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Fréquence Terre episodes

  • Laïcité républicaine, Devoir de Mémoire et Justice humaine (2/2)
    Trois concepts, Laïcité républicaine, Devoir de Mémoire et Justice humaine, pour cette deuxième chronique dévolue à l’essai Pour un humanisme universel de Jean-Michel Quillardet (Éditions Dervy).

    La laïcité, explique-t-il, c’est la liberté de penser, la liberté d’opinion, la liberté de croyance, la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de conscience : « Les Églises et les religions sont ainsi restituées dans la sphère uniquement privée, dans laquelle le domaine public n’a pas à intervenir de quelque façon que ce soit, sauf pour faire respecter les grandes lois républicaines et en particulier la liberté de conscience. »

    Hélas, ce principe n’est pas d’application dans tous les pays. Ainsi, les nouveaux présidents des USA prêtent toujours serment sur l’une ou l’autre bible, en Belgique, l’Église est omniprésente dans maints rouages de la Nation, dans l’enseignement et le financement des cultes, par exemple.

    L’auteur insiste : « La laïcité républicaine, c’est dire toujours que nous sommes, avant d’être juifs, musulmans, catholiques, protestants, athées, agnostiques, francs-maçons, etc., d’abord et avant tout des citoyens », l’auteur clame encore que « le totalitarisme de la foi viole constamment la liberté de penser et la liberté de choisir ses propres certitudes ou interrogations. »

    Jean-Michel Quillardet (Photo Fréquence Terre)

    Cependant, pour Jean-Michel Quillardet, la laïcité ne peut pas se résumer qu’à la séparation de l’État et des Églises, « c’est aussi une vision d’une société égalitaire qui considère l’individu d’abord comme un citoyen en fonction de son humanité et non de son appartenance à tel ou tel groupe culturel ou ethnique. »

    Encore plus concrètement, il déclare que « tant que la population, pauvre, précarisée, non instruite et non éduquée existera, la laïcité, idée émancipatrice pour l’être humain, ne pourra guère triompher. »

    Au sujet de la nécessité du Droit de Mémoire, l’auteur rappelle à juste titre que « la bête immonde, ce monstre froid, qui comme dans la nouvelle de Kafka se couche, se déploie et se déploie encore et prend une telle place qu’elle étouffe et très vite étrangle, cette bête immonde est toujours prête à renaître »

    Pourtant, la civilisation ne signifie-t-elle pas le respect de l’individu, la liberté et la tolérance ?

    La Shoah, l’Arménie, les Khmers rouges, Staline, Mao, Franco, Pinochet, le Rwanda, le Darfour et tant d’autres exemples, cela exista quoi que disent les révisionnistes. Et, comme l’Histoire a tendance à repasser les plats, même les plus nauséabonds, la nécessité de se souvenir sans cesse, je cite encore : « les bourreaux trouvent toujours une bonne raison de bâillonner, d’emprisonner, de tuer », cette nécessité vitale doit donc être constante.

    Pour Jean-Michel Quillardet, avocat de profession, rappelons-le, « seul un État de droit, avec des règles, des lois et des cours de justice, permettra à l’homme de maîtriser ses passions, de canaliser ses tentations et d’organiser le vivre ensemble malgré nos contradictions. »

    Et puisqu’on évoque la Justice, il insiste également sur le concept de « Justice humaine », c’est-à-dire que « nous savons bien que le miroir nous renvoie l’image de notre pire ennemi : nous-même ! »

    Sans le moindre détour il expose que « l’homme a une terrible responsabilité à l’égard de l’humain et qu’il doit toujours, pour être un homme, éradiquer l’inhumain dans l’humain. Seules les règles de droit, d’un droit démocratiquement élaboré, d’un droit humaniste, peuvent éviter les transgressions. Le Justice doit rendre sa dignité d’homme à la victime, lui rendre son humanité, pour le présent et l’avenir, exprimer de manière rationnelle, implacable, irréfutable, le jugement de l’humanité, chaque homme étant porteur de la condition humaine. »

    6 min
  • Rodrigo Mundaca, prix Danielle Miterrand 2019, prône un autre rapport à la nature
    Il se bat pour le droit à l’eau au Chili et subit censure et intimidation pour son action. Rodrigo Mundaca, est le lauréat du prix Danielle Mitterrand 2019.

