Quand un enfant est impulsif, opposant, submergé par ses émotions et c'est souvent le cas avec des enfants TDAH ou sur le spectre autistique. Notre premier réflexe en temps que parent, c’est de vouloir corriger ce débordement. On demande à l’enfant de se calmer, de faire un effort, d'écouter, d'être raisonnable.
Et si on se trompait de priorité?
Avant d’avoir des enfants, j’avais de grandes certitudes en matière d’éducation. Un enfant se comporte mal, on lui demande d’arrêter et s’il ne le fait pas, on le punit. Et voilà, l’enfant a compris, il ne le fera plus. J’ai posé une limite et je suis une mère formidable.
Comment vous dire... Deux enfants plus tard, mon point de vue s’est légèrement complexifié.
Les recherches en psychologie montrent que les punitions sont surtout efficaces à court terme. Elles arrêtent le comportement sur le moment parce que l'enfant veut éviter une conséquence désagréable. En revanche, elles lui apprennent rarement comment faire autrement la prochaine fois. Pour qu'un comportement change durablement, un enfant a besoin d'apprendre une nouvelle stratégie et d'être accompagné pour la mettre en place.
C'est particulièrement vrai pour les enfants avec un TDAH ou sur le spectre autistique. Le problème n'est pas qu'ils ne connaissent pas la règle, mais qu'ils n'arrivent pas à mobiliser leurs capacités de régulation pour la respecter.
Plus important encore selon moi, ces comportements problématiques cachent souvent un autre besoin fondamental :la sécurité émotionnelle.
Le pédopsychiatre anglais John Bowlby qui a développé la théorie de l'attachement a profondément changé notre compréhension des besoins de l'enfant. Il a mis en évidence qu'un enfant n'a pas seulement besoin d'être nourri, soigné ou protégé physiquement. Il a aussi besoin de se sentir en sécurité sur le plan émotionnel. C’est un besoin vital de pouvoir s’attacher à un adulte qui le fera se sentir en sécurité.
Lorsque l’enfant se sent en insécurité émotionnelle, il se met en mode alerte pour se protéger du danger. Ses stratégies sont alors primitives, la fuite ou au contraire l’attaque. C’est là qu’apparaissent les comportements d’évitement, ou au contraire les débordements, l'agitation, l’opposition et parfois la violence.
Un environnement émotionnellement sécurisant permet souvent au cerveau de sortir du mode "alerte". Et un cerveau qui se sent en sécurité mobilise beaucoup plus facilement ses capacités d'attention, d'apprentissage, de régulation des émotions et de contrôle des impulsions.
D’où l’importance, quand un enfant est problématique, de soigner encore plus la relation que l'on a avec lui. Penser d’abord à la relation avant la correction. Plus notre lien sera solide, plus il aura les ressources pour se réguler dans les moments difficiles.
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