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Les frappes menées par les USA et Israël contre des cibles iraniennes marquent un tournant majeur dans la confrontation avec l’Iran. Téhéran a riposté dans les heures qui ont suivi, visant non seulement Israël mais également des installations américaines dans plusieurs pays du Golfe. La décision de recourir à la force pose une série de questions stratégiques. Les USA ont-ils estimé que la diplomatie était arrivée à son terme ?
Ont-ils sous-évalué la probabilité d’une riposte régionale ? Au-delà des frappes et des représailles, c’est l’équilibre stratégique du Moyen-Orient qui est en jeu, avec des risques élevés d’escalade militaire.
Invités :
Nous vivons dans une économie mondialisée où les capitaux circulent plus vite que les lois, où les entreprises peuvent choisir leur résidence fiscale presque comme on choisit un siège social sur une carte, et où les États, eux, restent ancrés dans des territoires, avec des budgets à équilibrer, des services publics à financer et des opinions publiques de plus en plus sensibles aux inégalités.
La fiscalité est devenue l’un des champs de bataille centraux de la compétition internationale. Entre États qui baissent leurs impôts pour attirer les multinationales, territoires qui prospèrent en organisant l’optimisation fiscale, cabinets spécialisés dans l’ingénierie de l’évasion, et organisations internationales qui tentent d’imposer des règles communes, le système fiscal mondial ressemble de plus en plus à un jeu sans arbitre.
Les États-Unis occupent une place singulière dans ce paysage. À la fois promoteurs de règles internationales via l’Organisation de coopération et de développement économiques, l'OCDE, et défenseurs assumés de leurs intérêts nationaux, ils utilisent aussi l’arme douanière comme instrument stratégique. Sous la présidence de Donald Trump, les hausses différenciées de droits de douane ont redessiné les rapports de force commerciaux, dans une logique mêlant allègement fiscal intérieur, réindustrialisation et sanctions ciblées.
En Europe, la question est tout aussi brûlante : concurrence fiscale interne, poids des « paradis fiscaux » au sein même de l’Union, difficulté à taxer les géants du numérique comme Google, Apple ou Amazon, tensions entre souveraineté nationale et intégration communautaire.
Alors, assistons-nous à un désordre fiscal mondial ? Ou à la recomposition d’un nouvel ordre où la fiscalité devient un instrument assumé de puissance ?
Pour cette édition en partenariat avec la revue Questions internationales, « Le désordre fiscal international », nos invités :
Le 24 février 2022, la Russie lançait ce que le Kremlin continue d’appeler une « opération militaire spéciale » contre l’Ukraine. Quatre ans plus tard, la guerre s’est installée dans la durée, les lignes de front se sont figées par endroits, durcies ailleurs, et le conflit est devenu un fait structurant de l’ordre international.
Cette guerre, elle ne se joue pas seulement sur le terrain militaire. Elle se joue aussi sur le terrain des mots, des images, des récits. Deux narrations radicalement opposées s’affrontent.
Pour Kiev, il s’agit d’une guerre d’agression, coloniale, impériale, visant à nier l’existence même de la nation ukrainienne.
Pour Moscou, il s’agit d’une guerre défensive, existentielle, provoquée par l’expansion de l’OTAN, destinée à « protéger » les populations russophones et à corriger ce que Vladimir Poutine considère comme une erreur historique majeure : l’indépendance de l’Ukraine.
Derrière ces récits, des visions du monde.
Derrière ces visions, une lecture de l’histoire.
Et derrière cette lecture, un projet politique.
Quelle conception de la Russie, de son identité, de son rapport à l’Empire et à l’Occident a conduit Vladimir Poutine à déclencher cette guerre ?
Quel est le récit dominant produit par le Kremlin pour la justifier et pour en soutenir le prolongement ?
Comment ces récits varient-ils selon les publics : opinion russe, pays occidentaux, Sud global, membres des BRICS ?
Et surtout : comment distinguer un récit politique — toute guerre en produit — d’une entreprise de désinformation structurée ?
Dans ce conflit, l’absurde semble parfois le disputer au fatal.
Mais rien n’est laissé au hasard : la production du récit est organisée, institutionnalisée, stratégique. Car c’est bien au nom d’une vision politique et historique que Vladimir Poutine et quelques autres ont déclenché cette guerre.
Pour cette deuxième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale,
Invités :
Le 24 février 2022, les troupes de Russie franchissaient la frontière ukrainienne. Ce qui devait être, selon le Kremlin, une opération rapide pour faire tomber Kyiv s’est transformée en la guerre la plus meurtrière et la plus destructrice qu’ait connue le continent européen depuis 1945.
