Fréquence Terre

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Fréquence Terre episodes

  • Inventons notre avenir ! (2/2)
    Vous n’êtes pas impuissant. Au contraire, chacun de vos actes est plein de sens et vous avez un rôle à jouer. Et sachez que la colère qui se mue en conviction est invincible.
    Ainsi parlent Christiana Figueres et Tom Rivett-Carnac, auteurs de l’ouvrage « Inventons notre avenir ! » publié chez Albin Michel. Ceux-ci ont joué un rôle clé dans l’accord de Paris et ils ont cofondé Global Optimism, une organisation dédiée au changement environnemental. Ils collaborent avec les plus grands écologistes comme Al Gore, Jane Goodall ou Greta Thunberg.


    À savoir, les trois états d’esprit fondamentaux pour une cocréation d’un monde meilleur sont l’optimisme inébranlable, l’abondance infinie, la régénération totale.
    Le défi a beau être intimidant, ensemble nous avons tout ce qu’il faut pour le relever maintenant. En revanche, cette invitation exige une réponse immédiate. Deux dates 2030 et 2050.
    Nous sommes dans le même bateau, soit on gagne cette bataille ensemble, soit on la perd ensemble.
    Alors pour être optimiste, il faut commencer par admettre les mauvaises nouvelles sur le climat. L’optimisme c’est être capable d’identifier un autre avenir de façon intentionnelle afin de le faire advenir plus rapidement. Les incertitudes doivent être acceptées, il faut être prêt à prendre des risques de se tromper. L’optimisme rend fort, il est le moteur derrière le désir de s’engager, de contribuer, de faire la différence. L’optimisme c’est avoir une confiance indéfectible en notre capacité à relever les défis, c’est faire le choix de travailler dur pour améliorer notre réalité.
    Nous n’avons plus le choix, hormis mettre la priorité sur la collaboration. Et il est rare que l’expérience de collaboration ne s’avère pas enrichissante.
    Chacun d’entre nous doit faire le nécessaire maintenant.
    Parmi les dix actions nécessaires : Dire adieu au vieux monde, et cultiver une vision positive de l’avenir. Vivre en citoyen plutôt qu’en consommateur. Replanter des arbres. Exiger un numérique responsable. Faire de la politique.
    Aujourd’hui la planète est en péril et elle a atteint les limites de ses capacités à se régénérer. Nous vivons ensemble sur la Terre et ensemble nous pouvons repenser totalement notre place dans le monde.
    4 min
  • Témoignage de Jane Fonda : faire capituler l’industrie fossile (2/4)
    La première chronique consacrée à Que faire ? de Jane Fonda (Albin Michel) expliqua la stratégie inspirée par Greta Thunberg à organiser quatorze « Vendredis Alerte Incendie » à Washington et donner la parole à maints experts, scientifiques et militants pour le climat et la démocratie.

    Une Greta pleine d’espoir quand Jane Fonda lut le discours de celle-ci lors de l’attribution du Prix de la Femme de l’année en 2019 par le magazine Glamour : « Si une ado suédoise, fan de sciences, qui n’achète plus de vêtements et ne prend pas l’avion, qui ne s’est jamais maquillée et n’est jamais allée chez le coiffeur, peut être élue Femme de l’année par l’un des plus grands magazines de mode, je me dis que rien n’est impossible. »



    Néanmoins, pour ce faire, la conscientisation se poursuivit au fil des vendredis, où il fut question du « Pacte Vert » traitant des enjeux environnementaux et climatiques : limitation à 1,5° l’augmentation de la température terrestre, réduction de 40 à 60% des émissions de CO₂, meilleure qualité et protection de l’eau, qui est un bien public relevant de l’intérêt général et qu’il y a lieu de réclamer à sa commune d’adhérer au label « Communauté bleue » qui privilégie les citoyens et non les actionnaires de multinationales de l’eau, également de favoriser la performance énergétique des bâtiments, régler le problème des décharges toxiques, faire la promotion de l’agriculture familiale, s’occuper du sort des peuples autochtones, des minorités, des travailleurs pauvres et ruraux, des communautés vulnérables, du monde ouvrier…

    À chaque vendredi, Jane Fonda, parfois arrêtée et mise au cachot, prit la parole : « Je souhaite que les gens voient la crise climatique comme une chance de créer un monde de nouvelles possibilités pour plus de justice, de prospérité et de santé. »

    ©Greenpeace/Tim Aubry

    Un « Vendredi Alerte Incendie » fut spécifiquement dévolu aux océans et il y fut dénoncé avec vigueur les terrifiants méfaits de la pêche industrielle.

