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Or


De quel bois spirituel est-elle faite ? Que sait-elle de ses ancêtres et que lui ont-ils transmis ? Comment sa part de sacré vient-elle influencer sa musique aujourd'hui ? Autant de questions que je vous imagine nombreux.ses à vous poser aussi.
Car quand on pense à Flavia Coelho, c’est d’abord un sourire plus grand que l’Océan Atlantique qui allume la lumière, et puis viennent à nous la chaleur de son énergie solaire, l’exubérance carioca de ses concerts, ses refrains entêtants, son culot, ses paillettes ou encore son aura de warrior matérialisée par une afro conquérante.
A première vue donc, rien ne laisse entrevoir une Flavia Coelho mystique. Et pourtant ! Dans cet épisode, cette fille de Xangô revient sur son initiation aux rites du candomblé dans la forêt du Nordeste et sur ses premiers pas de chanteuse de gospel évangélique à Rio. Une spiritualité métissée qui continue d'influencer sa musique aujourd'hui.
Cette semaine, La Potion passe en mode best-of ! Alors que les feuilles mortes se ramassent à la pelle, retour sur quelques épisodes de saison, en l'occurrence des épisodes sélectionnés dans la 1ère saison de La Potion qui, l’année dernière, vous envoûtait tous les jours à 13H30 sur Nova… #embarras du choix.
Nous irons d'abord à la rencontre de l’univers poétique de Laura Cahen, guérisseuse folk ou sorcière des éléments, ça dépend des jours. Au printemps dernier, Laura Cahen dévoilait Une Fille, un deuxième album en clair-obscur qui célèbre les femmes, les timides, les couillues, les amoureuses, les affranchies, les orageuses et les magiciennes aussi, pardi.
Fin octobre, Radio Nova vous donnait à vivre l’île de La Réunion en posant ses micros à flanc de volcans, pour aller à la rencontre de celles et ceux qui font vibrer l’île intense à l’heure où de nombreux réunionnais.e.s étaient en train de préparer la fête des morts : via la Toussaint pour les catholiques, le Samblani pour les Tamouls ou encore avec les servis kabaré, cette cérémonie d’hommage aux ancêtres que pratiquent pas mal de musiciens de maloya. Dans La Potion aujourd’hui, je vous propose donc de nous immerger dans l'univers mutant de Boogzbrown, ce producteur réunionnais fer de lance du mouvement digital kabar qui avec d’autres modernise le maloya en version électronique 3.0. Son rêve ? Rendre hommage à ses ancêtres, à sa façon, avec un servis kabaré 100% digital !
Une boule de cristal, du miel, du mystère, et de la magie blanche option sororité... Voilà ce qui compose la potion de November Ultra, Nova pour les intimes. Mercredi prochain à 21H, la musicienne soft & tender sera l’invitée de Chambre Noire, l’émission de live de Radio Nova. Alors pour vous faire patienter, je me suis dis qu’on avait là l’occasion rêvée d’en apprendre un peu plus sur cette grande lectrice de tarot !
Cette semaine dans La Potion, une voix très importante. Celle de Davi Kopenawa, chamane Yanomami et grand défenseur des droits des peuples d’Amazonie brésilienne. Au programme : chants sacrés, esprits de la forêt, poudre hallucinogène et lutte contre Jair Bolsonaro.
Quand Davi Kopenawa voit le jour en 1956, cela fait une dizaine d’années seulement que ses parents ont vu apparaître des Blancs sur leurs terres, au Nord de l’Amazonie. Et ces premières incursions ont bouleversé de manière indélébile la civilisation Yanomami. D’abord des épidémies de grippes, de rougeoles ou de tuberculoses qui déciment une partie de la population. L’évangélisation de l’Eglise catholique ensuite, qui menace les structures traditionnelles des peuples de la forêt. Puis les garimpeiros, 40000 orpailleurs illégaux qui envahissent le territoire avec la bénédiction de la dictature militaire. En sept ans, 20% de la population Yanomami est décimée. Après avoir perdu une grande partie sa famille, Davi Kopenawa a d’abord eu envie de devenir un Blanc, complètement fasciné par cette figure de l’étranger. Il apprend le portugais brésilien et commence à travailler comme interprète au sein de la Funai, l’agence gouvernementale des populations indigènes : là, il prend conscience de la grande richesse culturelle du peuple Yanomami, et de la menace que représentent les blancs pour leur survie et celle de l’Amazonie brésilienne. Il décide alors de suivre une vieille intuition qui l'habite en rêves depuis l'enfance : devenir chamane.
