Aujourd’hui, cette émission hésite, tergiverse, débat avec elle-même. L’enjeu est important, peut-être même existentiel. La question est la suivante : lorsque l’on parle sur de la musique, est-ce de la chanson ? Des sourcils se lèvent, des lèvres font la moue, des paupières se baissent à demi-sur des yeux qui roulent. Visiblement, la réponse est “ben oui, nigaudeau”. Mais, alors, que deviennent la mélodie, le souffle, la colonne d’air, la projection, les voix de tête ou de poitrine et surtout, le plaisir infini de fredonner en oubliant à moitié les paroles voire, encore mieux, en en inventant d’autres ? Et en même temps, spoken words et sprechgesang, récitatif et déclamation : depuis longtemps, dire des mots sur de la musique, ce n’est pas seulement parler. Qu’est-ce qu’on écoute alors, les mots ou les notes, les uns devant les autres, les sons sous paroles ? Il fait beaucoup trop beau (et beaucoup trop chaud) pour démêler tout ça. Comme dirait Lacan, “ça parle”, on y ajoute, ça fait de la musique et au final, réjouissons-nous que c’est… Juste une chanson.