    On y rappela aussi que « le vrai pouvoir citoyen est de s’unir et de faire savoir la moindre petite victoire, car cela incitera d’autres gens à s’engager et à informer sur la réalité scientifique ».

    À savoir, exemple concret parmi des centaines, que 100% des tortues mortes échouées en Floride avaient l’estomac gavé de plastiques : « N’oublions pas que nos activités terrestres ont un impact sur la mer ! », clama-t-elle.

    Pilier de l’industrie fossile et grand moteur du changement climatique, le plastique issu du pétrole génère des toxines de son extraction du sol à nos cuisines et salles de bain jusqu’à son élimination. Les quatre principaux pollueurs sont Coca-Cola, Nestlé, Pepsi et Unilever : 90% du plastique fabriqué a été jeté dans la nature ou à la décharge, brûlé ou enfoui.

    Privilégions, donc, les gourdes en inox ou en verre, évitons les emballages inutiles, utilisons les sacs réutilisables, achetons en vrac et des produits frais non emballés, et interpellons, encore et encore, les élus pour faire capituler l’industrie fossile.

    Le thème des femmes et du changement climatique fut aussi abordé, en spécifiant qu’il s’agit d’une crise collective : « Il faut mettre de côté nos différences et nous unir autour de besoins communs. »

    Ainsi, quand on se bat pour l’égalité sociale, pour le droit à disposer de son corps, pour la justice climatique, pour le droit des migrants, c’est une seule et même histoire et, d’ailleurs, les femmes semblent plus enclines à trouver des solutions rationnelles contre la pollution.

    Ainsi, en Inde, pour faire chauffer la marmite, elles utilisent des moyens bricolés bénéficiant du rayonnement solaire pour alimenter le feu sous les casseroles plutôt que de couper des arbres pour le bois à chauffer.

    Un très intéressant point a été soulevé au sujet des ...
    7 min
  • Une parole de vie
    Boris Nicaise est un auteur bien connu pour ses ouvrages consacrés au symbolisme et, même, à l’épopée napoléonienne, puisqu’il raconta l’histoire de l’un de ses ancêtres ayant servi dans les rangs de l’empereur français. Une époque dont il est amplement question en ce bicentenaire de la mort de celui qui, pour d’aucuns, reste un dictateur et misogyne ayant rétabli l’esclavagisme, pour d’autres, un génie.

    Aujourd’hui, il est question du Serment, un livre récemment paru aux Éditions Maison de Vie, assurément un thème, ô combien, d’actualité à l’heure où tant de personnes renient leur parole donnée, voire leur signature au bas d’un document officiel ; que ce soit du sportif professionnel qui, sans le moindre remords, attiré par un appât financier, casse son contrat avec tel club pour en rejoindre un autre, au grand dam de supporters qui l’avaient acclamé, également du politicien qui, après avoir signé, même devant notaire, un accord de coalition avec tel parti, balaie cette procédure d’un revers de la main pour s’allier à un autre parti et, de la sorte, s’assurer un plus confortable nombre d’élus dans son camp.

    Avec justesse, Boris Nicaise explique que la spécificité première du serment est de faire appel à la parole, la reçue et la donnée, véritables fondements du lien entre les êtres et de la vie en société.

