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Or


L’essai Désobéir écrit par Frédéric Gros pour Champs essais, dont il a déjà été question dans notre rubrique, attire l’attention sur un paradoxe.
Comme se fait-il que des gens obéissent le doigt sur la couture et sans broncher à des diktats alors que s’ils s’unissaient, ils mettraient à bas ceux qui les oppriment ?
La majorité dite silencieuse qui, pourtant, possède une force en elle avérée est amorphe face à une élite qui, elle, est rapidement solidaire et d’attaque.
Cette majorité silencieuse est-elle prisonnière de sa peur ? À vrai dire, l’élite bénéficie de forces armées, d’une police à sa dévotion, d’une justice de classe, de censeurs professionnels et même de mouchards, souligne l’auteur, tous des gens issus du peuple où se recrutent des espions, des gardiens de l’ordre, des officiers de justice.
Frédéric Gros dit qu’à force de servitude, cela devient une seconde nature chez trop de personnes, au point de ne plus connaître le sens du concept « liberté ».
Et, ne nous le cachons pas, il y a aussi tous ceux qui adhèrent de leur plein gré à la soumission, voire la promulgue, car ils y trouvent un exutoire, une participation active, lucrative, enthousiasmante, selon les cas.
Alors ? Il est certain qu’il n’est pas aisé de désobéir quand on voit pulluler des contremaîtres tyranniques, des dominants incompétents, que la cupidité et la jouissance du pouvoir sont la règle, ainsi que la soif de domination et le goût immodéré des richesses.
Ici, j’ouvre une parenthèse par le constat exprimé par des psychologues qui avancent que dans le silence, les blessures, les différences et les injustices se creusent. Qu’il y a lieu de rompre ce silence-là, plus particulièrement l’omerta, et qu’il est nécessaire de casser l’attitude et l’habitude du suivisme et de l’obéissance par conformisme.
C’est-à-dire, le règne du « on » anonyme qui est un « nous » qui se conjugue comme un « il » incluant simultanément le « tu » et le « vous » et qui absorbe le « je ». C’est donc à la fois tout le monde et personne !
Chacun est responsable de sa sur-obéissance, comme de son obéissance. Automaticité de la parole, prêt-à-penser, éléments de langage façonnent les idées préconçues au détriment d’une opinion.
Pour Frédéric Gros, la sur-obéissance est se rendre coupable d’auto-déresponsabilisation.
Il y a également le consentement qui, pour l’auteur, est une aliénation volontaire, une contrainte pleinement acceptée. Question essentielle : est-il possible de vouloir librement contre sa propre dignité ? Peut-on opposer liberté et dignité ?
Fameux débat qui déboucha sur ce passage de Frédéric Gros : « Consentir, c’est consentir librement à être dépendant d’un autre. »
L’idéologie du consentement est de faire comprendre qu’il est toujours trop tard pour désobéir.
Cependant, faut-il rappeler, comme il le fit dans son essai, que l’obéissance aux dirigeants est réservée et provisoire, que le citoyen délègue mais peut toujours reprendre la main ?
La démocratie est une exigence de liberté, d’égalité, de solidarité. Cette exigence qui fait désobéir est la démocratie critique. La désobéissance civile, qui en découle logiquement, est un mouvement structuré d’un groupe et la contestation personnelle est de l’objection de conscience.
La désobéissance civile, c’est désobéir publiquement ensemble, faire société, communiquer à l’opinion son indignation, s’adresser à la conscience de tous, refuser la violence, ne pas se laisser gouverner en acceptant l’inacceptable mais en pratiquant le vivre-ensemble.
Boris Nicaise est un auteur bien connu pour ses ouvrages consacrés au symbolisme et, même, à l’épopée napoléonienne, puisqu’il raconta l’histoire de l’un de ses ancêtres ayant servi dans les rangs de l’empereur français. Une époque dont il est amplement question en ce bicentenaire de la mort de celui qui, pour d’aucuns, reste un dictateur et misogyne ayant rétabli l’esclavagisme, pour d’autres, un génie.
Aujourd’hui, il est question du Serment, un livre récemment paru aux Éditions Maison de Vie, assurément un thème, ô combien, d’actualité à l’heure où tant de personnes renient leur parole donnée, voire leur signature au bas d’un document officiel ; que ce soit du sportif professionnel qui, sans le moindre remords, attiré par un appât financier, casse son contrat avec tel club pour en rejoindre un autre, au grand dam de supporters qui l’avaient acclamé, également du politicien qui, après avoir signé, même devant notaire, un accord de coalition avec tel parti, balaie cette procédure d’un revers de la main pour s’allier à un autre parti et, de la sorte, s’assurer un plus confortable nombre d’élus dans son camp.
