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Ryad Selmani est chargé de plaidoyer justice fiscale au sein de l’ONG CCFD-Terre Solidaire. Il nous explique pourquoi le CCFD-Terre Solidaire qui est une ONG de développementet de solidarité internationale s’est intéressé à la fiscalité et à la lutte contre l’évasion fiscale (1:57). Ryad préfère l’utilisation du terme d’injustice fiscale et nous rappelle l’ampleur de l’évasion fiscale (3:00). Il participe actuellement aux négociations en cours au sein de l’ONU pour l’adoption d’une convention fiscale, un sujet qui est très peu couvert dans les médias. C’est un processus unique démarré fin 2024 permettant à tous les Etats de participer (4:19). Jusqu’à très récemment les questions fiscales internationales étaient uniquement discutées à l’OCDE. Ryad fait un rappel historique de la naissance de ce processus au sein des Nations unies qui a pour objectif d’écrire des règles communes, globales, cohérentes, plus simples et plus justes sur la fiscalité internationale (5:35). Il nous explique pourquoi les discussions à l’OCDE sur l’imposition minimale des multinationales étaientloin d’être satisfaisantes (8:28). Pour Ryad, malgré un contexte géopolitique compliqué, le fait que ce processus pour une convention fiscale internationale a lieu montre qu’il existe une volonté de s’emparer du problème de l’évasion fiscale, d’autant plus que de nombreux pays manquent de ressources financières (11:55). La France fait partie des pays qui perdent le plus à cause de l’évasion fiscale et se trouve dans une situation budgétaire difficile. Pourtant, elle ne défendpas le processus onusien et n’y est pas favorable (15:18). Ryad nous raconte les coulisses des négociations (20:15). Trois sessions ont déjà eu lieu. La quatrième est prévue en février 2026. La société civile est partie prenante des négociations. Elle fait des interventions orales et écrites mais elle n’a pas accès au travail intersession qui se déroule entre chaque session de négociations. Le secteur privé est également représenté (24:56). Ryad termine l’épisode en nous indiquant quelles sont les prochaines étapes pour la convention fiscale internationale (27:50). Trois sessions de négociations sont prévues en 2026 et en 2027, ce qui devrait conduire à un texte définitif.
Suivez Ryad sur linkedin et bluesky pour connaître les suites des négociations autour de la convention
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Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé etproduit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en décembre 2025. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage par Manuel Perreux.
Etelle Higonnet est la fondatrice de l’ONG Coffee Watch. Elle a à cœur la protection des droits humains et de l’environnement (2:02). Pour montrer comment les droits humains et l’environnement sont interconnectés, elle donne l’exemple dela pêche illégale, de l’huile de palme et du café (4:04). Etelle s’est particulièrement intéressée aux problèmes liés à la déforestation et à l’agriculture (7:20). Le cacao est d’ailleurs l’un des principaux facteurs de la déforestation mondiale (9:22). Son exploitation est aussi liée au travail des enfants et à l’esclavage moderne. Quand elle travaillait pour Mighty Earth, Etelle a lancé une campagne sur le chocolat pour sensibiliser le public et limiter les abus dans l’industrie duchocolat. Elle fait le bilan de cette campagne et de son impact (12:01). Elle nous raconte ensuite comment et pourquoi elle s’est penchée sur le café, un secteur où les abus sont nombreux (15:42). Ce qui l’a le plus marquée en travaillant sur ce sujet, c’est l’ampleur du travail des enfants ainsi que l’évasion fiscale des entreprises de l’industrie du café (18:02). Elle donne l’exemple de Starbucks (20:32). Etelle rappelle que sans corruption il n’y aurait pas de déforestation illégale ou de travail des enfants (22:48). Elle nous raconte aussi comment lelobbying de l’industrie du café a tenté de saper l’adoption et la mise en œuvre d’une réglementation européenne qui vise à lutter contre la déforestation (23:50). Face à toutes ces pratiques, devons-nous arrêter de consommer du café et du chocolat ? La réponse est non mais nous avons un rôle à jouer pour obtenir des changements (30:29).
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Sophie au pays des possibles est un podcast créé,réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en juillet 2025. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage par Manuel Perreux.