    Pour lui, il s’agit d’une base solide, d’une prise de conscience et il n’hésite pas à clamer que « sans serment auquel s’en remettre ou s’engager, la loi de la jungle est assurée ! »

    Et, nous sommes encore au cœur de l’actualité dans cette société contemporaine qui érige l’individualisme en dogme, lorsqu’il rappelle que le serment est une merveilleuse manière de le modérer « en liant chacun à l’autre par un geste et un parler qui inspirent d’emblée confiance. »

    Cependant, il constate qu’en France, les hauts fonctionnaires de l’État ne sont plus tenus de prêter serment dans le cadre de leur profession, que le serment de promesse inscrit dans la loi a été effacé des tablettes, que le serment de véracité sur les déclarations d’impôts est passé de vie à trépas, alors, il se demande si le serment est rejeté, obsolète, discrédité ou bien, faut-il le réhabiliter en urgence.

    En dix chapitres, parfaitement documentés, à la lecture aisée et tellement riches d’exemples concrets, Boris Nicaise en arrive à comparer le serment à une « parole de vie » et s’adresse à notre conscience : « Que seraient les relations humaines sans l’accès à la confiance ? »



     

     
    4 min
  • L’Océan, bien commun de l’ humanité? Vraiment?
    Océan, « bien commun ». Mais bien commun de qui. De l’humanité bien sûr. Magnifique pas en avant qui risque bien d’être celui vers le précipice où nous ont mené les mêmes expériences sur terre. Pourquoi ? car notre regard anthropocentré donne une fois de plus « LA « place à l’homme, à son pouvoir transformateur sur l’Océan.  A viser le bien commun de l’humanité, on risque d’en oublier que les 71 % de surface de la planète bleue ne sont pas notre pré carré. Que les êtres vivants, les écosystèmes le composant, sont fragiles, et indubitablement liés à des cycles qui nous dépassent mais qui nous gardent en vie.

    Bien  commun de l'humanité?  Une sémantique à remplacer .A découvrir comment dans cette chronique .

    www.longitude181.org

    https://youtu.be/eqkWQef2aZE
    5 min
  • Patrick Buisson : la fin du monde ou la fin d’un monde ? (Partenariat POUR)   https://www.frequenceterre.com/wp-content/uploads/2021/05/buisson2.mp3
    Notre monde va mal, très mal même. Outre une urgence climatique avérée que nient pourtant les décideurs politiques et leurs pendants des multinationales, la crise profonde de société préexistait déjà à la pandémie qui frappe la planète depuis 2019, sauf que le Covid-19 n’a fait que l’amplifier, selon Patrick Buisson dans son imposant essai La fin d’un monde paru chez Albin Michel.

    Cet auteur historien et politologue souligne que cette situation résulte de la liquidation d’un monde ancien où les concepts de gratuité, de solidarité, d’entraide et de dévouement étaient des piliers du mode de vie. Toutes ces valeurs ou du moins pas mal d’entre elles, furent petit à petit remplacées par la globalisation et la mondialisation ces quatre à cinq dernières décennies.

     

    Jusque là, c’est-à-dire la première vingtaine de pages d’un livre qui en contient plus de cinq cents, je peux être globalement d’accord avec Patrick

    https://www.frequenceterre.com/wp-content/uploads/2021/05/buisson2.mp3

    Buisson.

    Puis, après, « trop c’est trop », comme on dit couramment de l’autre côté de la frontière de l’Hexagone, en Belgique, là où travaillent et résident des centaines de milliers de Français et qui connaissent bien cette expression qui signifie que c’est excessif et que cela dépasse les bornes de l’entendement et du bon sens.

    La thèse de l’auteur est, en effet, radicalement différente de la mienne et aussi de Fréquence Terre qui m’accueille et de notre partenaire POUR.

    À savoir, que la société actuelle paie, entre autres, la déchristianisation de l’Occident et la désacralisation au profit de l’idolâtrie de la marchandise. Dans cet essai on sent d’abord poindre des regrets à l’égard de la politique de décolonisation du fait que le général de Gaulle mit en chantier les accords d’Évian en 1962 en donnant à l’Algérie son indépendance.