    Il est à la tête du Modatima, le Mouvement de défense pour l'accès à l'eau, la terre et la protection de l'environnement.

    * Avec Marion Veber, responsable du programme Droits des peuples à la Fondation France Libertés

    Rodrigo Mundaca vit dans la province de Petorca, au nord de Santiago. C’est au centre du pays. Avec ce prix, la Fondation a distingué son action avec le Modatima, il se bat contre l’accaparement de l’eau par les grand propriétaires fonciers.
    « Modatima s’est créé en 2010 sur cette question des conflits liés à l’eau et à l’accaparement de l’eau par les grands propriétaires fonciers, notamment pour la culture des avocats destinés à l’exportation en Europe et en Chine. Modatima cherche à dénoncer ces accaparements des eaux par ces grands groupes d’agro-business, soutenus par les politiques en totale connivence. Parfois même, ce sont des politiques qui détiennent ces droits à l’eau. Modatima cherche à rendre visible ces conflits liés à l’eau et à mettre en avant la question des usages de l’eau ».
    Son combat, il le mène dans un pays, le Chili… l’un des États du monde qui va le plus loin dans la marchandisation et la privatisation de l’eau.
    « C’est très particulier au Chili. L’eau est décorrélée de la terre. On peut être propriétaire d’une terre, mais pas propriétaire des eaux qui sont sous la terre. Et ce n’est pas l’Etat qui détient les eaux. On a aujourd’hui des politiques et des personnes de l’agro-business qui achètent les eaux souterraines et qui vont pouvoir, soit les conserver, soit les revendre pour spéculer dessus. L’eau est perçue comme une marchandise. On est dans un statut très particulier avec le Chili. C’est l’Etat qui va le plus loin dans ce que la Fondation et Modatima dénoncent, à savoir cette marchandisation et privatisation de l’eau. Cela date de l’époque de la dictature de Pinochet, en 1981. Cela n’a jamais été remis en question. Cela fait 38 ans que les Chiliens subissent les effets néfastes de cette privatisation et marchandisation de l’eau ».
    Consommer un avocat qui vient du Chili met à mal le droit à l'eau des Chiliens
    Quelle forme prend la lutte de Rodrigo Mundaca ?
    « Cela passe essentiellement par sensibiliser les premiers concernés qui souffrent de l’assèchement des eaux par la culture de l’avocat liée à la privatisation de l’eau. Mais cela passe aussi par les étudiants, des marches pour l’eau, des rencontres avec les décideurs. Ce sont des formes assez multiples. La pierre angulaire, c’est de faire connaître ces enjeux et y compris les faire connaître en dehors du Chili. On peut rattacher ce qui se passe au Chili à la consommation en Europe de ces avocats. Un chiffre éloquent : 90% des terres agricoles au Chili sont entièrement dédiées aux avocats. C’est la culture sur laquelle le Chili a misé. C’est une culture qui est très gourmande en eau qui vient assécher les rivières, sachant qu’on est déjà dans une région aride. C’est très important pour les consommateurs européens d’avocats de savoir que, quand on consomme un avocat qui vient du Chili, on participe quelque part à la mise à mal du droit à l’eau des Chiliens ».
    Menacé de mort pour son action
    Les action de Rodrigo Mundaca ne sont pas sans risque. Cela lui vaut d’être régulièrement pourchassé, voir persécuté. Il subit même censure et intimidation.
    « En 2012, il a eu le malheur de dénoncer cet accaparement de l’eau. Un des responsables qu’il dénonçait était l’an...
    8 min
  • Rencontre : Pour un humanisme universel avec Jean-Michel Quillardet (1/2)
    « Aujourd’hui, je pense qu’il y a une universalité d’un corpus de valeurs qui nous viennent des Lumières et avec lesquelles l’homme ne peut ni négocier ni transiger. La liberté de conscience, les droits de l’homme, le droit à la dignité pour tous, la liberté d’expression, la liberté de manifestation, la démocratie peuvent être partagés par toutes les cultures du monde. »

    Jean-Michel Quillardet, rédacteur, entre autres, de la Charte de la Laïcité dans l'École de la République (Photo P.Gf).

