

    Tenez, par exemple, il est composé d’une unique cellule géante, capable d’atteindre la dizaine de mètres carrés. Oui c’est la taille d’un petit appartement à Paris. Tout ça avec une seule cellule, vous imaginez ? ! Celle-ci réussit à s’étendre grâce à un réseau de capillaires qui s’adapte en permanence et permet de distribuer les nutriments efficacement dans tout son organisme. Sous ses apparences de Flanby, le blob vit, grandit, respire, et étonne.

    Ah et j’oubliais, le blob est presque immortel aussi ! Si vous le découpez en morceaux, celui-ci est capable de rapidement cicatriser... et de former de nouveaux petits blobs… Mais pas de quoi encore craindre une invasion planétaire, promis.

    Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est l’intelligence du blob. Oui oui, je pèse mes mots en utilisant le mot intelligence, bien que cet être ne soit pas doté de cerveau et qu’il ne dispose que d’une seule maxi cellule. Les scientifiques ont d’ailleurs réalisé une série d’expériences pour tester ses capacités à prendre des “décisions”, avec plusieurs blobs de différentes régions du monde. Et il s’est avéré qu’en fonction de leur région d’origine, les blobs ne sont pas tous égaux. Le blob australien, par exemple, a tendance à « réfléchir » avant de prendre se lancer. Il apprend aussi plus facilement que le blob américain. Le blob japonais, quant à lui, est plus fonceur. Et il se trompe une fois sur deux.

    Afin de mieux comprendre comment ce curieux petit être interagit avec son environnement, des chercheurs de l’université de Toulouse ont mis notre ami à l’épreuve en le titillant sur l’un de ses points faibles : sa gourmandise ! S’il est friand de champignons et de bactéries, au laboratoire, rien de tels que des flocons d’avoine ou du jaune d’œuf pour attirer son attention. À la vitesse fulgurante de 4 centimètres par heure, notre blob glouton tisse ses réseaux jusqu’au casse-croûte le plus proche qu’il s’empresse d’engloutir comme un minuscule monstre de science-fiction.

    Une seule chose peut l’arrêter. Non, pas la kryptonite, le sel. En effet, les chercheurs ont remarqué que le blob n’en est pas particulièrement fan, même si celui-ci n’est pas nocif pour le myxomycète. L’équipe a donc testé sa capacité d’habituation en plaçant des petits murs de sel entre la nourriture et lui, et au bout de quelques jours seulement leur sujet d’étude avait bravé ses peurs  en franchissant l’obstacle salé pour rejoindre le garde-manger. On vous l’a dit, quand il est question de se goinfrer, le blob se montre révèle son intelligence exceptionnelle.

    Le blob pouvait ensuite retenir cet apprentissage durant des mois mais ce n’est pas là le plus impressionnant. Car il est en plus capable de transmettre ses expériences à des congénères. Comment ? En « fusionnant » temporairement avec eux. Vous imaginez si on devait faire pareil pour se raconter nos dernières vacances ?

    Par ailleurs, le blob est aussi le roi du raccourci. Il sait toujours trouver le chemin le plus court, qu’il soit en ligne droite, ou à travers un labyrinthe sinueux. On ne plaisante pas quand il y a un repas à la clé ! Il est si efficace dans sa façon de tracer des chemins que les ingénieurs pourraient même s’en inspirer un jour. Lors d’une expérience avec une carte et des flocons d’avoine astucieusement placés, le chercheur Toshiyuki Nakagaki a pu démontrer que ce petit organisme ni plante, ni animal, ni champignon était capable de redessiner le réseau ferroviaire de Tokyo encore plus efficacement qu’un humain. En attendant la suite de ces études, le blob vient de décoller à bord de l’ISS aux côtés de Thomas Pesquet, pour tester ses capacités dans ce milieu parfois si hostile à la vie… En espérant qu’il ne se multiplie pas à bord, car, encore là, le scénario d’un film de science semble se dessiner… Alors, pas si bête, le blob !