    Je passe sur Mai 68 qui, pour Besson, fut un monde de pseudo-révolutionnaires, une génération d’enfants de la télé et que tout cela ruina la commensalité familiale, vida les bistrots et les églises, concurrença les vieilles sociétés villageoises, bref, une civilisation qui se désagrégea et où le modèle parental ne fut plus une source d’imitation mais de répulsion.

    Cette thèse ne rappelle-t-elle pas les discours « assassins » d’un certain Pétain ?

    Patrick Buisson ajoute, avec une certaine ironie, selon moi, que l’indépendance des femmes fut érigée en bien sacré et il évoque même un véritable génocide ethnoculturel dans les années 1960 et 1970. Rien que ça !

    À la page 30, j’ai compris que cet essai La fin du monde, présenté comme, je cite « le grand livre contemporain des objecteurs de modernité » fait l’apologie d’une société aux antipodes des valeurs que Fréquence Terre et POUR développent depuis de très nombreuses années sur leurs ondes et dans leurs colonnes.

    Chacun peut, bien entendu, prendre connaissance de cet écrit où l’auteur est décrit comme un « décrypteur » et juger si les nombreux chapitres correspondent à sa philosophie. Sachez déjà, qu’il aborde un « ethnocide bienveillant », « le krach de la foi », un « humanisme  descendant », que « sans le latin, la messe nous emmerde », « une génération défroquée », la « désinflation mariale », « un projet politique : tuer le Vieux », « une croisade idéologique : criminaliser le passé », « une destitution biologique : la pilule », « les déchéances des paternités », « de l’agit-prop au vagit-prop »,  sans oublier l’« éloge du con ou la sexualité sans mâle », « la fabrique de l’homme mou », et ce sous-titre qui termine cette brique que, personnellement, j’ai trouvée parfaitement indigeste et donnant la nausée : « Qui sème le vent, récolte la tapette »…

    5 min
  • Inventons notre avenir !
    Choisir notre avenir et le créer ensemble, il nous reste une chance de tout changer. Notre avenir n’est pas encore écrit. Il sera façonné par ce que nous choisissons d’être aujourd’hui. La crise actuelle impose de changer radicalement notre façon de penser. Chacun d’entre nous doit faire le nécessaire maintenant.


    Pourquoi ? Parce que la terre est en feu, de l’Amazonie à la Californie et de l’Australie à la Sibérie. À l’échelle mondiale la disparition des insectes, des oiseaux et des mammifères est sans précédent, les surfaces boisées ont massivement diminué en cinquante ans, les sols sont moins productifs et les mers moins poissonneuses. La planète a de plus en plus chaud, la Terre suffoque, les barrières de corail disparaissent, les glaciers du monde entier disparaissent à une vitesse alarmante, un accès à l’eau potable se complique d’année en année et chaque jour quelque part dans le monde, la hausse du niveau de la mer entraîne des évacuations.
    Christiana Figueres et Tom Rivett-Carnac, auteurs de l’ouvrage « Inventons notre avenir ! » paru chez Albin Michel sont catégoriques : il est grand temps d’abandonner les demi-mesures et de réagir à la hauteur du formidable défi que nous est lancé.
    La notion de réchauffement climatique est connue depuis les années 1930 et la confirmation du dérèglement remonte à 1960. Depuis, nous n’avons pas fait grand-chose pour résoudre le problème. Notre négligence a fait du réchauffement climatique non plus seulement un enjeu existentiel mais une crise désastreuse, et nous approchons dangereusement du point de non-retour au-delà duquel la Terre telle que nous la connaissons cessera d’exister. Chaque jour qui passe est un jour de moins à notre disposition pour stabiliser la planète, de plus en plus fragile et en bonne voie de devenir inhabitable.
    Idéalement, d’ici à 2040 nous devons avoir cessé de rejeter du CO2 « neutralité carbone ». Si nous ne réduisons pas de moitié nos émissions d’ici 2030, il y a fort peu de chances que nous les réduisions de moitié tous les 10 ans jusqu’à atteindre la neutralité carbone en 2050. C’est la date butoir.
    L’urgence climatique effraie mais il nous faut regarder la triste réalité avec un esprit clair. L’atmosphère est trop chargée en gaz à effet de serre, la biosphère trop bouleversée pour revenir à l’époque d’avant le réchauffement. Nous et tous nos descendants, vivrons dans un monde aux conditions climatiques irrémédiablement dégradées.
    Notre avenir sera façonné par ce que nous choisissons d’être aujourd’hui. La première chose que nous pouvons tous apporter c’est notre état d’esprit. Face à l’urgence, d’abord regarder en soi.
    Prendre conscience de ce qui nous épuise et ce qui nous revitalise. Car un changement de système est aussi une entreprise personnelle. Nos sociétés sont le reflet de nos schémas de pensées, qui dérivent de nos croyances.
    Nous devons tendre vers une économie régénératrice, une économie qui réduit les déchets au maximum, qui recycle les ressources utilisées, et qui revitalise celles épuisées par l’homme.
    Il s’agit de retrouver la sagesse innée de la nature qui elle sait se régénérer. Notre survie dépend de la nature.
    5 min
  • Témoignage de Jane Fonda : « Que faire ? Sauver la planète ! » (1/4)
    Que faire ? tel est le titre du livre de Jane Fonda paru chez Albin Michel, un ouvrage attendu par de très nombreux pacifistes et défenseurs de la nature, tant l’actrice est devenue, au fil des décennies, une activiste qui force le respect et dont on attendait qu’elle nous partage son immense expérience par quelques conseils ou commentaires sur ces sujets d’une brûlante actualité.