Avec justesse, Boris Nicaise explique que la spécificité première du serment est de faire appel à la parole, la reçue et la donnée, véritables fondements du lien entre les êtres et de la vie en société.
Pour lui, il s’agit d’une base solide, d’une prise de conscience et il n’hésite pas à clamer que « sans serment auquel s’en remettre ou s’engager, la loi de la jungle est assurée ! »
Et, nous sommes encore au cœur de l’actualité dans cette société contemporaine qui érige l’individualisme en dogme, lorsqu’il rappelle que le serment est une merveilleuse manière de le modérer « en liant chacun à l’autre par un geste et un parler qui inspirent d’emblée confiance. »
Cependant, il constate qu’en France, les hauts fonctionnaires de l’État ne sont plus tenus de prêter serment dans le cadre de leur profession, que le serment de promesse inscrit dans la loi a été effacé des tablettes, que le serment de véracité sur les déclarations d’impôts est passé de vie à trépas, alors, il se demande si le serment est rejeté, obsolète, discrédité ou bien, faut-il le réhabiliter en urgence.
En dix chapitres, parfaitement documentés, à la lecture aisée et tellement riches d’exemples concrets, Boris Nicaise en arrive à comparer le serment à une « parole de vie » et s’adresse à notre conscience : « Que seraient les relations humaines sans l’accès à la confiance ? »
Notre monde va mal, très mal même. Outre une urgence climatique avérée que nient pourtant les décideurs politiques et leurs pendants des multinationales, la crise profonde de société préexistait déjà à la pandémie qui frappe la planète depuis 2019, sauf que le Covid-19 n’a fait que l’amplifier, selon Patrick Buisson dans son imposant essai La fin d’un monde paru chez Albin Michel.
Cet auteur historien et politologue souligne que cette situation résulte de la liquidation d’un monde ancien où les concepts de gratuité, de solidarité, d’entraide et de dévouement étaient des piliers du mode de vie. Toutes ces valeurs ou du moins pas mal d’entre elles, furent petit à petit remplacées par la globalisation et la mondialisation ces quatre à cinq dernières décennies.
Jusque là, c’est-à-dire la première vingtaine de pages d’un livre qui en contient plus de cinq cents, je peux être globalement d’accord avec Patrick
Buisson.
Puis, après, « trop c’est trop », comme on dit couramment de l’autre côté de la frontière de l’Hexagone, en Belgique, là où travaillent et résident des centaines de milliers de Français et qui connaissent bien cette expression qui signifie que c’est excessif et que cela dépasse les bornes de l’entendement et du bon sens.
La thèse de l’auteur est, en effet, radicalement différente de la mienne et aussi de Fréquence Terre qui m’accueille et de notre partenaire POUR.
À savoir, que la société actuelle paie, entre autres, la déchristianisation de l’Occident et la désacralisation au profit de l’idolâtrie de la marchandise. Dans cet essai on sent d’abord poindre des regrets à l’égard de la politique de décolonisation du fait que le général de Gaulle mit en chantier les accords d’Évian en 1962 en donnant à l’Algérie son indépendance.
Je passe sur Mai 68 qui, pour Besson, fut un monde de pseudo-révolutionnaires, une génération d’enfants de la télé et que tout cela ruina la commensalité familiale, vida les bistrots et les églises, concurrença les vieilles sociétés villageoises, bref, une civilisation qui se désagrégea et où le modèle parental ne fut plus une source d’imitation mais de répulsion.
Cette thèse ne rappelle-t-elle pas les discours « assassins » d’un certain Pétain ?
Patrick Buisson ajoute, avec une certaine ironie, selon moi, que l’indépendance des femmes fut érigée en bien sacré et il évoque même un véritable génocide ethnoculturel dans les années 1960 et 1970. Rien que ça !
À la page 30, j’ai compris que cet essai La fin du monde, présenté comme, je cite « le grand livre contemporain des objecteurs de modernité » fait l’apologie d’une société aux antipodes des valeurs que Fréquence Terre et POUR développent depuis de très nombreuses années sur leurs ondes et dans leurs colonnes.
