J’ai toujours été surpris par les gens qui disent :
“Moi, j’ai plein d’amis…”
Ils prononcent ce mot comme un trophée,
un signe de santé sociale,
un certificat de normalité.
Mais qu’est-ce qu’ils appellent “amis”, au juste…?
…
Quand on gratte un peu, on découvre souvent des équilibres boiteux.
Un confident de fortune…
Un psychologue du dimanche…
Un miroir complaisant qui renvoie une image supportable…
Des alliances montées sur le besoin,
rarement sur l’âme.
…
Les gens se disent amis tant qu’il y a de la lumière,
de la musique, du champagne.
Mais que reste-t-il quand la fête s’éteint ?
Quand le chômage arrive, quand la santé s’effrite,
quand l’âme s’écroule un peu…
…
L’amitié d’aujourd’hui,
c’est un fil de notifications.
Un like pour dire “je pense à toi”…
Une story vue comme preuve d’attention.
On s’envoie des cœurs mais plus de bras.
On “prend des nouvelles” sans vouloir les entendre.
…
Alors j’aimerais poser une seule question, simple, brutale :
le jour où tu perds tout…
qui vient frapper à ta porte ?
Qui t’accueille, te nourrit, t’écoute sans regarder l’heure ?
Pas pour un week-end, pas pour un selfie,
mais pour le temps qu’il faudra.
…
C’est là que les illusions s’effondrent.
L’amitié, dans ce monde de convenances,
c’est souvent une monnaie d’échange.
On s’aime tant que ça rapporte quelque chose :
du statut, de la chaleur, de la distraction…
…
Mais quand le décor tombe,
il ne reste plus grand monde.
Quelques silhouettes.
Et le silence.
Le silence de ceux qui, eux, ne te “suivent” pas…
mais te portent.
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