    Ainsi s’exprime Jean-Michel Quillardet dans son nouvel essai Pour un humanisme universel paru chez Dervy, auteur, avocat, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, rencontré à la librairie bruxelloise Abao : « Il y a lieu d’expliquer ce qu’est une vision humaniste universelle, parce qu’elle contient des valeurs pouvant être acceptées par tous. Cela participe à un combat mené contre le populisme. Il y a des rappels à faire face à l’obscurantisme, à l’intégrisme, à l’antimaçonnisme… », précisa-t-il. À la question de savoir si l’humanisme est une croyance au même titre que la religion, Jean-Michel Quillardet répondit : « C’est à la fois une croyance et une réalité, il faut essayer que l’Amour règne dans la Société. En effet, compte tenu de la renaissance du communautarisme, de ne pas s’ouvrir aux autres, il faut enseigner la laïcité. C’est un principe trop peu connu. Être laïque n’est pas être contre une religion, mais c’est la séparation de l’Église et de l’État[1], l’application du multiculturalisme, car aucune identité n’est supérieure à une autre. Il faut expliquer, dès l’école primaire, ce qu’est la Charte de la Laïcité, dont je suis à l’origine, et ne pas omettre que la démarche humaniste est un combat à mener au quotidien sur soi-même. »

    En sept chapitres bien rythmés et illustrés de nombreux exemples, l’auteur aborde la nécessité de s’engager : « Il existe un esprit, une conscience, qui donne à l’homme une responsabilité particulière et qui l’oblige, pour reprendre le beau mot de Montaigne ‘‘à porter l’humaine condition’’, se remettre en question et choisir soi-même plus de force, plus de sagesse, plus de beauté[2]. »

    Des militants de l’humanisme

     Comment définir l’humanisme ? Comment l’appliquer ? Jean-Michel Quillardet exposa son point de vue : « L’humanisme, c’est préserver en l’homme son immense et incomparable dignité. C’est découvrir la nature profonde de l’être humain. L’énergie spirituelle qui fonde la nature humaine, est la raison elle-même. Le mouvement des Lumières est un idéal universel qui permet encore au XXIe siècle de donner un sens et un guide à l’humanité. Les Lumières constituent la révolution de l’esprit dont nous avons plus que besoin. Les Lumières, c’est la libre pensée, le libre examen, le refus de tout dogmatisme, elles constituent le projet humaniste avec lequel il ne peut être transigé. L’homme est au cœur de nos interrogations à partir du moment où nous nous considérons comme des militants de l’humanisme. C’est dans le sens de l’affirmation de la liberté et dans le combat contre tout déterminisme, qu’il soit considéré comme naturel ou comme culturel, que nous devons pousser nos efforts. »

    Une prochaine chronique abordera plus spécifiquement, outre la laïcité, le devoir de Mémoire et la Justice humaine.

    Musique : http://www.michaelmathy.be/#music



    [1] Ce qui est loin d’être le cas en Belgique, par exemple.

    [2] Les Trois Piliers maçonniques.
    4 min
  • Défenseur de l’Océan : Steven Weinberg, 60 ans d’observations…
    Steven  Weinberg est  spécialiste en biologie marine, écrivain et photographe, spécialiste du monde sous-marin et du voyage,  auteur de plus de 30 livres, dont de nombreux guides sur les espèces sous-marines  et de plus de 500 articles de revue.  A 73 ans, il est un observateur privilégié du monde sous-marin depuis 58 ans.  Il nous fait part des évolutions positives qu’il  a constaté.

    Un regard positif et plein d’espoir ! A écouter sans modération !

    www.longitude181.org                                                 http://www.weinberg.lu/
    7 min
  • « Le Rêve de Toinet » de Mireille Pluchard (Les Presses de la Cité)
    Avec Le Rêve de Toinet de Mireille Pluchard paru aux Presses de la Cité, ce fut une véritable découverte. Une remarquable découverte, même, que l’écriture de cette auteure qui, je la cite, « aime raconter les gens ».

    Et, pour raconter la destinée de Toinet, jeune chevrier cévenol devenu un brillant potier au XVIIIe siècle, la romancière met plus de 580 pages qui plongent le lecteur dans une fabuleuse épopée ou, effectivement, tous les sentiments humains sont décrits avec une rare observation.

    Ainsi, en pleine Guerre des Religions, ce dialogue entre deux sœurs qui se retrouvaient après des années de séparation tramée par des catholiques à l’égard de ceux qui, selon eux, pratiquaient la « fausse religion », les religionnaires :

    - Ton mari est-il un homme de parole et de confiance ?

