Invité Afrique Midi

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  • El Niño en Afrique: «Nous aurons besoin de dizaines de milliards de dollars pour y faire face»

    L'ONU appelle à protéger les plus vulnérables face au phénomène climatique El Niño. Enième signal d'alerte alors que la force destructrice de ce super El Niño touchera de nombreux pays à travers le monde. Une partie de l'Afrique est même en première ligne. Comment anticiper les ravages annoncés depuis des mois ? Les Nations unies demandent le déblocage de fonds dès maintenant. Al-Hamdou Dorsouma, chef du département changement climatique à la Banque africaine de développement (BAD), nous livre son analyse.

    RFI : Quels sont les pays africains les plus à risque face à l'arrivée d'El Niño et à quoi doivent-ils s'attendre ?

    Al-Hamdou Dorsouma : Parmi les régions les plus affectées figure l'Afrique australe qui risque d'être la zone la plus touchée par cet épisode super El Niño. Des pays comme la Zambie, le Mozambique, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud seront concernés par d’importants épisodes de sécheresse. La Corne de l'Afrique, donc l'Afrique de l'Est, sera au contraire gravement affectée par de fortes précipitations qui provoqueront des inondations et des glissements de terrain. Les impacts vont être de plusieurs ordres, pas seulement environnementaux mais également sanitaires. Parce qu'il y aura une recrudescence des maladies liées à l'eau. L'Afrique de l'Ouest, en particulier le Sahel, sera fortement touchée par une pluviométrie en deçà de la moyenne, de la normale. Alors que dans le golfe de Guinée, avec des pays comme la Côte d'Ivoire, le Togo et le Bénin, de fortes pluviométries vont détruire des cultures. Quant à l'Afrique du Nord, elle est déjà en proie à de très fortes vagues de chaleur. C’est tout le continent qui sera touché.

    RFI : À la Banque africaine de développement, avez-vous chiffré les conséquences que cet épisode d’El Niño pourrait avoir sur l'économie africaine ?

    À la Banque africaine de développement, on a estimé que trente à quarante-huit millions de personnes seront touchées, dont vingt à trente millions auront besoin d'une assistance directe. Et nous avons également estimé que le coût économique va être important : 5 % du produit intérieur brut du continent. Trois cents millions de dollars rien qu’en pertes agricoles. 

    RFI : Combien de temps ces conséquences économiques risquent-elles de se faire ressentir ?

    En général, un épisode El Niño dure plusieurs mois, et les impacts se poursuivent même l'année qui suit. Nous nous attendons à ce que l’année 2027 soit très rude et très sèche. D'ailleurs les prévisions montrent que 2027 risque d'être l'année la plus chaude de l'histoire parce qu’en général, après un phénomène El Niño, la hausse des températures se poursuit. Nous nous attendons donc à une recrudescence de la sécheresse et à des températures encore très élevées l’année prochaine.

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    L’ONU appelle à investir dès maintenant dans la prévention pour mettre les populations et leurs récoltes à l'abri. Concrètement, quel genre de mesures devraient être prises ?

    Il faut faire des stocks alimentaires, parce que l'insécurité alimentaire sera l'une des conséquences les plus importantes de cette situation. Il faut se préparer à des urgences humanitaires, y compris sanitaires, avec par exemple des stocks prédisposés de médicaments. Parce que les régions qui seront touchées par les inondations risquent de connaitre des épisodes de choléra ou un pic de cas de paludisme. Mais nos systèmes de santé en Afrique ont été éprouvés par la pandémie du Covid-19. Ils ont pu donc se doter de capacités nécessaires pour se préparer aux nouvelles menaces qui pèseront sur la santé des populations.

    Combien d'argent faudrait-il mobiliser sur le continent africain pour prendre ce genre de mesures d'urgence de prévention ?

