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Cogitons sciences episodes

  • [Matériaux, histoire d'une vie #2] Guide pour bien choisir ses matériaux

    Comment faire un choix de matériau pertinent et selon quels critères ? Pour quelle application ? Sur quelle méthode de sélection peut-on s’appuyer ? Ces questions ont été posées à Bruno Chenal, président de la SF2M, la Société Française de Métallurgie et de Matériaux. 


    La carte d'identité du matériau [6:00 - 16:07]

    Le nombre de matériaux augmente et leur choix est de plus en plus complexe. « De nouveaux matériaux permettent un nouvel usage et améliorent les performances d’un produit. L’aluminium et ses alliages, liés à l’histoire de l’aéronautique, ont permis des avions plus rapides, de plus grande capacité, plus légers. » Le choix d’un matériau pour une application donnée se base sur ses propriétés, son procédé d’élaboration et de fabrication, et son design. « C’est ce que définit le cahier de charges. » Bruno Chenal distingue « les propriétés intrinsèques, qui définissent la carte d’identité du matériau », d'un côté et de l’autre, « ses propriétés extrinsèques qui interviennent lors de sa sélection finale : son prix, son impact environnemental, sa disponibilité, l’aspect santé-sécurité. »

    Évolutions du cadre de vélo [16:20 – 20:26]
    Ce passionné de cyclisme illustre son propos avec un cadre de vélo. « Les propriétés attendues sont la rigidité, l’élasticité, le dynamisme, le poids, la durabilité, mais aussi le prix et le fait de pouvoir le fabriquer en série ». Les cadres de vélo ont longtemps été en acier. Ils ont été allégés, grâce aux alliages d’acier, et à des tubes amincis. L’aluminium est trois fois plus léger que l’acier, plus cher et moins résistant. Le diamètre des tubes a été augmenté pour les renforcer. Les composites à fibres de carbone offrent des cadres plus légers. Plus cher, le titane allie une faible densité aux caractéristiques élevées de l’acier. Enfin, les composites permettent des formes d’ailes d’avion, pour un aérodynamisme amélioré. Différents compromis conduisent à différents choix.

    Sélectionner... [20:35 – 24:07]

    Bruno Chenal propose de s’appuyer sur « une méthode rationnelle de choix qui permet de faire le choix optimal d’un matériau », mise au point par le professeur Michael Ashby. Dans les diagrammes d’Ashby, une propriété donnée est représentée et les matériaux sont positionnés, chacun dans des domaines. Elle permet de restreindre les choix des matériaux, pour arriver à une seule solution.

    ...Et fabriquer ! [24:16 – 30:38]

    Reste la question de la fabrication du matériau et du produit. « La fabrication additive donne accès à des géométries impossibles à produire par usinage. Le fait de pouvoir produire ces pièces en une seule fois avec un seul matériau ouvre de nouvelles perspectives. De nouveaux matériaux, mieux adaptés, peuvent être développés. ». Bruno Chenal recommande l’approche la plus ouverte possible. Un choix est un compromis. 

    Références citées :  

    Laboratoires Bell Labs

    Les professeurs Michael Ashby, de l’Université de Cambridge, et Yves Bréchet, de l’Université de Grenoble
    Les diagrammes d’Ashby
    Logiciel Granta Design d’Ansys
    « Une industrie accro aux minerais de conflit », épisode #2 podcast Cogitons Sciences sur les matériaux  

    Ressources pour aller plus loin :

    - Livres de Michael Ashby :
    « Choix des matériaux en conception mécanique », Dunot, 2012
    « Matériaux et environnement : choix écoresponsable en conception », Dunot
    - De Michael Ashby et Yves Bréchet :
    « Sélection des matériaux et procédés de mise en œuvre », 2001.
    - Choix et usage des matériaux, article de ressources documentaires de Techniques de l’Ingénieur corédigé par Yves Bréchet, Michael Ashby, Michel Dupeux et François Loucher.

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur.  Cet épisode a été réalisé par Marie-Caroline Loriquet, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.  

    32 min
  • [Matériaux, histoire d'une vie #1] Une industrie accro aux minerais de conflit

    Qu’appelle-t-on “minerais de conflits” ? Pourquoi leur extraction et leur utilisation sont-elles problématiques ? Pourrait-on un jour réglementer ce commerce ?  Réponses avec notre invitée Marianna Reyne, juriste en droit de l’environnement industriel.

    Les 3TG [1:30 – 7:07]

    “L’expression “minerais de conflit” vient du fait que l’exploitation de ces minerais participe à alimenter des conflits armés dans plusieurs régions du monde”, explique Marianna Reyne. Parmi la soixantaine de métaux entrant dans la composition des équipements électroniques, quatre de ces métaux sont issus de minerais de conflit : “le tantale, issu de la colombite-tantalite (le coltan), l’étain provient de la cassitérite, le tungstène dont l’origine est la wolframite, et l’or”. Ces métaux sont désignés par un sigle : “3TG” (tin, tantalum. tungsten et gold, en anglais). Ils viennent principalement de pays détenant “des ressources minières très importantes” : République Démocratique Congo, Rwanda, Burundi, Ouganda, Colombie, Birmanie et Afghanistan. “Qu’il s’agisse d’opérations minières artisanales non réglementées ou d’activités industrielles, l’exploitation de ces minerais est illégale et entraîne de nombreuses dégradations sur l’environnement et des violations des droits humains”, souligne Marianna Reyne. 


