Dans ce nouveau journal, je reviens sur une scène ordinaire devenue extraordinaire à l’aéroport de Djerba : une montre confisquée, une vidéo publiée sur les réseaux sociaux… puis une intervention présidentielle qui bouleverse les habitudes d’un pays entier.
Entre corruption quotidienne, abus de pouvoir, justice, foi et conscience, cette histoire devient le symbole d’une Tunisie qui tente de remettre les pendules à l’heure grâce à Kaïs Saïed.
Vous venez de débarquer à l’aéroport de Djerba.
Et même si vous êtes le fils du bon dieu, vous faites la queue comme tout le monde pour un contrôle de douane.
Votre moment préféré pour distinguer entre le banal, le légal et le moral…
Et là vous êtes témoin d’un scandale : la passagère qui est juste devant vous se fait confisquer sa belle montre Apple par un douanier qui veut la croquer, sous prétexte qu’elle ne l’a pas déclarée…
La citoyenne tunisienne l’avait au poignet et n’a pas cru bon, ni juste, ni nécessaire de le faire.
Elle perd donc son petit trésor de guerre sans savoir si elle a failli à son devoir ou si elle a été victime d’un abus de pouvoir.
Pour un Tunisien ordinaire, cela n’a rien d’extraordinaire, c’est clair comme de l’eau de roche : le douanier va se la mettre dans la poche !
Vous venez d’assister à une scène de corruption quotidienne en ignorant que les corrupteurs et les corrompus en Tunisie ont toujours fait saigner le pays.
Si vous étiez moralement correct comment réagiriez-vous, en sachant que dans ce genre d’imbroglio, vous n’avez pas votre mot à dire ?
Mais il faut avoir la foi dans celui qui est censé appliquer la loi même s’il ne l’applique pas. N’est-ce pas ?
Alors comment réagiriez-vous ?
Vous filmez la scène avec votre Smartphone et vous publiez aussitôt votre vidéo sur les réseaux sociaux.
Bingo !
Quelques heures après, vous apprenez sur les réseaux que le douanier en question a été relevé de ses fonctions et mis en examen par un juge d’instruction et la montre a été restituée à celle qui en avait été destituée.
Qui l’eût cru ?
C’est du jamais vu pour ce genre d’abus !
C’est le Président de la République lui-même qui est intervenu.
C’est lui en personne qui révolutionne les mœurs et les cœurs en Tunisie.
Il n’est là, dit-il, que pour remettre les pendules à l’heure.
Pour Kaïs Saïed il ne vous suffit pas d’être normal ou légal pour chasser le mal, il faut être surtout moral, rigoureusement moral.
Car dans ce genre de cas de figure, tout le monde sait ce qu’il doit faire : son devoir, rien que son devoir mais tout son devoir… Ni parce qu’on a un bon cœur, ni parce qu’on est un bon calculateur mais parce que la morale exige que l’on ait Foi dans la Loi, non du législateur, mais du Seigneur… qui nous regarde de l’intérieur.
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