La Quille

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By Thomas LOUISSociety & Culture
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La Quille episodes

  • 38 - Pauline Clément de la Comédie-Française : "On est prêt à jouer quoiqu'il se passe sur scène"
    Il y a quelques semaines, je suis allé voir la dernière de « Electre/Oreste » de Euripide, mis en scène par Ivo Van Hove à la Comédie Française. Cette dernière représentation était également la dernière de la carrière prolifique de Bruno Raffaelli, sociétaire depuis près de 25 ans de cette institution qu’on nomme également le Français, ou encore la Ruche. Mais on y reviendra au cours de l'entretien. À la fin, au moment de saluer, Bruno Raffaelli s’est détaché du reste de la troupe, physiquement, un pas en avant, comme seul face à son public, et il a prononcé quelques mots, en guise d’au revoir. Un au revoir, émouvant, acclamé, pas si solennel que ça, à cette troupe, à ces techniciens/techniciennes, à son public, mais également à cette grand aventure pas banale qu’est la Comédie Française. Et j’y ai vu un moment clé dans la vie du comédien, comme on quitte quelqu’un qu’on aime. Très simplement, en douceur, dans la joie même, mais on le quitte malgré tout. Car la Comédie Française, c’est plus qu’un symbole, c’est plus qu’une histoire, c’est une appartenance, une tranche de vie qui va bien au-delà du cadre professionnel. Le sacré, oui le sacré de la chose tient particulièrement à ses codes, à son lieu, à sa réputation, qui, cumulés, en font une spécificité, mieux, une exception française. Appartenir à la Ruche, comme on l’appelle, c’est quelque chose. Alors j’ai décidé d’inviter l’une d’entre eux - celle qui jouait Hermione, en alternance dans "Electre/Oreste" - derrière mon micro pour en parler, très simplement. Pauline Clément, la trentaine, est pensionnaire à la comédie française depuis 2015, et a un parcours qui m’a beaucoup intéressé, entre la notion d’échec qui a rythmé sa scolarité, son parcours en dents de scie, ses troubles de l’orthographe, et cette propension à incarner comme personne. Et ce qui m’a intéressé, au-delà de ça, c’est qu’elle une vraie enfant de sa génération - pourrait-on caricaturer - puisqu’elle concilie un emploi du temps de pensionnaire place Colette et celui d’une faiseuse de sketches. Avec son collectif de vidéastes et comédiens « Yes vous aime », sur Youtube, elle rend la position de comédienne très intéressante à mon sens, comme tournant autour de tout, sans rien s’interdire. Et avec Pauline Clément, on a parlé de sa découverte du théâtre, de cette arrivée et de cette vie à la Comédie Française, ou encore de la notion de troupe lorsqu’on s’apprête à jouer. Bonne écoute !
    39 min
  • 37 - Patrick Poivre D'Arvor, écrivain : "Le germe qui créé l'ambition est profondément solitaire"
    Bonjour à tous et à toutes, je suis Thomas LOUIS, et bienvenue dans la quille, le podcast où chaque semaine, on parle de culture avec ceux et celles qui la font. N'hésitez pas à vous abonner, à suivre La Quille sur les réseaux sociaux, mais également à en parler autour de vous, c'est de toutes ces manières que le podcast pourra se développer au mieux !
    Aujourd’hui, je reçois un écrivain, qui l’a toujours été, mais qu’on a également connu grâce à sa fonction de journaliste, et de présentateur. Patrick Poivre d’Arvor a été ce qu’on appelle le "visage de l’information" sur TF1 pendant plus de vingt ans, et publie aujourd’hui son nouveau roman, « l’Ambitieux » aux éditions Grasset, qui fait suite à « La vengeance du loup », qu’il a publié l’année dernière. "L'Ambitieux", c'est ’histoire de l’ascension politique de Charles, un trentenaire dont le rêve d’enfant, et l’ambition, n’est autre que… devenir Président de la République. Sur fond d’histoire personnelle, d’affaire amoureuse ou encore de menaces rodant au-dessus de cette ambition, Patrick Poivre d’Arvor tisse le portrait d’un monde politique dont on ne maîtrise pas toujours les rouages. Car atteindre le pouvoir n’est pas une affaire banale, et c’est ce qu’il nous montre ici... Et avec Patrick Poivre d’Arvor, on va parler de la notion d’ambition qui imprègne ce roman, du rôle des médias lorsqu’on fait une carrière politique, quel quelle soit, ou encore de la présence de la culture aujourd’hui à la télévision, bien différentes d’il y a encore quelques années. Bonne écoute !
