La Relève

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By La RelèveMusic Commentary
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La Relève episodes

  • Carys Davies Éclaircie (Quai Voltaire)
    Aujourd'hui on recevait Carys Davies autrice d'Eclaircie chez Quai Voltaire traduit de l'anglais par David Fauquemberg. Ce roman a obtenu le prix du meilleur livre étranger 2025.
    Où il a été question d'iles désertes ou presque, d'une vache et d'un cheval, de deux hommes et d'une extraordinaire héroïne, Mary, de la place du lecteur, du bonheur de traduire, des langues qui disparaissent, de la propriété de la terre et de qui a le droit d'y vivre, de littérature et de comment naissent les idées et d'un dictionnaire de langue norne... 
    Pour la photo de l'autrice : (c) Alexandre Weinberger / La Table Ronde. Tous droits réservés
    La chronique de début d'émission était consacrée à Kairos de Jenny Erpenbeck, traduit par Rose Labourie  (Editions Gallimard) (seul le prononcé fait foi) 
    Mais avant de commencer, est-ce que vous croyez vraiment que l’amour est plus fort que tout ? 
    Je ne sais pas si Katharina et Hans se posent cette question.. mais ce soir j’avais envie pour commencer de vous parler de Kairos, un roman écrit par une autrice de l’ex Allemagne de l’Est parce qu’on ne parle pas assez de la littérature allemande en général. 
    Tout commence par ce qu’on appelle d’habitude un coup de foudre un soir de 1986 à Berlin Est. Katherina et Hans se rencontrent par hasard dans un bus.. Bon y’a une particularité c’est que lui a 34 ans de plus qu’elle, qu’il est marié, a un enfant. il est écrivain, a un poste à la radio nationale.. quand elle n’est qu’étudiante, vit chez ses parents et se cherche encore largement. 
    Tout commence pour le mieux entre les deux qui vivent une véritable passion..  fusionnelle. mais bientôt la vie les séparera et l’homme qui se partage entre deux femmes vivra très mal que la jeune femme rencontre un homme alors qu’elle est partie étudier loin de Berlin.  Commence alors la révéléraiton de ce dont on se doutait quand on pense passion, une emprise suffocante et sadique de la part d’un homme. Vous me direz peut être qu’on a déjà lu ça, mais sûrement pas comme ça et pour au moins deux raisons : 
    par son écriture, l’autrice réussit à rendre sensible les étapes de cette amour. le jeu sur les pronoms personnels est particulièrement passionnant (oui je sais cette phrase peut paraître bizarre et pourtant je la maintiens) De même, l’emprise est aussi une question de mots, de rabâchage, de répétitions jusqu’à faire perdre au mot leur sens. 
    l’autre raison c’est qu’on est en allemagne de l’est en 1986 si vous l’aviez oublié, trois ans avant la chute du mur. et ce n’est pas anodin car Hans est un personnage de ce régime.. il est venu vivre à l’est après la guerre, il a fréquenté l’élite intellectuelle.. et dans ce pays où le pouvoir abuse, il est lui aussi un rouage… créant un effet d’écho étonnant entre l’intime et le politique.. quand le couple s’effondre en même temps que le mur)
    les pages finales sur l’espèce de gueule de bois des Allemands de l’est ayant retrouvé la liberté sont d’une profonde justesse. 
    Malgré les apparences, ce n’est pas un roman historique. ce n’est pas un roman d’amour. c’est l’un et l’autre et c’est bien plus que cela (je crois qu’on entend que ce roman m’a enthousiasmé!)
    Puis on a écouté Kate Bush Running up that hill 
    L'émisssion était réalisée par Simon. Merci.
    33 min
  • Kévin Thiévon pour La bouche dans le sable (Ed. Le bruit du monde)
    Aujourd'hui, on recevait Kévin Thiévon, primo romancier auteur de La bouche dans le sable aux éditions Le bruit du monde. 