    Des conséquences humaines et environnementales alarmantes [7:51 – 17:48]

    Il est estimé que l’extraction illégale de la cassitérite, du coltan et de l’or a provoqué en RDC l’enlèvement de la couverture végétale de la forêt ainsi qu’une très importante pollution. Citons par exemple la dégradation des zones situées le long des rivières, dont résultent des problèmes d’érosion, un envasement de l’eau et un dépôt de résidus contaminants (dont mercure et cyanure) déversés dans les rivières. Les conséquences humaines sont bien connues : “la violence et l’insécurité, qui caractérisent l’Est de la RDC, perdurent du fait de la compétition pour ce contrôle du commerce des minerais entre groupes rebelles, milices locales et forces armées des États voisins. Le contrôle illégal par les groupes armés et l’inaction étatique provoquent une situation humanitaire désastreuse dans la région : affrontements, violations des droits de l’Homme, travail forcé (y compris des enfants), violences sexuelles, attaques contre les civils… En 2014, l’Unicef avait évalué à 40 000 le nombre d’enfants qui travaillaient dans les mines du Sud de la RDC”, précise Marianna Reyne.

    Et la RSE dans tout ça ? [18:11 – 21:59]

    Selon Marianna Reyne, les entreprises s’appuient sur un guide publié par l’OCDE en 2011 : considéré comme le standard de référence en matière de responsabilité sociétale des entreprises, ce guide est consacré au devoir de diligence pour les chaînes d’approvisionnement responsable en minerais provenant de zones de conflit. “On a aussi vu apparaître un certain nombre d’initiatives et de programmes venant de l’industrie, du téléphone ou de l’étain par exemple, et ces initiatives ont plus ou moins bien fonctionné.”


    Des tensions au cœur de l’actualité [22:48 – 32:31]

    “S’agissant de la crise du Covid-19, analyse Marianna Reyne, les politiques publiques qui ont été adoptées de par le monde ont provoqué d’énormes problèmes liés aux arrêts de production, à la fois du fait des confinements des populations et de cette instabilité généralisée qui a été créée. Ce que l’on observe, ce sont des crises de production et de logistiques majeures qui ont généré elles-même des pénuries en cascade”. Exemple le plus emblématique : la pénurie des semi-conducteurs électroniques.        

    Références citées :

    Guide OCDE 

    iTSCi 

    Cet article d’Amnesty International 



    Ressources pour aller plus loin :

    Virunga 

    Cobalt Blues

    Fairphone 

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur.  Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.

    33 min
  • [Des ingénieurs qui cassent la routine #3] Clément Thivin, un ingénieur pas bateau

    Comment passer des directions assistées pour automobiles aux voiliers de haute technologie ? Est-il possible pour un ingénieur de faire son métier de sa passion ? Comment une page blanche devient un bateau capable de faire le tour du Monde ? Qu’est-ce qu’un ingénieur d’études peut apporter à des skippers ? 

    Pour nous répondre, nous recevons Clément Thivin, ingénieur d’études « mécanique et systèmes » au bureau d’études de MerConcept, l’écurie de course au large créée par le navigateur François Gabart en 2006.

    De l’intérêt à la passion [1 :30  -  7:51]

    Lors du cursus d’ingénieur de Clément Thivin à l’INSA de Lyon, ses professeurs l’encouragent à suivre leur ancien élève, François Gabart, qui participe au Vendée Globe Challenge, fin 2012. Dans les médias, Clément Thivin découvre le projet de « construction d’un trimaran de course pour battre le record du tour du monde à la voile en solitaire » par MerConcept. Ce sera sur ce projet qu'il travaillera durant son stage en 2014.


    C’est en poste chez JTEKT Technology que Clément Thivin comprend qu'il est passionné par la voile et que c’est là qu'il veut travailler. Ses candidatures ne sont pas retenues. Puis, en intégrant les Chantiers de l’Atlantique, il s’approche de l’océan et acquiert de l’expérience dans le secteur naval. Ensuite, « dans un média spécialisé, j’ai vu une offre de MerConcept ». Elle correspond bien à son profil. Il postule. Il est recruté.

    Concevoir un bateau compétitif [8 :09 - 17 :10]

    C'est donc en 2019 que Clément Thivin revient chez MerConcept. Il travaillera d'abord sur l’Imoca 11th Hour Racing. Il explique la différence de design entre cet Imoca, dessiné pour un équipage, et « l’Imoca Apivia, skippé par Charlie Dalin ».

    L’acquisition du vocabulaire nautique est comparée par Clément Thivin à l’arrivée « dans un nouveau pays ». « L’ingénieur d’études doit produire des pièces, des systèmes » pour le bateau. Clément Thivin illustre sa charge de travail : « En août 2019, le bateau était une page blanche. À l’été 2021, il a navigué. En novembre, il a traversé l’Atlantique ». Ces bateaux sont conçus pour « participer à des courses et si possible les gagner ». Il faut à l’ingénieur d’études « un bon niveau de confiance et de doute » pour « prendre les décisions vitales pour la performance du bateau ».

