La «loi confortant le respect des principes de la République» ou loi Séparatisme (adoptée le 23 juillet 2021) avait émergé dans un climat particulièrement islamophobe et elle a contribué à la mise en place d’un arsenal juridique et administratif visant d'abord les personnes musulmanes (ou perçues comme telles). Très vite, les associations prônant la désobéissance civile se retrouvent menacées de perdre leur subvention. Les menaces de dissolution s'abattent sur d'autres associations. Face aux actions de désobéissance qui se multiplient, l’État choisit de ne rien changer, et de terrorise.
Alternatiba Poitiers
Fin septembre 2022, un atelier de formation à la désobéissance civile organisé par Alternatiba Poitiers a déplu au préfet de la Vienne. Il exige, au nom de la loi "Séparatisme", que lui soient retirées certaines subventions.
Dans des courriers adressés à la mairie de Poitiers et à la communauté urbaine du Grand Poitiers, le représentant de l’État a demandé l’arrêt des subventions à cet événement.
Les ateliers de désobéissance civile sont donc jugés incompatibles avec le contrat d’engagement républicain signé entre l’association et les collectivités. Ces ateliers « inciteraient à un refus assumé et public de respecter les lois et règlements », écrit le préfet. La mairie et la communauté urbaine refusent de se plier à cette injonction.
Thierry Grasset, membre de l'association, nous fait le récit de tout ça.
Vanessa Codaccioni
Les recherches de Vanessa Codaccioni - sociologue, historienne, politiste - portent sur la répression depuis le XXe siècle en France.
A lire Répression, l’État face aux contestations politiques](https://www.editionstextuel.com/livre/repression) (Textuel, 2019) et [La société de vigilance. Autosurveillance, délation et haines sécuritaires.
A lire aussi :
L'article "Les leçons de l'opération de rétablissement de l'ordre à Ste Soline" sur le site Lavoixdugendarme.fr