Chacun peut, bien entendu, prendre connaissance de cet écrit où l’auteur est décrit comme un « décrypteur » et juger si les nombreux chapitres correspondent à sa philosophie. Sachez déjà, qu’il aborde un « ethnocide bienveillant », « le krach de la foi », un « humanisme descendant », que « sans le latin, la messe nous emmerde », « une génération défroquée », la « désinflation mariale », « un projet politique : tuer le Vieux », « une croisade idéologique : criminaliser le passé », « une destitution biologique : la pilule », « les déchéances des paternités », « de l’agit-prop au vagit-prop », sans oublier l’« éloge du con ou la sexualité sans mâle », « la fabrique de l’homme mou », et ce sous-titre qui termine cette brique que, personnellement, j’ai trouvée parfaitement indigeste et donnant la nausée : « Qui sème le vent, récolte la tapette »…
Je signale quand même que Patrick Buisson est présenté comme « engagé à l’extrême droite depuis son adolescence »[1], qu’il reçut la Légion d’Honneur des mains de Nicolas Sarkozy et fut fait commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le pape Benoît XVI, un titre décerné en reconnaissance pour son « bon exemple donné dans sa communauté et son pays ».
Tout autre commentaire est superflu.
[1] Wikipedia, 2021.
Que je vous explique ma lecture du Voyage de Nerval récemment paru aux Éditions La Déviation.
D’un côté, Gérard de Nerval (1808-1855) présenté comme une figure majeure du romantisme et nouvelliste français du XIXe siècle, ésotériste et symboliste, clamant qu’il croyait à au moins dix-sept religions. Ses dernières années furent vécues dans la déchéance matérielle, physique et psychique. Il se serait suicidé à l’âge de 47 ans.
De l’autre côté, Denis Langlois, encore bien vivant, lui, avocat et écrivain, militant pacifiste, objecteur de conscience, observateur judiciaire international lors de procès politiques, Prix littéraire des droits humains. Il est l’auteur du Voyage de Nerval.
Entre eux deux, ce livre en forme d’analyse minutieuse, pointue, un ouvrage passant au crible d’une critique rigoureusement argumentée de Voyage en Orient, des Nuits du Ramazan, de Druzes et Maronites, de Scènes de la vie orientale : les Femmes du Caire, puis les Femmes du Liban, écrits par ledit Nerval, celui qui fut considéré à son époque comme un « voyageur érudit ».
L’analyse de Denis Langlois est aussi le résultat d’une longue présence sur le terrain, c’est-à-dire le Liban, ce qui permet à celui-ci de mettre les choses au point. Au poing, même.
Ainsi, au fil de ses 210 pages, n’hésite-t-il pas à justifier le « déboulonnage » de ce Nerval, qui, je le répète, encore considéré comme un « grand » de la littérature française.
Alors, fusent les « charlatan », « faux-cul », « Judas ! » et « plagiaire », des propos tels, « Je doute, Nerval, que ton écrit soit exact. Toi, tu te contentes d’une description passe-partout… », ou, encore « Pauvre Nerval, quelle minable explication indigne de toi ! Quelle justification de faux jeton ! », « Assez. Tu nous lanternes, Nerval », « Tu exagères toutefois et je trouve même que tu es franchement indécent… »
Denis Langlois évoque aussi l’achat d’une esclave par Nerval, qu’il fut traité de « renégat » pour avoir soutenu le dernier roi de France, Louis-Philippe, avant de retourner sa veste et d’aborder la cocarde de la démocratie.
Avant de clôturer son livre, l’auteur se rendit au Père Lachaise, là où Alexandre Dumas, Nadar, Théophile Gautier, entre autres, payèrent une concession pour que Gérard de Nerval puisse reposer en paix pour l’éternité.
Est-ce le cas, lui qui est à trois pas, de l’autres côté de l’allée, où repose Honoré de Balzac ? Encore tout un symbole ! Ce qui n’empêche pas Denis Langlois d’être aussi confraternel, voire admiratif à certains moments à l’égard du poète décédé il y a plus de seize décennies.
Pour conclure, Le voyage de Nerval est un livre qui m’a incontestablement plu, car, loin des pamphlets qui pullulent davantage sur le ton peu crédible de messages de réseaux sociaux et qui ne servent qu’à assouvir les fantasmes de décervelés, le récit de Denis Langlois est toujours finement écrit, avec humour et tendresse parfois, mais avec une rigueur de juriste s’appuyant sur des faits avérés. Et, croyez-moi, pour utiliser une formule bateau : son livre se lit comme un roman !
Ce n’est pas à un joggeur-randonneur au long cours qu’il faut apprendre que la marche et la course à pied sont souvent synonymes de réflexions, méditations, prises de décisions et, surtout, de bien-être physique et mental, voire de techniques de revalidation dans certaines maladies, surtout cardio-vasculaires.