Mon invité dans ce nouveau numéro de Parole de chercheur est Vincent Michel, professeur en Histoire de l’art et Archéologie de l’Antiquité classique en Orient à l’Université de Poitiers. Il nous parle de ce qui l’a amené à devenir archéologue et à s’intéresser au trafic de biens culturels (3:14). Les chantiers sur lesquels il a travaillé ont été pillés. Vincent Michel explique comment il mène ses recherches pour identifier les biens culturels volés (6:44). Il définit ce que sont les biens culturels (10:55) ainsi que le trafic qui y est associé et qui comprend tout un ensemble de pratiques illégales comme le pillage, le vol, le recel et le blanchiment (12:43). Pour mesurer l’ampleur du trafic de biens culturels, Vincent Michel regarde le nombre de fouilles clandestines à partir des trous découverts, les ventes sur internet, les saisies et les restitutions (15:41). Du fait de la valeur financière des objets,le crime organisé et les groupes terroristes sont impliqués dans ce trafic (21:33). Le trafic de biens culturels alimente aussi les conflits à travers le monde. Vincent Michel explique comment les trafiquants s’y prennent pour blanchir l’origine des biens pillés (26:15) et comment on peut déterminer que l’objet a été volé (33:03). Le monde de l’art (le marché de l’art et les musées) est vulnérable aux pratiques illégales car il n’a pas pour habitude de vérifier la provenance des biens culturels (34:46). Enfin, Vincent Michel nous en dit plussur ce qui est mis en place pour lutter contre le trafic de biens culturels (39:25) ainsi que sur ce que nous pouvons faire (43:50).
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Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé etproduit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en septembre 2025. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage par Manuel Perreux.
Cet épisode a été enregistré en anglais et doublé par mes soins pour la version française.
Andrii Biletskyi est le directeur administratif de l’Anti-Corruption Research and Education Centre (ACREC) de la National University of Kyiv-Mohyla Academy. Il est également membre du conseil supervisant le chapitre ukrainien deTransparency International. Pendant sa thèse, Andrii s’est intéressé à la manière dont la société civile se mobilise pour lutter contre la corruption. En Ukraine, la société civile participe de différentes manières, notamment par lebiais des conseils de contrôle civique (2:52). Ceux-ci sont des sortes de départements au sein des institutions. Ils peuvent leur demander des comptes (6:55). Il existe aussi des conseils d’intégrité dont le rôle est de veiller aux recrutements des bonnes personnes au sein des institutions anticorruption (8:30). Andrii nous explique les principaux risques de corruption qui existent à l’heure actuelle. Le secteur de la défense, celui de l’énergie et de la reconstruction sont les plus concernés (11:11). Pour Andrii, il n’y a pas plus de corruption que dans n’importe quel autre pays. En revanche, avec la guerre, de nouvelles opportunités de corruption sont apparues (13:20). La corruption a des impacts concrets sur la vie des citoyens (14:18). Les soldats reçoivent, par exemple, des armes de mauvaise qualité. Andrii raconte comment les jeunes se sont mobilisés en juillet contre une réforme qui venait saper l’indépendance de l’agence anti-corruption (NABU) et du bureau du procureur anticorruption(SAPO) (16:13). Grâce à leur mobilisation, le gouvernement est revenu sur cette réforme mais à un détail près et pas des moindres (17:46). Continuer à combattre la corruption en temps de guerre n’est pas simple mais c’est une nécessité (22:30). Andrii termine cet échange en nous rappelant que la formation et l’éducation jouent un rôle essentiel (25:10).
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Sophie au pays des possibles est un podcast créé,réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en août 2025. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage de la version en français par Sophie Lemaître.