    À l’écoute des skippers  [17 :30 - 28 :33]

    « On fait un bateau pour que les skippers puissent l’exploiter au maximum pendant les courses. Ils doivent être très impliqués dans le design du bateau et la philosophie des systèmes », explique Clément Thivin. Le « retour est immédiat pendant toutes les phases de conception ». « Capables de passer trois mois en mer tous seuls sur leur bateau, ils ont des choses à raconter. », ajoute Clément Thivin.  « Les courses de bateaux rythment nos journées. La cartographie est le seul accès à la performance. Les pointages permettent de connaître les positions des bateaux ».

    Références citées :

    MerConcept

    The OceanRace est la course à laquelle va participer l’Imoca 11h

    Hour Racing

    Les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire

    JTEKT Technology

    L’INSA de Lyon

    L’Université d’Aalto à Helsinki, en Finlande

    Ressources pour aller plus loin :

    Le média spécialisé dans la voile de compétition Tip & Shaft

    le festival de films documentaires Sailorz

    Le livre « La longue route », de Bernard Moitessier
    « Maiden », le documentaire sur la skippeuse britannique Tracy Edwards

    Le Off Shore film festival, consacré à l’aventure en mer

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Marie-Caroline Loriquet, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle. 

    35 min
  • [Des ingénieurs qui cassent la routine #2] Ingénieurs ès jeux vidéo

    Gauthier Ryckeboer et Romain André sont respectivement ingénieur électronique et chef de projet produits électroniques au département conception d'accessoires jeux vidéo chez Nacon. 

    Multi-casquettes [2:18 - 30:12]

    “Au quotidien, mon métier se résume à plusieurs casquettes, détaille Gauthier Ryckeboer. Une première casquette laboratoire qui représente les validations, les tests et les caractérisations des différents accessoires des jeux vidéo. Une deuxième casquette, cette fois ingénierie, qui est plus liée à la spécification en vue du développement de l’accessoire, et c’est là où j’assiste mon collègue Romain, ces missions étant liées au user interface, à l’électronique et à l’électrique. Une troisième casquette autour de l’amélioration continue du produit, en fonction des retours clients, et nous sommes toujours à l’affût de nouvelles technologies et de nouveaux composants”. 

    Romain André participe à la supervision du développement du produit “en allant de l’idée de départ et jusqu’à la sortie de l’usine et l’arrivée en magasin” : “cela consiste à définir complètement le produit, d’un point de vue technique, avec les membres du laboratoire, dont Gauthier, superviser le développement tout au long de la chaîne de production, participer à l’élaboration du packaging et travailler avec les équipes marketing pour présenter le produit aux clients”. 


    Une flexibilité professionnelle accrue [30:25 - 49:57]

    Depuis leurs débuts dans le milieu du jeu vidéo, les deux ingénieurs profitent d’une plus grande flexibilité au travail. Pour Gauthier Ryckeboer : “chez Nacon, lorsque nous avons une idée ou un projet, que ce soit sur le développement d’accessoires ou sur autre chose, il nous est possible de le remonter très facilement car la hiérarchie est très accessible, et cela jusqu’au PDG (Alain Falk, NDLR), et il nous est aussi possible d’échanger avec beaucoup de corps de métiers, qu’il s’agisse de nos collègues de la comptabilité ou de l’informatique, de nos partenaires industriels qui se trouvent en Chine par exemple, de nos partenaires technologiques éparpillés à travers le monde, ou encore les collègues chefs de projet comme Romain ou encore les collègues designers industriels… Aujourd’hui, j’ai pu développer un côté pluridisciplinaire, très agréable car challengeant intellectuellement”. 


    Cette flexibilité pousse Romain André à poursuivre sa carrière dans le secteur du jeu vidéo : “la flexibilité, c’est la possibilité d’entreprendre et de voir le concept, imaginé avec les collègues, prendre forme et prendre vie. C’est une des choses qui rend le secteur au global ainsi que l’innovation très intéressants, car ce n’est pas un secteur qui reste fixe. Si par exemple on voit aujourd’hui comment a évolué une manette, à quoi elle ressemblait et ce qu’il y avait dedans il y a 10 ans, ce n’est plus la même chose aujourd’hui, ça a complètement changé ! Et on peut en dire tout autant pour l’évolution des jeux vidéo, des supports de jeux, mais aussi des casques audio. Et au niveau industriel, cette flexibilité m’a permis de rencontrer des personnes qui maîtrisent des technologies qu’autrement, si j’étais resté dans le secteur automobile, je n’aurais pas forcément pu découvrir à moins de changer de périmètre ou de site… Alors qu’aujourd’hui, je travaille sur des catégories de produits qui sont totalement différentes les unes des autres, tout en restant au même endroit”. 

    Références citées :

    Nacon 

    Thrustmaster

    Valeo 

    Ressources pour aller plus loin :

    “Power on: The Story of Xbox”

    “High Score : L’Âge d’or du gaming”

    “Les consoles de jeux vidéo”

    Les livres sur l’histoire du jeu vidéo, aux éditions Omaké

    “Joypads ! Le design des manettes”

    “Le rendez-vous tech” et “Le rendez-vous jeux”

    “Tech café”

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le générique a été créé par Pierre Ginon ; le visuel, par Camille Van Belle. 

