La France, elle s’admire, elle se déguste, mais elle s’écoute aussi. À l’occasion de la fête nationale française, L’écran de la mer vous propose un voyage à travers des films où les accents racontent autant que les images. Des collines de Provence aux villages du Nord, en passant par la campagne jurassienne, ces œuvres font entendre une France vivante, populaire, tendre et profondément attachée à ses territoires.
Premier arrêt en Provence avec La Gloire de mon père, réalisé par Yves Robert et sorti en 1990. Adapté des souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol, le film nous plonge dans les vacances du jeune Marcel, entre collines, cigales, promenades en famille et admiration pour son père. Tout y respire le Sud : la lumière, les paysages, les mots, mais surtout cet accent provençal reconnaissable entre mille, qui donne au récit toute sa chaleur et sa musicalité.
Changement complet de décor avec Bienvenue chez les Ch’tis, la comédie culte de Dany Boon. Kad Merad y incarne Philippe Abrams, directeur d’un bureau de poste muté dans le Nord, à Bergues. D’abord effrayé par les clichés sur la région, il découvre finalement un territoire accueillant, des habitants généreux, et un langage bien particulier porté notamment par Antoine Bailleul, interprété par Dany Boon. Le film a créé un véritable phénomène en salles, dépassant La Grande Vadrouille en nombre d’entrées en France, avec plus de 20 millions de spectateurs. Aujourd’hui encore, il reste un incontournable de la comédie française.
Enfin, direction le Jura avec Vingt Dieux, de Louise Courvoisier. On y suit Totone, 18 ans, contraint de s’occuper de sa petite sœur après la mort de son père. Pour gagner sa vie, il se lance dans la fabrication du meilleur comté de la région. Ici, l’accent jurassien n’est jamais caricatural : il fait partie du paysage, comme les fermes, les vaches, les bals de village et les meules de fromage. Porté par des acteurs souvent issus de la région, Vingt Dieux donne à entendre une France rurale, jeune et vibrante. Un film touchant, récompensé par deux Césars en 2025, dont celui du meilleur premier film.