    - C’est un sage doublé d’un pacifiste.

    - Un « tiède », alors, comme disent les papistes ?

    - Un « tiède » est ce qu’on lui reproche, mais j’admire sa tolérance et je bénis sa bonté. Quel homme aurait pris le risque de vous amener ici, toi et ton prédicant de mari ?

    Enfant espiègle devenu un homme-enfant à 7 ans, à la mort atroce de son père, Toinet se chargea des siens, mais de « bonnes âmes », un notaire véreux, un curé et un consul, décidèrent que la famille serait éparpillée ; le gamin fut envoyé en apprentissage chez un potier, maître Jean : « Regarde, écoute et tais-toi » lui dit-il d’emblée.

    Ce que fit le jeune séparé de sa famille mais, rapidement troublé par Apolline : « Les lèvres de la fillette étaient chaudes et douces… »

    Les années passèrent et Toinet poursuivit son apprentissage chez maître Espérandieu à Anduze, là où on parlait plus de gain et de profit que de travail bien fait.

    En l’an de grâce 1715, Toinet, 17 ans, devint maître à son tour, son chef-d’œuvre s’apparentant à une géniale œuvre d’art, un orjol. Comme il faisait de l’ombre à son fils, Espérandieu l’obligea à faire le Tour de France durant cinq années. Apolline jura de l’attendre.

    Toinet prit comme nom compagnonnique « Cévenol orjolier du soleil » et, à son retour, après maintes aventures, il s’installa à son compte, retrouva la future mère de leurs enfants, devint un bon père mais exigeant, plus spécifiquement avec son aîné. Celui-ci se rebella, car il préférait la Nature aux tour de potier et vernis. D’où une situation familiale particulièrement tendue…

    Assurément, depuis longtemps, je n’avais plus été autant scotché au récit et personnages d’un roman !

    Musique : http://www.michaelmathy.be/#music



     
    4 min
  • Assises Nationales des déchets de Nantes – interview de Claire Estève
    Claire Esteve

    Fréquence Terre reçoit à Claire Estève, ingénieure projet au service traitement des déchets de Nantes Métropole.

    A l'occasion des Assises Nationales des déchets qui se tiendront les 2 et 3 octobre prochain à Nantes vous allez co-animer une conférence sur les progrès en matière de valorisation énergétique.  Qu'est-ce que vous appelez "la valorisation énergétique" ?

    C'est tout ce que l'on peut valoriser, grâce à nos pratiques d'incinération des déchets, mais aussi en terme de méthanisation , également de production de combustible (combustibles solides de récupération) qui permettent entre autre chose de valoriser les refus de tri de collecte sélective, pour leur permettre d'avoir une seconde vie. Par exemple en combustible dans les cimenteries.

    En tant que particulier, quand on trie nos déchets, on a plusieurs catégories de déchets on est d'accord ? Tout ce que l'on ne sait pas vraiment recycler,  on le met dans une poubelle à part, ce sont nos déchets alimentaires. Et de l'autre côté il y a tout ce qui est recyclable - donc en général "la poubelle jaune" (plastiques, métaux…), et après on a les encombrants.

    Effectivement, il y a plusieurs modalités de tri de nos déchets.  Tout ce qui se retrouve dans les poubelles en général "bleues", l'ordure ménagère part à l'incinération. De cette incinération on produit de la chaleur. Donc une des formes de valorisation énergétique qui nous permet d'alimenter entre autre chose des réseaux de chaleur urbain permettant la production d'eau chaude et de chauffage dans les établissements publics et dans les collectifs à proximité des usines. Voilà une forme de valorisation.

     Donc on brûle et on relâche dans l'atmosphère des gaz pas très sains pour la santé ? Si je me souviens bien il y avait ce problème de dioxine dans pas mal de centrales. Il y a encore un procès qui a eu lieu au mois de mai à Melun.

    Par rapport à ça, la réglementation s'est extrêmement renforcée. Nous avons des suivis très stricts. Pour ce qui concerne tous les traitements des fumées qui sont issues de l'incinération des déchets.

    Le fait de brûler nos déchets produit des gaz qui sont relativement toxiques, comment sont-ils captés ?