Après avoir été initié dans les règles de l’art par son beau-père, sa grande sagesse spirituelle viendra renforcer son expérience du « monde blanc » et depuis, Davi Kopenawa parcourt la planète pour récolter des soutiens pour son combat. Celui de la photographe Claudia Andujar notamment, avec laquelle il obtient, en 1992, la démarcation officielle d’un territoire de 96 650 kilomètres carrés, qui allait devenir la Terra Indigena Yanomami, un des plus grands territoires sous contrôle autochtone au monde. Une lutte de tous les instants pour laquelle le chamane recevait en septembre dernier, le prix Nobel Alternatif en compagnie de Greta Thunberg.
En 2010, Davi Kopenawa et l’anthropologue Bruce Albert publiaient La Chute du Ciel, un témoignage dense et tout à fait exceptionnel sur la culture du peuple yanomami, sa spiritualité aussi et sur la crise écologique mondiale vue depuis le cœur de l'Amazonie. La Chute du Ciel, soit le récit d’une catastrophe : la disparition du poumon du monde et de ses habitants, humains et non humains, ce moment où la forêt sera écrasée par le ciel parce que le dieu Omama et les esprits xapiri ne le soutiendront plus, épuisés d’avoir dû tant lutter contre la violence destructrice du monde blanc. Aujourd’hui la terre des Yanomami est toujours menacée, encore plus depuis l’élection de Jair Bolsonaro : la déforestation a presque doublé en un an, les assassinats d’activistes indiens augmentent et Jair Bolsonaro multiplie les attaques contre les peuples de la forêt. Mais le roi Kopenawa n’a pas dit son dernier mot, "kopenahua" d’ailleurs c’est la guêpe en Yanomami, “qui se défend lorsqu’on attaque sa maison”.
Cette semaine, La Potion met le cap sur l'Occitanie, ce vaste territoire qui couvre près d’un tiers de la France, des Pyrénées à la Méditerranée. Nous partons sur les traces de la spiritualité et de la mythologie occitane avec une merveilleuse créature à quatre têtes : La Mal Coiffée !
Manu Théron et Sam Karpienia à Marseille, Miquèu Montanaro et son fils Balthazar à Correns en Provence, San Salvador en Corrèze, Denez Prigent et Brieg Guerveno en Bretagne, ou encore le trio toulousain Cocanha… Depuis quelques années, dans tous les styles de musique, on assiste à un retour vers les traditions musicales racines, endémiques, traditionnelles, ainsi que vers les langues régionales. C’est le cas en France mais aussi bien au-delà : au Pérou, la jeune Renata Flores fait du rap en quechua pour amplifier les luttes de son peuple quand à l’autre bout du globe, le producteur sud-africain Muzi nourrit ses beats électroniques de rythmes traditionnels pour donner corps à une zulu house plébiscitée par des mastodontes comme Stormzy et Diplo. Le phénomène est donc mondial et tend à s’amplifier. Mais de quoi est-ce donc le signe ? Beaucoup y voient un refus du tout-mondialisé de la part d’une nouvelle génération d’artistes en quête d’identité et de racines.
Chez La Mal Coiffée, la démarche est éminemment politique : il s’agit là d’une reconquête poétique d’une pensée autochtone, d’une culture et d’une langue, l’occitan. Un bijou de langue minorisée par le grand capital, l’industrie et le progrès selon les membres de la Mal Coiffée : Myriam Boisserie, Marie Coumes, Laetitia Dutech, et Karine Berny. Au pied de la Montagne Noire, dans leurs petits villages du Minervois, là-bas entre Narbonne et Carcassonne, les quatre chanteuses collectent depuis 20 ans des contes, poèmes et chants populaires qu’elles revisitent ensuite sur les arrangements polyphoniques du compositeur-alchimiste Laurent Cavalié.
