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Or


Tu te découvres homosexuel sans bruit, sans feu d’artifice, sans comité d’accueil.Ce n’est pas une annonce.C’est un aveu que tu te fais enfin, à voix basse, pour ne pas effrayer le courage qui arrive.
Tu comprends que rien n’a commencé aujourd’hui.Tout était là depuis longtemps.Simplement, tu appelais ça autrement pour rester fréquentable.Tu as été loyal(e).Tu as essayé.Tu as fait comme si l’élan pouvait se discipliner.
On t’avait appris que l’amour avait une direction officielle.Une grammaire.Un sens interdit qu’il valait mieux ne pas regarder trop longtemps.Alors tu as marché droit, même quand ton corps tirait à gauche.
Se découvrir homosexuel, ce n’est pas changer de nature.C’est arrêter de te corriger.
Il y a la peur, bien sûr.Pas celle d’aimer — celle de décevoir.De casser l’image.De provoquer ce silence gêné qui ressemble à un verdict.
Tu te demandes si tu as le droit.Si tu arrives trop tard.Si tu vas devoir tout recommencer.
La vérité est plus simple, et plus rude :tu n’as plus envie de t’absenter de ta propre vie.
Alors tu avances.Pas en héros, pas en héroine.En homme, femme, fatigué(e) de mentir correctement.
Tu ne réclames pas l’adhésion.Juste l’espace nécessaire pour respirer sans te surveiller.
Et si le monde met du temps à suivre, tant pis.Tu sais désormais une chose essentielle :aimer sans te trahir vaut mieux que plaire en disparaissant.
Tu n’as rien renié.Tu t’es retrouvé(e).
Et ça, dans une existence,ce n’est pas une revendication.C’est une arrivée.
Il y a des musiques qui ne vous quittent jamais, même quand on a oublié leur nom.
Elles restent quelque part, en suspension, comme une poussière lumineuse dans un coin du cerveau.
Emmanuel, de Michel Colombier, c’est exactement ça : la bande-son discrète d’une enfance qui ne savait pas encore qu’elle deviendrait un souvenir.
…
Je me rappelle cette fin de soirée, la mire, les oiseaux dessinés qui s’envolaient vers un soleil qui n’existait sûrement nulle part, sauf dans l’imagination fatiguée des programmeurs de FR3.
Cette petite animation idiote et magnifique, qui disait sans le dire : “C’est fini pour aujourd’hui, va dormir.”
Et moi, je restais là, planté devant l’écran, avec cette musique douce comme un chagrin poli : un truc beau, triste, enveloppant, qui ressemblait plus à une caresse qu’à un générique.
…
Il y avait dans Emmanuel quelque chose de l’isolement — le vrai, celui qu’on ne sait pas encore nommer quand on est petit.
Une sorte de mélancolie propre, propre comme une chambre rangée où personne ne vient vous chercher.
Je ne savais pas que cette sensation avait un compositeur.
Je ne savais pas qu’un adulte, quelque part, avait mis des notes exactes sur ce que je ressentais sans pouvoir le dire.
…
C’est peut-être ça, grandir :
retrouver par hasard la musique qui, autrefois, vous a tenu compagnie quand personne ne le savait.
#fragmentsmusicaux #michelcolombier #emmanuel #chanson #compteurdureel
Arriver au bout,
c’est parfois le début.
#eclatspsychologiques
On naît vraiment le jour
où on se donne le droit d’exister.
#eclatspsychologiques
Beaucoup confondent être aimé
et être choisi.
#eclatspsychologiques
À force d’éteindre les feux des autres,
on finit par oublier la chaleur du nôtre.
#eclatspsychologiques
Ce qui résonne en toi,
ce n’est pas l’autre :
c’est ton histoire.
#eclatspsychologiques
Chacun avance à la vitesse
de ce qu’il a dû survivre.
#eclatspsychologiques
Si tu dois faire trop d’efforts pour exister quelque part,
ce n’est pas ta place.
#eclatsdureel
Recoller ce qui a explosé
n’a jamais rendu les morceaux solides.
#eclatsdureel
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