    Où il a été question de Bagdad, des grands-parents, de l'adolescence, des blessures, des rencontres, de l'attirance pour la violence, de la transmission, des parcs d'attraction et du Tibre, de photographie, de l'Histoire et des histoires qu'elle produit et du rôle que peut avoir la littérature. 
    La chronique de début d'émission était consacrée à Intermezzo de Sally Rooney (Gallimard/Folio)
    Mais avant de commencer, est-ce que vous pensez qu’un amour peut aider à traverser un deuil ? 
    C’est la question posée à Ivan et Peter, deux frères qui, au début du roman, viennent d’enterrer leur père. Ce sont les personnages d’Intermezzo, le dernier roman de l’écrivaine irlandaise Sally Rooney, roman qui vient de paraître en poche. Sally Rooney Ce nom vous dit peut être quelque chose car elle a écrit Normal People, un roman adapté sous la forme de série et a valu à l’autrice le surnom de Jane Austeen 2.0, tant elle excelle comme son illustre aînée à décrire les sentiments. On a aussi parlé de surdouée des lettres irlandaises ce qui est mérité au regard des quatre romans qu’elle a déjà publié à 30 environ. Mais ce qui est immérité, tant tout les romans irlandains sont réussis. 
    Si je vous parle cesoir d’Intermezzo, c’est que j’ai beaucoup aimé ce livre notamment parce qu’ il n’y a pas tant de livres que ça qui s’intéressent à ce qui se passe au sein d’une fratrie… ce sentiment particulier très fort et complexe. où la plus plus grande proximité peut s’accompagner de la plus grande incompréhension Peter et Ivan ne font pas exception et le roman raconte bien cette relation faite d’affection sincère mais aussi de colère, de ressentiment … d’autant que la diffférence d’âge entre les deux frères est élevé. 
    On peut difficilement imaginer personnes plus opposées. l’aîne est un brillant juriste, le cadet un champion local d’échec qui stagne un peu monomaniaque. Le premier est une sorte de bête sociale à l’aise  partout, quand le second est plus à l’aise pour faire mat sur un échiquier que pour nouer des relations avec les autres. 
    L'un et l’autre essaient de vivre des histoires d’amour que certains jugeront compliquées. Où l’on découvre qu’en Irlande il est difficile pour une quadragénaire séparée de son mari de tomber amoureux d’un jeune joueur d’échecs. Peter a d’autres problèmes, partagé entre deux femmes : son grand amour blessée après un accident et une femme beaucoup plus jeune que lui (ça ça ne pose de problèmes à pas grand monde) mais  avec laquelle il entretient une relation non dénuée d’intérêt.. 
    Comme on disait à une époque sur les réseaux sociaux, ils sont en couple mais c’est compliqué
    Le roman est dense, écrit simplement au plus près des personnages et de leurs émotions. IL y a un signe qui ne trompe pas : les scènes d’amour sont à la fois très simples, écrites avec précision et émotion.  
    Intermezzo de Sally Rooney a été publié aux éditions Gallimard  ou en poche chez Folio et c’est traduit par Laetitia Devaux.
    Pendant l'émission, on  écouté Romain Muller À l'envers
    L'émission était réalisée par Simon. 
    La photo est un détail de la couverture. (c) Tous droits réservés - Le bruit du monde
    32 min
  • Jean Desportes pour Clandestin familial (Ed. du Rocher)
    Jean Desportes publie son troisième roman aux éditions du Rocher, Clandestin familial, une sorte de voyage en terre inconnue : bienvenue (ou pas) dans la grande bourgeoisie catholique neuilléenne. 
    Où il a été question de l'argent, de l'homosexualité, de la chaleur de certains foyers et de la froideur de certaines familles, de la financiarisation, de la violence de la compétition pour le sommet du pouvoir (financier), de la punkitude des évangiles et du conformisme de certains croyants. Et de bien d'autres choses et le tout en moins de 30 minutes.  
    L'émission était réalisée par Simon. 
    La chronique de début était consacrée à Méteors de Hubert Charruel et Claude Le Pape. 
