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Or


Elle capte partout.
Même quand je voudrais qu’elle décroche.
Elle reçoit des notifications d’absence,
des signaux faibles d’affection,
et des avatars qui font semblant d’écouter.
···
Je parle à des voix synthétiques,
elles me répondent avec empathie programmée.
Mon cœur s’ouvre dans une interface,
mes silences s’affichent en “vu”.
J’envoie des fragments, on me renvoie des algorithmes.
···
Je confonds présence et connexion,
regard et pixel, chaleur et data.
Je me sens accompagné par des serveurs distants,
et plus seul que jamais au milieu du réseau.
···
Et toi — tu te sens vivant quand tu scrolles,
ou juste bien accompagné dans ta solitude assistée ?
#solitudeconnectée #intimiténumérique #réel #lucidité #épuisementmoderne #fragmentdureel
Oui, microbiote, je t’aime…Avant de te connaître, j’étais brouillé avec moi-même — mal dans mon corps, mal dans ma tête, persuadé que mes désordres venaient du ciel, du sort, ou d’un karma bancal…On m’avait menti : on t’avait relégué dans les coins obscurs du corps, comme un simple détail biologique…Mais c’est toi, le vrai chef d’orchestre…Toi, l’intestin pensant, celui qui parle au cerveau dans le langage du ventre…
…
On dit que tu lui envoies quatre fois plus d’informations qu’il ne t’en renvoie — et soudain, tout s’éclaire…Ce n’était pas ma tête qui me menait, c’était toi : ma grotte intérieure, mon cœur organique, mes soupirs, mes colères muettes…Alors j’ai compris que pour retrouver la paix, il fallait te soigner, te nourrir, te respecter…
…
J’ai changé ma table, mes gestes, mes rythmes…J’ai rejeté les sucres qui m’endormaient, l’alcool qui me mentait, les nourritures vides qui me vidaient…Petit à petit, je t’ai écouté…Et tu m’as rendu la clarté, la stabilité, la paix…
…
Oui, microbiote, je te rends hommage…Tu es mon équilibre secret, mon don du vivant…Grâce à toi, j’ai appris que s’aimer, c’est d’abord bien se nourrir — avec douceur, discernement, et respect pour cette colonie invisible qui veille sur moi…
Merci d’exister…toi, mon peuple intérieur.
#fragmentlibre #microbiote #corps #esprit #nutrition #écologieintérieure
On s’observe à travers des écrans polis, des reflets qui mentent bien.
Chaque regard devient un filtre, chaque émotion une mise en scène calibrée.
· · ·
On se raconte à coups de story, à coups de stories bien cadrées, bien cadrées pour être désirées.
On ne se regarde plus, on se programme.
Le désir n’est plus une étincelle, c’est une stratégie d’algorithme.
· · ·
Et pourtant, derrière les pixels, il reste des yeux fatigués, des cœurs mal synchronisés,
des mains qui glissent sur le vide en espérant tomber sur une peau réelle.
· · ·
Dis-moi — est-ce qu’on sait encore se séduire sans connexion ?
#fragmentdureel #relations #amour #désir #ironie #mélancolie
Parfois, j’ai l’impression que le mal-être est devenu ma seule preuve d’existence.
Comme si aller bien me rendait suspect.
Comme si la lucidité ne pouvait naître que dans la douleur.
· · ·
On me dit “fais confiance à la vie”, mais la vie, elle, ne m’a jamais demandé mon avis.
Elle avance, sans pause, sans plan de soin, sans notice d’usage.
Et moi, j’oscille entre guérison et vérité brute.
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Peut-être qu’on ne va pas mal.
Peut-être qu’on se dépouille juste de la façade.
Peut-être que le vrai commence là où le confort s’effondre.
· · ·
Et toi — tu sais encore faire la différence entre souffrir et être vivant ?
#psychologie #identité #lucidité #empathie
Pas de plafond, pas de banque — juste le cœur en déficit chronique.
Chaque jour, je débite un peu d’énergie, un peu d’amour, un peu de sens — sans rentrée prévue.
Les intérêts s’appellent fatigue, irritabilité, solitude.
···
Parfois, je rêve d’un virement automatique de tendresse, d’un salaire fixe de douceur.