    23 min
  • 36 - Alice Odiot & Jean-Robert Viallet, réalisateur/ice :"La prison est une existence contre-nature"
    Aujourd’hui, je reçois non pas un invité, mais deux invités : Alice Odiot, et Jean-Robert Viallet. Ils ont réalisé le film documentaire « Des hommes », en salle actuellement. "Des hommes", c’est une immersion dans la prison des Baumettes, à Marseille. 30.000m², 2000 détenus, dont la moitié n’a pas 30 ans, enfermés à 2 voire 3 personnes dans des cellules de 9m². En 2012, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, qualifie les conditions de détention de la prison d’"inhumaines".
    La première scène du film montre un homme enfermé dans une sorte de cachot, à la recherche d’une cigarette. Seule une vitre en plexyglas le sépare de la caméra. Comme un moyen de le rencontrer. Et cette cigarette, cette foutue cigarette, il ne la trouve pas. Et ça le rend dingue. Cette scène est la première, mais aussi la dernière scène du film, car le quotidien, aux Baumettes, c’est cyclique, c’est redondant, c’est dur. Mais il y a aussi de l’humanité, des rires, des rencontres, que Jean-Robert Viallet et Alice Odiot montrent à merveille, comme si toute peine n’était pas fondamentalement perdue. Et avec eux, on va parler des conditions de tournage dans un tel lieu, de la figure des surveillants de prison, ou encore du système judiciaire français, perfectible à certains endroits. Bonne écoute !
    34 min
  • 35 - Emmanuelle Richard, écrivaine : "On a tous été concerné par l'abstinence"
    Pour introduire cet entretien, je voulais vous raconter une histoire. L’histoire de Paul, retraité, qui vit avec son épouse une vie de couple intellectuellement riche, socialement développée, où les activités sont nombreuses. Et pourtant, chaque soir, Paul et son épouse dorment séparément, et depuis plus de 35 ans, ils vivent une période d’abstinence, sans pour autant répudier l’autre corps, et sans relation extraconjugale non plus. Il n’en parle pas, cela ne semble pas poser de problème, personne n’a l’air malheureux, alors il n’y a pas de sujet. Et pourtant, à bien y réfléchir, il y a peut-être quelques stigmates du passé, quelques frustrations bien enfouies, que Paul a fait mine de ne pas voir, de ne pas tenir, et puis c’est passé. Et puis, au fond, avec son épouse, il s’aiment. Alors ça va. Cette histoire, Emmanuelle Richard nous la raconte dans son livre qui vient de sortir chez Flammarion, « Les corps abstinents ». Dans ce recueil de témoignages, à mi chemin avec l’essai, Emmanuelle Richard place la notion d’abstinence au centre, celle qui, au final, fait appel à ce qu’il y a de plus commun dans nos vies : l’amour, la séduction, la libido, la masturbation, l’autre, le désir, la confiance, l’engagement, le corps, la tendresse, les codes, le couple, le sexe, les sentiments, les envies, les frustrations, bref, l’abstinence est un thème presque collectif. Emmanuelle Richard met donc ici en exergue des témoignages, d’inconnus, mais aussi le sien, ce qui n’est pas sans nous rappeler que la littérature est toujours une affaire de soi. Et avec Emmanuelle Richard, on va parler de la charge sociale que représente la sexualité, des stéréotypes à déconstruire autour de la question, ou encore la question de l’intime en littérature. Bonne écoute !
