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Quinze ans de pouvoir autoritaire, quinze années balayées en un peu plus d’un mois de manifestations. Le Bangladesh a écrit une page de son histoire cet été. Sheikh Hasina, fille du père de l’indépendance du pays, était fermement accrochée à la tête de l’État. La « Bégum de fer » n’a organisé aucune élection libre depuis son arrivée au pouvoir en 2009. Lorsque les étudiants se sont mobilisés en juillet, elle a répondu par une répression sévère qui a fait plus de 1 000 morts, avant d’être contrainte à l’exil. Elle part en Inde. C'était le 5 août.
En plus d’un mois de contestation, un désir de justice et d’égalité a traversé la société bangladaise. Appelé en sauveur, le prix Nobel de la paix, ancienne cible privilégiée de la justice de son pays, Muhammad Yunus est désormais à la tête du gouvernement de transition. Muhammad Yunus que Nicolas Rocca a pu accompagner de Paris jusqu’à Dacca, où il allait donc prendre les rênes du pays.
« Bangladesh : 36 jours pour une révolution », un grand reportage de Nicolas Rocca.
Surpopulation carcérale, hausse de la criminalité, corruption dans les prisons… En Colombie, depuis le début de l’année, l’ensemble des 125 établissements pénitentiaires ont été placés en alerte. Alors les institutions tentent par tous les moyens de réduire la population carcérale. Parmi eux, le recours aux ateliers de réinsertion.
« Colombie, les prisons sous haute tension », un Grand reportage signé par Najet Benrabaa.
Électrification rapide et quasi totale du pays, hausse du coût de la vie, amélioration de la mobilité, augmentation du nombre d’étudiants et de bacheliers : les changements que connaissent la Côte d’Ivoire ont un impact sur la structure traditionnelle des villes et des villages. La culture ancestrale tend à se recomposer à l’aune de ces évolutions, et certaines fonctions sociales coutumières semblent disparaître ou se modifier.
Même les langues vernaculaires des 69 ethnies du pays paraissent vulnérables devant les changements de pratiques sociales et les métamorphoses de la société. Pleureuses Bété, chanteurs traditionnels Dida ou griots-réconciliateurs en pays mandingue, nous voici à Odienné, Lakota, Daloa et Abidjan, pour sonder ces transformations.
« Côte d’Ivoire : la dernière génération de griots ? », un Grand reportage de François Hume-Ferkatadji.
L’Indonésie et ses 270 millions d’habitants ont fêté le jour de l’indépendance de la nation le 17 août. Une célébration dans des conditions particulières cette année 2024, puisque le chef de l’État, Joko Widodo, a tenu à commémorer cette fête d’indépendance à « Nusantara ». La nouvelle capitale administrative de l’Indonésie. La construction de la ville, qu’on appelle aussi IKN (Ibu Kota Nusantara en indonésien), a débuté sur l’île de Bornéo courant 2022.
Objectif : bâtir une nouvelle capitale « verte » et avec pour perspective « zéro émission », au centre du plus grand archipel du monde.
Jakarta, située sur l’île de Java, connaît en effet de multiples problématiques : surpopulation, pollution ou encore des inondations très importantes au nord de la ville. Ce projet gigantesque de nouvelle capitale « verte », lancé par le président indonésien Joko Widodo lui-même, fait pourtant débat auprès des ONG environnementales et de certains locaux…
« La construction de la future capitale indonésienne, un projet sous haute tension », c’est un Grand Reportage de Juliette Pietraszewski. (Rediffusion)
À lire aussiIndonésie: la future capitale Nusantara, l'utopie «verte» du président Widodo
Dans le supplément de ce dimanche, Grand reportage week-end nous emmène en première partie en Espagne, à Valence qui a vécu des crues meurtrières, fin octobre dernier. Bilan: 230 morts et plusieurs personnes disparues. La population se solidarise pour le nettoyage des rues, des maisons... En deuxième partie, direction le Haut-Karabakh, après les trente ans d'affrontements entre Arméniens et Azerbaidjanais, l'heure est à la reconstruction, mais le retour des premières familles sur leurs terres a lieu alors que tout est encore en ruines.
Inondations de Valence en Espagne : un torrent de désolationIl y a un peu plus d’un mois, des trombes d’eau s'abattent sur le sud-est de l’Espagne. En cause : une dynamique atmosphérique exacerbée par le changement climatique. Celui-ci rend deux fois risqué ce genre d'épisode et l’aggrave de 12% en intensité. L’eau a tout balayé le 29 octobre 2024, noyant dans la boue la périphérie de Valence... Valence, où il n’avait pourtant pas plu. Bilan : 230 personnes ont péri et il y a toujours des disparus. Un mois après, la vie n’est toujours pas revenue à la normale.