    Mais avant de commencer, vous est-il déjà arrivé de trouver une solution qui vous plonge dans un problème pire que celui que vous pensiez résoudre ? 
    C’est ce qui arrive à Mika et Daniel, quand après une soirée arrosée et enfumée (l’abus d’alcool et de drogues est dangereux pour la santé, je le rappelle), les deux amis se retrouvent dans un projet délirant de vol d’un Maine Coon, un chat de concours qui répond au doux nom de Sunset de la Charladière. 
    Les deux bras cassés se retrouvent vite rattrapés par la police et la justice. Pour échapper à la prison et peut être réaliser enfin leur rêve de partir à la Réunion, ils doivent prouver leur bonne volonté. Pour cela, il leur faut un bon travail stable et décrocher de leurs diverses addictions… 
    Les deux acceptent et vont voir leur pote Tony, celui qui a réussi et qui a une entreprise de BTP. Il accepte de les embaucher et les deux amis vont se retrouver sur un chantier d’enfouissement de déchets nucléaires. ça c’est pour le travail. pour les addictions c’est plus compliqué notamment pour Daniel et l’alcool (oui oui la bière c’est de l’alcool). Commence alors un film qui pose la question de ce que peut ou pas l’amitié, des addictions aux substances mais aussi aux personnes.. le tout sans jamais être donneur de leçon. 
    Je vous parle de Meteors le deuxième film très réussi d’Hubert Charruel et Claude Le Pape. Commençons par la formidable distribution composée pour les rôles principaux de Salif Cissé, Idir Azougli, et Paul Kircher.. Si le premier interprète le patron de la PME de BTP, les deux autres composent avec humanité le duo de jeunes adultes un peu perdus.. on ne sait pas grand chose de leur famille, de leur parcours, de comment ils se sont rencontrés.. mais leur duo de potes est une évidence absolue. On pense aux travaux de Benoit Coquard dans Ceux qui restent (ed la Découverte) et son sous titre en forme d’anti-programme “Faire sa vie dans les campagnes en déclin”
    Le film réussit aussi à créer une drôle d’ambiance que ce soit dans cette grande maison à moitié abandonnée habitée par Mika et Daniel, dans les merveilleuses séquences nocturnes filmées à Saint Dizier ou encore sur ce chantier nucléaire très abstrait. 
    Voilà j’espère que vous serez nombreux à aller voir Meteors d’Hubert Charruel et Claude Le Pape. c’est actuellement au cinéma.
    Pendant l'émission on a écouté Paris amour de Keren Ann
    Retour en 2019 avec Ugo Bienvenu qui était venu parler de Préférence Système. Aujourd'hui, il est l'auteur et le réalisateur d'Argo, son premier long métrage d'animation qui a été primé au festival d'Annecy.
    31 min
  • Melvin Mélissa Une pieuvre au plafond (Ed. Rivages) //Pierre et Florent Ostension (rencontres photographiques Paris Xe)
    Aujourd'hui on recevait, Melvin Mélissa, autrice d'Une pieuvre au plafond, un premier roman aux éditions Rivages où, tiens tiens il y a un photographe.  Pierre et Florent étaient aussi nos invités ; ils sont photographes et dans le cadre des rencontres photographiques du 10e arrondissement, on pourra aller voir Ostention, leur exposition à  galerie Porte B  à partir du 11 octobre. 
    Où il a été question de photographies, d'artistes, de céphalopodes, de procession, de femme-poisson et de mouchoirs, d'émotions et d'addictins, d'Andersen et d'Irvine Welsh ... et de tellement d'autres choses. 
    L'émission était réalisée par Simon.
    La chronique de début était consacrée à l'affaire Rachel, un roman de Caroline O' Donoghue, un roman paru aux éditions Mercure de France et en Folio.  
    Mais avant de commencer, je vais vous raconter comment j’ai réalisé que j’étais ringard. 
