La Relève

La Relève

By La RelèveMusic Commentary
Download on the App Store

La Relève episodes

  • Luca Brunoni En surface (Ed. Finitude) & Guillaume Collet festival Nouveaux rêves
    Pour cette émission, deux invités l'écrivain Luca Brunoni pour son troisième roman, deuxième roman publié en France et premier roman écrit en français par lui-même : En surface aux toujours formidables éditions Finitude. 
    Nous avons aussi reçu Guillaume Collet (qu'on avait reçu pour son roman les mains pleines chez Bourgois)pour évoquer le festival Nouveaux rêves de Saint- Etienne. Une sélection de trois court-métrages est présenté ce soir au cinéma Les trois Luxembourg, rue monsieur le Prince à Paris. 
    Où il a été question du deuxième roman, de la Suisse, des secrets, d'écrire en italien ou en français, d'Henry Miller, du pouvoir des romans, de dilemmes moraux, de court-métrage, des pages à couper... mais aussi de court-métrages, du métier de monteur, de rencontres avec des cinéates... 
    Si vous voulez écouter l'émission avec Joseph Incardona au sujet de son roman La soustraction des possibles.
    Pendant l'émission on a écouté Ofé, Si
    33 min
  • Viktor Kyrylov, la révélation actuellement au Théâtre de belleville dans Maintenant je n'écrirai plus qu'en français
    Viktor Kyrylov est né à Odessa en Ukraine il y a 23 ans. Il est actuellement sur la scène du théâtre de Belleville pour une pièce qu'il a écrite Maintenant je n'écris plus qu'en français. Il y parle de son histoire de jeune ukrainien, bercé de culture russe,  qui apprenait le théâtre dans une des plus grandes écoles de Moscou. Où on a parlé de son histoire, de l'Histoire, de la langue maternelle, du théâtre, de la guerre,  de douleur... mais aussi de Zaz et d'actrices hollywoodiennes !
    Viktor Kyrylov, généreux, nous a sûrement offert les plus beaux silences de radio. Merci à lui. 
    Photo Pauline Le Goff pour le théâtre de Belleville. Tous droits réservés.Reproduction interdite 
    La chronique du jour était consacrée àFils prodigues de Colin Barrett (Ed. Rivages) : 
    Mais avant de commencer, qu’avez vous prévu de faire pour le festival du saumon ?
    Rien sûrement car si vous nous écoutez vous n’êtes pas à Ballina en Irlande, là où se déroule le roman dont je vais vous parler maintenant. Dans cette petite ville, il ne se passe pas grande chose et les jeunes du coin ont pour se divertir le choix entre le pub, les soirées sous substance et un certain ennui. 
    Alors quand les frères Ferdia décident d’enlever Doll parce que son frère Cillian a une dette avec un trafiquant de drogues locales, rien ne va plus. Pour le planquer ils vont chez Dev, un garçon fort physiquement mais qui a été  harcelé durant toute sa scolarité, orphelin et qui voit d’un très mauvais oeil l’arrivée des deux frères et de leurs otages. Cela pourrait être un excellent polar mais c’est encore mieux que ça.
    Le roman marque d’abord par la très grande habileté de sa construction, passant d’un personnage à un autre, mais aussi par des aller et retour entre le temps de l’histoire et le passé des uns et des autres. C’est que ça fait un certain temps qu’à Ballina la vie ne tourne pas rond. Entre un père parti au Canada, un autre hébergé dans un centre psychiatrique après une tentative d’enlèvement, sans parler d’un troisième mort d’un cancer. ne vous y trompez pas, ce livre n’a rien de plombant. 
    On y retrouve la vie avec ce qu’elle a de triste et de joyeux. Et ce grand premier  roman irlandais - son auteur avait jusqu’ici publié un recueil de nouvelles - réussit des portraits de tous ces personnages dans toutes les contradictions. 
    Quand on referme le livre on n’a qu’un regret : il s’appelle Fils prodigues et il aurait pu s’appeller Femmes de têtes.. car les vraies héroïnes ce sont bien les femmes, courageuses intelligentes, ne baissant jamais les bras, qu’elles s’appellent Sheila ou Nicky. et pour finir je vais vous faire une confidence, je ne suis pas un homme à chiens.. mais je n’arrive pas à oublier Georgie, la chienne d’un des personnages.
    ça s’appelle Fils prodigues de Colin Barrett c’est publié chez Rivages dans une impeccable traduction de Charles Bonnot.