    29 min
  • 34 - Xavier De Moulins, journaliste et écrivain : "Dans le deuil, la culture, c'est ce qui sauve"
    Cette semaine, je reçois le journaliste et écrivain Xavier de Moulins. Il vient de publier son septième livre chez Flammarion « Le petit chat est mort ». Pour la première fois, il ne publie pas un roman, mais bien un récit, le récit de la mort de son petit chat. Après avoir accepté d’adopter un chaton - un peu sous la pression de ses enfants - Xavier s’est peu à peu attaché à ce qu’on appelle communément cet "animal de compagnie", jusqu’à sa mort brutale, inattendue, douloureuse. Car oui, la mort d’un chat, c’est un bouleversement du quotidien, mais aussi un renversement identitaire, où le travail de deuil a toute sa place. Socialement malmené, pourtant, la mort de son chat, ça veut dire bien plus de nous et des autres que ce qu’on pourrait penser. Et avec Xavier de Moulins on va parler de ce que représente un chat dans un cadre familial, du travail du deuil on ne peut plus symbolique, de ce que la littérature peut nous apporter dans ce moment si particulier, ou encore de l'écriture littéraire, bien différente de l'écriture journalistique. Bonne écoute !
    28 min
  • 33 - Amélie Du Chalard, galeriste : "Repenser le schéma traditionnel de la galerie"
    Aujourd’hui, on va parler d’art, de la place qu’une oeuvre d’art prend dans un espace, avec la galeriste Amélie du Chalard. Il y a quelques années, elle a créé Amélie Maison d’Art, une galerie d’art contemporain avec un gros penchant pour l’abstraction, dont le concept change de ce qu’on a l’habitude de s’imaginer, puisque la galerie n’est autre qu’une maison, une vraie ! Une manière plus accessible de montrer les oeuvres d’art, dans un contexte plus familier, où il est possible de se projeter facilement, notamment grâce à des accrochages personnalisés. Cette alternative aux galeries traditionnelles parfois perçues comme trop élitistes, Amélie la met en perspective en plein coeur de Paris, et pose notamment la question de la place que l’on accorde à l’art dans nos quotidiens. Et avec Amélie du Chalard on va parler de ce concept qu’est la Maison d’Art, de son profil de collectionneuse, de ce qui fonde la notion même d’oeuvre, ou encore de ce qui rend l'art, abstrait ou non, plus ou moins cher. Bonne écoute !
    22 min
  • 32 - Pierre Yovanovitch, architecte d'intérieur : "La beauté est toujours liée à la culture"
    Aujourd’hui, on va parler de goût, d’art, d’espace, puisque je reçois l’architecte d’intérieur Pierre Yovanovitch. Après avoir travaillé aux côtés de Pierre Cardin, Pierre ouvre son agence parisienne en 2001. Depuis, il figure parmi les meilleurs architectes d’intérieurs du monde selon le connu et reconnu AD. Avec un style épuré, moderne, et équilibré, il a créé son univers grâce à des projets éclectiques, des plus privés aux plus institutionnels. De l’hôtel Marignan à Paris, en passant par le flagship Christian Louboutin, la nouvelle galerie de Kamel Mennour, mais aussi de gros projets résidentiels. Vous l’aurez compris, la réputation de Pierre n’est plus à prouver, si bien qu’il a finalement ouvert sa première adresse à New York, en 2018. Et avec Pierre Yovanovitch, on va parler de ce que ça implique d’utiliser les contraintes d’un lieu pour répondre à une demande, de ce qu’aménager un intérieur veut dire de nous, ou encore de la notion de goût et de la manière dont elle entre en jeu. Bonne écoute !