    C’est l’histoire d’un roman qui était resté dans une pile à livres et que j’ai découvert avant de partir en vacances et que j’ai donc emporté. l’affaire Rachel de Caroline O’ Donoghue paru au mercure de France dans une traduction de Sylvie Doizelet. Emballé par le roman, je me réjouissai d’en parler dès la rentrée, quand j’ai croisé sa version poche chez FOLIO ceint d’un bandeau Le phénomène TikTok. Et Rip de mon rêve de découverte.. on s’en fout de mon ego vaguement vexé et on revient à l’affaire Rachel.. 
    Accrochez vos ceintures car l’histoire n’est pas simple.. rachel est une jeune fille de la bonne société de Cork qui travialle dans une librairie où elle rencontre James un jeune homme qui vient d’une famille populaire et qui rêve d’écrire une série. Entre eux, il y a un coup de foudre amical et ils deviennent colocataires dans une maison pas vraiment confortable.
    Pour séduire son professeur de lettres, Rachel a l’idée d’organiser à la librairie une signature où si séduction il y a ce n’est pas forcément entre elle et le professeur. Mais l’amitié est plus forte que tout. Tout se corse quand Rachel travaillera pour la femme de ce professeur, qui édite de la poésie.. mais chut
    C’est drôle et intelligent, tordu juste ce qu’il faut.. ça raconte les années fac, la puissance de l’amitié quand on s’émancipe de ses parents.. ce moment où il faut se lancer dans le monde, alors qu’on n’est pas sûr de grand chose. les personnages sont attachants malgré leurs défauts et pour des actions pas toujours très chouettes.. 
     ça raconte aussi un pays, l’Irlande confrontée à une crise économique qui vient ébranler la sécurité financière des notables (les parents de Rachel sont dentistes et ébranlés par la situation) C’est un roman où les personnages secondaires sont aussi bien traitées (je pense aux deux  frères de Rachel mais aussi à celui dont elle tombe amoureux, un drôle de garçn qui est merveilleux quand il est là, mais qui peut disparaître parfois d’un claquement de doigt)
    Ça s'appelle L’affaire Rachel. C’est signé de Caroline O Donoghue traduit par Sylvie Doizelet aux éditions Mercure de France pour le grand format ou en poche chez Folio. Et si vous ne me croyez pas, rappelez vous c’est aussi un phénomène Tiktok et on peut le dire les tiktokeureuses ont sacrément bon goût.
    Pendant l'émission, on a écouté Tyler, The Creator, pour Like him 
    Fun fact : cette émission dure 44 minutes et 44 secondes, c'est peut être un détail pour vous.. mais nous on est fier !
    45 min
  • Sasha Georges, écrivain auteur de Physiquement (Ed. Julliard)
    Aujourd'hui, on recevait Sasha George pour son premier roman Physiquement aux éditions Julliard. Où il a été question de féminisme et de famille, d'écriture en 2025, de rap (un peu), de littérature (beaucoup), de politique, de violences intrafamiliales, de premier roman, de rentrée littéraire, mais aussi de narration, et de la manière dont les livres changent les persnnages, les lecteurs mais peut être aussi leur auteur. 
    La chronique de début était consacrée à Le Tout de Dave Eggers Gallimard (Traduction Juliette Bourdin)
    Mais avant de commencer que seriez vous prêt à faire pour lutter contre un géant de la tech.. 
    C’est la question à laquelle doit répondre Delaney, une jeune fille qui en veut beaucoup au Tout une super entreprise de la tech qui contrôle tout sur tout ou presque. C’est qu’elle a quelque raison de leur en vouloir… alors elle se fait embaucher pour la subvertir de l’intérieur…
    C’est la trame du nouveau roman de Dave Eggers dont on retrouve ici tout ce qu’on a aimé chez lui. A commencer par le fait que c’est un super conteur, un auteur qui sait écrire et développer une histoire sur 600 pages sans être jamais ennuyeux. Comme dans le Cercle qui a été adapté au cinéma, Le tout raconte les grandes entreprises de la tech de l’intérieur et par moments on sy’ croirait presque, même si Eggers s’amuse à exagérer un peu, comme on le fait dans toutes les satires.. vous l’avez compris je vous le recommande. C’est publie chez Gallimard et traduit par Juliette Bourdin.