    Pendant l'émission on a écouté Bolis Pupul Completely Half
    33 min
  • Le sens de la fuite Hajar Azell (Ed. Gallimard)
    Hajar Azell est l'autrice d'un deuxième roman chez Gallimard : Le sens de la fuite. Par le plus grand des hasards, on a découvert en préparant l'émission qu'elle avait travaillé sur Radio Campus Paris dans l'émission Paris Alexandrie, qu'il est possible de réécouter ici. 
    Où il a été question, de ceux qui partent et de ceux qui restent, des printemps arabes, du métier de grand reporter (si quelqu'un connaît le féminin du mot.. on est preneur grande reportere  c'est pas terrible non ?) d'amour, des pères, d'écrire au plus près et plus juste... et bien d'autres choses qu'il vous reste à découvrir en écoutant le podcast. 
    L'émission était réalisée par Nina
    -------------------------
    La chronique du début de l'émission portait sur Made In France au Théâtre de Belleville 
    Mais avant de commencer, que seriez vous prêt à faire pour préserver votre emploi si votre liberté en dépendait.. 
    C’est bien malgré lui la question à laquelle doit répondre Emile. il va enfin pouvoir retrouver sa famille grâce à un aménagement de peine. Alors quand il arrive dans l’usine qui doit l’employer, il faut que ça marche. Sa liberté en dépend. Or, le directeur de l’usine le prend pour un envoyé de l’actionnaire qui a justement décidé de fermer ce site de production. Alors il va tout VRAIMENT TOUT faire pour réussir à garder l’usine ouverte. Mais il va falloir faire avec les intérêts des uns et des autres, jouer avec un actionnaire bien décidé à se débarrasser de l’usine quoi qu’il en coûte, des politiques pas vraiment à la hauteur - où disons qui ont leur agenda, qui n’est pas celui des salariés, qui eux mêmes ne sont pas tous prêts à tout.. 
    Je ne vous parle pas d’un reportage vu au JT mais bien d’une pièce de théâtre qui est en train d’être créé au théatre de Belleville. Si je vous en parle c’est qu’on y retrouve Paul-Eloi Forget et Samuel Valensi à l’écriture, à la mise en scène et sur scène et qu’on est pas peu fier de les avoir invité pour leur première pièce à la Relève. ça s’appelait l’inversion de la courbe.. Depuis ils ont fait un sacré bout de chemin, avec le succès de Coupures qui a tourné pendant plusieurs mois dans toute la France, et notamment à Paris. 
    Avec Made in France, on retrouve sans défaut tout ce qu’on aime dans leur théatre : leur audace à se saisir de vraies questions politiques pour en faire des sujets de comédie INTELLIGENTE. Car on rit beaucoup à Made in France. Parmi les bonnes idées de ce spectacle on citera la présence sur scène d’une joueuse de batterie -l’instrument de musique - pour signifier l’usine, le travail, les hommes et les femmes en colère.. C’est bien la preuve qu’on peut avoir de petits moyens et de grandes idées. IL faudrait citer toute la distribution qui est formidable. 
    ça s’appelle Made in France au théatre de Belleville à paris. du mercredi au samedi  jusqu’au 29 avril.. et pour les moins de 26 ans, ça coûte 12 euros !
    ---------------
    Pendant l'émission on a écouté
    34 min
  • Ninon Hannecart-Ségal & Pierre Fontenelle (Bijoux à la FAB)//Grégoire Domenach Refuge au crépuscule(Ed. Bourgois)
    Emission réalisée par Pablo
    A la relève on a reçu l'écrivain Grégoire Domenach dont le dernier roman (en date), Refuge au crépuscule, vient de paraître chez Satellites, la collection de poche de Bourgois. Un récit de voyages et de découvertes au Kirghizstan, une région du monde peu connue.
    Nous recevions aussi Ninon Hannecart-Ségal et Pierre Fontenelle, deux jeunes musiciens (sur la photo), qui se sont produits à La Fab (fondation Agnès B) le 20 mars.
    Pour découvrir la pianiste claveciniste, Ninon Hannecart-Ségal dans Crumb 
    et Pierre Fontenelle (ici le duo Kiasma avec Frin Wolter)
    Pierre Fontenelle est aussi responsable de la programmation du Concert des Dames à l'Abbaye Notre-Dame du Vivier.