Un Grand reportage de Pauline Gleize qui s'entretient avec Jacques Allix.
Haut-Karabach : l’après-guerre entre reconstruction et propagande de l’AzerbaïdjanGrand reportage nous emmène aujourd’hui dans le Haut-Karabakh. Après trois décennies de conflit entre Arméniens et Azerbaïdjanais, la région a été entièrement récupérée par Bakou au terme d’un assaut militaire éclair, le 19 septembre 2023. En quelques jours, la région a été vidée de ses quelque 120 000 Arméniens. Depuis, le régime d’Ilham Aliyev mène de grands travaux. Objectif : faire revenir au plus vite les 700 000 déplacés internes de la première guerre des années 1990, alors que la majorité des terres sont encore recouvertes de ruines et de mines. RFI a eu un accès rare à la région. Face aux journalistes, la réinstallation des premières familles est soigneusement mise en scène.
Un Grand reportage de Manon Chapelain qui s'entretient avec Jacques Allix.
Dans le supplément de ce samedi, Grand reportage week-end nous emmène en première partie en Sierra Leone qui a vécu, il y a une dizaine d'années, une importante épidémie d'Ebola qui a fait plus de 11 000 victimes en Afrique de l'Ouest, dont 4 000 en Sierra Leone. Grâce à une campagne de vaccination, le pays est sorti du cauchemar... En deuxième partie, direction la Corée du Sud, où une communauté d'origine chinoise a du mal à s'intégrer. Souvent mal considérés, ces Chinois sont voués à des tâches ingrates, tels que des emplois dans des usines de batteries.
Sierra Leone : l’espoir face au spectre d’EbolaIl y a dix ans, la Sierra Leone vivait un cauchemar, balayée par l’une des épidémies les plus meurtrières de notre époque. Ebola a fauché plus de 11 000 vies en Afrique de l’Ouest, dont près de 4 000 en Sierra Leone, semant la terreur au-delà des frontières. Si le virus semble endormi, la résurgence de cas en Guinée en 2021 a ravivé les craintes. Aujourd’hui, alors qu’une campagne de vaccination préventive vise à protéger les travailleurs en première ligne, le souvenir de cette tragédie reste vif, porté par des survivants comme Daddy Hassan Kamara et Victoria Yillia, dont les récits résonnent encore. Entre mémoire collective et espoir scientifique, la Sierra Leone cherche à se relever, tout en veillant à ce que l’histoire ne se répète pas.
Un Grand reportage de Christina Okello qui s'entretient avec Jacques Allix.
Corée du Sud : ces Coréens venus de Chine, en mal d’intégrationLe gigantesque incendie dans une usine de batteries en Corée du Sud en juin 2024 a entraîné dans la mort une vingtaine d’ouvriers. Les victimes sont majoritairement des Chinois d'origine coréenne. Une communauté tout à fait particulière en Corée du Sud. Bien que Chinois sur leur passeport, on les catégorise globalement comme ethniquement Coréens et pourtant, ils sont marginalisés dans une société qui met l'accent sur l'homogénéité. Jugés non suffisamment coréens pour être intégrés, ils ont une image de criminels et sont relayés aux métiers difficiles et ingrats comme les usines de batteries.
Un Grand reportage de Célio Fioretti qui s'entretient avec Jacques Allix.
Grand reportage nous emmène aujourd’hui dans le Haut-Karabakh. Après trois décennies de conflit entre Arméniens et Azerbaïdjanais, la région a été entièrement récupérée par Bakou au terme d’un assaut militaire éclair, le 19 septembre 2023. En quelques jours, la région a été vidée de ses quelque 120 000 Arméniens. Depuis, le régime d’Ilham Aliyev mène de grands travaux. Objectif : faire revenir au plus vite les 700 000 déplacés internes de la première guerre des années 1990, alors que la majorité des terres sont encore recouvertes de ruines et de mines. RFI a eu un accès rare à la région. Face aux journalistes, la réinstallation des premières familles est soigneusement mise en scène.
«Haut-Karabach : l’après-guerre entre reconstruction et propagande de l’Azerbaïdjan», un Grand reportage de Manon Chapelain.