    Pendant l'émission, on a écouté Les nuits Chrysler de Pascal Philipp
    L'émission était réalisée par Delilah
    37 min
  • Reine Bellivier La hideuse (Bourgois) // Jérôme Schmidt Las Vegas (l'arbre qui marche)
    L'émission était réalisée par Pierre (Bonjour et bienvenue Pierre)
    Pour sa  pré-rentrée, la Relève a réuni deux invités parce qu'on en avait envie, et, si vous voulez vraiment une raison, parce qu'au retour des congés estivaux (pour de nombreuses personnes mais pas toutes.. on n'oublie pas celles et ceux qui ne peuvent pas partir) on avait envie de parler de ceux qui partent. Pour toujours ou pour Las Vegas. Alors on a invité : 
    - Reine Bellivier est l'autrice d'un premier roman remarqué paru chez Bourgois : La hideuse.
    - Jérôme Schmidt a publié un guide d'un genre nouveau aux éditions L'arbre qui marche, guide consacré à la ville incroyable de Las Vegas. 
    Où il a été question du pouvoir la fiction, de la fiction dans la fiction, d'une ville qui ressemble à une fiction, à des joueurs qui perdent pour pouvoir gagner, des messages de la police de Vegas, mais aussi des gens qui laissent la porte ouverte avant de disparaître, de la soif d'ailleurs, du tissage de mots ou du trousseau brodé. Des femmes et des hommes qui rêvent d'ailleurs. De ceux qui disparaissent et de celles qui trouvent une place à elles. Ou l'inverse. 
    Pendant l'émission on a écouté The Pirouettes, Sous les cocotiers
    46 min
  • Philippe Vilain Mauvais élève Ed Robert Laffont
    Pour la dernière de la saison, Philippe Vilain auteur de Mauvais élève chez Robert Laffont (Crédit photo : détail de la photo du bandeau en illustration) était l'invité de la Relève. Nous n'étions ni dans une grotte, ni dans une cathédrale, mais on avait un gros problème technique... et on a fait avec les moyens du bord... L'écho créé un effet surréel... un effet Naples sûrement (ou plus prosaïquement, un effet Whatsapp)
    Où il a été question .... Où on a appris que bien avant les américains, Stendhal a parlé de mid life crisis (il ne devrait pas nous en vouloir pour cet anglicisme), qu'il y a des livres qui ne nourrissent pas et des livres avec plein de bonnes choses dedans, qu'être un cancre peut être une souffrance... ou encore qu'à moins de s'appeler Cesare Pavese, on ne parle pas de bel été, mais d'un bon été 
    L'émission était réalisée par Simon et ses nerfs d'acier (face à l'écho.. il n'a pas abandonné. merci)
    Si tout avait fonctionné correctement, vous auriez pu entendre cette chronique à propos du dernier (en date) du roman de Dave Eggers : 
    Mais avant de commencer que seriez vous prêt à faire pour lutter contre un géant de la tech.. 
    C’est la question à laquelle doit répondre Delaney, une jeune fille qui en veut beaucoup au Tout une super entreprise de la tech qui contrôle tout sur tout ou presque. C’est qu’elle a quelque raison de leur en vouloir… alors elle se fait embaucher pour la subvertir de l’intérieur…
    C’est la trame de Le TOUT, le nouveau roman de Dave Eggers dont on retrouve ici tout ce qu’on a aimé chez lui. A commencer par le fait que c’est un super conteur, un auteur qui sait écrire et développer une histoire sur 600 pages sans être jamais ennuyeux. Comme dans le Cercle qui a été adapté au cinéma, Le tout raconte les grandes entreprises de la tech de l’intérieur et par moments on sy’ croirait presque, même si Eggers s’amuse à exagérer un peu, comme on le fait dans toutes les satires.. vous l’avez compris je vous le recommande. C’est publie chez Gallimard et traduit par Juliette Bourdin.