    51 min
  • Mathilde Henzelin La saison des bêtises Ed Les Avrils
    Aujourd'hui l'invitée était Mathilde Henzelin, autrice de La saison des Bêtises aux éditions les Avrils, un roman où il est question d'une jeunesse qui vit un vide existentiel profond, de paradis artificiel.. un premier roman au style à la fois classique et moderne, parfois triste mais jamais désespéré.
    Où l'on a évoqué Zweig et Schnitzler, The Brutalist et Nicolas Bouvier, le travail de scénariste, les bullshits jobs, la drogue, l'ennuie, la vie, les réseaux sociaux, l'addiction et les drogues, toutes les drogues. 
    La chronique du jour était consacré à Juno et Legs de Karl Geary aux éditions de l'Olivier 
    Mais avant de commencer, avez vous déjà connu une amitié totale ? 
    C’est le cas de Juno et Legs deux adolescents - une fille et un garçon - vivant en Irlande au début des années 80. Leurs années collège ne sont pas vraiment du genre joyeux. On est dans l’Irlande catholique, avec des enseignants du genre sadique, où parler de châtiments corporels semble même un euphémisme tant ce sont plutôt à des tabassages que se livrent les responsables de cette école. 
    C’est après une humiliation de Sean - le vrai prénom de Legs que Juno va prendre sa défense et nouer ainsi une amitié tout en pudeur... L’humiliation par l’enseignant débouchant sur une attaque dans la cour de récréation  (car la violence des adultes est aussi une autorisation donnée aux meneurs de bandes).  
    Juno qui est la narratrice de l’histoire vit dans un milieu social défavorisé.. Sa mère  effectue des travaux de couture pour le voisinage, qui n’a pas vraiment les moyens de les payer.. pendant que le père boit son allocation chômage. 
    Dans ce décor pluvieux - oui oui on est en Iralnde je le rappelle, la vie de Juno et de Legs n’a rien de réjouissant a priori. Et pourtant ce récit n’est pas plombant. Croyez moi : une fois le livre ouvert vous n’aurez pas envie de le lâcher. 
    Cela tient je crois  au style de Karl Geary, l’auteur de ce roman. 
    Son écriture est mysérieuse, on a beau lire et relire ses phrases on n’arrive pas complètement à comprendre comment il réussit à infuser autant de douceur et de tendresse dans un récit qui narre des événements tragiques qu’il n’élude jamais. 
    Car on est dans une sorte de grand mélodrame social comme on n’en fait plus en France. La relation entre Juno et sa mère est à cet égard magnifiquement décrite, tout en amour tue et empêchée. 
    Il y a chez cet auteur une qualité d’écriture qui ne prend jamais ses personnages de haut. Je vais caricaturer mais c’est pas grave vous êtes prévenu, dans un roman français il y aurait vraisemblablement une tendance à plaquer un schéma d’exploitation/ domination à ces personnages. 
    Là c’est tout le contraire, écrit à hauteur des personnages, des adolescents, qui vivent dans un environnement ultra violent et qui conquièrent une forme de tendresse, ils ne sont jamais pris de haut. C’est un grand roman humaniste, qui ne juge pas ses personnages, il les montre tels qu’ils sont avec leurs misères mais aussi leur grandeur. 
    et ça s’appelle Juno et Legs de Karl Geary aux éditions de l’olivier Et c’est traduit par Céline Leroy
    31 min
  • Emilie Desvaux & Danicollaterale // Le ciel de Tokyo (Rivages) - Je suis charrette
    Deux invités pour cette émission Emilie Desvaux, autrice Le ciel de Tokyo aux éditions Rivages 
    et Danicollaterale bédéaste  pour Je suis charrette - vie d'architecte Editions Delcourt. (atttention charrette avec 2 R et chariot un seul)
    En raison d'un incident d'enregistrement, il manque quelques minutes de l'émission. Avec toutes nos excuses.
    La chronique de début d'émission portait sur le roman de Milena Agus Le vent passe et la nuit aussi (Ed. Liana Lévi)
    Mais avant de commencer, vous arrive-t-il de littératurer votre vie ? 
    C’est ce que fait Cosima qui choisit de produire de la fiction plutôt que de s’apesantir sur une réalité trop dure, coincée qu’elle est avec un petit frère muet, une mère au pessimisme pesant et un père artiste du genre inconséquent. S’apesantir c’est bien tout le contraire de ce nouveau roman de Milena Argus,On est en Sardaigne et la mère de Cosima est le fruit d’un amour illégitime… (à part moi plus personne ne dit ça) disons que sa grand mère a eu une aventure avec un homme marié qui a préféré partir de sorte que la petite fille ne l’a jamais connu. 