    ​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !


    Musique :

    Prelude / Outer Space / Radar, Bernard Hermann (The Day The Earth Stood Still)

    Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

    Cinematic Suspense Series Episode 008, par Sascha Ende

    Frogs Legs Rag, par Kevin MacLeod

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    7 min
  • Le chien, fin détecteur... de menteurs

    Le chien est notre meilleur ami, mais sa loyauté n'est pas toujours acquise. Si votre compagnon à quatre pattes est doué pour deviner votre humeur, il l'est également pour repérer les menteurs. Et lorsque sa confiance est perdue, elle n'est pas toujours facile à regagner.

    Comment les chercheurs l'ont-ils découvert ? Pour le savoir, il vous faudra écouter ce nouvel épisode de Bêtes de Science.

    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️


    Pour aller plus loin :

    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • Bêtes de science : les chiens comprennent quand on leur ment
    • Bêtes de Science : le chien à notre écoute


    Transcription du podcast :


    Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser aux incroyables talents de détection du chien.

    ​Ah, le chien ! Petit ou grand, tout fou ou solennel, patachon ou sportif, s’il y a bien une chose qu’il est toujours, c’est loyal. On le considère comme le meilleur ami de l’humain, et pour cause, les chiens marchent à nos côtés depuis plus de 15.000 ans. Leur fidélité n’a d’égale que leur intelligence. Car même si nos compagnons à quatre pattes peuvent parfois se montrer un peu bêta et nous faire sourire pendant des heures sur les réseaux sociaux, les cabots en ont dans la caboche et savent être vraiment brillants, quand ils le veulent bien.

    Les scientifiques ont remarqué cette intelligence depuis longtemps. En général, ils estiment qu’un chien est aussi malin qu’un enfant humain de 2 ou 3 ans. Mais franchement, ça ne veut pas dire grand-chose. Difficile de comparer l’intelligence de deux animaux certes très proches, mais aussi très différents. Fascinés par les capacités du meilleur ami de l’humain, les chercheurs aiment distinguer chez eux trois grands types d’intelligence. D’abord, une intelligence qu’on appelle instinctive. Elle est déterminée par la race du chien : tandis que certains sont doués pour guider les moutons, d’autres sont des chasseurs nés. Puis il y a l’intelligence adaptative qui mesure comment un chien apprend de son environnement pour résoudre des problèmes. Enfin, on parle aussi d’intelligence d’obéissance et de travail. Celle-ci évalue la capacité du chien à apprendre des humains. Mais il y a aussi l’intelligence linguistique qui lui permet d’apprendre du vocabulaire, comme Chaser la border collie, qui connaît plus de 1.000 mots. Ou encore l’intelligence émotionnelle et sociale.

    C’est d’ailleurs de cette dernière qu’il va être question aujourd’hui. Notez avant tout que, du peu que l’on en sait, le chien n’est pas naturellement capable de comprendre ses propres émotions. Ou de les maîtriser. En revanche, il semble très réceptif aux émotions des autres. il est vraie éponge à sentiments quand il s’agit de celles de son compagnon humain. Si un chien vit avec vous, vous le savez déjà. En un clin d’œil un votre meilleur ami viendra vous réconforter si vous êtes triste, sautera autour de vous si vous êtes heureux, et se fera tout petit s’il sent le moindre reproche dans vos yeux parce qu’il a piqué quelques croquettes en douce. C’est ce qui fait ce lien si fort entre nos deux espèces, nous les considérons bien souvent comme des membres de notre famille !

