La question de la liberté d’expression s’est imposée en quelques années comme une des plus importantes de notre vie publique. Il faut dire que le contexte nous y pousse. Par exemple, les cas de censure se multiplient dans les universités, que des militants de la gauche radicale veulent transformer en safe space, c’est-à-dire en environnement où ils ne risquent pas d’entendre de discours froissant leur sensibilité idéologique. Autre exemple : l’histoire de SLAV et de Kanata, l’été dernier, qui demeure au cœur de l’actualité à travers la question de l’appropriation culturelle. C’est même notre capacité à débattre intelligemment entre individus aux positions contradictoires qui s’émousse ou se perd. Alors il faut poser la question: vivons-nous sous le poids d’une censure qui ne dit pas son nom? Pour en parler, nous recevons Patrick Moreau, professeur au cégep Ahuntsic et directeur de la revue Argument, qui s’est largement penché sur la question.