    Quand le livre débute, la mère de Cosima apprend que, contrairement à ce qu’on lui a dit, ce père n’est pas mort et elle fonde de grands espoirs en découvrant qu’il a une grande et belle maison.. va-t-elle enfin quitter cette vie difficile de femme de ménages, une vie de sacrifice et de privations, où on compte tout tout le temps, et où les boulettes de viande sont plus faites avec du pain que de la viande.. 
    Revenons à Cosima une adolescente qui a rejoint avec sa famille Caligari, mais qui reste très attaché à son village,  sa nature,  ses odeurs..et même de certains de ses habitants. 
    La grande affaire de Cosima reste la littérature dans laquelle elle croît apprendre à vivre. Et rêve un jour d’écrire un récit qui se terminerait bien… mais elle oublie que dans n’importe quelle histoire il y a plusieurs manières de bien finir… qui ne sont pas toutes équivalentes pour tous les personnages
    Dans ce roman aux allures de feel good roman on découvre une adolescente d’aujourd’hui  racontée merveilleuse par une autrice ayant dépassé la soixantaine. Faussement naïf, le roman est moins sucré qu’il en donne l’impression.. car  il raconte l’éducation sentimentale d’une jeune fille éprise de poésie, de sensualité et de littérature. On referme ce livre comme son héroïne, transformé, sans s’être rendu compte de rien. 
    ça s’appelle Le vent passe et la nuit aussi c’est signé Milena Argus traduit par Marianne Faurobert et ça paraît aux éditions Liana Lévi
    Pendant l'émission on a écouté Biche Déjà vu
    43 min
  • Ivan Butel / De silence et d'or (Editions Globe)
    La relève recevait Ivan Butel, auteur d'un premier roman De silence et d'or aux Editions Globe soit le récit de l'amitié de l'auteur pour Cha, un champion paralympique espagnol. Mais Cha a eu une vie avant d'être champion était membre d'un groupe armé d'extrème-gauche. Cha a connu la prison. À travers ce récit, Ivan Butel dresse le portrait d'un pays et d'une époque, l'Espagne de la transition du franquisme à la démocratie, mais, peut-être aussi un autoportrait de son auteur. Un récit intéressant et subtil. 
    La chronique du jour portait sur Dogrun d'Arthur Niersesan Editions La croisée
    C’est ce qui arrive à Mary, une trentenaire new yorkaise qui vit dans l’East village des années 80 90. Elle rentre un soir et Primo son petit ami ne lui répond pas  - Primo,  dont j’adore cette description : “il était toujours là et même s’il ne brillait pas, il maîtrisait l’art délicat de ne pas agacer”. l’art délicat ne pas agacer ce qui est déjà pas mal pour un couple. Et pour vous donner une idée de l’amour entre ces deux là Mary dit “Primo m’attirait essentiellement du fait du curieux mépris que j’avais pour lui”. C’est dire qu’on n’est pas vraiment dans une version moderne de Roméo et Juliette. Pourtant, si Primo ne répond pas c’est parce qu’il est mort en regardant la télé. Mary se retrouve donc avec un cadavre et le chien de Primo. Et elle va devoir accomplir bien des choses qu’elle n’avait pas prévu, à commencer par retrouver la famille de Primo pour organiser les funérailles. 
    A cette occasion elle va en apprendre un peu plus sur cet homme.. et va se lancer dans une sprte d’enquête pour retrouver une des ex de Primo. 
    On n’en dira pas beaucoup plus. Dans ce roman généreux, il est question de la scène underground de l’époque (art contemporain ou de musique), d’un groupe de rock féministe, de rencontres avec un ancien voisin à moitié protecteur à moitié inquiétant, des projets littéraires de Mary qui veut écrire un livre de nouvelles sur le travail qu’on adorerait lire et qu’elle peine à finir.. de rencontres loufoques ou dangereuses, de trahisons, de personnages qui ne sont jamais vraiment ce qu’ils montrent d’abord .... 
    Ce n’est peut être pas le récit le plus original, mais avec un point de départ aussi tragique, il y a une énergie et surtout quelque chose de joyeux dans le récit des aventures de Mary dans le new york d’alors. Et puis c’est un livre qui se termine dans une très jolie réunion de trois femmes. une scène d’une sororité réjouissante …qui a été écrite par un homme. 