    52 min
  • [Des ingénieurs qui cassent la routine #1] Alexandre Tisserant, de l’informatique aux nanosatellites

    Depuis janvier 2019, Alexandre Tisserant est PDG de Kinéis. La constellation de 25 nanosatellites de Kinéis devrait fournir des services de connectivité destinés à l’internet des objets (IoT). Dans la continuité du projet Argos, ses applications vont – entre autres – du suivi de la biodiversité marine et terrestre, au suivi de l’activité volcanique, en passant par le suivi des convois de denrées sensibles.


    En 2002, Alexandre Tisserant obtient un diplôme d’ingénieur spécialisé en computer science, de l’Ecole polytechnique. Il y ajoute en 2004 un deuxième master, délivré par Telecom ParisTech, et cette fois tourné vers le management, la stratégie commerciale et le développement de logiciel. Ni ses études, ni une carrière dans la finance au sein de l’Etat ne présageaient pour cet ingénieur une direction toute autre lorsqu’il rejoint CLS Group en 2017 : embrasser le domaine spatial. Un univers qui, pourtant, l’avait toujours fasciné… 

    Une passion avant tout [1:00 – 11:18]

    “Je ne pense pas que ça me prédestinait à y travailler, mais le spatial est un domaine qui me fascinait depuis très longtemps, nous confie Alexandre Tisserant. Adolescent, en lisant les magazines de vulgarisation scientifique, j’étais toujours très intéressé par les dossiers qui avaient trait à l’espace. Et quand ensuite j’ai eu des cours de mécanique spatiale, comprendre comment les astres tournent les uns autour des autres m’a captivé. À un moment, j’envisageais même de m’orienter vers l’astrophysique ; chose que je n’ai pas poursuivie, car je n’étais pas sûr que le domaine de la recherche me conviendrait. Comme par ailleurs j’aimais beaucoup l’informatique, je me suis spécialisé là-dedans.” 


    Dans l’espace infini, de la rigueur [11:19 – 23:46]

    En 2017, alors que la famille part s’installer à Toulouse, où l’épouse d’Alexandre Tisserant va enseigner l’histoire à l’université, l’ingénieur cherche des opportunités de travail dans la ville rose. “De fil en aiguille”, il est alors recruté par CLS Group pour diriger le projet Kinéis, devenu par la suite une entreprise spin-off. Dans ce milieu qu’il découvre, comme nous l’explique Alexandre Tisserant, une spécificité se démarque : “Quand on envoie un objet dans l’espace, on n’y a plus accès, plus jamais, et on est donc obligé de réaliser une batterie de tests et de validations, à la fois électroniques, informatiques, mécaniques, thermiques, au sol. En plus, envoyer et développer le satellite coûte cher !” Et on n’a donc pas vraiment droit à l’erreur. D’où cette rigueur accrue. Qui peut même contraster avec le monde de l’informatique : “De là découle la méthode de l’ingénierie spatiale, qui est très différente de l’informatique, où on écrit du code, on compile, on exécute, on teste, et si ça ne marche pas, on refait”.

    Le liant : la curiosité… Et une quête de sens [23:47 – 32:58]

    “Ce qui m’a guidé tout au long de ma carrière, c’est la curiosité, une envie de comprendre comment les choses fonctionnent, et pouvoir les refaire moi-même”, décrète le PDG de Kinéis. Il continue : “C’est d’ailleurs comme ça que je me suis retrouvé à travailler pour le budget de l’Etat pendant quelques années, car c’était une mécanique financière que je ne comprenais pas au début, alors que c’est au cœur des ‘machines’ de l’Etat !” Son conseil aux étudiants ingénieurs ? “Savoir pourquoi vous faites ce que vous faites, et vous demander ce que ça produit pour la société en général !” 

    Références citées :

    Argos (continué par Kinéis) 

    CLS Group



    Ressources pour aller plus loin :

    “Merci de changer de métier”, un livre de Celia Izoard

    “Voyage en misarchie”, un livre d’Emmanuel Dockès

    “Les couilles sur la table”, un podcast de Victoire Tuaillon 

    “Silicon Valley”, une série télévisée américaine 


    Cogitons Sciences est produit par Techniques de l’Ingénieur. L'épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Marie-Caroline Loriquet. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon. Le visuel a été créé par Camille Van Belle. 

    33 min
  • [Les ingénieurs se réinventent #3] Les ingénieurs français font carrière à l'étranger

    Qu’est-ce qui pousse les ingénieurs français à partir ? Pourquoi choisissent-ils travailler à l’étranger ? Et est-ce qu’ils envisagent de revenir un jour ?

    Réponses avec Lucile Zenou, ingénieure biomédicale résidant au Canada depuis 2014 et présidente de l'association Francogénie, et Marion, ingénieure en Espagne où elle travaille depuis 16 ans.