Quatre ans plus tard, la ligne de front s’est figée par endroits, déplacée ailleurs, mais la guerre continue. Elle est devenue une guerre d’usure : usure des armées, usure des sociétés, usure des alliances.
Sur le terrain, l’Ukraine tient, mais au prix d’un effort humain et matériel considérable. La Russie, elle, semble avoir accepté une logique de conflit long, mobilisant son économie et sa population pour durer.
Au-delà des champs de bataille du Donbass et du Sud ukrainien, cette guerre redessine les équilibres stratégiques du continent. Elle interroge la solidité du soutien occidental, le rôle des États-Unis, la capacité des Européens à peser sur leur propre sécurité, et la possibilité — ou non — d’une issue négociée.
Quatre ans après le début de l’invasion, où en est-on vraiment ?
La guerre est-elle entrée dans une phase décisive ?
Les sociétés ukrainienne et russe sont-elles épuisées ou résolues ?
Une négociation est-elle envisageable — et à quelles conditions ?
Et surtout : combien de temps encore cette guerre peut-elle durer ?
Invités :
- Alexandra Goujon, politiste, spécialiste des transformations politiques, sociales et mémorielles dans l’Ukraine en guerre, maître de conférences à l'Université Bourgogne-Europe. « L’Ukraine : de l’indépendance à la guerre », Cavalier bleu, 2023
- Galia Ackermann, historienne et journaliste, rédactrice en chef du média en ligne « Desk Russie »
- Yurri Clavilier, chercheur à l’International Institute for Strategic Studies, spécialiste des forces armées et contributeur du « Military Balance », ouvrage de référence sur l’état des forces militaires dans le monde.
Quatre ans après l’invasion de l’Ukraine, la guerre s’installe dans le temps long. Frappes massives contre les infrastructures énergétiques, négociations intermittentes sous médiation américaine, Europe en quête d’une voix stratégique… et une Russie qui semble convaincue de pouvoir gagner par l’usure.
Ces derniers jours encore, les bombardements se poursuivent tandis que les Européens tentent d’imposer leurs conditions à une éventuelle paix — preuve que le centre de gravité diplomatique reste incertain.
En parallèle, la guerre redessine l’ordre international : recomposition des alliances, montée en puissance de l’économie de guerre, coopération militaire durable entre Kiev et ses partenaires européens… et un affrontement stratégique qui dépasse largement les frontières ukrainiennes.
Cette guerre est-elle devenue irréversible ? L’Europe est-elle prête à vivre dans un monde durablement conflictuel ? Et que nous dit cette confrontation du nouvel ordre mondial qui se dessine ? Le rapport de lancement de la Conférence de sécurité de Munich, dont l’édition 2026 vient de se tenir, dressait le diagnostic que le monde est entré dans une phase de politique de démolition. Et que le pays le plus en vue à suivre cette stratégie est sans doute les États-Unis.
Invité :
Pierre Lévy, ambassadeur de France en Russie, de janvier 2020 à août 2024, après avoir été directeur du Centre d’Analyse et de Prévision, et directeur de l’UE au Quai d’Orsay, également ambassadeur de France en République Tchèque et en Pologne. « Au cœur de la Russie en Guerre », éditions Tallandier.
Depuis un an qu’il est à la Maison Blanche, Donald Trump occupe la scène médiatique mondiale quotidiennement, voire plusieurs fois par jour. Un effet de saturation qui, peut-être, nous fait rater des transformations très profondes ailleurs.
Particulièrement maltraitée, l’Europe n’en finit pas de subir les foucades du président des États-Unis qui lui fait comprendre qu’une ère nouvelle s’est ouverte, celle d’une reconfiguration idéologique transatlantique. Ainsi, se pose le problème fondamental pour les Européens d’assurer leur propre sécurité, ce qui est un vieux débat mais n’en constitue pas moins un schisme transatlantique.
Les rapports de force mondiaux se modifient en profondeur. La rivalité de puissance est bien là entre les États-Unis et la Chine. Au-delà, l’élément de transformation géopolitique majeur est le numérique et cette fuite en avant technologique qu’impose au monde la Silicon Valley.
Invité : Thomas Gomart, historien, directeur de l’Institut Français des Relations Internationales. « Qui contrôle qui ? Les nouveaux rapports de force mondiaux », éditions Tallandier.
Ce jeudi 5 février 2026 marquait l’expiration du Traité New Start, Traité de réduction des armes stratégiques, signé en 2010 par l’Américain Barack Obama et le Russe Dimitri Medvedev. Il fixait des plafonds précis d’ogives nucléaires stratégiques déployées, de vecteurs stratégiques et de lanceurs. Il était le dernier traité de contrôle des armes nucléaires encore en vigueur entre les deux pays.
