Bonjour à tous et à toutes, je suis Thomas LOUIS, et bienvenue dans la quille, le podcast où chaque semaine, on parle de culture avec ceux et celles qui la font. Et cette semaine, j’ai discuté avec un écrivain bien installé dans le paysage littéraire français : Arno Bertina. On le connaît avec des romans comme « Des châteaux qui brûlent », en 2017, “Anima Motrix”, en 2006, ou encore "Énorme", roman jeunesse publié en 2009. Et en ce mois de mars, on le retrouve avec "L'âge de la première passe", qui vient de paraître aux éditions Verticales, et avec lequel il se penche sur un nouveau genre : le récit documentaire. Dans ce livre, Arno Bertina dit, page 124 : « Un fait est toujours le résultat d’une histoire, d’un contexte, d’un climat. ». Il me semble que la publication livre est le résultat d’un voyage, que Arno a effectué, de manière décousue de 2014 à 2018, à l’initiative d’une petite ONG, l’ASI. Je dis « voyage », en réalité, il s'agit davantage d'une plongée au cœur du Congo où il était en charge d’animer des ateliers d’écriture auprès de filles de 13 à 18 ans. Des mineures donc, dont la vie était régie par la prostitution. À partir de ce matériau devenu littéraire, Arno Bertina a tiré une espèce de journal de bord, de témoignage, de faux roman, d’objet littéraire qui place au centre ces filles de rues, si jeunes et pourtant déjà si avancées, dont les blessures sont aussi poreuses que le milieu dans lequel elles évoluent, entre Brazzaville et Pointe Noire. Et avec Arno Bertina, on a parlé de la domination sexuelle dont souffrent ces filles, de leur vulnérabilité au cœur de la rue, mais aussi de la position d’Arno, homme blanc européen, au cœur de ce milieu, ou de ce rapport à l’écriture, pour lequel il était d’abord venu et qui compromet - ou non - l’expression de l’intime. Bonne écoute !
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