    Entre le groupe français et la filiale catalane, des cultures de travail différentes [1:31 - 6:23]
    Pour s’installer en Espagne, deux possibilités se présentaient à Marion : signer un contrat local ou opter pour l’expatriation. Marion a choisi la première option, idéale pour les salariés qui souhaitent s’établir dans un pays étranger. Et bien que l’ingénieure n’ait pas changé d’entreprise, cette mutation lui fait découvrir une culture de travail bien différente. “Oui, j’avais les codes de l’entreprise, j’avais la culture de l’entreprise… mais cette petite structure était beaucoup plus rapide, beaucoup plus agile, nous pouvions créer nos postes, nous étions beaucoup plus autonomes, et nous avions beaucoup plus d’informations de toute la structure puisque nous travaillons moins en silo, détaille Marion. C’était une expérience très différente de ce que j’avais vécu à Paris.”

    Pour les employeurs québécois, la priorité est aux compétences [6:25 - 13:51]
    Après un premier court séjour au Canada, Lucile Zenou y est repartie en 2014, cette fois-ci à la recherche d’un travail. Et bien qu’elle n’ait pas fait d’école d’ingénieur, Lucile Zenou occupe aujourd’hui des fonctions d’ingénieur, dans le secteur du biomédical, sans pour autant avoir le statut ou le titre d’ingénieure. En effet, elle a repris ses études au Canada et a obtenu un master en génie biomédical. “J’ai quitté la France car j’avais beaucoup de mal à y trouver un emploi, nous explique-t-elle. Mon domaine (chimie des matériaux, nanomatériaux et nanotechnologies, NDLR) était trop spécialisé et je n’avais pas les diplômes des écoles d’ingénieurs. Mais une fois au Québec, on ne me demandait pas forcément mes diplômes, on ne me demandait pas de quelle école je venais. C’était vraiment par rapport à mes compétences.” 


    Un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée [13:53 - 28:15]
    Lucile Zenou et Marion s’accordent sur un point : elles parviennent mieux à concilier vie professionnelle et vie privée. Que ce soit grâce aux différents accommodements mis en place par l'État, au Québec, ou grâce aux multiples évolutions positives qui se sont opérées très vite en Espagne au fil des années. D’autres points peuvent sembler un peu moins attractifs, comme l’expliquent nos deux interlocutrices ; mais si à première vue ils peuvent paraître comme des défauts, ils sont assez complexes pour être “contrebalancés” par des avantages indissociables.

    Revenir en France n’est pas à l’ordre du jour [28:16 - 38:25]
    Ni Marion ni Lucile Zenou ne se voient revenir de sitôt en France ! Pour Lucile Zenou : “La seule chose qui pourrait me pousser à rentrer en France serait ma famille, et la possibilité d’être auprès de ma famille. Surtout dans les circonstances actuelles (la pandémie de Covid-19, NDLR), c’est vraiment une préoccupation quand on est loin.” Quant à Marion : “Comme Lucile, ce n’est pas dans mes plans. Car d’abord j’aurai du mal à quitter cette qualité de vie. Ensuite, professionnellement, je me suis établie ici et j’aurai du mal à me réadapter en France. Cette zone grise, cette flexibilité qu’on a en Espagne, j’aurai du mal à la perdre.”

    Références citées :
    Enquête IESF

    Au Québec, l'accommodement raisonnable

    Ressources pour aller plus loin :
    L’immigration au Canada (site gouvernemental)

    Francogénie

    Le livre “Ainsi parlent les français”

    Le film “L’Auberge espagnole” 

    Le film “Ocho apellidos vascos” 

    Cogitons Sciences est produit par Techniques de l’Ingénieur. L'épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, avec Alexandra Vépierre. Le générique a été créé par Pierre Ginon ; le visuel, par Camille Van Belle.  

    39 min
  • [Les ingénieurs se réinventent #2] Panorama d’un métier en mouvement

    Où travaillent les ingénieurs aujourd’hui ? Quels métiers évoluent ou disparaissent ? Comment le numérique et la transition énergétique impactent-ils le métier ?


    Pour répondre à ces questions, nous recevons Marc Rumeau et Christine Quinola. Marc Rumeau est président d’IESF (Ingénieurs et Scientifiques de France), une association fondée en 1848 qui représente 175 des associations d’alumnis d’écoles d’ingénieurs en France. Il est ingénieur et a fait toute sa carrière dans des entreprises dans le domaine des automatismes, de l’électronique puis de la sécurité électronique et incendie. Christine Quinola est secrétaire générale d’IESF. Elle a été ingénieure dans la pétrochimie et aujourd’hui, elle a fondé Calliroxe, son entreprise de formations en gestion de projet.


    Panorama des ingénieurs en France [1:36 – 15:36]

    Pour dresser un panorama de la profession, IESF réalise chaque année une enquête nationale via son Comité Observatoire des ingénieurs, pour laquelle elle interroge environ 55 000 ingénieurs. L’enquête 2021 a révélé que les ingénieurs se trouvaient dans tous les secteurs et pas uniquement l’industrie, et que la part de femmes continuait à stagner à 24%. Géographiquement parlant, les ingénieurs français sont à 85% sur le territoire français, mais beaucoup travaillent sur des projets à l’international

    Afin d’évoluer dans sa carrière, Christine Quinola souligne la nécessité du réseau, favorisée par des associations comme IESF. Cette fédération encourage la force d’entraide entre les alumnis et accompagner les personnes qui veulent progresser dans leur métier. Nos invités revendiquent l’importance de la curiosité dans ce métier, qui permet de se former tout le long de sa carrière.


