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Or


Conférence de l’anthropologue Philippe Descola
Léonard de Vinci définissait la peinture comme cosa mentale, littéralement vue de l’esprit. On ne figure que ce que l’on perçoit ou imagine, et l’on n’imagine ou ne perçoit que ce que l’habitude nous a enseigné à discerner. Le chemin visuel que nous traçons spontanément dans les plis du monde dépend de notre appartenance à l’une des quatre régions de l’archipel ontologique (animisme, naturalisme, totémisme ou analogisme) identifiées et décrites par Philippe Descola dans son maître-livre Par-delà nature et culture. Chacune de ces régions correspond à une façon de concevoir l’ossature du monde, d’en percevoir les continuités et les discontinuités, les lignes de partage entre humains et non-humains. D’un paysage miniature de la dynastie des Song à un masque yup’ik d’Alaska, d’un tableau d’intérieur hollandais du XVIIème siècle à une peinture sur écorce aborigène, Philippe Descola nous montrera l’étourdissante diversité des images et les schèmes figuratifs qu’elle peuvent révéler.
Rencontre avec l’écrivain Amitav Ghosh (Inde)
Face à la crise écologique et au réchauffement climatique, de nombreuses voix s’élèvent pour rouvrir les récits liés à ces problématiques et y faire entrer les êtres, les peuples, les histoires, qui ont en été exclus. C’est la proposition littéraire et politique portée par l’écrivain indien Amitav Ghosh dans son essai Le Grand Dérangement qui part de cette interrogation : pourquoi le changement climatique est-il absent de la littérature contemporaine ou semble réservé à la science-fiction ? La difficulté à nous représenter ce nouveau type d’événement révèle selon lui l’échec des récits et des imaginaires qui ont structuré le monde. Ghosh nous invite donc à un remaniement en profondeur de nos cadres narratifs. Avec ses talents de conteur, il fait parler le fleuve qui a inondé le village de ses grands-parents au Bangladesh et les a contraints à devenir des réfugiés climatiques bien avant que ce terme n’existe. Sur le plan politique, il n’hésite pas à bousculer les idées reçues et l’ethnocentrisme occidental, en montrant par exemple le rôle de l’impérialisme dans la crise actuelle. Au cours de cette rencontre exceptionnelle, nous verrons avec lui comment le renouvellement des imaginaires peut contribuer à modifier notre perception du monde.
Modérateur : Emmanuel Favre
Dialogue entre l’écrivaine Maylis de Kerangal et l’anthropologue Nastassja Martin
Véritable discipline de l’altérité en ce qu’elle dépeint les modes de vie et de pensée de collectifs humains auxquels n’appartient généralement pas celle ou celui qui les étudie, l’anthropologie est aussi une écriture du commun, qui s’attache à décrire les mythes fondateurs et les lignes structurant les sociétés. Peut-on néanmoins continuer à penser le commun quand ce qui nous unit n’est rien d’autre que la perspective du désastre, que les lignes ne filent plus très droit ? Comment encore exprimer l’altérité quand les milieux et les collectifs qu’on étudie sont les premiers touchés par la catastrophe écologique et qu’on appartient soi-même aux sociétés responsables de ce délabrement ?
Modérateur : Emmanuel Favre
Dialogue entre la géographe Irène Hirt, le hacker Gaël Musquet, et une représentante du Quartier Libre des Lentillères à Dijon, Mathilde Pizzuto
Produire des cartes pour exister sur la mappemonde et sortir de l’invisibilité. Depuis les années 1970, les « peuples autochtones » ont placé ce dispositif au cœur de leur résistance contre la dépossession et la destruction de leurs territoires et de leurs ressources. Cette stratégie oblige cependant les peuples concernés à traduire leurs conceptions de l’espace-temps dans les principes territoriaux et le langage cartographique de l’État moderne. Des cartographes militent donc pour décoloniser cette « technoscience » en soulignant que dans certaines sociétés autochtones l’information géographique est transmise par le récit, le chant, la danse, les rituels ou le rêve. Spécialiste des cartographies autochtones, Irène Hirt s’entretiendra avec Gaël Musquet sur ce renversement. Ils débattront des apports, mais aussi des limites, du numérique et de la cartographie en ligne dans une perspective d’autodétermination. À partir de ses différentes expériences, Gaël Musquet évoquera également les enjeux d’un « commun cartographique ».
Modérateur : Xavier de La Porte, journaliste à L’Obs
Rencontre avec le sociologue et philosophe Hartmut Rosa
Modérateur : Xavier de La Porte (Journaliste à L’Obs)
Rencontre traduite de l’anglais – Interprète : Stéphane Zangara
Rencontre avec l’anthropologue Frédéric Keck
Modératrice : Anaïs Kien (Journaliste à France Culture)
Dialogue entre les philosophes Vinciane Despret et Baptiste Morizot
Modérateur : Emmanuel Favre (directeur du festival)
Rencontre avec la philosophe Barbara Stiegler
Modérateur : Joseph Confavreux (Journaliste à Médiapart)
Conférence du biologiste Marc-André Selosse
Rencontre avec l’architecte Patrick Bouchain et l’artiste Chloé Moglia
Modérateur : Emmanuel Favre (directeur du Festival)
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