    J’en profite pour signaler la revue Flaash avec deux A. qui se présente comme la revue culturelle et technique d’anticipation. Dans son numéro du printemps, elle a pu interviewer Dave Eggers. où l’on découvre que l’écrivain dont on vient de parler n’a pas d’ordinateur connecté mais possède un téléphone à clapet… Eggers y raconte aussi qu’il a été frappé lors d’un diner par un convive qui estimait ne plus avoir la capacité à gérer lui même sa vie, avant d’ajouter “je préfère confier ça à l’IA”. ON trouve aussi dans ce numéro de flash un dossier sur la tech au féminin mais aussi un article très intéressant sur sur les villes disney (oui oui vous avec bien entendu).. ou encore un dossier photographique sur les piscines tournesol… si vous avez moins de 30 ans vous avez peu de chance de savoir de quoi on parle.. 
    Pour son numéro d’été, la revue Flash s’intéresse à cinq communautés (transhumaniste, gaming, urbaine, transgenre et technocritique) avec deux invités : Kiddy Smile et Mathilde Polidori.
     On va passer un été très stimulant avec ces lectures à mon avis
    Et vous auriez écouté  Giochi di Gambe de Giorgio Poi
    Mais bon, on était tellement tendu que la liaison coupe.. qu'on a tout fait sans s'arrêter... Allez il est temps que la console refroidisse qu'on passe tous de bonnes vacances. À bientôt...
    33 min
  • Camille Perton scénariste et réalisatrice de Les arènes
    Aujourd'hui, on recevait Camille Perton scénariste et réalisatrice de Les Arènes un passionnant premier film, qui suit un jeune footballeur repéré par un agent.  
    Où il a été question de football, des coulisses du sport, de cinéma, de James Gray et de Michael Cimino, des corps, de l'argent et du désir, des acteurs et du cadre et de tant d'autres choses que ce serait dommage de ne pas écouter.
    Passer les champs le court-métrage de Camille Perton et Fabien Cavacas peut être vu en cliquant ICI 
    L'émission était réalisée par Delilah Escherich
    La chronique du jour était consacrée à Bonheur d'occasion de Gabriel Roy aux Editions de l'Olivier.
    Mais avant de commencer, que feriez vous si vous étiez une mère de famille de 12 enfants vivant à Montréal et devant déménager alors que votre mari n’a pas de travail et que sa dernière idée pour réussir lui a valu un nouveau licenciement ?   
    Tel pourrait être le “mauvais” résumé d’un roman publié en 1945 au Québec et qui vaudra à son autrice d’être la première canadienne à obtenir le prix Fémina à Paris. Elle s’appelle Gabrielle Roy et le roman s’appelle Bonheur d’occasion, un titre que je trouve magnifique. 
    Bonheur d’occasion c’est le roman de la débrouille de quelques membres de cette famille dans les années 40 alors que les effets de la grande crise des années 30 se font encore sentir. Le père de famille, AZARIUS, peine à trouver du travail, les secours apportés ont été coupés. Rosa Anna,son épouse, fait tenir le ménage et la famille tant bien que mal. Juste pour vous donner une image : à l’époque les enfants dorment sur des chaises dans un logement qu’on imagine exigü. Florentine l’ainée travaille comme serveuse pour aider à la famille. elle aimerait bien ne pas faire comme sa mère. Elle tombe amoureuse de Jean, un ambitieux bien peu sympathique.. Pendant ce temps là un de ses frères décide de s’engager pour la deuxième guerre mondiale. 
    Telle que je vous le raconte, ça sonne un peu comme un mélodrame. Et d’une certaine façon c’est un, si on appelle mélodrame la matière humaine qui fait la vie des petites gens, quand les rois et les dieux à la tragédie. mais c’est un mélodrame de grande classe. il y a toute la beauté des dialogues écrits dans la langue fleurie et parlée par cette classe populaire.. Il y a toute la finesse psychologique de Gabrielle Roy qui donne sa chance à tous les personnages, décortiquant leurs états d’âme, cherchant toujours à les comprendre jamais à les juger. 
