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La France est inquiète des conséquences de la politique prédatrice américaine dans la Caraïbe. Et la question se pose de savoir si Paris peut compter sur sa présence en Guyane pour peser sur le continent.
La Commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées du Sénat rendait publique au début du mois de janvier 2026 un rapport de mission. La visée américaine sur le Groenland et l’enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela sont autant de sources d’inquiétudes. Les effets de la doctrine Monroe, invoquée pour justifier la domination des États-Unis dans cet hémisphère et l’émergence de nouveaux États pétroliers aux immenses réserves que sont le Guyana et le Suriname font craindre des risques de déstabilisation, auxquels s’ajoutent le narcotrafic et l’orpaillage illégal. Les territoires français de la Caraïbe -Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélémy et Guyane sont aujourd’hui au cœur d’un enjeu géopolitique et sécuritaire d’ampleur. La souveraineté française s’y négocie au quotidien.
Invités :
Les Outre-mer du globe traversent une période difficile, attentifs qu’ils sont aux menaces qui pèsent sur le Groenland, pays constitutif du royaume du Danemark et territoire associé à l’Union européenne.
De fait, ils sont nombreux les Outre-mer contemporains, produit résiduel de l’expansionnisme colonial qui a poussé en son temps des nations rivales à étendre leurs frontières au-delà des mers et des océans, ces territoires offshore se situant souvent dans des zones névralgiques pour les échanges mondiaux. Engagé à partir du XVIIè siècle, ce mouvement avait pour but de satisfaire les intérêts économiques de ces nations et promouvoir leurs idéaux politiques et religieux. Et voilà qu’il refait surface sur fond de velléités de Donald Trump de mettre la main sur le Groenland. Une démarche qu’on peut imaginer être observée de près et dans un certain silence, par le grand rival des États-Unis qu’est la Chine et qui n’en est pas moins active elle aussi dans d’autres zones et de manière moins ouverte….quoique. Géopolitique se saisit de cette occasion pour jeter un regard sur les Outre-mer français -dans les Caraïbes, le Pacifique, l’océan Indien et l’Atlantique Sud- qui fondent une large part du rayonnement mondial de la France et qui se trouvent confrontés à deux situations qui, parfois, ne sont pas sans lien : entre mouvements de contestation au sein même de ces territoires et stratégies de déstabilisation portées par divers acteurs internationaux. Regard sur les vulnérabilités de l’Outre-mer français ou comment, hier, marginal cet espace est devenu stratégique.
Invités :
Bientôt un an que Donald Trump est de retour à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025. Douze mois ont passé pendant lesquels le président américain a profondément remodelé la scène politique américaine, les relations transatlantiques et plus généralement les relations internationales. Richard Werly est notre invité éditorialiste international du quotidien suisse « Blick ». « Cette Amérique qui nous déteste », éditions Nevicata, une plongée dans l’Amérique Maga.
La population mondiale s’élevait en 2020 à 7,8 milliards d’habitants. En 2030, nous serons au moins 8,5 milliards. Et en 2050, ce chiffre pourrait dépasser les 10 milliards dans l’hypothèse d’une fécondité forte. La démographie est l’un des principaux éléments de la puissance d’un État, en même temps qu’elle peut aussi être un facteur de sous-développement. Ces chiffres sur la démographie mondiale recoupent des réalités extrêmement différentes. (Rediffusion)
Alors que l’Europe connait un hiver démographique qui ne permet plus le renouvellement des générations, en Asie, l’Inde est devenue le pays le plus peuplé du monde avec 1,3 milliard d’habitants, devançant la Chine, dont la population vieillit inexorablement. Ce vieillissement de la population est déjà manifeste depuis des années au Japon et maintenant en Corée du Sud. En revanche, la population africaine explose. Nombre de pays du continent n’ont pas achevé leur transition démographique. En 1950, l’Afrique pesait à peine pour 8,3% de la population mondiale et avait moins d’habitants que les États-Unis. En 2050, le continent africain devrait abriter un quart de la population mondiale. Quels effets ces nouvelles donnes démographiques auront-elles géopolitiquement et militairement ?
Édition en partenariat avec la revue Questions Internationales « Démographie. Une inconnue décisive ».
Invités :
Jean-Pierre Guengant, démographe et économiste du Développement. Directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement
Serge Sur, professeur émérite de l’Université Panthéon Assas, rédacteur en chef de la Revue Questions internationales. Membre de l’Institut - Académie des sciences morales et politiques.
On a presque l’habitude de terminer ou de commencer chaque année en évoquant la « polycrise » en cours, et en reconnaissant la difficulté d’anticiper un avenir qui parait lourd de risques de nouvelles guerres, de pandémies, de crises financières et de catastrophes climatiques. 2025 a, comme le dit Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ajouté un ingrédient particulièrement toxique à ce mélange : le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, dont les politiques erratiques et illégales ont déjà bouleversé l’ère de la mondialisation d’après-guerre. Face à tant de chaos et d’incertitude, il est difficile d’affirmer avec certitude où vont les États-Unis et le monde.
Alors que nous entamons notre deuxième année à la merci des caprices de Donald Trump, l’enlèvement héliporté de Nicolas Maduro au centre de Caracas a précipité une nouvelle vague d’interprétations de la politique étrangère américaine. Adversaires et critiques du locataire de la Maison Blanche déploraient la fin du rôle international des États-Unis et le retour de l’isolationnisme américain. Les voilà maintenant devant de l’impérialisme décomplexé, qui rappelle celui du XIXème siècle et qui n’a même pas la prétention de promouvoir la démocratie. La stratégie nationale de sécurité récemment publiée définissait les principales orientations de la nouvelle Administration, et notamment son intention de dominer « l’hémisphère occidental ».