    À savoir, une inlassable pratique de militante et d’écologiste de la première heure qui nous permettrait de puiser des enseignements supplémentaires aidant à lutter davantage pour la fraternité universelle et la sauvegarde de la planète.

    Effectivement, Jane Fonda milite pour l’environnement depuis les années 1970 en installant une éolienne dans son ranch, des panneaux solaires dans sa maison de Santa Monica, c’est-à-dire une prise de conscience écologique dès les premiers signes tangibles d’une dégradation de la nature.

    Cela fut doublé par un militantisme pour le pacifisme, contre les guerres du Vietnam et d’Irak, également pour les droits des femmes.

    Et puis, en 2018, elle découvrit une jeune fille courageuse qui, selon Jane Fonda, « nous exhorte à sortir de notre zone de confort et, surtout, à agir, Greta Thunberg. »

    Avec beaucoup d’humilité, l’actrice qui connaît encore une célébrité planétaire, expliqua qu’en cinquante années d’engagement citoyen elle a déjà participé à beaucoup de mouvements sociaux et, qu’à plus de 80 ans, elle allait imiter ladite Greta Thunberg, c’est-à-dire imaginer à son instarun rassemblement du vendredi avec en point d’orgue une action de désobéissance civile non-violente.

    Le premier rendez-vous fut fixé sur les marches du Capitole, haut lieu sensible de la politique américaine, comme on le vit avec les partisans de Trump en janvier 2021.

    Cependant, avec Jane Fonda et d’autres activistes, il ne fut absolument pas question de la moindre violence.

    Quelle fut cette organisation de l’actrice ? Durant quatorze vendredis, baptisés « Vendredis d’Alerte Incendie », « parce que notre maison, la Terre, brûle », précisa-t-elle, son dispositif se basa sur un panel de manifestants qui, semaine après semaine, exposaient des thèmes centrés sur le climat, telle cette jeune indienne de 17 ans qui évoqua le combat des peuples autochtones, tel Jerome, un autre jeune, qui réclama l’union des manifestants, gage de succès pour interpeller les élus, telle Sandra, une biologiste qui, preuves scientifiques à l’appui, confirma que des populations entières de poissons et de récifs coralliens sont en train de disparaître, tout comme les insectes, et que les plastiques asphyxiaient la vie marine ou finissait dans un incinérateur aggravant encore plus la pollution et la crise climatique.