    Mais avez-vous déjà remarqué que votre chien est capable de se méfier de vous quand vous mentez ? Eh oui, malgré les apparences, nos compagnons canins ne nous accordent pas une confiance aveugle. Les chercheurs l’ont démontré avec une expérience qui a du chien et que vous pouvez reproduire chez vous. Prenez deux boîtes opaques et cachez une friandise dans l’une d’elles. 1ère étape : Pointez du doigt la boîte contenant la récompense pour indiquer à votre chien que c’est là qu’il doit aller la chercher. 2ème étape : on recommence, mais cette fois-ci, pointez la mauvaise boîte, et laissez votre chien constater que vous lui avez joué un mauvais tour. Enfin, on répète la manipulation une dernière fois, mais cette fois, pointez à nouveau vers la boîte contenant une friandise et vous verrez que votre chien a de fortes chances de vous regarder avec un air signifiant, “on ne me la fait pas deux fois”.

    C’est ce que les expérimentateurs ont mesuré. Ils ont découvert que si les chiens avaient tendance à prêter attention durant les étapes 1 et 2, ils n’étaient plus aussi enthousiastes au moment de l’étape 3 si on leur avait menti.

    Plus intéressant encore : si nos sujets à quatre pattes finissaient par bouder le scientifiques qui les avait trompés pour de bon, ils étaient cependant tout à fait prêts à réaccorder leur confiance à un nouvel expérimentateur. La preuve d’une intelligence émotionnelle et sociale plus développée que ce que nous pouvions imaginer, et une bonne occasion de se rappeler que si un toutou ne nous semble pas très malin c’est peut-être parce que nous devons juste apprendre à l’écouter et à partager ses émotions. Alors, pas si bêtes, les chiens.

    ​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !


    Musique :

    Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

    Fancy Family, par Rafael Krux

    Breaktime et Marty Gots a Plan, par Kevin MacLeod

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    6 min
  • Comment cette araignée arrive-t-elle à soulever des lézards ?

    Aujourd'hui : pas de destination particulière, car nous allons à la rencontre d'une créature que l'on rencontre tout autour du globe. Vous n'avez peut-être jamais entendu parler des Théridiidés, mais vous avez sûrement déjà eu vent de leur plus célèbre représentante : la veuve noire. Oui, les Théridiidés sont des araignées, et pas des moins habiles. Ces dernières pratiquent avec talent l'art de la chasse et de la dentelle, au point de se hisser au rang de véritables ingénieures spécialisées dans la soie.

    Quelle invention leur vaut donc que nous leur consacrions ce nouvel épisode de Bêtes de Science ? Pour le savoir, il vous faudra l'écouter.


    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️


    Pour aller plus loin :

    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • Bêtes de science : ces araignées qui fabriquent des poulies
    • Bêtes de science : ces araignées construisent-elles des pièges à grenouilles ?


    Transcription du podcast :


    Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser à l’astucieuse technique de chasse des araignées Théridiidés.

    Huit pattes, une multitude d’yeux et un corps poilu...Avouez, rien qu’à les imaginer vous avez frissonné ! C’est vrai qu’en apparence, les araignées n’ont pas grand-chose pour plaire. Même si certains les trouvent plutôt mignonnes, la plupart des gens partagent pour elles un dégoût pouvant aller jusqu’à la peur. On a beau savoir que ce n’est pas la petite bête qui va manger la grande, l’arachnophobie reste dans le top 3 des phobies les plus répandues. Car au-delà de leur physique disgracieux, certaines araignées sont aussi réputées dangereuses, et l’idée d’être mordu par ces petites bêtes inquiète les êtres humains depuis la nuit des temps. Avec l’araignée, tous les fantasmes les plus cauchemardesques semblent être permis : entrer dans notre bouche quand on dort, nous mordre, agressive, venimeuse, capable de pondre sous notre peau… La liste est longue.

