La méditation passe parfois pour une négation de l'action. Non sans raison : tout commence par un arrêt, et vu depuis cet arrêt, agir ressemble souvent à de l'agitation.
L'arrêt ouvre une écoute, puis un peu de clarté sur soi, et permet de préciser son intention : qu'est-ce que je nourris en moi et autour de moi, que puis-je réellement influencer. La question ne se scinde pas en deux. Ce qui se révèle dans la pratique ne reste jamais à l'intérieur, et ce qui nous entoure ne cesse pas d'agir sur nous pendant que nous méditons. S'asseoir en silence, c'est aussi commencer à mesurer combien nous sommes liés aux autres et inversement.
Cela ne suffit pas. Un enseignant de méditation faisait observer qu'une personne manipulatrice qui se met à méditer a de bonnes chances de le devenir davantage. L'après méditation est ce qui révèle ce que l'intention vaut. Certains d'entre nous en ressortent avec un engagement renforcé, d'autres prennent du recul.
Suspendre, observer, écouter, discerner, s'engager, créer du lien, suspendre de nouveau. Comme une respiration. Je vois les programmes mindfulness comme un moyen de trouver sa mesure dans ce mouvement, et de continuer à agir sans sidération, sans résignation et sans endosser le rôle du sauveur.
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