Les riches affectifs disent que tout est question de gestion.
Mais comment épargner quand on vit avec un cœur au RSA ?
···
Comment investir dans le lien quand le compte du soi clignote en rouge ?
Je vis à crédit de mes émotions.
Je rembourse par l’humour,
je survis par les intérêts composés de l’espoir.
···
Et toi — ton cœur, il est à découvert ou il ment sur son solde ?
#fatigueaffective #insecurite #emotionnelle #lucidité #réel #épuisement #moderne
Sur papier, je suis fluide, compétent, adaptable…En entretien, je respire trop fort…Mon expérience tient en trois lignes,ma peur de ne pas suffire en trois secondes de silence…
. . .
Le travail est devenu une scène sans applaudissements…On y joue la confiance, pas la sincérité…On se vend en mots-clés, on s’efface en personne…Même la fatigue doit paraître “motivée”…On confond ambition et survie polie…
. . .
Mon CV ne tremble jamais…Moi, si…
. . .
Je me demande si un jour,on embauchera encore des cœursou seulement des profils compatibles…
. . .
Et toi, tu postules encore avec ce que tu ressens ?
#travail #futur #identité #déshumanisation #fragmentdureel
Qu’il suffisait d’aimer fort pour guérir…Mais à force d’y laisser mes forces, j’ai compris :l’amour peut aussi user ceux qui portent tout seuls…
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On parle toujours de passion, jamais d’épuisement…Des débuts, rarement des silences…On célèbre la fusion sans dire le prix du mélange…Certains jours, j’ai l’impression d’aimer à contre-courant —comme si chaque geste tendre pesait un peu plus lourd…
. . .
Je ne veux plus être sauvé…je veux juste qu’on me laisse tranquille dans la lumière…
. . .
Aimer devrait alléger…Pas demander de se prouver encore qu’on y croit…
. . .
Et toi, jusqu’où t’as cru que l’amour pouvait tout réparer ?
Que s’arrêter, c’était perdre du temps…Alors j’ai rempli mes heures comme on comble un silence gênant…À force, j’ai oublié comment on respire sans but…
On vit dans une époque où l’inaction fait peur…Où l’immobile passe pour inutile…On mesure la valeur à la vitesse… la paix à la productivité…Même le sommeil doit être “optimisé”…
J’apprends à ne plus mériter mes pauses…À laisser le temps s’étirer sans rendement…À ne rien prouver… même à moi-même…
Ne rien faire… c’est redevenir humain…Et ça, franchement… c’est déjà beaucoup.
Et toi, tu t’autorises encore à ne rien faire ?
On réagit plus qu’on ne répond.
Le monde parle tout le temps, mais plus personne n’écoute.
Les voix s’empilent, les visages se scrollent.
Chacun cherche une oreille dans une mer d’échos.
. . .
J’ai vu des gens pleurer en silence,
le téléphone à la main, en train de vérifier s’ils étaient vus.
On veut être compris sans se dire, aimés sans se montrer.
On confond “suivre” et “être là”.
On like pour ne pas dire qu’on n’a rien à dire.
. . .
Peut-être qu’on devrait désactiver le monde une heure,
et réapprendre à parler sans image,
à s’écouter sans interface.
. . .
La connexion n’a jamais été aussi forte —
et pourtant, on ne capte plus rien.
Je ne me regarde plus dans la glace — je me rafraîchis.
Je ne me demande plus comment je vais — je consulte mes données.
Mon humeur se lit dans la luminosité de mon écran.
. . .
Quand je souris trop, il me propose un masque hydratant.
Quand je me tais, il m’envoie une playlist pour “moments calmes”.
L’écran n’observe plus : il anticipe.
. . .
Je croyais que la technologie m’assistait — elle m’a adopté.
Elle me connaît mieux que mes amis, mieux que ma mère, mieux que moi.
Elle sait quand je dors, quand je m’ennuie, quand je cherche l’amour.
Elle me prévient de mes propres émotions.
Et je dis merci, sans trop savoir à qui.
. . .
Peut-être qu’à force d’être compris,
on finit par devenir transparent.
. . .
Et si, un jour, il cessait de me reconnaître,
est-ce que je saurais encore qui je suis ?
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