    Et pourtant, peu d’araignées sont en réalité capables de nous mordre. Leurs crochets ne sont généralement pas disposés à percer notre peau, et d’ailleurs, ces créatures à huit pattes ont plutôt tendance à vouloir nous éviter qu’à nous sauter dessus. Quant à leur venin, il s’avère finalement assez rarement dangereux. Sur près de 50.000 espèces d’araignées connues dans le monde, une centaine seulement est susceptible de provoquer une réaction chez les humains. Et parmi celles-ci, seule une quinzaine seraient réellement dangereuses. Pas de quoi donc jeter votre chaussure au travers du salon lorsque vous en croisez une dans un recoin de vos murs. Pour autant, les araignées n’en restent pas moins de grandes prédatrices. Et si elles vous font frémir, sachez qu’elles incarnent de sacrées alliées pour vos intérieurs, capables de vous débarrasser des moustiques plus efficacement qu’un insecticide... Pour piéger leurs proies, elles conçoivent des outils de chasse redoutablement efficaces, des prodiges de technologie et d’architecture que l’on appelle tout simplement des toiles d’araignée. Et dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, vous allez voir que celles-ci ne se contentent pas de jouer le rôle de simple filet collant. 

    Les Théridiidés forment une grande famille d’araignées comprenant plus de 3.000 espèces différentes. Sa plus célèbre représentante est la sulfureuse veuve noire, une gracieuse arachnide au corps sombre marqué d’une bande rouge vif, dont la morsure peut parfois être douloureuse, mais reste très rarement mortelle. Si vous vous sentez déjà blêmir en entendant parler de morsure envenimée, rassurez-vous : c’est après des victimes bien plus petites que ces araignées en ont ; et pour les attraper, elles ont développé un système astucieux. En effet, notre Théridiidé ne s’attend pas forcément à ce qu’une proie vole directement dans ses filets. Elle fait plutôt ses courses au rez-de-chaussée. Pour cela, elle tend de discrets fils de soie entre sa toile et le sol, qui lui servent de sonnette d’alarme, un peu comme les lasers rouges dans les films d’espions ! Lorsqu’une proie déclenche par inadvertance l’un de ces pièges invisibles, la vibration donne l'alerte et indique à l’araignée qu’il est temps de passer à l’action. Elle se met alors à produire de grandes quantités de soie, qu’elle étire longuement avec ses petites pattes, un peu comme de la guimauve. Pourquoi ? Pour la rendre élastique, figurez-vous, et vous allez vite comprendre pourquoi.

    Après avoir attaché une extrémité de cette soie collante et flexible à sa toile, l’araignée descend le long de son câble vers sa proie en tenant l’autre extrémité entre ses pattes. Elle la colle alors au dos de sa victime, puis recommence l’opération plusieurs fois, en multipliant les câbles élastiques entre sa maison et son futur repas. Au bout d’un moment, la tension devient si forte que la fourmi, le cafard ou même le lézard décolle complètement du sol et se retrouve à la merci de notre acrobate qui lui injecte alors un venin paralysant. Et hop, livraison à domicile ! Oui, parce qu’on vous a parlé de victimes de petite taille, mais grâce à cette stratégie, ces arachnides sont tout de même capables de chasser des proies jusqu’à 50 fois plus lourdes qu’elles. Excusez du peu !

    Pour réaliser tout ce travail, ces araignées font dans la dentelle et doivent apprendre à fabriquer et à tisser toutes sortes de toiles pour se loger, tendre des pièges ou encore des élastiques pour attraper leur proie. Un vrai exploit d’artisanat...raignée. Alors, pas si bêtes, les Théridiidés !

    ​​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants. À bientôt !


    Musique :

    Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

    Sings In The Fields, par Rafael Krux

    Divertissement - Pizzicato, par Kevin MacLeod

    Blockbuster Atmosphere 11 par Sascha Ende

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    6 min
  • Le rat-taupe nu, cet étonnant polyglotte

    Aujourd'hui : nous partons en Afrique pour un voyage sous la surface, à la rencontre du mal-aimé rat-taupe nu. Ce petit rongeur à la peau glabre compense son manque de charme par toute une série de super pouvoirs qui en font un favori des chercheurs. Mais si nous nous intéressons aujourd'hui à lui, c'est parce que les rats-taupes nus ne parlent pas tous le même dialecte, même lorsqu'ils vivent à proximité les uns des autres.