    L’évolution des métiers d’ingénieur [15.37 – 34:38]

    Plus qu’une disparition de métiers, Marc Rumeau parle de leur évolution et de la nécessité d’un accompagnement dans ces bouleversements. Parmi les domaines émergeants, l’hydrogène, mais aussi la data. Christine Quinola temporise et rappelle le besoin de traiter les données de manière intelligente, faisant émerger de nouvelles compétences, comme celui de data scientist. 


    La transition numérique bouleverse les métiers, comme la transition énergétique. Pour le président d’IESF, il s’agit surtout de trouver des solutions pour le développement durable. Christine Quinola souhaite aussi mettre en avant le mix énergétique comme un secteur qui va fortement recruter. Initialement réfractaire à travailler dans le domaine du pétrole, elle reconnait finalement que ses valeurs écologiques personnelles lui ont permis de changer les choses dans ce milieu, notamment en s’assurant que les normes étaient respectées. Nos deux invités comptent sur les ingénieurs, scientifiques, doctorants français pour participer à la création d’un monde plus durable, mais ils regrettent que leurs compétences ne soient pas suffisamment exploitées.


    Par ailleurs, d’autres spécialisations ne sont pas assez présentes en France. C’est le cas des experts techniques, tout domaine confondu, et des spécialistes en jumeau numérique. Marc Rumeau regrette notamment la pénurie de professeurs et déplore la gestion de la formation continue.

    Références citées :

    - + d’1,2 million d’ingénieurs et scientifiques en France dont environ 920 000 d’ingénieurs encore en exercice

    - Certificat EUR ING

    - La Conférence des grandes écoles

    - Enquête IESF

    - Emmanuelle Charpentier : Prix Nobel de Chimie 2020

    - Guillaume Rozier : ingénieur à l’origine de CovidTracker

    Ressources pour aller plus loin :

    - Livre Blanc IESF « Face aux défis du XXI siècle les Propositions et Recommandations des Ingénieurs et Scientifiques de France » 

    - Film Le Mans 66 réalisé par James Mangold

    - Série Le Bureau des légendes

    Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur.  Cet épisode a été réalisé par Alexandra Vépierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.

    39 min
  • [Les ingénieurs se réinventent #1] Les hard skills ne suffisent plus !

     

    Quelles sont les compétences sociales et sociétales demandées aux ingénieurs? Comment y former les futurs ingénieurs ? Et quelles sont les attentes de la

    nouvelle génération d’ingénieurs ? 


    Pour répondre à ces questions, nous recevons Laure Bertrand. Laure Bertrand est enseignante/chercheuse et directrice soft skills, développement durable et carrière au Pôle Léonard de Vinci. Ce pôle réunit une école de commerce (EMLV), une école du digital (IIM) et surtout l’école d’ingénieurs (ESILV). 


    L’évolution de la société influe sur les attentes en termes de compétences [1:19] – [16:55]


    Les soft skills et le développement durable font depuis quelques années partie de la formation de l’école d’ingénieurs ESILV. Selon Laure Bertrand, c’est une nécessité d’inculquer le plus tôt possible aux jeunes diplômés ces compétences sociales, humaines et relationnelles, et de modifier les cursus pour répondre aux enjeux de l’urgence climatique. La demande émane à la fois des entreprises, des étudiants, de la société civile et des écoles. Les recruteurs notamment sont en demande des soft skills car les compétences scientifiques ne suffisent plus. Afin de préparer leurs programmes sur 5 ans, les écoles doivent être constamment en éveil et avoir un regard prospectif sur l’évolution du marché du travail et des attentes de la société. Laure Bertrand constate d’ailleurs une évolution notable du côté des étudiants et étudiantes, qui souhaitent un management plus horizontal en entreprise, et qui cherchent à avoir un impact positif sur la société grâce à leur travail.


    Les soft skills dans le travail des ingénieurs [16.55] – [27:38]


    Laure Bertrand divise les soft skills en 2 sous-parties : les compétences intrapersonnelles (l’esprit critique, l’intelligence émotionnelle, la créativité etc.) et interpersonnelles (l’empathie, la capacité d’écoute, la coopération, l’intelligence

    collective etc.). « La bonne nouvelle c’est qu’on peut se former aux soft skills », ajoute-t-elle. Elle prend alors l’exemple de l’empathie et donne des méthodes pour la travailler.

    Différentes soft skills sont utiles aux ingénieurs : le développement de l’intelligence émotionnelle, la créativité, la flexibilité et l’agilité, la coopération. Dans l’école où elle travaille, les étudiants et étudiantes ont aussi des cours pour trouver leur style de leadership afin d’embarquer une équipe, avoir de l’impact sur les autres, même sans autorité hiérarchique.