    Clairement, on est sur des dispositifs de traitement des fumés qui sont des dispositifs soit "secs", soit "humides", qui permettent sur différentes étapes, d'arriver à des rejets quasi purs en haut de cheminée. Et sur ces cheminées nous avons également des analyseurs qui permettent en continu ou en discontinu d'avoir des relevés des analyses des gaz émis et donc un contrôle en permanence de la qualité de ses émissions.

     Vous confirmez que les scandales de la dioxine n'existeront plus ? (en France en tous les cas).

    Sur l'usine que nous suivons, je peux vous confirmer que nous mettons tout en œuvre pour avoir un suivi extrêmement méticuleux et une vigilance accrue sur ces sujets.

    La deuxième filière de valorisation c'était donc la poubelle jaune. Donc là on met nos plastiques en particulier, quelques métaux, les boîtes de conserve… Où est-ce qu'on en est sur le tri des poubelles jaunes ?

    C'est très inégal entre les villes… Certaines villes prennent certains composés d'autre en prennent d'autres on ne peut pas dire que c'est un tri "global".

    La loi de transition énergétique a beaucoup aidé à l'harmonisation des pratiques dans ce domaine parce que d'ici 2022, nous allons mettre en œuvre à l'échelon national, l'extension des consignes de tri. Ce qui va permettre pour l'usager de n'avoir plus qu'une seule consigne de tri pour lui permettre, quel que soit son lieu de vie (de vacances par exemple), de ne plus se questionner sur ce qui doit intégrer ou non sa poubelle jaune.

    Nous sommes donc en train de nous équiper pour faire progresser notre matériel de tri pour rép...
    13 min
  • « Repenser notre rapport au vivant » et aller vers « une métamorphose du monde »
    L’Amazonie, ou le déracinement du monde. C’était le thème du festival Climax qui s’est déroulé début septembre à Bordeaux. Si les festivaliers ont pu échanger sur la situation dramatique que connaît l’Amazonie actuellement, ce fut aussi l’occasion de réfléchir, d’échanger, de débattre sur la nécessaire métamorphose de nos sociétés. Et le message des peuples autochtones a été très écouté.

    * Avec Marion Veber, responsable du programme droits des peuples à la Fondation France Libertés

    Le fondateur du festival a souligné la responsabilité de l’Europe dans le drame amazonien. En quoi cette responsabilité est prégnante ?

    « Il y a plusieurs aspects. Il y a les importations de l’Europe de produits issus de l’Amazonie via une déforestation de ce territoire, on peut penser au soja. Un conférencier, Nicolas Bourcier, qui a donné ce chiffre : 60% du soja importé en France vient du Brésil. C’est énorme. On peut aussi pointer la responsabilité des banques qui financent des projets destructeurs de l’Amazonie. Il y a des banques françaises ou européennes. Cela peut être à la fois via la consommation que les Européens ont de certains produits, mais aussi tout le système économique banquier ou financier où l’Europe est très puissante et investit dans ces projets-là ».
    Changer de système, de mode de pensée
    La Fondation était présente à Bordeaux, pour écouter et rencontrer. Quel message vous avez pu porter, ou quel est celui avec lequel vous revenez ?

    « C’était l’idée de dire qu’aujourd’hui, face aux enjeux, aux défis cruciaux auxquels on fait face, il va falloir se mettre dans une métamorphose du monde. Non pas une transition, mais une véritable métamorphose. Donc véritablement changer de système, changer de mode de pensée, changer de postulat. Cela demande un très gros travail qui commence notamment sur le plan des idées. Il faut porter d’autres idées que celles liées au système en vigueur basé sur l’exploitation de la nature et de l’homme. Autre point intéressant, c’était la question de la décolonisation : décolonisation des savoirs, de l’école, le devoir de mémoire. Il y a un gros enjeux pour les peuples autochtones, mais aussi pour les afro-descendants qui étaient fortement présents à Climax. Et cela fait écho au travail de la Fondation de chercher à promouvoir une autre pensée, et notamment une pensée décoloniale. L’idée est d’avoir des coopérations entre autochtones et non autochtones qui soient apaisées, dans la co-construction, dans la collaboration. Et on a aussi porté un sujet lors d’une conférence sur la biopiraterie. Le fait de voler les savoirs des peuples autochtones est une chose qui est trop peu connue. C’est une nouvelle forme de colonisation, tant de la nature que des peuples autochtones. Cela participe au déracinement ».