    « Mais pourquoi donc s'embêter à parler des langues différentes ? », nous demanderez-vous. Pour le savoir, il vous faudra écouter ce nouvel épisode de Bêtes de Science.


    👉Abonnez-vous sur vos apps et plateformes audio préférées 🎙️


    Pour aller plus loin :

    • La chronique Bêtes de Science sur Futura
    • Bêtes de science : les rats-taupes nus parlent plusieurs dialectes
    • Le rat-taupe nu, le plus laid des rongeurs
    • Le rat-taupe nu, une longévité exceptionnelle et jamais de cancer

    Transcription du podcast :

    Hey, ce podcast vous plaît ? Alors partagez vos idées ! Laissez-nous un commentaire sur vos plateformes d’écoute préférées avec le hashtag #FuturaPod, et dites-nous de quels animaux vous aimeriez nous écouter parler lors des prochains épisodes. On compte sur vous !

    Bienvenue dans Bêtes de Science, le podcast Futura qui fait la part belle aux animaux. Je suis Marie et pour ce nouvel épisode, on va s’intéresser aux étonnants pouvoirs du rat-taupe nu.

    Il n’y a pas à dire, le rat-taupe nu est décidément un drôle d’animal :  une peau rose sans poils, de tout petits yeux et de grandes incisives. Bref, un physique que l’on pourrait facilement se laisser aller à qualifier de disgracieux, pour ne pas dire vraiment moche. D’ailleurs, on l’appelle aussi hétérocéphale, une façon polie de dire qu’il a une tête pas très régulière. Cette espèce de souris fripée vit sous la terre des régions arides d’Éthiopie et du Sud saharien, et même si son apparence en rebute certains, elle ne manque pas de fasciner les chercheurs. Car chez le rat-taupe nu, croyez-moi, l’habit ne fait pas le moine. Sous ses airs de hamster imberbe, il est une sorte de super héros de la nature. Sa peau cicatrise incroyablement vite, il est quasiment insensible aux brûlures, semble résistant au cancer, vit étonnamment longtemps et, plus impressionnant encore, il ne présente presque pas de signe de vieillissement tout au cours de sa vie. Avouez, ça ferait un super pitch pour un film hollywoodien : Captain Rat-taupe nu !

    Mais bien que toutes ces super-capacités puissent alimenter notre curiosité pendant des heures, s’il est question de lui aujourd’hui, c’est parce que le rat-taupe nu est aussi un grand communicant. Il pépie. Il gazouille. Il grince. Son monde souterrain est loin d’être un monde silencieux. Mais il y a mieux encore. En enregistrant plus de 36.000 pépiements chez 166 individus hébergés en laboratoire pendant deux ans, puis en analysant leurs propriétés acoustiques grâce à un algorithme, les chercheurs ont découvert que ces petits rongeurs ont un langage très complexe. Chaque colonie a son dialecte ! Un peu comme si certains parlaient breton et d’autres en occitan, mais avec des couinements.

    Comparaison des cris de deux colonies de rats-taupes nus, révélant notamment une différence de hauteur.

    Vous entendez ? Cette particularité joue un rôle important dans la vie sociale du rat-taupe nu. Elle lui permet de créer des liens solides avec ses congénères et soude la colonie comme une grande famille.  On dit que le rat-taupe nu est une créature eusociale, c’est-à-dire qu’il vit en communauté très bien organisée, un peu comme chez les fourmis ou les abeilles. Et comme chez ces insectes aussi, sa société est matriarcale. C’est une reine qui dirige, mais c’est aussi elle qui joue le rôle de gardienne du langage. Elle est la seule femelle reproductrice du groupe, et lorsqu’elle meurt, le dialecte disparaît progressivement avec elle jusqu’à ce que sa remplaçante installe la nouvelle mode.