En l’absence désormais de toute contrainte, le risque d’une course aux armements nucléaires augmente, notamment dans un contexte où la Chine développe rapidement son arsenal nucléaire.
L’absence de limites juridiques à quelques semaines de la conférence de révision du TNP prévue du 25 avril au 20 mai à New York pourrait affaiblir la crédibilité du régime international de non prolifération et creuser le fossé entre les pays dotés et non dotés d’armes nucléaires. L’annexion de la Crimée en 2014 avait déjà été le signal déclencheur de la remise en cause de la plupart des traités conclus entre 1985 et 1995. La question du désarmement est posée alors que les relations internationales connaissent une profonde dégradation et que la guerre s’impose comme une réalité brutale, quotidienne, observable en Ukraine, à Gaza, en mer Rouge. Une guerre de haute intensité, longue, industrielle et meurtrière. Une guerre qui ne ressemble pas exactement à celle pour laquelle les armées occidentales s’étaient préparées depuis trente ans. Qui mêle technologies de pointe et systèmes rudimentaires, intelligence artificielle et tranchées, drones à bas coût et matériels ultrasophistiqués. Pour cette édition en partenariat avec la Revue Internationale et Stratégique et son numéro intitulé « Armements et arsenalisations. Moyens et mots de la guerre ».
Invités :
Un mois après une opération américaine aussi spectaculaire que controversée, le Venezuela reste suspendu à un vertige politique inédit. Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, au terme d’une opération militaire meurtrière violant toutes les normes du droit international, Nicolas Maduro et son épouse étaient exfiltrés de Caracas avant d’être transférés à New York où ils sont aujourd’hui détenus et jugés pour narcoterrorisme.
Une opération dénoncée comme un « kidnapping » par l’intéressé lui-même et par ses soutiens qui y voient une volonté de l’administration Trump de tenter de décapiter le « chavisme », de s’emparer du pétrole et autres richesses de la République bolivarienne et aussi d’intimider l’ensemble de l’Amérique latine en lui montrant à quoi elle s’expose si elle ne se soumet pas. À Caracas, Delcy Rodriguez, propulsée présidente par intérim, tente de maintenir l’équilibre entre la rue chaviste, une opposition fragmentée et un partenaire américain désormais omniprésent. Elle promet une amnistie politique, libère des détenus et ouvre le secteur pétrolier, symbole d’un tournant majeur pour un pays qui possède les plus grandes réserves du monde. Le Venezuela demeure profondément divisé : certains saluent la chute d’un régime autoritaire, d’autres dénoncent une violation flagrante de la souveraineté nationale. L’intervention américaine ouvre-t-elle une transition démocratique… ou un nouveau cycle de dépendance ?
Invités :
On parle souvent d’un monde multipolaire, de rivalités de puissances, de retour de la guerre. Mais derrière les chars, les sanctions ou les routes commerciales, il y a autre chose. Cette autre chose, ce sont des récits. Des récits sur l’histoire, sur les valeurs, sur ce qui est juste ou légitime. Aujourd’hui, les grandes puissances ne s’opposent pas seulement par la force, mais par des visions du monde concurrentes.
Quelles contestations, ces récits expriment-ils au-delà des catégorisations simplistes qui opposent le « Sud global » à l’ « Occident » ? Comment ces discours ont-ils évolué ? Nous sommes entrés dans un monde où il n’existe plus de grand récit dominant, mais plusieurs visions concurrentes de l’histoire, du progrès et de la justice. Comprendre ces récits, c’est se donner les moyens de comprendre pourquoi le monde se fracture et pourquoi il devient si difficile de se mettre d’accord sur le sens même des mots : paix, droit, liberté, souveraineté. Sommes-nous entrés dans une guerre des récits civilisationnels ?
Invitées :
Émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformation du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.
Cent treize villes se sont soulevées au début de cette année (2026) en Iran, témoignant du rejet de la République islamique par la population iranienne. Des soulèvements violemment réprimés, à un degré absolument inégalé. Il est fait état de plus de trente mille morts. Une tragédie qui laisse entrevoir que le pouvoir iranien a sans doute eu peur.
Pour l’heure, si la répression a eu raison des manifestants, beaucoup de questions se posent alors qu’une armada américaine très médiatisée est désormais sur zone… et que le renforcement militaire se poursuit. L’escalade est-elle déjà en cours, par étapes, par signaux, par calculs ? Ou peut-elle être évitée ? Et surtout que cherchent réellement les États-Unis en massant autant de moyens militaires face à l’Iran ? Dissuasion défensive ou préparation offensive ?
Invités :
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en…
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