    © France Libertés
    Convergence des luttes et première campagne sur la pollution au mercure
    Le festival a eu une résonance particulière dans les médias, vu l’actualité. Quelle portée les échanges peuvent-ils avoir ? Quelles suites à ces rencontres ?

    « Le plus important c’est que c’est un festival très fréquenté. Il y avait plusieurs milliers de personnes, notamment pour la conférence avec Pablo Servigne, Nicolas Hulot et Edgar Morin. Edgar Morin, souffrant, n’était pas là. Mais ne serait-ce qu’à cette conférence, il y avait une file d’attente énorme. On voit que les gens sont mobilisés, intéressés. C’est un événement qui permet de sensibiliser un large public. Il y avait aussi beaucoup d’enfants, d’adolescents, de publics scolaires. C’est aussi fondamental parce que c’est ce genre d’évènements, avec des rencontres très fortes, des discours puissants des autochtones, qui peuvent marquer une personne et la faire basculer ...
    6 min
  • Défenseur de l’Océan: Jacques PERRIN avec un film d’exception, “Océans”
    photo: D.KRUPKA/J.PERRIN

    On le présente comme  acteur, réalisateur de documentaires et producteur de cinéma.  Il a produit entre autres Microcosmos, le peuple migrateur et  "Océan"s , un film qui en France enregistra 2.5 millions de spectateurs en un mois  , et plus  de 10 ,5  million d’entrées dans le monde  : cet homme c’est Jacques PERRIN. En réalité il s’agit d’un poète, d’un homme des arts et des lettres, d’un humaniste, d’un artiste qui va à la rencontre des autres , du monde et qui nous fait partager  la vie merveilleuse qui nous entoure. Alors pourquoi en particulier "Océans"?

     http://www.longitude181.org
    6 min
  • Marche pour le Climat : « Le pacifisme ne sert plus à rien… » (Reportage Fréquence Terre)
    En ce vendredi 20 septembre 2019, la Capitale de l’Europe accueille une nouvelle manifestation pour le climat, compte tenu de l’urgence face à une inquiétante dégradation de l’Environnement.

    Inspiré par l’activiste Greta Thunberg, cette jeune suédoise qui continue inlassablement d’alerter les politiques et décideurs malgré les sarcasmes et insultes lancés lâchement à son insu, à l’image des propos odieux du philosophe Michel Onfray, principalement des jeunes, aujourd’hui de plus en plus rejoints par des adultes, clament depuis des mois qu’il faut sauver la Terre du désastre.

    Si, même des grands-parents se retrouvent aux côtés de leurs petits-enfants, ce qui est symboliquement très fort, de plus en plus d’ONG, mais, aussi, de puissants syndicats, s’associent à ce mouvement citoyen.

    En ce 20 septembre, Fréquence Terre (en partenariat avec POUR) est à nouveau au cœur de l’événement et, plutôt que de longs discours, le reportage se concentre sur les slogans scandés, chantés ou écrits sur une multitude de calicots et pancartes.

    En voici quelques-uns : Nous sommes tous des colibris – Pas de nature sans futur – Savez-vous nager ? – H&M = 12 tonnes d’invendus brûlés par an ! – Halte aux fausses politiques, place à la pratique – Fin du monde, fin du mois, même combat – Sobriété, solidarité, humilité envers la Nature – Arrête de niquer la mer – Pas la guerre mais la révolution climatique -

     

    Depuis des mois, donc, des centaines de milliers de citoyens, voire des millions, font pression sur les élus pour qu’ils aient le courage de mettre au pas ceux qui salissent la Terre. Ce n’est pas facile quand on connaît les accointances entre certains politiciens et les lobbys, mais, que ceux-ci prennent garde car, si, jusqu’à présent, ces Marches pour le Climat se sont déroulées dans le calme, on sent de plus en plus cet engagement pacifique voisiner avec des propos plus radicaux au cœur des manifestations.

    Ainsi, un tract disait clairement : « Comme on a pu l’observer, les révoltes qui restent dans les cadres établis rentrent totalement dans le jeu du pouvoir et ne permettent pas d’obtenir de réelles avancées » alors qu’un slogan était assez explicite sur la manière d’agir : « Notre maison brûle, brûlons leurs palais » et qu’un jeune manifestant me déclarait que le « pacifisme ne sert plus à rien, il faut passer à autre chose… »



    C’était Pierre Guelff, parmi 15 à 20 000 manifestants depuis la Capitale de l’Europe, pour Fréquence Terre.

