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A quel point la vie et l’art s’entremêlent ? Marisa Merz et Mario Merz sont deux artistes italiens nés dans les années 20. Ils seront tous les deux des figures de proue de l’Arte Povera, ce courant italien qui redessine les contours de l’art en opposition au pop art ou au minimalisme américain notamment. Pendant plus de quarante ans, ils feront de leur vie personnelle une œuvre à part entière. 1960 est une année symbolique; elle scelle leur union amoureuse et le début de leur collaboration artistique. La spécificité de leur travail ? Questionner l'essence et les limites de l'art et mélanger les univers comme le fait Marisa en créant à partir de son expérience domestique et Mario en transposant la suite mathématique de Fibonacci à ses œuvres. Le duo s’interroge également sur le rôle de la matière au travers de gestes artistiques renouvelant des motifs comme l'édification d’igloos en verre ou en ardoise. Si certaines de leurs œuvres intriguent, l'amour qui transparaît semble lui comme une évidence.
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Crédits :
Ça a commencé comme ça est un podcast co-produit par Binge Audio et Bourse de Commerce – Pinault Collection. Écriture : Caroline Halazy. Incarnation et interprétation : Zita Hanrot. Production et édition : Juliette Livartowski et Camille Khodor. Réalisation et mixage : Elisa Grenet. Musique originale : Nicolas Olier. Identité graphique : Upian. Direction de production : Albane Fily. Direction des programmes : Joël Ronez. ÉQUIPE BOURSE DE COMMERCE - PINAULT COLLECTION : Margaux Brisson, Hélène Boubee, Nicolas-Xavier Ferrand.
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Giuseppe Penone, figure emblématique de l'Arte Povera, transforme les matériaux naturels en véritables récits poétiques. Né en 1947 à Garessio, en Italie, il s’attache à révéler la beauté essentielle du monde qui nous entoure. Ses œuvres mettent en lumière la connexion profonde entre l’humain et la nature, explorant des thèmes comme la transformation, la mémoire et le dialogue entre l'art et le vivant. Penone transcende le visible pour nous inviter à une méditation sur le temps et l’essence même de la matière. Une façon de faire un avec le monde végétal ; de travailler avec la nature, sans la dominer.
Retrouvez ici l’interview de Giuseppe Penone à la Bourse de Commerce
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Peut-on faire de l’art à partir du vivant ?
Né en 1936 au Pirée, en Grèce, Jannis Kounellis est l’un des piliers de l’Arte Povera, courant artistique italien majeur des années 1960, qui signifie littéralement : « art pauvre », pour désigner le dépouillement volontaire que pratiquent ces artistes. En utilisant des matériaux modestes et accessibles comme le charbon, le fer, la toile de jute et des objets trouvés, Kounellis revendique un art libéré, ancré dans le réel et à la portée de tous. Toute sa vie, Kounellis aura pensé l’art comme un acte brut et poétique, porteur de réflexion sociale et politique, loin des dynamiques capitalistes qui entourent nos sociétés. En 1969, sa célèbre installation à la galerie L’Attico de Rome, où il expose douze chevaux vivants, devient une œuvre manifeste, interrogeant la relation entre l’homme, la nature et la matière, et illustrant son engagement pour un art authentique, provocateur et profondément humain.
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L’art permet-il de trouver sa place ?
Né en 1926 à Antigua, île des Caraïbes colonisée par les Anglais dès le XVIIe siècle, Frank Walter est à la fois descendant de colon et d’esclave. Son œuvre riche et variée faite de peintures, de photos, de sculptures ou de poèmes, reflète son histoire, sa vie intérieure troublée et sa quête d’identité raciale. Agé de 27 ans, il se rend en Europe, la terre de ses ancêtres, où il se confronte frontalement au racisme de son oncle, bourgeois et blanc de peau. Ce rejet brutal génère en lui une réflexion obsessionnelle sur sa double identité, à la fois source de ses tourments et moteur de sa créativité. Sans jamais avoir suivi de cursus artistique, il peint, photographie, sculpte, écrit, en s’inspirant de son île, de ses origines, et de ses états psychiques. Tout croiser, interconnecter, c’est sans doute la spécificité de cet artiste en pleine désillusion sentimentale, artistique et identitaire, qui resta méconnu jusqu’à sa mort en 2009. Aujourd’hui reconnu et célébré dans le monde de l’art contemporain, il apparaît à certains comme un visionnaire, un génie dont la voix d’expression reflète tout un pan de la grande Histoire.