    Et puis il y a ce talent de l’autrice pour mêler l’histoire intime d’une famille et la grande Histoire. POur ma part, j’avais jamais rien lu sur la seconde guerre mondiale vue du Canada.. et j’avoue que ce livre m’a boulversé pour ce que j’ai appris. pour finir je citerai Gabrielle Roy qui dans une interview (que vous pourrez retrouver sur le site de radio campus paris  en cliquant ici) disait : “qu’on n’ait pu faire dans la paix  pour les hommes  ce que l’on peut pour la guerre cela m’a rendu d’une telle indignation que  j’ai eu un désir ardent de l’exprimer à travers des personnages. l’indignation  fut le  moteur de Bonheur d’occasion”
    et j’en profite pour saluer Kev Lambert pour ce très bon conseil de lecture
    Pendant l'émission on a écouté  Depeche Mode Ghost Again
    33 min
  • Laura Chomet La pulpe et le jus (Editions Gallimard)
    Aujourd'hui, on recevait Laura Chomet autrice d'un premier roman : La pulpe et le jus, publié aux éditions Gallimard (illustration : détail de la couverture. Tous droits réservés Editions Gallimard). L'émission était réalisée par Delilah Escherich.
    Où il a été question des gens anxieux, de téléréalité, d'humour, du pouvoir de l'imagination, du pouvoir de l'imagination, de la mélancolie, du cerveau, de la puissance du roman, des gens qu'on aime même s'ils sont pénibles, de ceux qu'on aimerait aider mais qui ne se laissent pas faire, d'un animateur qui fut hypocondriaque,  d'une autrice discrète mais déterminée et des tellement d'autres choses qu'il faut vite écouter ce podcast. Notamment si vous voulez savoir qui est "cette sale petite effrontée dont il est question dans ce roman".  
    L'interview sur YouTube dont il est question dans l'émission peut être regardée ICI 
    La chronique était consacrée à Permission de Saskia Vogel (Ed La Croisée), traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec (seul le prononcé fait foi comme on dit)
    Mais avant de commencer, comment réagiriez si vous observiez d’incessants va-et-vient chez vos voisins ? 
    C’est la situation à laquelle est confrontée Echo, une jeune femme vivant à Los Angeles. Elle revient s’installer dans les maisons de ses parents après la disparition de son père. Est-il tombé de la falaise dans l’océan ? S’est-il noyé ? Son corps réapparaîtra-t-il un jour ? Echo ne le sait pas et doit vivre dans cet entre-deux.. Où elle ne peut pas faire vraiment son deuil. où elle continue d’attendre le retour d’un homme… un retour dont la probabilité diminue chaque jour. . 
    C’est que la vie d’Echo n’est pas trépidente non plus. On est à Los Angeles et si elle a rêvé un jour de faire du cinéma, elle a surtout fait des publicités, dont l’une qui lui a  donné une petite célébrité. Elle pose aussi nue comme modèle dans des cours de dessins… un endroit où elle  retrouve un homme qui ne lui veut pas que du bien… mais on n’en dira pas davantage. Si ce n’est que les hommes ne sont pas vraiment des modèles de bienveillance pour Echo. 
    Avec ou sans père, Echo qui a passé la vingtaine et arrive à l’âge où les rêves que l’on avait doivent se confronter à la réalité. L’âge où le réveil peut être violent. Alors, en attendant ce moment fatal, Echo navigue dans un entre deux. Tout chez elle ne semble être qu’indétermination, à commencer par ses préférences amoureuses. Et la rencontre avec la fameuse voisine sera peut être le début d’un réveil moins difficile qu’on ne pensait.  