    La volonté de Jane Fonda était claire : « La meilleure chose que nous, adultes, puissions faire, c’est de soutenir activement la prochaine génération de militants climatiques prêts à prendre la tête du mouvement.  Plus j’en apprenais sur la crise climatique, plus je sentais que ce serait en créant une vraie communauté que nous allions réussir à lever l’armée nécessaire pour changer la manière de faire dans ce pays, et cela sur le long terme. »

    Grâce à son témoignage, suivons quelque peu Jane Fonda dans son premier vendredi.

    Ainsi, après une dernière réunion avec les différents intervenants, le choix du parcours dans Washington jusqu’au Capitole, s’assurer d’avoir suffisamment alerté la presse sur cette action qui, faut-il le rappeler, n’était pas autorisée par les autorités, du moins dans son cheminement jusqu’aux marches du siège du Congrès, nous retrouvons l’actrice avec à ses côtés sa belle-petite-fille, des militants, des scientifiques…

    Arrestation de Jane Fonda sur les marches du Capitole à Washington ©Greenpeace/Tim Aubry

    Bien entendu, la police n’apprécia pas,
    8 min
  • Chili : un premier pas vers une nouvelle Constitution
    C'est un évènement démocratique particulier que va vivre le Chili le week-end prochain. Les 15 et 16 mai, les Chiliens sont appelés aux urnes. Ils désigneront notamment des maires, des conseillers municipaux et des gouverneurs.

    Mais ce scrutin est aussi celui où seront élus les membres de l’Assemblée constituante qui aura pour mandat de rédiger la nouvelle constitution du pays.

    * Avec Diego Olivares, chargé de la communication à la Fondation Danielle Mitterrand

    Ce week-end, les Chiliens vont donc élire ceux qui auront pour mission d'écrire la nouvelle constitution. C'est le fruit de revendications portées de longue date par la population.

    "De longue date, oui. J'oserais même dire que, depuis qu'elle s'est créée en 1980 en pleine dictature sous l'époque de Pinochet, cette même Constitution est restée en place une fois la démocratie de retour au Chili au début des années 1990. Et elle n'a cessé d'être remise en question par la société civile et par les différentes générations qui ont vécu sous l'ère de cette Constitution. Quand a débuté tout le mouvement social en 2019, qui avait été initié par la hausse du ticket de métro de 30 pesos, il est apparu tout de suite une logique qui s'est traduite en une phrase emblématique de ce mouvement social : ce ne sont pas les 30 pesos de la hausse du ticket, ce sont les 30 années de la Constitution au Chili."
    Tourner la page d'une Constitution ultralibérale cadenassée
    Derrière cette future constitution, il y a aussi l'idée de mettre un terme à cette constitution de 1980, écrite sous la dictature militaire d’Augusto Pinochet.

    "C'est réellement essayer de tourner la page. Paradoxalement, la Constitution se vend au Chili dans les différents kiosques à journaux. Les gens sont très informés sur la Constitution. Et paradoxalement, c'est une Constitution qui est complètement cadenassée quant à la possibilité la modifier. Ce processus de changement de Constitution ne date pas seulement de ces dernières années. Déjà en 2013, lors son second mandat, la présidente Michelle Bachelet avait initié tout un processus pour essayer de modifier les grandes lignes de cette Constitution. Donc c'est un thème qui est assez récurrent. Il fallait sûrement tout ce soulèvement social qui n'a pas été très facile. Il a été évidemment entouré de beaucoup de violences de la part des forces de l'ordre chiliennes, et freiné ensuite par la situation sanitaire de la pandémie. Donc c'est un processus qui a été très long à mettre en place."

    Cette constitution de 1980 consacrait totalement la vision néolibérale de l’économie et une approche conservatrice de la société.

    "Tout à fait. La mise en place de cette Constitution a été largement appuyée par ce qu'on appelait à cette époque les Chicago boys. Ce sont toutes ces politiques néolibérales qui se sont traduites dans cette Constitution qui était assez unique pour l'époque et qui a été après très célébrée par Margaret Thatcher entre autres. Basiquement, elle prévoit un démantèlement du service public et une privatisation de tous les services et les biens communs d'une société et d'un peuple."
    Vers une Constitution paritaire et multiculturelle
    Cette future nouvelle constitution est souhaitée par près de 8 Chiliens sur 10. Et elle devrait être réellement innovante.