    Ça s’appelle Dogrun c’est d’Arthur Nersesian, aux éditions la croisée et c’est traduit par Charles Bonot
    Pendant l'émission on a écouté Alone together de Saint Etienne
    31 min
  • Johanna Krawczyk / La danse des oubliés (Ed Heloïse d'Ormesson) ou danser malgré les tragédies
    Nous recevions aujourd'hui Johanna Krawczyk qui publie son deuxième roman, La danse des oubliés aux éditions Heloïse d'Ormesson.
    Pendant l'émission, on a écouté Alright par Youssoupha x Eesah Yazuke 
    La chronique de début était consacrée à Pour une fraction de seconde de Guy Delisle aux éditions Shampooing. Ci-dessous le texte de la chronique
    Mais avant de commencer connaissez-vous Eadweard Muybridge ? 
    Peut être pas. Et pourtant, je suis sûr que d’une certaine façon vous lui devez certains de vos émotions enfantines puisqu’il est très indirectement à l’origine du procédé historique des dessins animés. 
    je vous parle maintenant d’une bande dessinée consacrée à ce personnage né en 1830 et mort en 1904. Edward Muybridge est un jeune anglais qui part tenter sa chance aux Etats Unis, à New York puis à San Francisco alors que naît la technique photographique. 
    très vite le travail de portrait en studio l’ennuie et il a d’autres envie, comme par exemple aller photographier la nature californienne dans ce qui est devenu le Yosemite Parc. A l’époque pour faire une photographie en extérieur, il ne suffisait pas de dégainer son portable. 
    Pour produire ces images, Maybridge n’hésite pas à prendre des risques physiques. 
    IL n’hésite pas non plus à tuer un homme ce qui aurait pu mettre aussi un terme à la grande oeuvre de sa vie que l’auteur choisit de nous raconter. Il rencontre Leland Stanford, un sénateur et très riche homme d’affaires qui entre temps se passionne pour les cheveaux. Et surtout à une grande querelle de l’époque : est ce qu’il arrive à un cheval au galop d’avoir les quatre pied en l’air dans sa course. C’est cette image que va chercher à saisir Maybridge. Et Guy delisle, l’immense bédéaste, réussit à rendre cette quête scientifique et artistique mais aussi économique et philosophique passionnante. On se suprend même parfois devant la modernité des questions posées tant elles semblent venues d’un débat sur l’IA générative. Entre ces portraits qui font croire que l’éternité est à portée de main. les débats pour savoir si une photo est plus vraie qu’une oeuvre peinte… 
    Un dernier mot  Muybridge sera à l’origine d’avancée importante pour le cinéma.. qui reste je vous rassure une invention des frères Lumière.. ON y retrouve le talentueux guy Delisle avec son dessin naïf mais aussi une palette de noir et de blanc car à l’époque vous vous en doutez bien il n’y avait pas de couleurs. Le livre intègre de nombreuses reproductions des images de Muybridge et des autres. C’est passionnant et si la dernière planche ne vous boulverse pas.. c’est que vous n’êtes pas … comme moi
    Pour une fraction de seconde c’est le titre génial de cette BD du réel, signée Guy Delisle et paru aux édtions Shampooing avec deux 0 un G à la fin..
    30 min
  • Samuel Hengebaert & Arnaud Roulin / massages pour pianos et musique anglaise
    Nos deux invités sont musiciens. Arnaud Roulin propose un premier album Massages pour piano. il sera en concert le vendredi 13 décembre à La Fab (Paris).
    Samuel Hengebaert a édité, Un lieu à soi, un double album consacré à cinq siècles de musique anglaise, avec un éclairage sur des compositrices oubliées. On pourra notamment  écouter ce programme le 8 mars à la maison George Sand et du 21 au 23 juin 2025 aux moments musicaux de Gerberoy.  
    La chronique était consacrée à Une tombe pour deux de Ron Rash aux Editions Gallimard (la Noire)
    Mais avant de commencer, pensez vous comme le cinéaste Jean Renoir que “Ce qui est terrible sur cette Terre, c’est que tout le monde a ses raisons”.  
    ce pourrait être l’incipit du roman dont je vais vous parler maintenant même si son auteur a préféré citer “tout ce que vous entassez hors de votre coeur” cité Jean Giono. 
    Je ne vous parle pas d’une tombe pour deux De Ron Rash parce que ce grand écrivain américain à la bonne idée de citer Giono. Non. 