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Ça a commencé comme ça est un podcast co-produit par Binge Audio et Bourse de Commerce – Pinault Collection. Écriture : Caroline Halazy. Incarnation et interprétation : Marie Papillon. Production et édition : Camille Khodor. Direction de projet : Soraya Kerchaoui-Matignon. Réalisation et mixage : Maxime Singer. Musique originale : Nicolas Olier. Identité graphique : Upian.
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Est-ce l’originalité qui fait l'œuvre d’art ? Et peut-on considérer le copieur comme un véritable artiste ?
La « copieuse » en question, c’est Elaine Sturtevant, une artiste conceptuelle américaine née dans le nord des Etats-Unis en 1924. Après des études de psychologie, Sturtevant se lance dans un travail de reproduction d'œuvres contemporaines. Elle s’intéresse aux fondateurs du Pop art : Robert Rauschenberg, Jasper Johns et, bien sûr, Andy Warhol. C’est au début des années 60 que sa carrière démarre véritablement, et ce de manière subversive. Elaine conçoit ce qu’elle nomme des « répliques », c’est-à-dire des reproductions quasi exactes, de mémoire, d'œuvres originales juste après leur présentation au public et en suivant les mêmes techniques artistiques. Parmi les plus connues figurent « Deux » de Jasper Johns, les « Flower Paintings » ou le diptyque de Marilyn d’Andy Warhol. Ce qui lui vaudra de nombreuses critiques et intimidations. Mais est-ce bien de l’art ? Pour Elaine, c’est toute la question. Son travail vise avant tout à interroger la notion d’originalité et de propriété artistique. En recopiant les gestes, elle cherche à prouver que l'œuvre ne dépend pas uniquement d’un style reconnaissable. Mais la réplique ne pouvant être parfaite, quel statut lui donner alors ?
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Faut-il forcément avoir une idée pour commencer une peinture ?
Agnès Martin est, selon ses propres mots, une artiste expressionniste abstraite tardive. Née au Canada en 1912, elle est particulièrement connue pour ses « grilles », des œuvres géométriques composées de traits horizontaux et verticaux capturant les sensations et les émotions les plus profondes de l’artiste.
Ces œuvres, dont Toundra (1967), représentent pour elle le véritable début de sa carrière mais marquent également un tournant psychologique. Sujette à des crises de schizophrénie et face à la responsabilité démesurée que représente la peinture, Agnès Martin n’a d’autre choix que de fuir loin, et de mettre son art entre parenthèses pendant 7 ans, au risque d’en mourir. C’est en 1974 qu’on la redécouvre alors, installée au Nouveau Mexique : sa palette s’illumine, les gris laissant place à des couleurs pastel. Sensible et intuitive, elle ne réfléchit jamais à un concept. Pour peindre, elle patiente et met en œuvre ce que l’inspiration lui dicte de faire. Elle laisse vivre ses tableaux et permet à l’émotion de prendre le pas sur l’intellect. Cette abstraction absolue reflète un principe même de son art : la beauté ne se trouve pas dans les choses matérielles, mais dans la tête de chacun.
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Ça a commencé comme ça est un podcast co-produit par Binge Audio et Bourse de Commerce – Pinault Collection. Écriture : Caroline Halazy. Incarnation et interprétation : Marie Papillon. Production et édition : Camille Khodor. Direction de projet : Soraya Kerchaoui-Matignon. Réalisation et mixage : Solène Moulin et Arthur Vignette. Musique originale : Nicolas Olier. Identité graphique : Upian.
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Comment l’art peut-il réanimer ce qui n’est plus ?
Rachel Whiteread est une sculptrice britannique née en 1963 dans l’Essex, dont le travail consiste à mouler les espaces vides à l’intérieur d’objets banals du quotidien. En manipulant ainsi les matières telles que le béton, la résine ou le métal, elle cherche à explorer la mémoire et l’absence des corps, offre un nouveau point de vue sur le monde, bousculant ainsi les perspectives. Parmi ses œuvres phares on trouve notamment « House » , un moulage en négatif d’une maison populaire vouée à être détruite et remplacée par un parc. Cette œuvre monumentale, tout comme le mémorial de l’Holocauste qu’elle conçoit à Vienne en 1996, suscite le débat, la polémique que ce soit sur la forme ou sur l’intention. Car « momifier l’air » n’a rien d’anodin, c’est aussi un geste politique ou mémoriel pour l’artiste, une façon de conserver les traces d’un passé destructeur ou de faire vivre une expérience émouvante et sensible.
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Pourquoi l’art est-il considéré comme de l’art ? Et quelles symboliques se cachent derrière les objets et rituels du quotidien ?