En mai dernier sortait Rôgé (sur le label Sirventès), le 6e album de La Mal Coiffée au fil duquel les musiciennes subliment les textes de Claude Alranq, David Grosclaude, Auguste Foures ou encore Jean Boudou, des auteurs engagés dans la résistance à l’écrasement à la sape des cultures populaires. La majorité de ces chants sont féministes, militants et provocateurs, en bref, ils ont du caractère. D’ailleurs en live, La Mal Coiffée ébouriffe ! Ça groove, c'est rock et tellurique, ça transe quasi noise et par moments, on ne sait plus si on assiste à une grand-messe païenne super joyeuse ou à un pow-wow anticapitaliste à quatre voix.
Peut-on alors parler d’une spiritualité occitane ? Et si oui, qu’en reste-t-il aujourd'hui ? Réponse avec La Mal Coiffée dans La Potion. Au programme : danse avec les morts, mythes fondateurs de la cosmogonie occitane, rites païens et formules pour faire pousser les fleurs.
Cette semaine, une Potion consacrée aux rites musicaux issus de la mystique soufie avec la musicienne comorienne Nawal et Rana Gorgani, chorégraphe, anthropologue et ethnomusicologue iranienne, l’une des seules femmes derviches tourneuses à danser le samâ sur scène et en public.
Parmi tous les penseurs et guides spirituels qui ont contribué à diffuser et transmettre la mystique soufie au fil des siècles, un des plus connus demeure sans doute le poète Rûmi, né à Balkh - dans l'actuel Afghanistan - en 1207 et mort à Konya en Turquie en 1273. Et c’est aussi Rûmi qui a porté le plus d’attention à la musique, à la danse et au son comme vecteurs d’élévation et de connexion divine indispensable dans la quête spirituelle soufie. Ainsi le fondateur de la confrérie mevlévi, les derviches tourneurs comme on les appelle ici, aimait-il à dire : “Plusieurs chemins mènent à Dieu. Moi j’ai choisi celui de la danse et de la musique. Dans les cadences de la musique est caché un secret : si je le révélais, il bouleverserait le monde."
Loin de moi l’idée de bouleverser le monde, en revanche j’ai bien envie de m’intéresser aujourd’hui à quelques secrets d’initié.e.s propres aux rites musicaux soufis en compagnie de deux femmes, deux artistes qui chacune à leur manière, aiment et nourrissent ces traditions mystiques sur scène et ce, malgré les interdits. Oui, car les femmes soufies ne sont censées ni danser ni chanter hors de la sphère privée. Peut-on alors parler d’un soufisme au féminin voire féministe ? A quoi sert la transe des chants répétitifs du dhikr et du samâ, la danse des derviches tourneurs ? Eléments de réponse dans La Potion et bon Mawlid à tous.tes les soufi.e.s !
À l’occasion de la fête du Mawlid, qui célèbre la naissance du prophète Mahomet, laissez-vous envoûter par la beauté des musiques et des chants soufies au 360 Paris Music Factory, dans le 18e arrondissement, le lundi 18 octobre pour une soirée exceptionnelle organisée en partenariat avec le Festival de Fès de la Culture Soufie. Au programme : chants sacrés et autres rythmes syriens, berbères et arabo-andalous. Toutes les infos ici !
Cette semaine, La Potion part (littéralement) en transe avec Corine Sombrun !
Ethno-musicienne, écrivaine et co-fondatrice du TranceScience research Institute, Corine Sombrun est devenue – un peu par la force des choses – une éminente spécialiste de la transe, et plus précisément de la transe cognitive auto-induite. Vingt ans après sa première transe, aujourd’hui Corine Sombrun explore, aux côtés de chercheurs et du Trance Science Research Institute, les vertus thérapeutiques de cette technique ancestrale qui repousse les limites de la conscience. La transe qui fait désormais grâce à elle sa grande rentrée académique avec la création d'un D.U. Étude des transes et des états de conscience modifiés à l'Université Paris 8 à Saint-Denis.
C’est le son d’un tambour qui déclenche la première transe de Corine Sombrun, lors d’un reportage pour la BBC sur un rituel chamanique en Mongolie en 2001. Non sans mal, elle finit par accueillir cette expérience, s’en suit alors huit années d’initiation chamanique toujours, une expérience racontée dans le livre Mon Initiation chez Les Chamanes, une parisienne en Mongolie en 2003, puis par Fabienne Berthaud dans le film Un Monde plus Grand dans lequel Cécile de France incarne le personnage de Corine Sombrun.