    Rash raconte une histoire qui évoque aussi un autre français du Sud Marcel Pagnol avec ces histoires de paysans enrichis qui provoquent des drames pour éviter les mésalliances.
    Nous sommes en caroline du Nord et les Hampton sont à la fois des paysans, les propriétaires du magasin de la ville et de la scierie locale. Des notables que tout le monde tutoie et craint. alors quand leur fils unique tombe amoureux d’une jeune femme de chambre pauvre.. les parents se fâchent. Mais nous sommes au début des années 50 et Jacob, le fils, est parti faire la guerre en Corée… cela donne un chapitre d’ouverture incroyable où le jeune soldat est sentinelle de nuit dans une Corée inconnu et pense à cette jeune femme qu’il a épousé et qu’il aime.. Mais je ne vous raconterai rien de plus si ce n’est que ce grand roman est tout en nuances et subtilité, que l’auteur âgé de plus de 70 ans, y parle de la jeunesse mieux que bien des primo romanciers vingtenaires. Et que ce drame rural américain excelle autant à décrire la psychologie de ces personnages que le paysage et notamment la faune.. C’est aussi - un peu comme dans Anora, le film qui a eu la palme d’or à Cannes, un récit où derrière l’action principale, il se passe un autre histoire celle de l’émancipation de Blackburn, un jeune garçon défiguré par la polio, plus ou moins abandoné par sa famille et devenu gardien de cimetière.. qui.. et je m’arrête là
    ça s’appelle une tombe pour deux c’est signé Ron Rash aux éditions Gallimard collection la noire et c’est traduit par Isabelle Rein Ha rez
    48 min
  • Guillaume Collet et Eliot Ruffel // Entre adolescent et jeune adulte, deux nouvelles voies de la littérature française
    Les écrivains Guillaume Collet  (Les mains pleines Ed. Bourgois) et  Eliot Ruffel (Après ça Ed de l'Olivier) étaient les invités de la relève.
    Où il est question de jeunesse, de famille, d'amitiés adolescentes, de violence, d'inégalités sociales, d'écart générationnel, de maisons, de plages... mais aussi de Saint-Etienne et de son festival Nouveaux rêves.
    La chronique était consacrée à Only lovers left alive de Dave Willis  (Ed. Sonatine) traduit par Samuel Sfez 
    Mais avant de commencer, quels adolescents avez-vous été ? 
    Ceux dont je vais vous parler maintenant avant de commencer sont livrés à eux-mêmes dans un monde où les adultes ont disparu. Enfin pas vraiment disparu. Nous sommes dans l’Angleterre des années 60 et pour une raison inconnue une vague de suicides touche les adultes qui mettent fin à leur jour, laissant les adolescents livrés à eux mêmes.. Les auditeurs se demanderont ce que deviennent les enfants, l’auteur ne l’explique pas vraiment. 
    Peu à peu le monde sombre dans le chaos, l’activité économique s’arrête, le Roi et la Reine désertent Windsor (on est en Angleterre) et des bandes de jeunes prennent le pouvoir dans la rue, s’opposent violemment pour conquérir des territoires et retournent peu à peu à une vie frugale. 
    C’est la première fois qu’est traduit en français cet ouvrage paru au milieu des années 60, qui a été interdit en Irlande pour nihilisme à l’époque. Si la survie des jeunes en milieu hostile, devant retrouver les gestes de leurs lointains ancêtres, peut trouver des échos pour tous ceux qui craignent un effondrement à venir //ce qui frappe surtout c’est la différence de contexte entre les années 60 et aujourd’hui. 
    Ce roman a été comparé à Orange mécanique pour la violence. Plus frappant encore c’est le décalage entre cette violence des bandes qui s’affrontent luttant pour la survie et la grande immaturité affective des uns et des autres.. j’ai bien dit les uns car les garçons ne sont pas très doués pour les sentiments dans ce roman et surtout beaucoup moins avertis de ces choses que les filles. Au-délà de la dystopie ce roman est un formidable portrait de groupes d’adolescents. Si vous vous y plongez, vous n’oublierez pas de sitôt Julia Kathy Estelle Ernie Charles et Robert...
     Pendant l'émission on a écouté Parcels Tied Up right now
    Ce numéro de La Relève était réalisée par Nina
    46 min

About La Relève

From the publisher's feed

La Relève c'est 30 minutes d'interview avec de jeunes talents, un lundi sur deux à 18 heures.