I am delighted to welcome Andrii Biletskyi, the Administrative Director of the Anti-Corruption Research and Education Centre of the National University of Kyiv-Mohyla academy. He is also a member of the supervisory board of TI Ukraine. During his PhD thesis, Andrii looked at how civil society is engaged in anti-corruption. In Ukraine, civil society mobilises in various ways, notably through civic control councils (2:08). Civic control councils are established within institutions. They have the power to control the activities of the authorities (7:25). In Ukraine, you can also find integrity councils whose role is to ensure that the right people are recruited in leadership positions (9:42). Andrii then explains what the main risks of corruption are (13:04). For Andrii, there is no more corruption than in any other country. However, with the war, new opportunities for corruption have arisen (16:15). Corruption has a real impact on the lives of citizens (17:14). Soldiers, for example, receive poor-quality weapons or food. Andrii recounts how young people mobilised in July against a reform that would have undermined the independence of the anti-corruption agency (NABU) and the anti-corruptionprosecutor's office (SAPO) (19:40). Thanks to their mobilisation, the government reversed the reform, but with one significant detail (22:28). Andrii reminds us that continuing to fight corruption in times of war is not easy, butit is a necessity (29:18). Andrii concludes this exchange by telling us how training and education play an essential role (33:07).
References:
- ACREC’s website
- Integrity Councils in Ukraine: Lessons learned (2025)
- Ukraine’s anti-corruption drama: a (temporary) victory, but the battle is far from over (2025)
Credits:
Sophie au pays des possibles is a podcast created, directed, and produced by Sophie Lemaître. This episode was recorded online in August 2025. Podcast illustration and music by Fabien Doulut. Editing by Manuel Perreux for the English version and Sophie Lemaître for the French version.
Ce mois-ci, je reçois Cécile Barrois de Sarigny, adjointe auprès du Défenseur des droits en charge des lanceurs d’alerte. Elle présente les missions et le rôle du Défenseurdes droits, une autorité indépendante de l’Etat qui existe depuis 2011 et est inscrite dans la Constitution française (4:49). Depuis 2016, l’une des missions du Défenseur des droits est de protéger les lanceurs d’alerte et en 2022, un pôle dédié a été créé. Cécile Barrois de Sarigny nous parle des différentes activités que réalise le pôle lanceurs d’alerte (8:45). Elle nous rappelle ce qu’est un « lanceur d’alerte » selon le droit français ainsi que les étapes à suivre pour lancer l’alerte et ainsi bénéficier de la protection prévue par la loi (13:59). Le Défenseur des droits oriente les personnes qui lecontactent vers les autorités qui peuvent recueillir leur alerte (19:18). Il certifie également les lanceurs d’alerte, c’est-à-dire qu’il rend un avis sur la qualité de lanceur d’alerte de la personne (22:22). En d’autres termes, il se positionne sur le fait que la personne est bien lanceur d’alerte au sens dela loi française. Cela permet de conforter une personne dans sa démarche d’alerte qui peut produire l’avis devant les tribunaux ou son employeur. Il existe différentes protections et garanties contre les représailles (25:41). Cécile Barrois de Sarigny nous donne des exemples d’interventions du Défenseur des droits qui ont permis aux lanceurs d’alerte d’obtenir gain de cause (33:49). Tout le monde peut devenir un jour lanceur d’alerte (39:16). Les profils et fonctions sont extrêmement variés. Enfin, Cécile Barrois de Sarigny fait le bilan des 10 dernières années (42:47).
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Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé etproduit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en avril 2025. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage par Manuel Perreux.
Dans cette seconde partie de l’entretien, Houria Aouimeur nous raconte les menaces et intimidations qu’elle a subies (1:31) si bien que des mesures de protection etde sécurité ont été instaurées (3:40). Ces représailles coïncident avec le début de ses investigations (6:46). Elle dérangeait le système mis en place. Ces actes se sont poursuivis, pendant près de 4 ans, jusqu’à son licenciementen février 2023. Houria explique les conditions de son licenciement pour faute grave et ce qui lui est reproché (9:35). Depuis son départ, des modes de fonctionnement qu’elle dénonçait sont de retour (10:47). Les dérives qu’Houria a constatées ont eu des conséquences pour les salariés d’entreprises en difficultés comme le fait de ne pas recevoir le montant des salaires qui leur sont dus (13:09). Houria réalise que rendre public ce qu’elle vit peut être une protection (16:44). Elle déposera une nouvelle plainte en février 2022 qui fait le lien entre ses alertes et ce qu’elle a subi (23:39). Elle a fait preuve d’une grande résistance (24:55). En novembre 2024, Houria a été certifiéelanceuse d’alerte par le Défenseur des droits (29:31). Cet avis du Défenseur des droits peut l’aider dans son action contestant son licenciement. La Maison des Lanceurs d’alerte avait également rendu un avis similaire quelques moisplus tôt. Houria nous prodigue ses conseils si nous voulons un jour lancer l’alerte (32:35). Son combat est loin d’être terminé. Elle reste déterminée et souhaite aider d’autres lanceurs d’alerte (35:39).