Qu’en est-il avec L’Homme qui marche un roman de Jean-Paul Delfino, surnommé le « conteur des petits miracles », récemment paru aux Éditions Héloïse d’Ormesson ?
D’emblée la citation de Jean Giono donne le ton : « Si tu n’arrives pas à penser : marche. Si tu penses trop : marche. Si tu penses mal : marche encore », citation qui ouvre les 270 pages de ce récit en forme de balades, de promenades, de déambulations, parfois surprenantes, d’autres fois enchanteresses, mais jamais inintéressantes sur le plan humain.
Noël : c’est l’anniversaire de Théophraste Sentiero, 41 ans, et, bien entendu, le pantagruélique repas du jour dédié à la naissance de Jésus, celui qui, pourtant, paradoxe de la Nativité, prêcha la sobriété.
Soudain, les jambes de Théo se mirent à trembler sous la table. Des secousses qui perdurèrent le lendemain, et encore le surlendemain.
La médecine y perdait son latin et même pied, si j’ose dire, au contraire d’un vieux libraire qui, lui, avec une sagesse probablement puisée dans de vieux manuscrits ou grimoires, allez savoir, conseilla à Théo de marcher. Oui, tout simplement mettre un pied devant l’autre, de se laisser aller au rythme de ses saccades et au gré du vent.
Ainsi, Théo déambula à travers rues et quartiers de Paris, parfois en banlieue, avec la marche comme un remède ou une thérapie à son trouble moteur. Et, là, visiblement, il y avait quelque espoir de canaliser ces tremblements intempestifs.
Bien sûr, quand il s’arrêtait pour s’hydrater dans un bistrot et glissait ses jambes sous la table, eh bien, « Dame tremblote » reprenait sa danse au point qu’au Gay-Lu, madame Jouve, tenancière du bistrot, crut faire de l’humour en lui demandant s’il avait attrapé la danse Saint-Guy, une infection qui touche le système nerveux, et lui indiqua les toilettes !
Ainsi, dans ce roman écrit par celui qui collectionne les prix littéraires, vous allez suivre les pérégrinations de Théo. Vont-elles les mener à la guérison ? Je peux seulement vous dire, sans risque de divulguer la réponse à cette question, qu’elles lui feront découvrir quelques personnages lui ouvrant « un horizon insoupçonné », comme l’indique Jean-Paul Delfino.
On ne peut qu’être admiratif en ces temps particulièrement difficiles pour l’édition, qu’un éditeur, Evalou, lance une toute nouvelle collection, a fortiori s’il s’agit de bandes dessinées pour les plus jeunes et, qu’en plus sur le prix de vente unique de 12 euros l’album, un euro est reversé à une association philanthropique de sauvegarde de la Nature.
Cette collection, titrée « Captain Paul » invite à découvrir les aventures de Paul Watson, fondateur de la remarquable ONG de lutte pour la protection des océans, plus particulièrement contre le braconnage.
Les auditeurs de Fréquence Terre se souviennent certainement, que cet activiste chevronné, donna de longues interviews à notre chroniqueur Daniel Krupka, le spécialiste de la défense du milieu marin dans sa rubrique Longitude 121.
Ici, quel plaisir de retrouver cet homme, fondateur en 1977 de l’association Sea Sheeperd (si chéfeurde) ce qui signifie « Berger des mers », c’est-à-dire, tout simplement, quelqu’un qui protège des animaux.
Paul Watson, est entouré de très nombreux bénévoles dans le monde, des membres de l’association, bénévoles, partent à l’assaut des vagues et des étendues marines avec un courage hors pair, parfois durant des mois, pour protéger ce qui peut encore l’être face au massacre planétaire des mers et océans.
Son bateau porte le drapeau des pirates, symbole qui faisait peur au temps des corsaires, mais, ici, qui est le symbole d’un combat pour la vie face à des braconniers sans le moindre scrupule qui pêchent et chassent des animaux, alors que certains sont protégés par des quotas rigoureux et parfaitement légitimes dans le cadre de la protection de la Nature.
Quatre albums viennent déjà d’être publiés et évoquent les baleines, les tortues, les phoques et les requins.
Ce support ludique, et magnifiquement illustré pour des enfants de 3 à 8 ans, avec des histoires « vraies » à leur portée, est certainement appelé à devenir un succès amplement mérité.