    Acquérir les compétences personnelles [27:38 – [42:08]


    Même sans passer par une école, plusieurs méthodes existent pour progresser et améliorer ses compétences. Première étape : faire un état de lieux pour comprendre les soft skills qui existent et faire le point sur ses atouts et ses points faibles. Ensuite, il est possible de faire des formations sur les sujets qui nous intéressent ou de suivre des Moocs. Selon Laure Bertrand, les compétences soft permettent d’acquérir des aptitudes indispensables pour évoluer dans le monde professionnel, et notamment dans le contexte de la transition écologique. Parmi les compétences utiles, elle cite le développement de la pensée systémique, la capacité à coopérer dans un cadre interdisciplinaire, l’intelligence collective, la capacité au plaidoyer, le développement de l’esprit critique, la capacité à gérer et impulser le changement etc.

    Elle rappelle d’ailleurs qu’agir pour la transition écologique ne se fait pas uniquement pas convictions. Certains peuvent s’y engager par pragmatisme car le monde évolue et les entreprises sont de plus en plus soumises à des restrictions et des cadres particuliers. D’où l’importance de développer ses compétences personnelles sur le sujet.


     

    Références citées :

    • CGE : conférence des grandes écoles
  • Le manifeste des étudiants pour un réveil écologique
  • C3D : Le collège des directeurs du développement durable
  • The Shift project
  • Youmatter
  • Greta Thunberg
  • VIA survey
  • Cartes de forces éditées par Positran
  • Questionnaire MBTI
  • DISC
  • Process communication
  • Performance
  • Ressources pour aller plus loin :

    • Rapports de The Shift project
  • La conférence des grandes écoles
  • Le manuel de la grande transition
  • La Contagion émotionnelle de Christophe Haag
  • Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur.  Cet épisode a été réalisé par Alexandra Vépierre, en collaboration avec Intissar El Hajj Mohamed. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle.  

    44 min
  • [Energie et mobilité #3] Allier numérique et écoconduite

    Les solutions numériques pour faciliter l’écoconduite existent, et WeNow en fait partie. Comment fonctionne une telle solution, d’un genre nouveau en France ? Est-elle adaptée à tout type de véhicule ? Quelles réductions de l’empreinte carbone présage-t-elle ? Quelles sont les bonnes pratiques à adopter en tant qu’automobiliste ? 


    Pour répondre à ces questions, et bien d’autres encore, Techniques de l’Ingénieur reçoit Fabien Carimalo, cofondateur de WeNow. 


    Vers un changement des habitudes [0:00 - 7:50] 


    Le but derrière WeNow n’est pas de décarboner les émissions carbone sur les routes, mais de changer le comportement des conducteurs en les incitant à opter pour l’écoconduite. Grâce à un boîtier connecté, les émissions du véhicule sont mesurées et ensuite transmises à l’application WeNow qui va afficher ces chiffres à l’intention du conducteur et lui recommander la démarche à suivre (un « coaching ») pour réduire, « de 10 à 15% », sa consommation énergétique. Fabien Carimalo évoque ce rapport, publié en juin par le Haut Conseil du Climat et qui rappelle que le transport est le secteur ayant le plus d’impact CO2 en France : « Le secteur des transports en France est le premier contributeur aux émissions de gaz à effet de serre territoriales avec une part de 31 % en 2019, soit 136 Mt éqCO2 ». Précisons toutefois que la solution WeNow est pour l’instant réservée aux flottes de véhicules des entreprises. 


    Un environnement de données compréhensible [7:50 - 26:20] 


    Un système de points auquel s'ajoutent des challenges mis en place par WeNow « de manière systématique ou pas », qui pourraient aboutir à des récompenses (selon le souhait de l’entreprise cliente), fait partie de l’environnement de l’application. « Un gestionnaire de flotte ou un manager va avoir accès à une série de données, mais nous sommes conscients du fait que trop de données tue la donnée », prévient Fabien Carimalo. « L’enjeu pour nous n’est pas de mettre à disposition des mégaoctets et des gigaoctets de données auprès d’une personne qui n’aura pas le temps de les utiliser, mais de mettre en place un système qui est simple, centré sur l’essentiel et facilement compréhensible ».


    Une centaine de sociétés clientes [26:20 - 45:40] 


    « Nous avons choisi de partir sur les véhicules de sociétés car c’est déjà l’environnement le plus sensibilisé à la réduction de l’empreinte carbone », explique Fabien Carimalo. Avant de poursuivre : « Il y a des obligations pour les entreprises, même dès leur création, notamment sur la nécessité de réaliser un bilan carbone. Aujourd’hui, cela s’est largement généralisé en France, avec la loi d’orientation des mobilités qui impose aux entreprises d’une certaine taille d’inclure dans leur flotte une part plus ou moins significative de véhicules électrifiés. Il y a donc un enjeu de contrainte du côté du secteur privé, mais aussi un enjeu stratégique et marketing pour les grands groupes qui doivent montrer l’exemple surtout qu’ils ont les moyens d’engager la transition ». 