    Dans les critiques que j’ai lues de ce livre, on parle beaucoup de sado masochisme… mais dans une version très cérébrale. Permission - c’est le titre du roman dont je vous parle -  est peut être autant et surtout un très grand livre sur la dépression. Celle d’une jeune femme perdue, dnas une ville où ces parents sont venues d’Europe et où elle n’arrive pas à trouver sa place. Los Angeles y est évoquée comme on l’a rarement lu. Ici, ce n’est ni la ville du rêve hollywoodien, ou du bien être californien.  je lis un extrait  “on perd facilement la notion du temps à Los Angeles même quand on est en train de se demander où est papa, si parti veut vraiment dire parti et ce que ça veut dire , être parti. Le soleil et le ciel sont des narcotiques. Vingt-quatre degrés et des après-midi de ciel clair au long des plages, jour après jour après jour”. c’est toute la singularité de ce premier roman qui n’est jamais là où on l’attend…
    Pendant l'émission, on a écouté The Pirouettes "Chanter sous les cocotiers"
    30 min
  • Mathias Bonneau Bûcheron (Editions du Seuil )
    Aujourd'hui,  on recevait Mathias Bonneau est l'auteur de Bûcheron, aux Éditions du Seuil (Photo d'illustration : détail de la couverture. TOUS DROITS RÉSERVÉS Ed du Seuil). L'émission était réalisée par Delilah Escherich.
    Où l'on a parlé des forêts, du bois, du métier de bûcheron, d'un vilain typographe, du rapport de l'Homme et de la Nature, de la beauté d'une coupe, de la vie d'une forêt, d'un métier difficile, des forêts de mots qui sont peut-être bien plus facile à débroussailler que celles de bois.
    La chronique de début d'émission était consacrée à The happy couple de Naoise Dolan aux éditions de l'Olivier. Traduction de Nathalie Peronny 
    Mais avant de commencer, que feriez-vous si votre fiancé disparaissait en plein de milieu de votre fête de fiançailles ? 
    C’est ce qui arrive à Céline qui fête ses fiançailles avec Luke. Si les deux vivent à Dublin, c’est à Londres devant leur famille qu’ils ont décidé d’officialiser leur histoire. Si vous aimez la pop des années 80 et les Rita Mitsouko, en particulier, vous savez sûrement que les histoires d’amour finissent mal en général. Mais il arrive aussiparfois, comme c’est le cas pour Céline et Luke, qu’une histoire d’amour ne commence pas vraiment mieux. 
    Le roman dont je vous parle raconte les jours qui séparent ces fiançailles particulières d’un mariage - ou d’une catastrophe - annoncée-, en donnant successivement la parole aux deux tourtoreaux, au témoin, à la demoiselle d’honneur mais aussi aux invités. Jusqu’au JOUR J qui possède une happy end, même si ce n’est pas forcément celle qui était prévue. Ces changements successifs de points de vue explique pourquoi on  n’arrive pas à se faire un avis définitif sur les différents personnages… Au fil des pages on oscille entre tendresse pour la faiblesse de l’un et agacement devant sa lâcheté. Et inversement, on admire la persévérance d’un autre, avant de s’agacer de son aveuglement. 
    On oscille et on s’amuse car l’autrice, Naoise Dolan, dont c’est le deuxième roman, possède un humour décapant et un sens de la formule redoutable. Mais il y a aussi chez elle quelque chose d’une Jane Austen des années 2020 qui observe avec un oeil perçant les moeurs et les amours des jeunes de la classe moyenne supérieure irlando-londonnienne (on est plutôt pianiste, avocat ou cadre dans une start up).
    (Autre signe des temps à noter dans ce roman : pour ces personnages qui ont pour la plupart une sexualité fluide, la question de l’idendité sexuelle des uns, des unes et des autres  n’est jamais posée.)
    Enfin, l’autrice réussit à créer un suspense qui ne concerne pas tant l’issue de cette histoire si mal partie, que de savoir comment les protagonistes réussiront à s’en sortir.
    Le roman s’appelle The happy couple c’est signé Naoise Dolan c’est parfaitement traduit par Nathalie Peronny qui réussit magnifiquement à rendre les différents niveaux de langage de l’autrice. du grand art ! (d’une langue qui passe du trivial à un certain classicisme).
    Et c’est publié aux Editions de l’Olivier
    Pendant l'émission on a écouté Parcels You got me feeling
    33 min

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