L'édito politique est assuré par Ulysse Guttmann-Faure, photographe membre du studio Hans Lucas et rédacteur en chef photo pour le média d'opinion indépendant: Le Vent Se Lève.
Il y a un mois, en Grèce, quelques 200 migrants bloquaient la gare d’Athènes dans l’espoir que leur demande d’asile puisse aboutir. Rapidement récupéré par quelques médias d’extrême-droite, cet événement témoigne pourtant d’une lassitude installée. Et d’un désespoir grandissant.
Au regard des chiffres officiels, on observe que le nombre de réfugiés augmente de nouveau en Grèce depuis le début de l’année, après avoir chuté en 2017 et 2018. La situation dans les îles est « explosive » rapporte l’AFP.
Justement, comment cela se passe-t-il pour les migrants qui arrivent en Grèce ?
Et bien, la Grèce est une des portes d’entrée vers l’Europe. Certaines îles ne sont qu’à .. quelques kilomètres des côtes turques, comme Samos, Chios ou encore la tristement célèbre île de Lesbos. On comprend dès lors pourquoi tous les pays de l’Union Européenne ne sont pas confrontés de la même façon à la question migratoire.
Pour Fabien Perrier, correspondant de Libération et Marianne en Grèce, « fuyant les guerres et les instabilités régionales, les migrants pensent être au bout de leurs peines en arrivant sur le territoire européen ». A tort rajoute le journaliste qui précise que « beaucoup ont été torturés, violés ou traumatisés par ce qu’ils ont vu. Et vécu ».
Début septembre, une fillette de 10 ans a même tenté de se suicider,.. reflet d’une situation loin d’être stabilisée.
« J'ai l'impression d'être dans un hôpital psychiatrique d'autrefois » me rapportait Alessandro Barbiero, psychiatre à l’ONG Médecins Sans Frontières.
Dans le camp de Moria sur l’ile de Lesbos par exemple, les ONG déplorent des conditions
d’hygiène et de vie déplorables. Ces conditions sont mêmes dangereuses pour MSF qui dénonce les conséquences psychologiques de ce surpeuplement pour des populations déjà vulnérables. C’est à Lesbos en effet qu’a accosté presque un tiers des quelques 11 000 migrants arrivés depuis le début de l’année en Grèce.
Le directeur du camp, que j’ai pu rencontré il y a quelques mois, ironisait et disait que Moria était la deuxième « Ville » de l’ile, après Mytilène, la capitale de Lesbos. Prévu en effet pour accueillir au maximum 3 100 personnes, près du triple s’entasse aujourd’hui dans des abris faits de bâches et de couvertures.