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« Même moche tu as ta chance ! » : les fanzines et la philosophie do-it-yourself.
Retour sur le phénomène rockabilly, depuis le sud des États-Unis, là où le rock a vu le soleil, en passant par les brumes de l’Angleterre où les teddy boys entretiendront durablement, avec panache et vigueur, la flamme sacrée du rock’n’roll. Un flambeau qui se retrouvera aux mains de leurs héritiers français, tels ceux saisis avec talent par les photos de Gilles Rigoulet. Un voyage par delà le temps et les frontières pour comprendre comment une musique célébrant la joie de vivre, les loisirs, les filles et les voitures deviendra la bande son d’une génération, tiendra lieu de conscience de classe de la jeunesse et, en dehors de tout message politique, revêtira un caractère subversif. Gildas Lescop est sociologue, spécialiste des sous-cultures.
Dans leur conquête du Nouveau Monde, les Européens font venir des esclaves d’Afrique. Sous le crime contre l’humanité va fleurir un des phénomènes culturels les plus féconds de l’histoire, la créolité. Par centaines, des genres musicaux originaux naîtront pendant plusieurs siècles sur plusieurs continents , définissant la majeure partie de notre paysage musical contemporain - biguine, bossa-nova, calypso, chachacha, dancehall, danzon, gospel, jazz, kompa, mambo, marengué, milonga, morna, negro-spiritual, ragamuffin, reggae, reggaeton, rocksteady, salsa, tango, Zouk…Toutes ces musiques ont en commun de n’être ni africaines ni européennes, ni seulement dominatrices ni seulement opprimées. Leur commune origine historique les unifie plus que tout autre caractère : elles sont créoles.
Immersifs, les concerts de drone impliquent non seulement l’oreille mais également le corps dans une expérience totale. Lorsque le haut volume sonore s’en mêle, comme dans le cas paradigmatique des concerts de Sunn o))), l’expérience peut s’apparenter à une épreuve convoquant différentes formes de résistance (imaginaire, physique) à ce son omniprésent. Cette conférence s’appuiera sur des témoignages d’auditeurs et sur deux métaphores récurrentes dans leurs discours – celles du concert comme épreuve et de comme initiation –, pour en explorer les enjeux anthropologiques et esthétiques : le concert de drone est-il une forme de rite initiatique ? Comment le plaisir pris à une œuvre peut-il s’articuler à un sens du danger ?
Le festival « Actuel » imaginé par Jo Dekmine, monté et programmé par le label BYG de Jean Georgakarakos, aidé du journaliste Jean-Noël Coghe devait avoir lieu à Paris. Mais les autorités françaises, encore sous le coup de Mai 68, vont interdire la manifestation en France. C’est donc à Amougies, à la frontière belge, que va se dérouler ce festival hors normes, du 24 au 28 octobre 1969. Ce petit village belge de 957 âmes accueillera sous un chapiteau, dans le pâturage prêté par un fermier, 100 000 festivaliers et 48 groupes de rock progressif et de free jazz. Frank Zappa en maître de cérémonie fera notamment le boeuf avec Pink Floyd. C’est l’incroyable histoire de ce festival effacé des mémoires, de son mélange inédit des genres que nous vous invitons à découvrir avec l’un des organisateurs, Jean-Noël Coghe.
Jean-Noël Coghe, journaliste (Rock & Folk, Best, Pop Music, RTB, AFP, France 3) et reporter (France Inter, RMC), a été Envoyé spécial permanent pour RTL dans le Nord de la France et en Belgique. Il est l’auteur de plusieurs livres consacrés à Jimi Hendrix et Rory Gallagher et d’un livre sur « Amougies » aux Presses du midi.
Pour cette conférence, Agnès Gayraud présente son livre, Dialectique de la pop (La Découverte, 2018), d'ores et déjà reçu comme un ouvrage majeur sur la question.
« Tout le monde connaît la pop, la reconnaît, a un avis sur elle. Pourtant, sa singularité artistique et philosophique reste peu interrogée, comme si un tabou pesait sur cette forme musicale née au début du XXe siècle et dont le destin est lié à ses conditions techniques de production et de diffusion.Son ancrage, essentiel, dans le monde de la phonographie, est généralement interprété comme le trait honteux d’une musique qui aurait cessé d’en être tout à fait une, jusqu’à s’identifier aux « sons du capitalisme » qui déguisent en sucreries auditives les grognements de la bête immonde. L’enregistrement et ses conséquences auraient avant tout dégradé la musique, altéré ce qui la préservait – imagine-t-on – de la standardisation, jusqu’à produire à la chaîne une forme de musique consommable, accessible à tous, universellement médiocre. Des hits d’ABBA aux hymnes de Beyoncé, la pop serait structurellement inauthentique; et restreinte à un corpus radiophonique aussi dominant sur le moment que rapidement oublié. Dans cet ouvrage, Agnès Gayraud se penche sur l’étendue et sur la profondeur de cette musique longtemps qualifiée de « légère » et cantonnée à un statut d’objet de consommation, de moins-que-musique. Au cœur des œuvres musicales elles-mêmes, elle y déploie tous ses paradoxes, pour révéler les ramifications esthétiques d’une richesse insoupçonnée de ce qui a peut-être été l’art musical le plus important du XXe siècle. » Avis Critique / France Culture
Agnès Gayraud est normalienne, agrégée et docteure en philosophie, professeure d’esthétique à la Villa Arson à Nice. Elle mène en parallèle une vie de musicienne, auteure-compositrice et interprète sous le nom de La Féline.
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