    Photos : Fréquence Terre
    4 min
  • Assises nationales des déchets, interview de Isabelle Martin, directrice de relations institutionnelles chez Suez recyclage et valorisation
    Isabelle Martin

    Les assises des déchets ont lieu les 2 et 3 octobre prochain à Nantes, l'occasion de faire un point sur la façon dont nous gérons nos déchets en France.

     J'ai interviewé Isabelle Martin, directrice de relations institutionnelles chez Suez recyclage et valorisation. A l'occasion des Assises Nationales des déchets qui se tiendront donc les 2 et 3 octobre prochain vous allez animer une conférence sur les outils numériques au service de la gestion des déchets. De quoi parle-t-on ? C'est quoi ces outils numériques ?

     
    On est dans une société de plus en plus connectée, et pour les déchets et bien effectivement, les outils numériques vont nous aider… vont aider le citoyen à être de plus en plus connecté pour améliorer son geste de tri.

    Mais au-delà de ça, ça va nous aider également en tant qu'industriels, à mettre en place des outils qui vont pouvoir être plus performant.

    Par exemple sur la collecte des déchets on va pouvoir déployer des puces sur les bacs qui reçoivent les déchets de façon à mesurer les quantités de déchets à l'intérieur et optimiser les collectes et les tournées de collectes, ce qui va permettre de faire des gains et d'optimiser.

    C'est aussi utiliser toutes les données qui sont maintenant de plus en plus disponible à travers l'intelligence artificielle pour robotiser et détecter sur les bandes transporteuses de nos centres de tri les différents types de plastiques d'emballage, de façon à limiter les erreurs de tri et à préparer une matière de qualité supérieure à celle qu'on a aujourd'hui par exemple.
     

     Donc on ne parle pas trop d'applications mobiles, mais c'est plus le déploiement de l'intelligence artificielle au service du tri ?

     
    Il y a aussi bien évidemment tout ce qui concerne ce dont vous parlez, c’est-à-dire les applications services des bonnes pratiques. Ça, c'est déjà bien déployé. Si vous êtes un citoyen sur Paris par exemple, vous voulez savoir où il y a une déchetterie, vous pouvez effectivement vous connecter et vous aurez toutes les informations sur les horaires, les temps d'attente, les périodes d'influence, les déchets que vous pouvez déposer / pas déposer, si vous voulez faire enlever un encombrants, à quel moment… tout cela existe déjà.
    Il y a ces robots donc qui qui permettent de faciliter le tri, est-ce que vous pouvez nous expliquer d'où on est partis et où on va arriver avec ces nouvelles technologies au service des déchets ? Au départ on ne triait pas, puis est arrivé le tri sélectif "manuel" puis on a mis de l'informatique dans tout ça…
     Vous avez entièrement raison oui. Au départ le premier flux qu'on a séparé c'est le verre. Ça date déjà de 25 ans, mais ce sont des boîtes "des box" qui sont sur les trottoirs et petit à petit effectivement, on a mis en place, soit de la collecte sélective qui se fait au sein du ménage. Pour les ordures ménagères il faut le trier pour séparer les différentes matières.

    Il y a déjà plusieurs années (une vingtaine d'années, se sont développé les centres de tri. Dans les premiers centres de tri, on triait le carton du plastique et petit à petit, comme dans les plastiques il y a beaucoup de résines (il y a 5 résine majoritaire notamment le polyéthylène qui constitue pratiquement toutes les bouteilles) on les a amélioré avec des détecteur optiques… des soufflettes qui permettent aussi d'évacuer les déchets qui doivent pas rester dans le flux. Et derrière, on a toujours quand même du tri manuel pour corriger les erreurs qu'a fait la machine.

    Donc, comme on va avoir un déploiement sur 3 ans en France de l'extension des consignes de tri,  nous allons mettre dans le bac jaune d'autre matières comme les barquettes en plastique, les pots de yaourt, les enveloppes de de jambon etcetera.. Et bien en fait on est amenés à utiliser l'intelligence artific...
    15 min

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