Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un boeuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !
Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
– Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !
Comme vous vous en doutez suite à cette lecture du poème “Notre-Dame de Paris” de Gérard de Nerval, cette revue de presse elle aussi sera un peu particulière.
S’il est formidable de constater l’unité de la presse mondiale, qui, dans son immense majorité, titre sur, “Notre Drame” comme le pose majestueusement le quotidien Libération.
Pourtant, c’est d’autres ouvrages de presse dont nous allons faire la revue aujourd’hui.
Profitant de notre rédaction internationale, c’est une revue des divers poèmes sur la cathédrale de Paris, mis sous presse un peu partout en Europe, que nous allons donc vous proposer.
Et nous commençons par un tour en Italie, avec Stefano Renzi qui nous lit un texte de Giuseppe Ungaretti :
«Di là, in fondo, vi appare come un minuscolo sepolcro la cattedrale, quadra. Poi, pian piano che ci si avvicina all’acqua, la cattedrale s’innalza, come un resuscitato, e quell’alto scheletro intona, come un organo un te deum, quando, vicini al ponte della Senna dove si forma l’isola di San Luigi, gli antichi edifici si affollano, e il passante moderno, sconcertato, sprofonda, laggiù, verso il Giardino delle Piante»
Guiseppe Ungaretti se balade dans les rues de Paris, avec son ami Guillaume Apollinaire. C’est une nuit de 1912.
Le poète italien décrit la cathédrale de Notre-Dame comme un squelette récemment ressuscité qui se lève et commence à chanter un « te deum ».
Le passant moderne, choqué, s’effondre devant telle grandeur !
On reste à Paris, mais on part en Espagne en compagnie de Léa Brenguier, avec le poème de Jaime Gil de Biedma : Paris postal del ciello.
Aún vive en mi memoria aquella noche,
recién llegado. Todavía contemplo,
bajo el Pont Saint Michel, de la mano, en silencio,
la gran luna de agosto suspensa entre las torres
de Notre-Dame, y azul
de un imposible el río tantas veces soñado
—It’s too romantic, como tú me dijiste
al retirar los labios.
Septième poème du recueil « Moralidades », écrit en 1966, où Jaime Gil de Biedma se remémore des temps heureux passé à Paris.
Une place surement voulue,
Le ciel de Paris est utilisé comme image idyllique, il dépeint l e 7ème ciel.
De Biedma contemple et savoure la lune d’août, suspendue entre les tours de Notre-Dame
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