Il y a un peu plus d’un mois, des trombes d’eau s'abattent sur le sud-est de l’Espagne. En cause : une dynamique atmosphérique exacerbée par le changement climatique. Celui-ci rend deux fois risqué ce genre d'épisode et l’aggrave de 12% en intensité. L’eau a tout balayé le 29 octobre 2024, noyant dans la boue la périphérie de Valence. Valence, où il n’avait pourtant pas plu. Bilan : 230 personnes ont péri dont 222 dans la seule région de Valence, et il y a toujours des disparus. Un mois après, la vie n’est toujours pas revenue à la normale.
«Inondations de Valence en Espagne : un torrent de boue et de désolation», un Grand reportage de Pauline Gleize avec Angelica Perez.
Diaporama
Le gigantesque incendie dans une usine de batteries en Corée du Sud en juin 2024 a entraîné dans la mort une vingtaine d’ouvriers. Les victimes sont majoritairement des Chinois d'origine coréenne. Une communauté tout à fait particulière en Corée du Sud. Bien que Chinois sur leur passeport, on les catégorise globalement comme ethniquement Coréens et pourtant, ils sont marginalisés dans une société qui met l'accent sur l'homogénéité. Jugés non suffisamment coréens pour être intégrés, ils ont une image de criminels et sont relayés aux métiers difficiles et ingrats comme les usines de batteries.
Corée du Sud : ces Coréens venus de Chine, en mal d’intégration, un Grand reportage de Célio Fioretti.
À lire aussiCorée du Sud: au moins 20 morts dans l'incendie d'une usine de batteries au lithium près de Séoul
Il y a dix ans, la Sierra Leone vivait un cauchemar, balayée par l’une des épidémies les plus meurtrières de notre époque. Ebola a fauché plus de 11 000 vies en Afrique de l’Ouest, dont près de 4 000 en Sierra Leone, semant la terreur au-delà des frontières. Si le virus semble endormi, la résurgence de cas en Guinée en 2021 a ravivé les craintes. Aujourd’hui, alors qu’une campagne de vaccination préventive vise à protéger les travailleurs en première ligne, le souvenir de cette tragédie reste vif, porté par des survivants comme Daddy Hassan Kamara et Victoria Yillia, dont les récits résonnent encore. Entre mémoire collective et espoir scientifique, la Sierra Leone cherche à se relever, tout en veillant à ce que l’histoire ne se répète pas.
Dans l’arrière-cour d’une petite maison à Masiaka, petite ville nichée à une heure de Freetown, Daddy Hassan Kamara fait défiler les portraits de ses proches disparus. « Voici ma mère, elle a été la première infectée par le virus après un mauvais diagnostic du médecin », raconte ce survivant d’Ebola, le regard perdu dans ses souvenirs. Ignorant qu’elle souffrait d’Ebola, il l’a soignée à mains nues, sans protection, contractant le virus à son tour.
« Un jour, des gens sont venus me voir. Ils m’ont dit : "Tu as perdu ton fils, ton père, ta belle-mère et ta femme." Ce mois de novembre, j’ai perdu neuf membres de ma famille. » Ces mots, Daddy Hassan les prononce avec une douleur contenue. Comme lui, des milliers d’autres Sierra-Léonais ont été fauchés par le virus ou ont vu leurs familles décimées.
Vaccination préventive : une course contre-la-montre« Ce n’est qu’une question de temps avant que nous enregistrions une nouvelle épidémie d’Ebola », alerte le Dr Desmond Maada Kangbai, chargé de vaccination au sein du ministère de la Santé.
Face à cette menace persistante, la Sierra Leone a lancé, le 30 novembre 2024, une campagne de vaccination préventive destinée aux soignants et travailleurs de première ligne. Avec le vaccin Ervebo, administré en une seule dose, les autorités espèrent éviter une répétition de la tragédie de 2014.
« Les soignants sont le premier rempart contre Ebola. S’ils ne sont pas protégés, nous risquons de revivre l’enfer d’il y a dix ans », insiste le Dr Kangbai.
La campagne, financée par l’Alliance mondiale des vaccins, Gavi, vise à vacciner 20 000 travailleurs de santé et autres acteurs communautaires. Destinée à couvrir les 16 districts du pays, elle bénéficie d’une logistique optimisée : bien qu’exigeant une conservation à -80°C au niveau national, le vaccin peut être stocké entre 2 et 8°C dans les districts, simplifiant ainsi sa distribution.
