Résumé :
En 1993, Catherine Moyon de Baecque gagne son procès contre ses coéquipiers accusés d’agression sexuelle : c’est la fameuse affaire des lanceurs de marteau » et la 1ère affaire à émerger dans le sport. On croit que les choses vont changer, que les tabous vont être levés. Il faut attendre 2007 et le livre « Service volé » d’Isabelle Demongeot, championne de tennis, pour qu’une étude scientifique et un premier plan soient réalisés sur commande de la Ministre Roselyne Bachelot. Et puis, pendant des années… pas grand-chose.
Aujourd’hui, de nouveaux acteurs tentent de se mobiliser, des victimes de s’engager. Les lignes semblent enfin bouger, sous l’impulsion de la nouvelle Ministre des Sports.
Pour aider à la sortie ce qui est décrit comme une omerta, nous avons choisi de faire 2 émissions avec certains de ces acteurs, qui s’impliquent dans ce combat.
Dans cette émission-ci, nous échangeons avec un représentant d’un service déconcentré du Ministère des Sports qui essaie de faire de sa région un territoire pilote sur le traitement du problème du bizutage et des violences sexuelles dans le sport et un psychologue du sport qui explique pourquoi il y a des problèmes dans le sport et pourquoi cette question du bizutage et des violences sexuelles est restée longtemps un tabou.
Intervenant.e.s :
Yassire Bakhallou, référent régional et départemental « développement des pratiques pour tous – Ethique et Citoyenneté » à la DRDJSCS (Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale) Centre – Val de Loire, Loiret
Anthony Mette, docteur en psychologie et préparateur mental
La chronique de Frédéric Hamelin :
Avouer l’inavouable… Soupçonner l’insoupçonnable…
Trouver la force de prononcer les mots pour dénoncer l’abominable !
« Abus sexuel » , « Harcèlement sexuel », « Violence sexuelle »…
Je ne sais combien de personnes vont écouter cette émission, mais déjà je salue le courage de Carine et de toute l’équipe de « Vivons Sport », ainsi que de ses invités, d’oser aborder cette thématique.
Car si les chiffres cités sont avérés, à savoir ceux d’une enquête commandée par le Ministère des Sports en 2010, 11,2% des athlètes de haut niveau seraient exposés aux violences sexuelles contre 6,6% hors de la sphère sportive.
Ce n’est plus un combat, c’est une véritable guerre qu’il faut mener…
Pourtant, on n’en parle jamais … ou si peu !
Alors qu’une véritable libération de parole s’est opérée dans le cadre de l’affaire Weintstein et du hashtag #Metoo, où le monde du cinéma, de la politique, de la mode, des médias et même de la gastronomie s’est exprimé, le monde du sport est encore resté très silencieux.
Seule une gymnaste américaine, McKayla Maroney, championne olympique en 2012, aujourd’hui retirée de la compétition, a brisé le silence… Elle n’a, malheureusement, guère été suivie… En France, pas une athlète française n'a ainsi répondu au hashtag #BalanceTonPorc..
La peur d'être écartée et sanctionnée sans doute… Et oui, car parler c’est risquer de tout perdre dans un monde où l’omerta semble encore plus forte qu'ailleurs.
Alors on se tait, pour ne pas rompre ce lien si étroit existant entre l'entraîneur et l'entraîné, cette relation particulière et quasi exclusive, un presque huis-clos, qui rend toute dénonciation plus périlleuse encore en cas d'acte répréhensible.
Dans les années 90, deux internationales françaises avaient osé briser le tabou, deux lanceuses de marteau, Catherine Moyon de Baecque et Michelle Rouveyrol… A l’arrivée, « on » avait préféré couper la branche en les excluant de l’équipe de France plutôt que de régler le problème. Pas très encourageant pour celles qui auraient envie de…
Question d’image, de scandale… De lâcheté aussi et surtout !
Dernièrement, deux affaires ont secoué le football de jeunes, e