    27 min
  • 31 - Isabelle Sorente, romancière : "La sorcière est une messagère de notre mémoire"
    Cette semaine, je reçois la romancière Isabelle Sorente, qui publie « Le complexe de la sorcière » aux Éditions JC Lattès. On entend beaucoup parler de cette figure ancestrale de la sorcière, et pour cause, elle est passionnante, et symptomatique de notre société contemporaine. Entre le 15ème et le 17ème siècle, des femmes, majoritairement, étaient pourchassées, persécutées, exécutées par des hommes, sous prétexte qu’elles incarnaient sommairement une image négative de la femme. Et pour Isabelle Sorente, encore aujourd’hui, les stigmates sont toujours là, et expliqueraient bon nombre de ses questionnements d’enfance, qui se répercutent nécessairement sur sa vie d’adulte. Comme une sensation d’être hors norme, d’être ici et là bas, qui mène à une quête de soi perpétuelle, et qu’elle raconte très bien dans son livre. Car on s’aperçoit rapidement que lorsqu’elle était enfant, la narratrice subissait le harcèlement scolaire, celui d’une meute sur une proie, qui, à la lumière de ce livre, peut facilement se rapprocher de cette chasse aux sorcières. Et avec Isabelle Sorente, on parle ensemble de la raison pour laquelle Isabelle s’est penché sur cette figure, du symbole qu’est cette sorcière, du rapport que cette dernière entretient avec le féminisme aujourd’hui, ou encore de la place de l’homme dans tout ça, bonne écoute !
    30 min
  • 30 - Constance Debré, écrivaine : "La littérature fait ce que l'on est"
    Aujourd’hui, je reçois Constance Debré, qui, depuis quelques temps maintenant, a quitté sa casquette d’avocat pour celle d’écrivain. Après son roman "Play Boy", qui mettait en scène une entrée dans le monde homosexuel (via les amours, les sexualités, et le changement de perspective de vie), elle poursuit son travail d’autofiction avec "Love me Tender", publié chez Flammarion. En creux, il y a cette question de l’amour, sous toutes ses formes, notamment l’amour maternel. Au milieu, il y a ce fils, que le père veut retirer à la mère. Et entre tout ça, il y a ces rencontres, dont on ne sait où elle vont si ce n’est à l’essence même de soi. Vous le verrez, Constance est une femme passionnante, je n’ai pas eu besoin de beaucoup parler tant elle porte en elle son livre et sa vision d’une vie qui n’éclate aucun codes sinon les siens. Elle nous parle de famille, d’homosexualité, de l’écriture de l’intime, mais aussi de son dernier coup de coeur culturel, qui, par un heureux hasard, se trouve être mon livre préféré (teasing !), bonne écoute !
    36 min
  • 29 - Pierre Deladonchamps, acteur : "Je crois beaucoup à la virilité cérébrale"
    Tout d’abord, je vous souhaite une très belle année 2020, pleine de culture, bien sûr, et j’en profite également pour vous remercier d’être progressivement de plus en plus nombreux et nombreuses à m’écouter donner la parole à ses écrivains, à ses comédiens, à ses musiciens, à ses philosophes. Et à m’encourager, ce qui est, mine de rien, très important pour moi qui gère ce podcast tout seul avec rien sauf l’envie de le développer. Pour ce premier entretien de l’année, je reçois l’acteur Pierre Deladonchamps, qui est à l’affiche du nouveau film de Valérie Donzelli, "Notre dame". On l’a découvert grâce à « L’inconnu du lac » de Alain Guiraudie, qui lui a valu le César du meilleur espoir en 2014, mais aussi, grâce à "Plaire aimer et courir vite", de Christophe Honoré, "Le fils de Jean", de Philippe Lioret, ou encore "Les chatouilles", de Andréa Bescond et Eric Metayer. Et dans ce nouveau film, "Notre dame", il incarne un journaliste, qui va couvrir le chantier de la reconstruction du parvis de Notre-Dame, et qui se trouve également être l’amour de jeunesse de l’architecte en charge du projet, que joue Valérie Donzelli elle-même. Et avec Pierre Deladonchamps, on va parler du genre qu’est la comédie, de la notion de virilité au cinéma, de son lien avec son corps lorsqu’il tourne un film, mais aussi de son rapport aux journalistes, bonne écoute !
    29 min

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