    Sobriété énergétique tout en gaming [45:40 - 51:22] 


    Pourquoi adopter l’engagement par le jeu ? Réponse de Fabien Carimalo : « L’écologie punitive, pour nous, n’a aucun avenir. Il faut donner aussi un sens positif à l’action communautaire, collective, à l’encouragement, et au fun. Ce sont des leviers énergétiques qui font partie de notre société et de notre culture. L’apprentissage par le jeu est quelque chose qui est presque naturel. Il est beaucoup plus puissant d’apprendre sur le climat et d’aller vers la sobriété énergétique, tout en s’amusant. Cela donne envie d’y revenir. D’où notre conviction : si nous voulons avoir de l’impact et fédérer à grande échelle, le jeu est un levier puissant qui fait partie du quotidien des jeunes générations. »


    Références citées : 

    Les rapports du Haut Conseil du Climat">Les rapports du Haut Conseil du Climat 

    La loi d’orientation des mobilités">La loi d’orientation des mobilités


    Pour aller plus loin : 

    Les rapports de l’Ademe">Les rapports de l’Ademe

    WeNow">WeNow 

    52 min
  • [Energie et mobilité #2] Biocarburants avancés, on fait le tour !

    Quelle est la différence entre biocarburants avancés et biocarburants conventionnels ? Quelles technologies permettent de produire des biocarburants avancés ? Quels sont les freins et les leviers pour leur déploiement en France ? 


    Pour répondre à ces questions, Techniques de l’Ingénieur reçoit Jean-Christophe Viguié, responsable des programmes “biocarburants” à l’IFP Énergies Nouvelles (IFPEN). L’IFPEN a mené plusieurs projets en partenariat avec des industriels et des laboratoires de recherche pour développer des technologies de production de biocarburants avancés.

       

    Les biocarburants avancés, quésaco ? [1:10 - 3:02] 

    Les biocarburants"> biocarburants avancés sont « définis par une liste de ressources dans la directive européenne RED II [Directive des Energies Renouvelables, NDLR] », explique Jean-Christophe Viguié. « Ce sont des ressources qui n’entrent pas en compétition directe avec un usage alimentaire ». Ils sont ainsi différents des biocarburants « produits à partir de ressources qui entrent en concurrence avec un usage alimentaire ». 


    Comment produire les biocarburants avancés ? [3:02 - 7:02] 

    « On peut distinguer deux grands types de technologies ». Une première catégorie est celle des technologies thermochimiques"> technologies thermochimiques, où « la biomasse est d’abord déconstruite en la gazéifiant à très haute température », avant de réaliser une synthèse Fischer-Tropsch. « La deuxième grande voie est une voie biochimique » qui commence également par une déconstruction de la biomasse mais se termine par une fermentation grâce à des biocatalyseurs afin d’obtenir de l’éthanol. L’IFPEN a notamment co-développé deux technologies de production de biocarburants avancés : Futurol et BioTfuel. 


    Du développement à la commercialisation [7:02 - 12:07] 

    Pour développer ces technologies, « il faut mettre en place de nombreuses compétences, en chimie, en génie chimique, en hydraulique, en hydrodynamique, en biotechnologie, en économie ou en analyse environnementale ». Ensuite, il faut s’assurer de maîtriser le risque technologique. Le procédé est assez long : il a ainsi fallu 10 ans pour compléter le projet Futurol"> 10 ans pour compléter le projet Futurol (de 2018 à 2019) et 11 ans pour BioTfuel"> 11 ans pour BioTfuel (de 2010 à 2021 ; en cours de validation). 


    Des freins et des leviers [12:07 - 16:56] 

    Pour Jean-Christophe Viguié, la France a l’avantage de disposer de très larges ressources agricoles et forestières, sans oublier que le pays a fourni « d’importants efforts de recherche et d’innovation avec le soutien de l’Etat ». Un point bloquant réside dans la réglementation en vigueur sur les émissions des véhicules : celle-ci « se focalise sur les émissions de CO2 au pot d’échappement, ce qui est un biais dans la réglementation car ce CO2, quand il provient des biocarburants, est compté comme un CO2 qui proviendrait des carburants fossiles ».


    Pour bien décarboner nos transports [16:56 - 29:47] 

    Selon l’IFPEN">Selon l’IFPEN, les filières avancées permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre par un facteur de 10, par rapport à la référence fossile.  « Un véhicule qui roule aujourd’hui avec du biocarburant synthétique présente un bilan plus favorable qu’un véhicule électrique ». Et de conclure : « Les biocarburants et les biocarburants avancés en particulier sont une très bonne solution pour décarboner nos transports. Ils doivent donc être mis en œuvre aux côtés de l’électrification, de l’hybridation, et c’est probablement en combinant toutes ces solutions que nous pourrons atteindre un objectif ambitieux de décarbonation des transports. »


    Ressources citées : 

    Directive européenne RED II">Directive européenne RED II

    Les chiffres de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC)"> Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC)


    Références pour aller plus loin : 

    Le site de l’IFPEN">Le site de l’IFPEN 

    La plateforme européenne Etip bioenergy">La plateforme européenne Etip bioenergy


    Cogitons Sciences">Cogitons Sciences est un podcast produit par Techniques de l’Ingénieur. Cet épisode a été réalisé par Intissar El Hajj Mohamed, en collaboration avec Alexandra Vépierre. Le générique a été réalisé par Pierre Ginon et le visuel du podcast a été créé par Camille Van Belle. 

    30 min

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