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Or


Pour mieux comprendre ce voyage lʹémission commence par lʹhistoire dʹun genre musical fondateur de la musique populaire brésilienne: le Chôro, une chronique contée dans la Casa du Chôro à Rio. Villa-Lobos habite à Paris de nouveau Place St Michel où il invite régulièrement tous ses amis. Cʹest en France quʹil compose beaucoup de ses "Chôros". Deux concerts: le 24 octobre et le 5 décembre à la Salle Gaveau et la création des Chôros N° 10 pour chœur et orchestre qui impressionnent le public. Les critiques parlent de "musique sauvage", une étiquette qui ne déplaît pas au compositeur au point quʹil accepte avec humour le récit fantaisiste de la journaliste Lucile Delarue-Mardrus. A Paris il rencontre Prokofiev et Diaghilev. Il rentre à Rio lʹété 1930.
Blaise a bouclé le financement de son projet de film et en rentrant à São Paulo, en juillet 1924, il se trouve mêlé à la Révolution des Lieutenants. Paulo Prado le met à lʹabri dans ses fazendas. A São Martinho il lui parle dʹun autre fazendeiro quelque peu illuminé qui habite dans le "Morro Azul" et qui a découvert une nouvelle constellation dans le ciel brésilien! Blaise franchit les montagnes pour le rencontrer. Un voyage quʹil a réinventé dans ses livres. Il rentre à Paris en septembre 1924 juste quand Villa-Lobos prépare son retour au Brésil en octobre. Le 25 janvier 1926 Blaise est de nouveau au Brésil. Au Carnaval de Rio il rencontre le musicien noir Donga qui lʹinitie au rituel afro-brésilien du Candomblé. Villa-Lobos dirige partout des concerts. Blaise est obnubilé par la personnalité dʹun tueur fou et veut le rencontrer avant de repartir en France.
La découverte dʹElla Fitzgerald au Brésil de la chanteuse Dolores Durán. Villa-Lobos vit entre New York, Paris et Rio et crée son 4ème concerto pour piano et ses Symphonies N°10 et N°12. La pianiste Magda Tagliaferro, au sommet de sa carrière, vit aussi entre Paris et Rio, tout comme un autre grand du piano trop méconnu: Arnaldo Estrela. Guiomar Novães, véritable star aux Etats-Unis, vit surtout à New York. Le crooner chilien Lucho Gatica très aimé des futurs créateurs de la Bossa Nova comme Tom Jobim qui écrit en 1956 lʹune de ses premières chanson.
Le souvenir du Président Kubitschek est indissociable des "années dorées" pendant lesquelles les classes moyennes sʹenrichissent et découvrent les joies de la consommation et du confort. Le Brésil est en passe de devenir un modèle pour le tiers-monde. Depuis des années déjà le poète Vinicius de Morães est devenu le chantre de la ville de Rio de Janeiro. Il rencontre Tom Jobim et tous deux écrivent la comédie musicale "Orfeu da Conceição" en transposant le mythe dans une favela de Rio. Cʹest lʹépoque des débuts de la chanteuse populaire Maysa et lʹengouement incroyable du public pour Dalva de Oliveira qui chante Edit Piaf. Et de la création de "Emperor Jones" de Villa-Lobos dʹaprès Eugene OʹMeil avec le danseur José Limón. Et aussi de lʹopéra Yerma, dʹaprès Lorca.
Au Brésil une page se tourne. En 1954 Carmen Miranda y fait un dernier voyage. Cʹest une femme épuisée qui, à son retour aux Etats-Unis, meurt dʹune crise cardiaque après le tournage dʹun "show" télévisé le 4 août 1955.
En 1951 Vargas aborde un virage à gauche toute, mais il a perdu la confiance de ses électeurs. Les disciples de Kollreuter commencent à se faire entendre comme Claudio Santoro et Guerra Peixe. Ce dernier oublie son dodécaphonisme lorsquʹil découvre le Nordeste du pays où il sʹétablit, fasciné par les musiques et le théâtre populaires, notamment par le maracatu afro-brésilien. A Rio João Gilberto enregistre ses premiers disques avec sa voix de crooner. La Comédie Française est de retour et Villa-Lobos vit à présent entre Rio, Paris et New York. Quant à la chanteuse préférée des Brésiliens, Dalva de Oliveira, elle a quitté son macho de mari et vit en Argentine où elle enregistre un disque de tangos qui fait un malheur au Brésil. Son pays lʹaccueillera à son retour comme une héroïne de lʹémancipation des femmes.
En 1950 alors que le patriarche Getúlio Vargas sʹapprête à être réélu à la présidence de la République, cʹest une samba du Carnaval de 1950 qui nous accueille, un hommage à Balzac, à la libération de la femme et contre le machisme. Cʹest aussi lʹannée du premier voyage de la compagnie Renaud-Barrault au Brésil en cette saison où la pianiste Magda Tagliaferro a pris lʹhabitude de jouer souvent du Francis Poulenc.
Dans la démocratie retrouvée les saisons culturelles sont toujours aussi brillantes. A Hollywood Carmen Miranda et Ary Barroso sont à lʹaffiche des cinémas. Mais Carmen songe à revenir à Rio pour tenter de retrouver une popularité en baisse dans son propre pays. La saison de concerts accueille les plus grands pianistes et de très grands chefs. Et à lʹopéra des grands chanteurs de Bayreuth ou de la Scala sont sur scène.
Ce chapitre débute par le fameux Copacabana chanté par Dick Farney, le Frank Sinatra brésilien. Dans le Rio de Janeiro de lʹaprès guerre et dans lʹinsousciance et la joie de vivre, la culture connaît un nouvel essor. En 1945, le président Vargas a démissionné et le nouveau président liquide la dictature. Entretemps le Canada, sorti renforcé de son engagement durant la guerre, est devenu une nouvelle puissance mondiale; en 1946 il entre en scène au Brésil en la personne du compositeur Claude Champagne qui fait rêver les Brésiliens en leur racontant son Québec natal.
Le Département dʹEtat et la Bibliothèque du Congrès veulent sponsoriser un séjour de Villa-Lobos à Washington. Il est finalement invité par le chef d'orchestre Werner Jansen à Los Angeles où lʹécrivain brésilien Érico Veríssimo est son interprète. Un séjour, de janvier à mars 1945, riche en rebondissements et surtout une rencontre inattendue entre un pays et lʹenfant terrible de la musique brésilienne. Partout le succès public impressionne Villa-Lobos et cʹest un véritable coup de foudre pour lui.
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