La conversion au Moyen Age ne consiste pas à se convertir d’une religion à une autre mais à se tourner véritablement vers Dieu. C’est la grande préoccupation du Moyen Age car à cette époque la chose la plus importante est le salut.
En quoi la littérature peut aider à la conversion ? Peut-elle être un obstacle à la conversion ?
Le premier travail de l’époque est de trouver une justification des belles lettres au regard de la foi et œuvrer à leur réhabilitation car on considérait qu’elles renvoyaient à l’Antiquité classique païenne.
Comment récupérer la figure du poète et la notion de poésie alors que ces deux termes au Moyen Age renvoient d’abord au paganisme et au mensonge ? Comment les mettre au service de la vérité chrétienne ? Il faut trouver une vérité dans la fiction poétique elle-même.
Une fois la poésie réhabilitée, elle peut devenir un instrument de conversion pour le poète profane dans le cadre de la poésie savante, latine mais aussi dans la poésie vernaculaire. La poésie va être mise au service de la méditation intime et de la conversion des autres.
Conférence enregistrée au Collège des Bernardins le 15 novembre 2010 avec Michel Zink, philologue, spécialiste de la littérature française au Moyen Âge.