    "Elle a deux aspects très innovants. D'une part, la parité de ses constituants, une parité vraiment effective. C'était un désir de la population et de la société civile à vraiment intégrer un processus qui soit avec une parité exemplaire. C'est quelque chose à remarquer.
    8 min
  • Quel danger derrière l’économie bleue ?
    Le concept d'économie bleue est apparu en 2012 lors d’une conférence internationale. Ce terme induisait la conservation et sur la gestion durable des océans, considérant que des écosystèmes océaniques sains sont plus productifs donc plus durables pour nos économies.

    2 ans plus tard, ce même terme se modifie légèrement pour devenir la Croissance bleue, : un terme qui revient régulièrement dans la bouche des politiques dès lors qu’ils parlent de l’Océan.? En réalité on ne devrait même plus parler de croissance, mais bien d’accélération bleue, car nous assistons à une très rapide industrialisation capitaliste des océans, une extension de ce que nous avons fait sur terre, dans la continuité du XXème siècle, ce qui a signé le début d’une nouvelle ère historique et géologique, l’Anthropocène.

    L'économie bleue , une promesse naïve? a découvrir dans cette chronique.

    www.longitude181.org

    https://youtu.be/d4C-v5KNE2g

     
    5 min
  • Rosa Luxemburg : femme rebelle et citoyenne du monde
    Exception faite de Greta Thunberg, il se dit que la jeunesse actuelle n’a plus de modèles à prendre en exemples pour s’engager dans des actions citoyennes au nom de la solidarité et de la fraternité, concepts qui sont quand même des piliers d’une société où le bien-vivre ensemble est tellement crucial.

    Alors, en attendant d’autres Greta, allons à la découverte de Rosa Luxemburg (1871-1919), une citoyenne du monde, grande opposante à la guerre et au militarisme, condamnée à la prison en 1914 pour son appel à la désobéissance militaire, puis assassinée par des soldats allemands le 15 janvier 1919, son cadavre étant jeté dans un canal berlinois.

    C’est elle qui dit, comme un pressentiment à son terrifiant destin, que, certes, le monde était beau mais qu’il le serait davantage s’il n’y avait pas sur terre des pleutres et des lâches.

    Et de mettre en exergue le fait qu’il y a toujours au bout de la chaîne de la répression une personne qui a le pouvoir d’accomplir l’acte qu’on lui commande ou de refuser.

    Alors, pour avoir énoncé pareille évidence et avoir eu des idées pacifiques, elle fut donc mise à mort à l’âge de quarante-huit ans. Assurément, quand elle parla de lâches et de pleutres, je pense aussitôt au gouvernement allemand d’Adenauer en 1962 qui jugea que son exécution avait été légale en accord avec la loi martiale.

    Elle qui, pourtant, toute sa vie, avait lutté pour la fraternité, dénonça le nationalisme, eut une attention indéfectible au prolétariat, fut alors rapidement fichée par la police tsariste, celle de la Russie ayant envahi la Pologne natale de Rosa.

    L’internationale était la clef de voûte de son idéal politique et elle était intransigeante dans son soutien à une organisation pacifique des travailleurs rejetant le terrorisme.

    Une de sources de la présente chronique.

    Ajoutons, qu’elle était incorruptible, ne supportait pas les compromissions, et la haine à son égard s’installa insidieusement.

    À 23 ans, elle fut traitée de rebut juif, de gredin, de brigand.

    Eh bien, malgré ce climat hostile, elle poursuivit inlassablement son idéal, jusqu’à fonder un journal, appelé La Cause ouvrière, avec Léo Jogichès, son compagnon. Dans ses écrits, elle était aussi à la pointe pour affronter ceux qui se disaient socialistes et qui n’hésitaient pas à collaborer avec la police pour se débarrasser d’adversaires politiques.

    Après avoir vécu un temps à Zurich, elle débarqua à Berlin.

    La suite de la courte vie de Rosa Luxemburg se déclinera dans une prochaine chronique…
    4 min

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