Voyage au cœur de la transe, c’est aussi le sous-titre de son nouveau livre, La Diagonale de La Joie, paru aux Éditions Albin Michel au printemps 2021. Ce voyage, Corine Sombrun n’aurait sans doute pas pu le poursuivre sans quelques rencontres décisives en cours de route : Pierre Etevenon d’abord, pionnier de l’étude des états modifiés de conscience, Harlyn Geronimo aussi, arrière-petit-fils du mythique chef apache et médecine man amérindien récemment emporté par la covid-19. Un temps moquée par les scientifiques, la pionnière Sombrun a fondé le Trance Science Research Institute et collabore aujourd’hui avec des neuropsychiatres pour utiliser la transe à des fins thérapeutiques et démontrer que chacun de nous peut entrer en transe, comme elle, par sa seule volonté.
Cette semaine dans La Potion, deux sœurs sorcières : l’écrivaine Isabelle Sorente, à l’occasion de la sortie de son nouveau roman, La Femme et L’Oiseau (ed. JC Lattès) et la musicienne Flèche Love avec nous dans La Potion pour un live onirique et mutant, quelques jours avant la sortie de Naga Part. 2, son nouvel EP.
Isabelle Sorente, la métamorphe
Née à Marseille en 1972, Isabelle Sorente s’est d’abord passionnée pour les mathématiques et la physique, univers à part entière qui allait la conduire à devenir major aux Mines de Paris, polytechnicienne et pilote à l’École Nationale de l’Aviation Civile. Experte dans l’art de la métamorphose, Isabelle Sorente s’est ensuite tournée vers le théâtre puis vers l’écriture en publiant “L” en 2001, son tout premier roman. Hasard ou pas, force est de constater que le thème de la transformation revient sans cesse, comme un leitmotiv magique, depuis son entrée en littérature, mais aussi celui de la difficulté de s'épanouir du point de vue spirituel dans notre société capitaliste entièrement tournée vers la performance de soi.
Pourtant, il semble qu’Isabelle Sorente ait trouvé une méthode sur-mesure pour traverser la vie en magie même si pendant longtemps, dit-elle, la spiritualité lui faisait l’effet d’un vêtement trop grand. En 2018, l’écrivaine publiait notamment Le Complexe de La Sorcière, un roman-enquête passionnant qui croise deux dimensions. La première historique, sur les traces des chasses aux sorcières dont le trauma s’est transmis en imprégnant aussi profondément qu’inconsciemment la psyché de toutes les lignées de femmes européennes ; la seconde plus intime, où l’autrice se livre à fleur de peau sur son adolescence, en conversation avec une aïeule sorcière. Tous les romans d’Isabelle Sorente naissent d’une vision et c’est encore le cas du dernier en date, La Femme et l’Oiseau, paru début septembre aux éditions JC Lattès, un douzième roman magnétique que j’ai lu d’une traite... comme sous l’emprise d’un sortilège.
La Femme et l’Oiseau, c’est l’histoire de Thomas, 91 ans, rescapé de la Seconde Guerre Mondiale, un Malgré-Nous enrôlé de force à 17 ans dans la Wehrmacht puis emprisonné dans le camp de Tambov, en Russie, un homme mystérieux qui communique avec les oiseaux et semble lire dans les pensées. Arrive ensuite Elizabeth, sa petite nièce, qui tente de survivre à son burn out et de quitter son uniforme de parfaite petite soldate et enfin Vina, l’arrière-petite-nièce, une ado HPI et violente qui finira par trouver le salut dans la forêt, la compagnie et les dons du vieil homme. Là encore, il est question de magie et de traumas transgénérationnels, de liens mystiques au vivant et de métamorphose… Autant d’indices semés à notre attention qui valaient bien une invitation dans La Potion.
Flèche Love, sorcière berbère 2.0
Flèche Love, une artiste très singulière, tatouée de la tête aux pieds. Fille d’immigrée algérienne, berbère, Amina pour les intimes est née et a grandi en Suisse, à Genève. Une double culture tantôt vécue comme une chance et tantôt comme une malédiction. En 2019, Flèche Love sortait Naga Part 1, un disque déroutant qui ira même jusqu’à interpeller Rachid Taha, qui l’invite à partager ce qui allait être son tout dernier duo.