Bertrand Badie est notre invité. Professeur émérite des universités à Sciences Po, auteur d’une trentaine d’ouvrages, son dernier livre sort ces jours-ci chez Odile Jacob, son titre Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale.
Il joue un rôle déterminant pour le développement des technologies de pointe. Il joue un rôle déterminant dans notre quotidien. Il est partout. Il constitue les plages, les déserts, les fonds marins, mais surtout… il est au cœur de notre économie moderne. Le sable est la ressource naturelle la plus consommée au monde après l’eau : chaque année, des dizaines de milliards de tonnes sont extraites pour fabriquer du béton, du verre, des routes, des puces électroniques. (Rediffusion)
Sans sable, pas de villes, pas d’infrastructures, pas d’Internet. Mais cette ressource, qu’on croit infinie, ne l’est pas. La demande explose, tirée par l’urbanisation et la croissance démographique, au point de créer des tensions économiques, environnementales et même géopolitiques. Certains parlent déjà de «guerres du sable», où mafias, États et multinationales s’affrontent. Le sable comme enjeu stratégique mondial, aussi vital que le pétrole ou l’eau. Enjeu sous-jacent des tensions géopolitiques et producteur de pressions environnementales, il fait l’objet d’un gigantesque engouement et de démesure. Les tours de verre de New York à Dubaï poussent aussi vite que disparaissent les plages. Regard sur le paysage de l’économie mondiale du sable, au demeurant l’un des plus opaques.
Invité
Julien Bueb, économiste de l'Environnement. Directeur Transition écologique à la Communauté d’agglomération du Grand Saint-Dizier. Professeur associé à l'École Normale Supérieure. «Géopolitique du sable», éditions Le Cavalier Bleu.
Le Président du Vénézuéla, Nicolas Maduro, a été capturé par les forces américaines de Donald Trump. Cela s’est passé dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier, sur fond de bombardements de Caracas et des provinces environnantes. Nicolas Maduro a été exfiltré et se trouve désormais avec son épouse aux Etats Unis, dans un centre de détention de Brooklyn près de Manhattan, dans l’attente de sa comparution devant un juge pour « narcoterrorisme » et exportation de cocaïne aux États-Unis.
Beaucoup de questions autour de cette intervention, sa légalité, son ou ses objectifs réels. Et surtout qu’est-ce qui attend le Vénézuéla ? Est-ce qu’il faut craindre une escalade militaire ? et quels risques pour la stabilité régionale ?
Invités :
À quelques jours de Art Basel Paris, le rendez-vous majeur du marché de l’art contemporain, le monde de l’art vit une période de bouleversements. (Rediffusion)
Les grandes foires se multiplient, les collectionneurs se globalisent, les maisons de vente s’internationalisent — les équilibres changent. La place de Paris se renforce, profitant à la fois du Brexit et de l’effervescence culturelle post-Covid. Les pays du Golfe, eux, investissent massivement dans les musées, les fondations et les foires, cherchant à transformer le soft power pétrolier en influence culturelle. Et puis, de l’autre côté de l’Atlantique, le climat politique américain — marqué par le retour de Donald Trump et une certaine crispation identitaire — pourrait peser sur le marché et sur la liberté des artistes. Pour l’heure, le marché américain n’en reste pas moins toujours fort. Comment se porte aujourd’hui le marché de l’art contemporain ? Quelles sont les nouvelles places fortes ? Quels artistes dominent la scène ? Et comment les bouleversements politiques, économiques et culturels redessinent-ils la carte mondiale de l’art ?
Invités :
Le premier quart du XXIè siècle touche à sa fin, marqué par la guerre et les révolutions technologiques. Le monde est souvent décrit à travers des grilles simplificatrices : rivalité entre grandes puissances, retour des blocs. Une analyse plus fine met en avant la logique du système international, les dynamiques profondes des sociétés, ou encore les crises civilisationnelles qui traversent de nombreuses régions du monde. (Rediffusion)
Quel regard porter sur les bouleversements actuels et les marges de manœuvre de l’Europe dans cet environnement incertain ?
Invité :
Thierry de Montbrial, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Fondateur et président de l’Institut français des relations internationales. Également fondateur et président de la World Policy Conference. Co-directeur avec Dominique David du RAMSES, le Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies, dont l’édition 2026 a pour titre « Un nouvel échiquier » aux éditions Dunod.
Quand on pense aux conflits armés, on imagine souvent des guerres entre États. Pourtant, les guerres les plus fréquentes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sont des guerres civiles. Elles traversent l’histoire contemporaine, de l’Afghanistan au Mali, de la Syrie au Rwanda, de la République démocratique du Congo aux Balkans, sans oublier la question kurde. (Rediffusion)
Et pourtant, nous en savons finalement assez peu de choses. Elles sont souvent perçues comme des violences chaotiques, irrationnelles, ou comme des effondrements d’État, alors qu’elles obéissent à des logiques politiques, sociales et économiques précises. Qu’elles sont pratiquement un phénomène universel sur le temps long. Et que la quasi-totalité des sociétés a connu un épisode de guerre civile, provoquant la mort de dizaines de millions de personnes ainsi que l’exil ou le déplacement de centaines de millions d’autres. Enfin, loin d’être une affaire uniquement interne à un pays, les guerres civiles ne peuvent se comprendre sans prendre en compte les acteurs internationaux.
Gilles Dorronsoro, professeur de Science politique et enseignant en Relations internationales à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Gilles Dorronsoro a travaillé sur les guerres civiles contemporaines en Afghanistan, au Kurdistan, en Syrie et au Mali. « Le plus grand des maux. Sociologie des guerres civiles », CNRS ÉDITIONS.
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en…
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