À écouter aussiDix ans après Ebola, la Sierra Leone mise sur la vaccination préventive [1/2]
Un hommage aux héros disparus« À Kailahun, j’ai perdu environ 40 de mes collègues », se souvient le Dr James Sylvester Spire, directeur de la surveillance électronique à l’Agence nationale de santé publique, créée après l’épidémie. Cet ancien chef médical régional du district de Kailahun a gardé intact le souvenir des premières heures de l’épidémie.
« Lorsque le virus Ebola a commencé à sévir, personne ne voulait aller travailler à Kailahun. L’endroit était extrêmement silencieux ; si on laissait tomber une épingle, on pouvait l’entendre. Tout le monde avait fui les lieux, les gens s’étaient réfugiés dans la brousse ou ailleurs. Moi, j’étais souvent en contact avec les patients, car lors des supervisions, si vous voyez un patient malade, en tant que professionnel de santé, vous devez le soigner. Et c’est ainsi que la plupart des membres du personnel ont été infectés. »
Plus loin, à Kenema, troisième plus grande ville de la Sierra-Leone, le docteur Donald Grant se tient devant une grande pierre tombale, sur un terrain poussiéreux. Les noms gravés racontent une tragédie collective : celle des travailleurs de santé tombés au front lors de l’épidémie.
« Voici une liste de 40 agents de santé », indique l’ancien responsable médical du district de Kenema, en caressant la pierre du bout des doigts. « Mais ce n’est que pour Kenema. Le bilan national est bien plus lourd. »
Sa voix se brise un instant. « Tous, je les connaissais tous. Chaque nom ici représente un collègue, un ami, une perte irréparable. »
En 2014, tout commence lorsqu’un individu infecté en Guinée traverse la frontière pour consulter un guérisseur traditionnel en Sierra Leone. La guérisseuse succombe rapidement au virus et ses funérailles, réunissant des centaines de personnes, deviennent un foyer de contagion incontrôlable. À partir de là, la diffusion de la maladie explose.
À écouter aussiSierra Leone : reconstruire la santé dix ans après Ebola [2/2]
Victoria Yillia : une survivante marquée à jamaisVictoria Yillia est devenue, bien malgré elle, un symbole de la lutte contre Ebola. Elle était le « premier cas confirmé » de la Sierra Leone, diagnostiqué dans le district de Kailahun en 2014.
« J’ai attrapé la maladie d’une femme enceinte soignée par la même infirmière qui s’occupait de moi », raconte-t-elle. Transférée à l’hôpital de Kenema, pendant des semaines, Victoria a traversé un véritable calvaire : la fièvre, les douleurs insoutenables et surtout la peur. « Chaque fois qu’on essayait de poser une aiguille pour une perfusion, je saignais abondamment. »
Elle a survécu, mais au prix de terribles pertes. « Quand je suis sortie de l’hôpital, mes parents étaient morts. Je ne trouvais que leurs tombes. J’ai perdu environ 21 proches à cause d’Ebola. »
Le legs du Dr Sheikh Umar KhanÀ cette époque, la riposte contre Ebola est dirigée par le Dr Sheikh Umar Khan, expert en fièvres hémorragiques et seul virologue du pays.
Écartant le diagnostic de la fièvre de Lassa, le Dr Khan met en place des protocoles stricts pour tenter de contenir la maladie. Mais la pression sur le personnel est immense. Beaucoup tombent malades, lui y compris.
Le 29 juin 2014, le Dr Khan succombe au virus, laissant un pays en deuil.
« C’était comme perdre un général en pleine bataille, se remémore le Dr Donald Grant. Tout le monde était désemparé, pensant que la guerre était déjà perdue. »
Une résilience fragileDix ans après, les échos de la tragédie d’Ebola résonnent toujours dans les esprits. Si des progrès ont été réalisés, comme l’établissement de l’Agence nationale de santé publique et la modernisation des infrastructures sanitaires, beaucoup restent à faire.
« L’assainissement reste un problème. Les choses les plus basiques n’ont pas encore été réglées. Avoir de l’eau courante relève encore du rêve pour beaucoup. Si vous ne vous attaquez pas à l’assainissement, les maladies comme Ebola continueront d’émerger », avertit le journaliste Umaru Fofana.
Pourtant, l’espoir persiste. « Le Dr Khan m’a enseigné à toujours servir l’humanité, quelles que soient les circonstances, conclut le Dr Grant. Nous devons transmettre cette ardeur aux générations futures pour qu’elles poursuivent ce combat. »
À écouter aussiEbola : le virus est-il encore une menace ?
Ce reportage a été réalisé avec le concours de l’Alliance mondiale des vaccins, Gavi, financée par la fondation Bill and Melinda Gates.
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