Bluesville, ça sonne dans le ton... cela va de soi ! En fait la marque vient de Prestige records (1949) qui faisait dans le jazz et autour... Au début des années 1960 avec l'essor, la reconnaissance de l'importance du blues dans la musique nord-américaine, l'idée a dû venir dans la tête de quelques huluberlus de faire une maison de disques avec pour nom : Bluesville ! Certes la réalité est peut-être tristement autre, d'aucuns avaient jugé qu'il y avait du fric à se faire. Bon, faisons dans le positif et disons que le boulot a été fait et bien.
Dans les premiers temps ça faisait surtout dans les vieux stocks, transfuges divers du jazz, gloires du blues comme Lonnie Johnson, Tampa Red, Victoria Spivey, Lightning Hopkins, Brownie McGee et Sonny Terry, Memphis Slim, Big Joe Williams, pour ne nommer que les plus connus ! (Ah j'oubliais Roosevelt Sykes et Reverend Gary Davis...). Mais à mon point de vue le point fort des disques Bluesville a été, bien sûr, les enregistrements de musiciens inconnus ou oubliés de country blues : Robert Pete Williams, Memphis Willie Borum, Scrapper Blackwell, Smoky Babe, Henry Townsend qui sans le blues revival seraient restés ou retombés dans l'anonymat ! A noter que nombre de ces trésors ont été réédités en CD, comme quoi le monde moderne et les progrès techniques ont des bons côtés...