Mike Kelley, né près de Détroit en 1954, est un artiste conceptuel qui s’inspira aussi bien de la culture populaire que de la psychanalyse pour explorer son vécu et la société américaine d'après-guerre. Frappé très jeune par le pouvoir de la musique live d'Iggy Pop and the Stooges, il rejoindra le mouvement noise music et dédiera sa carrière aux “happenings” et performances scéniques, mais aussi aux installations, sculptures issues d'objets du quotidien et autres pièces "do it yourself". Dans chacune de ses œuvres se retrouvent une appétence particulière pour le malaise et le trash. A travers sa carrière, cet artiste n’aura de cesse de distordre la réalité pour révéler le sens des objets et déconstruire les rites et tout ce que nous prenons pour acquis. Il interroge les émotions associées à l’enfance (voir Half a Man) ou encore les années lycées (Day is done) en se jouant des contrastes et en associant des éléments disparates, jusqu'à la subversion. En effet, Mike Kelley, qui n'a jamais caché ses tendances dépressives, décrivait l’art comme le moyen qui lui a permis de “domestiquer sa rebellion”, au risque sinon de se transformer en véritable bête sauvage...
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Sources :
Ça a commencé comme ça est un podcast co-produit par Binge Audio et Bourse de Commerce – Pinault Collection. Écriture : Caroline Halazy. Incarnation et interprétation : Marie Papillon. Production et édition : Camille Khodor et Aure Meyer. Direction de projet : Soraya Kerchaoui-Matignon. Réalisation et mixage : Maxime Singer. Musique originale : Nicolas Olier. Identité graphique : Upian.
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Y a-t-il plus grand mystère que le temps et ses œuvres ? Celles de Tacita Dean saisissent le passage du temps, lancent une invitation à l’incertitude, au hasard… A la dématérialisation des images, à leur consommation frénétique dans des formats toujours plus rapides et plus étroits, l’artiste répond par la lenteur, par l’œuvre de la main, en réinvestissant, avec une patience appliquée, une laborieuse minutie, la matérialité de la peinture, de la photographie, du film. Attirée par les limites de la Terre – « ces endroits, on n’est pas lié par les règles du temps humain, ( …) dans la brume du temps météorologique et des confins », Tacita Dean -comme elle le dit elle-même- « peut imaginer les millénaires, la préhistoire et voir le futur. ». L’artiste révèle ainsi le caractère vénérable et vulnérable de la nature avec la force et la tension qu’aucune image d’actualité ne saurait contenir.
Addendum : Tacita Dean réalise ses films en pellicule uniquement. Le médium argentique en 16 et 35 mm est au cœur de son travail.
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Ça a commencé comme ça est un podcast co-produit par Binge Audio et la Bourse de Commerce – Pinault Collection. Écriture : Caroline Halazy. Incarnation et interprétation : Panayotis Pascot. Réalisation et mixage : Solène Moulin. Musique originale : Nicolas Olier. Identité graphique : Upian. ÉQUIPE BINGE AUDIO : Production et édition : Albane Fily. Direction de projet : Soraya Kerchaoui-Matignon. ÉQUIPE BOURSE DE COMMERCE - PINAULT COLLECTION : Stéphanie Hussonnois-Bouhayati, Clémence Laurent de Cassini, Cyrus Goberville, Louise Guerrin.
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Deux hommes qui ne font qu’un seul et même artiste, deux corps devenus sculptures vivantes, un même appétit pour les habitudes, un même goût de la provocation : les emblématiques Gilbert & Georges sont indissociables et inclassables dans le paysage de l’art contemporain depuis plus de 50 ans. Ne vous fiez pas à leur allure de gentlemen, tirés à quatre épingles : cette apparence soignée cache un esprit des plus subversifs jusque dans les moindres gestes du quotidien...
CRÉDITS
Ça a commencé comme ça est un podcast co-produit par Binge Audio et la Bourse de Commerce – Pinault Collection. Écriture : Caroline Halazy. Incarnation et interprétation : Panayotis Pascot. Réalisation et mixage : Maxime Singer. Musique originale : Nicolas Olier. Identité graphique : Upian. ÉQUIPE BINGE AUDIO : Production et édition : Albane Fily. Direction de projet : Soraya Kerchaoui-Matignon. ÉQUIPE BOURSE DE COMMERCE - PINAULT COLLECTION : Stéphanie Hussonnois-Bouhayati, Clémence Laurent de Cassini, Cyrus Goberville, Louise Guerrin.
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À New York, Palerme, Paris ou Berlin, au commencement des grandes œuvres iconiques, il y a une idée, un geste, un événement, une intuition, parfois même une histoire d’amour. Ça a commencé comme ça…
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