Il y a deux conceptions pour définir la mondialisation :
Pourquoi étendre à la mondialisation le combat pacifique mené contre l’armée, pourvoyeuse de désastres humains et matériels, par exemple ?
Telle est l’entrée en matière de Frédéric Gros, auteur de Désobéir, paru aux Éditions Flammarion (2019).
Alors, pourquoi encore se taire ? Se résigner ? Allons-nous continuer à laisser faire, à nous comporter en spectateurs blasés, à regarder ailleurs, ou allons-nous enfin ouvrir les yeux ?
Récemment, je posais la question suivante sur les réseaux sociaux : « La fraternité et la solidarité sont de plus en plus sacrifiées sur l’autel d’une « liberté » individuelle méprisant le respect de l’Autre, s’agit-il d’un nouveau paradigme sociétal ? »
Comme d’habitude, suis-je tenté de dire, il n’y eut pas d’échanges sur le fond et, le hasard faisant à nouveau bien les choses, j’ai reçu au même moment en service de presse La fraternité globale (Éditions érès, 2021) de Michel Joli, docteur en médecine qui exerça une carrière à l’armée, quitta cette dernière pour cofonder l’association « France-Libertés » dont le slogan est « Défendre les droits humains et les biens communs du vivant » prônant de la sorte un monde plus solidaire. Le logo de cette association représente deux arbres : le chêne symbole de justice et l’olivier incarnant la paix.
Le sous-titre de l’essai est « (La Fraternité globale) Expliquée à ceux qui veulent changer le monde ».
Certes, le monde a évolué avec d’indéniables avancées et progrès notoires en matière de médecine, pour ne citer qu’un exemple, mais il y a lieu, pour l’auteur, d’établir le ‘‘bien commun de l’humanité’’ en urgence face à la destruction de la planète, à l’augmentation des inégalités sociales, au manque de perspectives concrètes pour le mieux-vivre ensemble tant promis.
Dans des temps très lointains existaient dans le monde entier les ‘‘communs’’, c’est-à-dire des biens tels les sources, terres agricoles, espaces boisés… n’appartenant à personne et entretenus par la collectivité.
Le principe de ‘‘commune fraternelle’’ était donc de mise.
Puis, tout cela fut accaparé par des moines, des aristocrates, des industriels… à leur profit, bien sûr, menant les peuples à la servitude. À ce jour, ce sont principalement des multinationales qui ont pris le relais.
Les confinements, surtout le premier, dus à la pandémie Covid-19, ont démontré qu’un certain ‘‘retour aux sources’’ était possible en allant à l’essentiel de nos besoins et non à ceux dictés par le capitalisme.
La lecture de cet ouvrage me donne donc l’occasion de le commenter en m’appuyant également sur un texte de juin 2020, titré Trois choses démontrées par le confinement,[1] que j’avais publié.
Ainsi, dans un article, Jacques Littauer[2], avait établi un constat en trois points : ‘‘ Le confinement aura démontré trois choses. Un : notre économie s’effondre dès qu’elle cesse de vendre des trucs inutiles à des gens surendettés. Deux : il est parfaitement possible de réduire fortement la pollution. Trois : les personnes les moins bien payées du pays sont les plus essentielles à son fonctionnement.’’
Dans le même contexte, il dit encore que ‘‘ de nombreux cadres se sont rendu compte que tout tournait mieux sans eux, et qu’ils étaient à la merci, pour leurs besoins quotidiens, de personnes à qui ils n’accordent guère de considération en temps normal : caissiers, livreurs, éboueurs.’’
Quant à Michel Joli, il propose ‘‘d’organiser la vie quotidienne dans la proximité et le partage et il est indispensable d’organiser, au bénéfice de tous les membres de la communauté humaine, une régulation intelligente du patrimoine de la planète en veillant à son maintien, à son renouvellement et à l’absence d’effets toxiques de l’activité humaine (pollutions, réchauffement, catastrophes techniques et sanitaires). C’est un vaste chantier technique et politique qui pourrait disposer de tous les atouts de la planification intelligente et moderne pour gérer, observer, quantifier, répartir et satisfaire équitablement les besoins de la population humaine, sans nuire à son environnement vital.’’
Alors, comment agir concrètement avec tout cela ? Sans hésitation, Michel Joli prône l’altermondialisme comme unique solution ‘‘ à la fois pour lutter contre le capitalisme et pour développer la conscience d’une communauté de destin’’.
Puisse-t-il être lu et entendu !
[1] Référence à Charlie Hebdo du 25 juin 2020.
[2] Charlie Hebdo du 25 juin 2020.
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