    Nos estimations nous amènent à dire que nous aurons besoin de dizaines de milliards de dollars pour y faire face. Parce que le phénomène El Niño va toucher tous les secteurs : l'agriculture mais également le système énergétique. Beaucoup de pays africains dépendent de l'hydroélectricité. Et en cas de baisse du niveau d'eau, c'est l'alimentation en électricité qui sera touchée. Il y a aussi des secteurs tels que les infrastructures, comme les routes, les ponts et les ports qui seront lourdement affectés.

    D’où doivent venir les fonds selon vous ?

    Les budgets nationaux des États vont jouer un rôle important. Les États doivent réorienter leurs ressources vers des impératifs liés à El Niño. Il y a aussi des ressources émanant de la coopération des États avec les agences multilatérales et bilatérales. Nous, à la Banque africaine du développement, nous avons beaucoup de projets dans les pays africains. Ce sont ces ressources-là qui pourraient être utilisées pour faire face à cette situation très préoccupante.

    L’ONU prévient que la fenêtre pour agir avant qu'El Niño n'atteigne son pic se referme rapidement. Mais cette urgence intervient dans un contexte international déjà marqué par de multiples crises.

    El Niño est une situation globale qui nécessite une attention particulière de la communauté internationale dans son ensemble malgré les difficultés auxquelles les pays font face avec les pressions fiscales importantes et les limitations budgétaires. Mais, par expérience, nous savons que quand une situation d’urgence comme l’actuel phénomène du super El Niño se présente, les pays savent joindre leurs forces pour faire face. Nous l'avons vu avec la Covid-19. Nous avons besoin de cette solidarité internationale. Mais je pense qu'aujourd'hui, nous disposons de davantage de capacités que les années, que les décennies passées. Plus de moyens pour prévoir. Nous avons maintenant des systèmes d’alertes précoces. Et là où ça n'existe pas, il va falloir les créer. Parce que nous aurons à faire face de plus en plus à ce genre de situation dans les années et les décennies à venir. Je pense également qu'il faut renforcer le système d'assurance pour assurer les investissements et les populations qui vont être touchées. Et enfin, il nous faut renforcer la résilience future en nous préparant, certes, à un épisode El Niño maintenant. Mais l’année prochaine on doit se préparer également à bâtir les systèmes de résilience climatique pour les années et les décennies à venir.

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  • «Il faut plus d'argent dans l'éducation» pour relever le niveau scolaire en Afrique francophone

    Les résultats d'une étude de référence sur le niveau des écoliers en Afrique francophone ont été dévoilés ce jeudi 22 octobre à Dakar, au Sénégal, lors de la conférence des ministres de l'Éducation des États et gouvernements de la francophonie (Confemen). 360 000 élèves, enseignants et parents ont été interrogés dans 16 pays du continent. Abdel Rahamane Baba-Moussa est le secrétaire général de la Confemen.

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  • Travail domestique: «Des femmes et parfois des mineurs sont employés en dehors de tout cadre légal»

    Dakar accueillait le Forum régional sur le travail domestique. Trois jours de discussions qui ont rassemblé douze pays du continent. Faire progresser les droits, mieux protéger les travailleurs, renforcer le dialogue social… Tant de combats portés par l'Organisation internationale du travail. Samira Daoud est représentante du bureau de l'OIT en Afrique de l'Ouest, elle répond aux questions de Simon Bourtembourg pour Afrique Midi.

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  • Mobilisation au Sénégal avant les JOJ: «L'exécutif a réagi trop tard, le bras de fer est engagé»

    Au Sénégal, la tension sociale monte d'un cran, à quelques jours seulement de l'ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (du 31 octobre au 13 novembre). Le Front syndical pour la défense des travailleurs, qui regroupe 13 centrales de l'éducation, de la santé ou encore de l'électricité, appelle à une manifestation ce mardi 20 octobre à Dakar, suivie d'une grève générale de trois jours dès mercredi. Face à cette menace de paralysie, le gouvernement multiplie les appels au dialogue et réclame un moratoire. Le professeur Moussa Diaw, enseignant-chercheur en Sciences politiques à l'université Gaston Berger de Saint-Louis, est l'invité d'Afrique Midi.