    Le langage n’est donc pas inné pour ces rongeurs, c’est quelque chose que l’on apprend, et qui change régulièrement. Mais c’est aussi une façon de repérer les étrangers. Et chez les rats-taupes nus, ce n’est pas une bonne chose d’être vu comme un intrus, au point que les chercheurs n’hésitent pas à les qualifier de « xénophobes extrêmes ». Les colonies de rats-taupes nus peuvent se livrer à d’immenses batailles souterraines pour envahir leurs voisins et piller leurs ressources ! Et il se pourrait même que certains individus aient appris à imiter d’autres dialectes pour pouvoir s’infiltrer sans se faire repérer. Vous voyez, je vous avais bien dit que ce petit animal était digne des plus grands scénarios de films ! 

    Quoi qu’il en soit, les hétérocéphales ont encore beaucoup à nous apprendre. En poursuivant leurs études, les scientifiques espèrent découvrir les secrets de leur étonnante culture linguistique, mais aussi comprendre un peu mieux comment le langage s’est développé chez l’être humain. Car ne l’oublions pas : aussi vilain soit-il, ce petit rongeur a commencé à discuter bien avant nous. Alors, pas si bête, le rat-taupe nu !

    ​Merci d'avoir suivi cet épisode de Bêtes de science. Vous pouvez retrouver la chronique originale de Nathalie Mayer sur Futura et le podcast sur Spotify, Deezer, Apple Podcast, et bien d’autres. Pensez à vous abonner pour ne plus manquer un seul épisode et retrouvez nos autres podcasts sur vos applications audio préférées. On se retrouve dans deux semaines, avec de nouveaux comportements toujours aussi étonnants.  À bientôt !


    Musique :

    Silly Intro et Freedom, par Alexander Nakarada

    Big Eyes et They Are Here, par Rafael Krux

    The Curtain Rises, par Kevin MacLeod

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license


    Bruitages : BBC, Felix Petermann, Max Delbrück Center for Molecular Medecine 

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    6 min

About Bêtes de science

From the publisher's feed

Bêtes de Science, c'est le podcast de l'intelligence animale pour les enfants et la famille (et pour les grands qui n'ont pas oublié de rester curieux !). Un mardi sur deux, partez à la découverte…

More shows like Bêtes de science

Artis et Gousse d'ail by Artis et Gousse d'ail & Studio Fantask

Artis et Gousse d'ail

13 Listeners

Les P'tites Histoires by Taleming

Les P'tites Histoires

52 Listeners

Oli by France Inter

Oli

58 Listeners

Encore une histoire by Encore une histoire

Encore une histoire

131 Listeners

Les odyssées by France Inter

Les odyssées

133 Listeners

Mythes et Légendes by Quelle Histoire

Mythes et Légendes

57 Listeners

Les Aventures de Rodolphe et Gala (Histoires pour enfants) by Cecilia Dorai & Studio Fantask

Les Aventures de Rodolphe et Gala (Histoires pour enfants)

20 Listeners

Conte-moi l'aventure ! by Cherie FM France

Conte-moi l'aventure !

37 Listeners

Wild, le podcast animalier by Ambre Gaudet

Wild, le podcast animalier

3 Listeners

Quelle Histoire Présente by Quelle Histoire

Quelle Histoire Présente

33 Listeners

Raconte-moi une bêtise by Initial Studio

Raconte-moi une bêtise

21 Listeners

Curieux de sciences by Images Doc et Muséum national d'Histoire naturelle

Curieux de sciences

15 Listeners

La Grimm Académie (Histoires pour enfants) by Guillaume Haubois & Studio Fantask

La Grimm Académie (Histoires pour enfants)

39 Listeners

Les aventures de Tina by France Inter

Les aventures de Tina

4 Listeners

Bestioles by France Inter

Bestioles

30 Listeners