Le 15 octobre prochain Flèche Love sortira Naga Part 2, sept nouveaux titres qui font échos aux sept chakras et naviguent entre les mondes, mêlant dans son chaudron des sons électroniques un peu mutants à des cordes élégantes, des percussions tribales et à des chœurs profonds. En voici un avant-goût sur Nova avec Flèche Love, en live, dans La Potion, avant de la retrouver sur...
Cette semaine, une Potion bien tonique avec Pongo, grande prêtresse du néo-kuduro, avant de retrouver l’artiste italienne Mari Lanera, qui propose une relecture électronique et mutante de la tarentelle avec son projet Taranta Lanera en live dans La Potion.
https://youtu.be/5duWNtire2o
Née à Luanda en 1992, Pongo a quitté l’Angola à l’âge de 8 ans, ses parents fuyant l’une des guerres civiles les plus longues et les plus meurtrières de l’histoire du continent africain - 27 ans, 1 million de morts. Pongo et sa famille démarrent alors une nouvelle vie côté ghetto, en banlieue de Lisbonne et dès lors, la vie de la jeune femme se transforme en une lutte permanente, une lutte pour la liberté. La liberté d’exister face aux difficultés de l’exil, du racisme, de l’intégration et de la pauvreté, liberté face à un père qui paradoxalement lui donne les clés de la danse mais qui lui refuse aussi celle de l’émancipation. C’est lors d’un trajet en train après un accident qui a failli lui coûter la vie que notre Pongo, encore ado, découvre ce qui allait devenir son art et son arme à la fois : le kuduro, cette danse marginalisée qui servait d’exutoire à la souffrance des prisonniers angolais, cette musique qui permet à Pongo la flamboyante de régler ses comptes avec les esprits rétrogrades. Entre semba angolaise, breakdance et furie électronique, le kuduro n’est pas une musique spécialement mystique au départ et pourtant, flirtant avec la transe, électrifiée, presque possédée… c’est à se demander si Pongo n’est pas visitée par un ou deux esprits lorsqu’elle habite la scène !
Pour La Potion, Pongo nous dit tout des bruxos, ces "mauvais esprits sorciers et envieux" qui oppressent les femmes (tiens donc) et dévoile l'intimité de sa dimension spirituelle, très riche notamment grâce à sa grand-mère maternelle qui était guérisseuse traditionnelle.
La spécialité de l'artiste italienne Mari Lanera, c’est la tarentelle, une danse avant tout et une musique de transe originaire du sud de l’Italie et plus précisément du Golfe de Tarente. De tarentelle à tarentule, il n'y a qu'un tout petit pas à faire... Traditionnellement, la tarentelle sert à exorciser le mal provoqué par les morsures de tarentules en dansant jusqu’à la transe, en transpirant tellement que le "tarantolato" (celui qui a été mordu) finit par suer tout le venin de l’araignée. Malheureusement, cette danse thérapeutique s’est un peu perdue au fil des générations, comme de nombreuses traditions paysannes. Mais c’était sans compter une nouvelle génération d’artistes comme Mari Lanera qui, avec son projet Taranta Lanera se charge de renouveler depuis quelques années le répertoire et l’héritage mystique de la tarentelle, en les frottant aux sonorités hypnotiques des tablas indiennes ainsi qu’à la musique électronique, une autre forme de transe s’il en est. La tarantella fa scazziare la gente (la tarentelle fait trembler les gens) : paré.e.s pour un rite de purification ? Pour La Potion, Mari Lanera interprète en live un morceau de son premier album, Taranta Lanera, paru en 2019.
Cette semaine dans La Potion, feu sacré, talisman et rebetiko thérapeutique avec l’écrivaine et musicienne Clara Ysé, avant de retrouver la poésie enchanteresse du duo réunionnais Bonbon Vodou en deuxième partie d’émission.
Dans Le Complexe de la Sorcière, la romancière Isabelle Sorente souligne la puissance magique de la visualisation en évoquant son arrière-grand-mère tunisienne, capable d’interpréter les rêves et donc quelque part, de soigner les gens grâce à l’analyse des images envoyées par leur inconscient depuis les replis de la nuit. Fille d’un peintre et d’une philosophe, Clara Dufourmantelle alias Clara Ysé sait bien, que l’image et le mot sont dotés d’une puissance de transformation extraordinaire, pour soi-même comme pour les autres, qu’elle leur donne corps dans des poèmes, des chansons et désormais un roman : Mise à Feu, le premier roman de Clara Ysé tout juste paru aux éditions Grasset. Mise à Feu, c’est avant tout un grand roman d’initiation qui flirte en finesse avec le merveilleux.