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  • COP17 Biodiversité: «Les pays africains manquent de financement», alerte l'ONG Greenpeace Afrique

    La COP17 sur la biodiversité s'ouvre ce lundi 19 octobre à Erevan, en Arménie. Pendant deux semaines, les gouvernements vont évaluer les engagements pris pour protéger la nature d'ici à 2030. Un rendez-vous crucial car, sur le terrain, en Afrique, entre exploitation forestière et manque de financements internationaux, les défis restent immenses. Présent en Arménie pour la COP 17 Biodiversité, Bonaventure Bondo, chargé de campagne forêt chez Greenpeace Afrique, est l'invité d'Afrique Midi. 

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  • Exécutions en Libye: «Leurs condamnations ont été basées sur des aveux obtenus sous la torture par des groupes armés»

    Près de 15 ans après les dernières documentées, de nouvelles exécutions ont eu lieu en Libye. Human Rights Watch accuse les Forces armées arabes libyennes, dirigées par le maréchal Khalifa Haftar, d'avoir exécuté au moins 31 personnes depuis la fin du mois d'août. Des condamnations prononcées à l'issue de procès militaires secrets entachés d'accusations de torture. Ahmed Benchemsi, porte-parole à Human Rights Watch, est l'invité d'Afrique midi. 

    Retrouvez plus d'informations sur le site de Human Rights Watch.

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  • Ebola en RDC: «Après cinq mois de riposte, la méfiance des populations reste le principal défi»

    Cinq mois après sa déclaration officielle, l’épidémie d'Ebola continue de se propager dans l’Est de la RDC. Détection tardive ou chaînes de transmission mal identifiées, les obstacles à la riposte restent nombreux. Alors de nombreuses ONG tentent de sensibiliser la population à la maladie. Blandine Mambiko, responsable des programmes nutrition/santé pour Action contre la Faim, nous partage la réalité du terrain.

    À écouterPriorité Santé – Épidémie d'Ebola en RDC: prise en charge, traçage des cas, recherche et prévention

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  • Vice‑présidence au Cameroun: une attente qui «alimente le pessimisme politique»

    Au Cameroun, voilà six mois, jour pour jour, que le président Paul Biya a promulgué la loi de révision constitutionnelle qui prévoit la création d'un poste de vice-président. Mais pour l'heure, personne n'est encore nommé à ce poste. Pourquoi une si longue attente ? L'analyse du professeur de sociologie Armand Leka Essomba, directeur exécutif du Laboratoire camerounais d'études et de recherche sur les sociétés contemporaines. 

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  • Il y a, au Sénégal, «une répression brutale des personnes LGBT+», dénonce Larissa Kojoué de Human Rights Watch

    Dans quelques semaines, la capitale sénégalaise accueille le premier événement sportif olympique sur le sol africain. À l'aube de l'ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (du 31 octobre au 13 novembre), les autorités sénégalaises font face à de vives interpellations sur le terrain des droits humains. L'ONG Human Rights Watch publie ce 12 octobre un rapport qui documente une répression d'une ampleur inédite contre les personnes LGBT+. Larissa Kojoué, chercheuse de Human Rights Watch auprès de la division Droits LGBT+, est l'invitée d'Afrique Midi.

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  • Nobel de la paix 2026: «Navi Pillay est une icône du mouvement de la justice internationale»

    Le prix Nobel de la Paix a été attribué, vendredi 9 octobre 2026, à la juriste sud-africaine Navi Pillay. Le comité Nobel dit avoir voulu récompenser ses efforts pour promouvoir la paix et le droit international. Thierry Cruvellier, rédacteur en chef du site Justiceinfo.net consacré à la justice internationale, est l'invité d'Afrique Midi.

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Du lundi au vendredi, un invité commente un fait marquant de l’actualité africaine au micro de Nicolas Sur dans Afrique midi à 12h30 TU sur RFI.