L'Association mondiale de l'acier entrevoit la fin de la crise du secteur. Mais beaucoup d'incertitudes demeurent en Chine.
L'horizon s'éclaircit pour la sidérurgie mondiale, estime Worldsteel. L'Association mondiale de l'acier, qui regroupe 150 aciéristes et 85% de la production mondiale, est moins pessimiste aujourd'hui qu'au mois d'avril. L'an dernier la demande avait chuté de 0,3%, les prix étaient tombés au plus bas depuis onze ans.
Worldsteel avait prévu à nouveau une mauvaise année en 2016, mais au lieu de baisser de 0,8% la consommation devrait finalement augmenter de 0,2%, pour atteindre 1,5 milliard de tonnes. En 2017, l'Association internationale de l'acier prévoit un nouveau regain de la demande de 0,5% (à 1,510 milliard de tonnes).
Un mieux attribué à une consommation d'acier plus forte que prévu en Asie hors de Chine. Et en Chine à un repli de la demande moins brutal qu'attendu (-1% contre -4% prévus). Quant à la Russie, après une piètre année 2016 (-3,6%), elle devrait voir sa consommation d'acier grimper de nouveau l'an prochain (+0,9%).
Les incertitudes persistent pourtant, reconnaît Worldsteel. La demande d'acier en Chine est très liée à la reprise de l'immobilier d'affaires. Mais cette embellie de la construction chinoise pourrait être trompeuse. Selon certaines banques, elle ressemble fort à une nouvelle bulle spéculative, qui pourrait éclater et faire rechuter la consommation d'acier en Chine. Qu'adviendrait-il alors des excédents chinois d'acier, encore supérieurs à 250 millions de tonnes ? L'an dernier, le tiers des surcapacités chinoises s'est déversé aux Etats-Unis et en Europe, faisant plonger les prix de l'acier de 30% et occasionnant la suppression de milliers d'emplois, notamment au Royaume-Uni.
L'Union européenne a fini par imposer, ce mercredi, des droits anti-dumping à deux catégories d'acier chinois, mais un peu tard, l'acier chinois a trouvé des débouchés en Europe.