Elle a appris à marcher sur un tatami. Clémence Émé, actuellement 7e mondiale en -70 kg, est de ces athlètes dont le sport est moins un choix qu'une langue maternelle. Apprise à trois ans, dans une famille où le judo coulait dans les veines avant de couler dans les siennes.
Mais entre hériter d'une passion et se l'approprier, il y a tout un chemin. Celui de Clémence passe par les pôles espoir, le pôle France, l'INSEP, une épaule opérée, des tatamis perdus et reconquis.
On a couru avec elle. On a parlé de l'enfance dans un sport de famille, du moment où le judo est devenu le sien, de la douleur des blessures et de ce qu'elles laissent, de l'hypersensibilité comme force autant que comme vulnérabilité, du collectif et de l'individuel, du respect et de la combativité, deux choses que le judo enseigne.
Médaillée de bronze aux Mondiaux juniors 2017 à Zagreb en -63 kg, puis médaillée d'argent par équipes aux Mondiaux 2021 à Budapest, Clémence construit patiemment son chemin vers les jeux olympiques de 2028.
Un épisode sur la passion, la résilience, et ce que ça fait de porter un kimono depuis qu'on est tout petit, et d'avoir encore envie de le remettre chaque matin.