Du vodou, à la Réunion ?
Oui ! Même s’il se fait plutôt discret, en témoignent les petites vierges rouges qui surgissent ici et là, au détour d’une route de montagne. Ni Oriane Lacaille et ni son complice JereM ne pratiquent le vodou et pourtant, leur folk créole est bien née d’un syncrétisme entre leur deux univers : elle, fille du grand ségatier et accordéoniste réunionnais René Lacaille, ami du regretté Alain Péters, et lui, fils de deux psychanalystes aux racines tunisiennes. Comme au péage d’un entre-deux-mondes, Bonbon Vodouvient de sortir Cimetière Créole, un nouvel et deuxième album tout juste paru sur le label Heavenly Sweetness sur lequel on croise notamment la voix de Danyel Waro et les arrangements magnifiques de Piers Faccini. Pour La Potion, Bonbon Vodou interprète en live "Si Rogré", un chant de guérison conçu comme un dialogue avec une ancêtre esclave d'Oriane Lacaille.
Cette semaine, La Potion traverse l’Atlantique pour mettre le cap sur la Caraïbe, avec deux artistes totalement imprégné.e.s par la magie et les traditions spirituelles de l’archipel : le poète et musicien Anthony Joseph, né à Trinidad et désormais basé Londres, ainsi que la flûtiste guadeloupéenne Célia Wa en deuxième partie d’émission pour un live tout à fait astral.
“La poésie est cette démarche qui par le mot, l’image, le mythe, l’amour et l’humour, m’installe au cœur vivant de moi-même et du monde. Le poète est cet être très vieux et très neuf, très complexe et très simple, qui, aux confins vécus du rêve et du réel, du jour et la nuit, entre absence et présence, cherche et reçoit dans le déclenchement soudain des cataclysmes intérieurs le mot de passe de la connivence et de la puissance.” La citation est d’Aimé Césaire, prononcée lors d’un congrès de philosophie à Port-Au-Prince en 1944. En quelques lignes, Césaire résume le mystère intrinsèque et indéfinissable de la poésie. La poésie, mot de passe de la connivence et de la puissance, deux mots qui en appellent un troisième à mon avis, la magie. Tout poète est un peu mage ou sorcier, Rimbaud disait “voyant” et chez Anthony Joseph, c’est le mot flamboyant, l’incantation et l’envoûtement d’un jazz créole qui font de lui un grand alchimiste des matières poétiques et musicales. Abordant le live comme une cérémonie et la scène comme un autel, Anthony Joseph fait de chacun de ses albums un acte de résistance, une arme à la fois politique et hautement spirituelle, à l’image de son nouvel et troisième album, “The Rich Are Only Defeated When Running For Their Lives”, paru au printemps dernier sur le label Heavenly Sweetness.
À l’occasion d’un concert à Paris dans le cadre du festival Jazz à La Villette, je retrouve Anthony Joseph dans un temple de la littérature caribéenne et ultra-marine, la Librairie Calypso, dans le 11e arrondissement de Paris : le lieu idéal pour interroger sa relation spirituelle avec la poésie, les mots, le langage, et la portée magique du créole caribéen. En deuxième partie d'émission, Célia Wa quant à elle nous offre un live céleste inspiré des pulsations sacrées nyabinghi. En juin dernier, la chanteuse, percussionniste et flûtiste guadeloupéenne donnait vie à Wastral (Heavenly Sweetness), un EP conçu comme la carte d’un voyage stellaire, guidé par le sextant de sa poésie créole.
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Dans La Potion, Jeanne Lacaille explore les mondes invisibles de ses invité.e.s. Une expérience initiatique, sensorielle et mystique pour découvrir une nouvelle facette de vos artistes…
Au programme de cette formule désormais hebdomadaire et augmentée : spiritualité et magie, musiques rituelles, musiques du vivant et musiques sorcières, rythmes thérapeutiques, transes traditionnelles ou contemporaines, ancestralités, ésotérisme, transmission et pharmacopées alternatives.

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