Aujourd’hui, notre invité est Saul Lopez, manager de la mobilité électrique au sein de la fédération européenne pour le Transport et l'Environnement.
Bonjour, Monsieur Lopez, et merci d'être avec nous aujourd’hui.
Alors avec vous, on va se plonger dans le débat sur la révolution électrique dans l’industrie automobile. Parce qu’avant le Covid-19, le secteur des véhicules électriques a commencé à intensifier son importance. Mais maintenant, avec la crise du coronavirus, l’industrie automobile devrait être considérablement impactée.
Dans ce contexte du Covid-19, quel avenir les véhicules électriques pourraient-ils avoir en Europe ?
“Pour répondre à cette question, il faut d'abord esquisser le contexte. Car il ne faut pas oublier qu'il y a quelques mois à peine, au 1er janvier 2020 plus précisément, les nouvelles normes d'émission de CO2 de l'Union européenne sont entrées en vigueur. Nous avons une limite moyenne de 95 grammes d'émission de CO2 par kilomètre parcouru. En sachant cela, il faut savoir que la production des constructeurs européens s'orientaient de plus en plus vers les véhicules électriques. Nous avions en 2019, par exemple, un tout petit peu moins d'un demi million de véhicules électriques produits en Europe, alors que pour cette année 2020, 1,4 million étaient prévu et pour 2021 plus de deux millions. Alors déjà, comme premier impact sur la production à cause du coronavirus, on a eu évidemment la fermeture temporaire de plusieurs usines en Europe. Donc pas de clients quasiment pour toutes ces usines européennes, soit un véritable impact pour la révolution électrique.
Avec ce cadre mis en place, on a des normes d'émissions qui aident à accélérer cette transition, plus de production, des véhicules propres, des véhicules électriques, etc. Et puis arrive le Covid-19. Alors, qu'est ce qui se passe ? D'un côté, on a principalement un impact sur la production et d’un autre côté sur le marché, sur la demande. Côté production, que se passe-t-il ? Des fermetures d'usines à cause du coronavirus ; ce qui veut dire que pendant deux mois, il y a plus de deux millions et demi de véhicules qui n’ont pas été produits parce que les usines étaient fermées. Pour rappel, en Europe, on vend plus ou moins 15 à 16 millions de véhicules neufs par an. Donc c'est quasiment 20% de la production de toute une année, ce qui est monstrueux ! Et cela a un fort impact économique, évidemment, pour les constructeurs automobiles. Alors comment est-ce que ceci va affecter la révolution électrique ou à la production de véhicules électriques ?
D'un côté, on a des fabricants, des constructeurs automobiles comme le groupe Fiat-Chrysler qui est en cours de fusion avec le groupe PSA. Ce groupe avait prévu d'augmenter de façon spectaculaire la production de véhicules électriques, mais que dans la deuxième moitié de l'année 2020, donc aux troisième et quatrième trimestres. Ils avaient prévu d'augmenter de 140% la production de véhicules électriques. Eux, a priori en ce qui concerne la révolution électrique, ne sont pas trop touchés par ces fermetures pendant le premier trimestre. On a aussi le groupe allemand Daimler, qui avait prévu d'augmenter de plus de 70% dans la deuxième moitié de l'année. Le groupe Volkswagen, lui, avait augmenté de 40% sa production électrique. Donc, a priori, ils sont beaucoup moins impactés que le groupe français PSA ou même BMW en Allemagne par exemple, qui eux, avaient déjà quand même une grosse production de véhicules électriques au début de l'année. Évidemment, du fait que toutes les usines ont été fermées, ils ont souffert un peu plus du coronavirus.”
Pour lire la suite de l'interview, visitez euradio.fr