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Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé etproduit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en février 2025. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage par Manuel Perreux.
Je suis honorée de recevoir Houria Aouimeur. Houria commence par nous parler de son parcours (1:52). En septembre 2018, elle a pris la tête de l’AGS, l’organisme de garantie des salaires. Houria nous explique ce qu’est lagarantie des salaires, un régime obligatoire de cotisation qui intervient lorsqu’une entreprise est dans l’incapacité de verser les salaires (6:38). L’AGS est en charge de veiller au bon fonctionnement de ce régime. L’AGS ne verse pas directement les salaires. Ce sont les mandataires judiciaires qui le font pour son compte (8:25). Houria revient sur les origines de ce régime de garantie des salaires (10:16). Sur les 10 dernières années, grâce à l’AGS, 18 milliards d’euros ont été versés à plus de 2 millions de salariés dans le cadrede défaillances d’entreprises (12:02). Houria nous raconte ensuite ses premiers pas à la tête de l’AGS (12:45). Petit à petit, elle commence à avoir des inquiétudes sur la gestion de ce régime, les salariés lui faisant part de pratiques douteuses (15:30). Par exemple, des mandataires judiciairesbénéficient de passe-droits sans contrôles. Houria fait alors ses premières alertes et demande la réalisation d’un audit (17:05). Les audits révèlent non seulement des fautes de gestion mais aussi des disfonctionnements majeursimpliquant potentiellement plusieurs milliards d’euros et des acteurs du système judiciaire (24:50). Des plaintes contre X sont déposées notamment pour abus de bien social et détournement. Houria décide en parallèle de mettre enconformité le fonctionnement du régime de garantie des salaires. Les représailles commencent alors. Rendez-vous mardi 13 mai pour la suite !
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Sophie au pays des possibles est un podcast créé,réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en février 2025. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage par Manuel Perreux.
💝 Cet épisode a été enregistré dans le cadre du Podcasthon, le premier évènement caritatif qui rassemble les podcasteurs et podcasteuses pour mettre en lumière lesassociations et l’engagement associatif. Pour l’édition 2025 du Podcasthon, c’est l’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp) que je souhaite vous faire découvrir. Si vous souhaitez soutenir l’action de l’Ofalp, vous pouvez faire un don. 💝
Olivier Scaglia est journaliste et l’un des co-fondateurs de l’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp) qui a été créé en novembre 2023. Olivier nous raconte comment l’Ofalp a été fondé (1:40). L’objet de l’Ofalp est de défendre la liberté de la presse et de documenter les atteintes à celle-ci (4:25). L’association prépare un rapport qui recense ces attaques (6:08). Elles ne proviennent pas seulement du monde économique mais aussi du milieu institutionnel (8:54). Olivier donne trois exemples : lapoursuite en diffamation à l’encontre d’Inès Léraud, les menaces du maire de Toulon contre Simon Fontvieille et la garde à vue d’Ariane Lavrilleux (11:15). Olivier explique pourquoi la liberté de la presse est importante et pourquoil’information doit être de qualité (15:26). Pour Olivier, les citoyens doivent développer un sens critique, se poser des questions et croiser les informations (17:58).
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Sophie au pays des possibles est un podcast créé, réalisé et produit par Sophie Lemaître. Cet entretien a été enregistré en ligne en février 2025. Illustration du podcast et musique par Fabien Doulut. Montage par Manuel Perreux.
Du 15 au vendredi 21 mars, c’est le podcasthon. Un évènement caritatif qui rassemble plus de 1 600 podcasts de 47 pays dont 650 podcasts francophones.
En 2024, j'avais mis en lumière le combat de l’association Bloom pour protéger les océans : https://www.sophieaupaysdespossibles.com/episode-22-bloom
Découvrez mardi 18 mars l'association que je soutiens cette année!
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