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Tania Bonno : assistante sociale à Hiva Oa et son rôle auprès des enfants.
Depuis 23 ans, elle exerce le métier d’assistante sociale. Elle est basée à Hiva Oa et part en mission tous les deux mois dans les îles éloignées des Marquises sud. Elle reste alors quelques jours sur place pour mener à bien des missions d’information, de médiation auprès des familles ou de prévention auprès des jeunes. Petit à petit, elle a su tisser des liens de confiance. Son surnom “Tania Social”.
"Nos enfants sont des victimes de tout ce qui se passe dans la famille. Les parents cachent beaucoup de choses, et n’osent pas en parler, mais les enfants en souffrent. C'est pour ça qu’après ils ont des troubles du comportement".
Tania Bonno : assistante sociale aux Marquises et son rôle auprès des familles
Depuis 23 ans, elle exerce le métier d’assistante sociale. Elle est basée à Atuona sur Hiva Oa et part en mission tous les deux mois dans les îles éloignées des Marquises sud. Elle reste alors quelques jours sur place pour mener à bien des missions d’information, de médiation auprès des familles. Petit à petit, elle a su tisser des liens de confiance. Son surnom “Tania Social”.
"C’était mon projet de revenir aider mon peuple aux Marquises et en particulier les femmes dont la place est très difficile".
Adams Lovaina est gendarme à Papeete. En charge des auditions des mineurs victimes d’agressions sexuelles, elle fait régulièrement de la prévention dans les établissements scolaires, aussi bien à Tahiti que dans les îles. Présente au sein de la Maison de protection des familles, elle ne cesse d’inciter les femmes, victimes de violences conjugales, à porter plainte.
"Il y a beaucoup de viols et d’inceste ici en Polynésie, malheureusement. On fait beaucoup d’interventions dans les établissements scolaires pour apprendre aux enfants qu’il y a des parties qu’on n’a pas le droit de toucher et que si on les touche, il faut tout de suite avertir un adulte de confiance".
Déposer plainte pour ne plus vivre dans la violence
Adams Lovaina est gendarme à Papeete. En charge des auditions des mineurs victimes d’agressions sexuelles, elle fait régulièrement de la prévention dans les établissements scolaires, aussi bien à Tahiti que dans les îles. Présente au sein de la Maison de protection des familles, elle ne cesse d’inciter les femmes victimes de violences conjugales à porter plainte.
Hélène Geiger est vice-procureure au tribunal de Papeete depuis 5 ans. Elle travaille particulièrement sur les violences au sein de la famille et se bat actuellement pour créer des solutions d'hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales dans les îles éloignées.
"Souvent ce que je dis c’est que la violence conjugale, et sortir de la violence conjugale répétée, ce sont des marches qu’il faut gravir.
Il y a plusieurs marches possibles mais au bout de cette marche et au bout de ces escaliers, il y a une porte et là on sort de ça. La première marche, c’est de révéler les faits en déposant plainte et un jour, on arrivera à atteindre la porte et à sortir de la violence conjugale".
Au sein du Foyer Pu O Te Hau, Marine Olibère psychologue, est intervenue longtemps auprès des femmes victimes de violences conjugales ou familiales. En installant un climat de confiance, elle cherche, au cours de ses séances, à libérer la parole et à accompagner les femmes dans leur reconstruction.
"Souvent c’est la première fois qu’elles se livrent sur ce qu’il leur est arrivé avec beaucoup d’émotions, beaucoup de blocages aussi. Mon travail à moi est surtout d’aller chercher cette parole, d’aller la débloquer avec le plus de tact possible".
Martine Olibère je suis psychologue, psychanalyste, psychologue clinicienne spécialisée dans la famille.
Pour Moé, la rue n’est pas une fatalité
Moé a vécu une longue partie de sa vie dans les rues de Tahiti. Victime de violence conjugale, elle a réussi à s’en sortir. Si elle vit aujourd’hui au centre d'hébergement d’urgence géré par l’association Te Torea, elle rêve d’un travail et d’une maison avec jardin pour démarrer une nouvelle vie avec son compagnon et leur chien.
Pour Hina, sauver sa fille avant tout
En 2018, Hina et sa fille arrivent au Foyer Pu O Te Hau après des années de violences conjugales. Ce séjour lui permettra de se reconstruire. Aujourd’hui elle a divorcé de son mari. Elle travaille et élève seule sa fille.
Esméralda Puairau originaire de Faa'a Tahiti, est une éducatrice spécialisée en protection de l’enfance. Confrontée régulièrement à la violence et à la détresse dont souffrent les familles, l’écriture est pour elle un exutoire. Elle utilise sa plume pour libérer la parole et redonner de l’espoir, grâce aux mots.
J’ai compris récemment que mon grand-père qui m’a transmis cette fibre sociale. Pour moi, écrire ces textes, c'est comme une libération de ma propre parole.
On a besoin d’un espace pour pouvoir mettre des mots sur les personnes que nous rencontrons et sur ce que nous vivons. J'aimerai beaucoup que ces mots puissent être lus et répandus, parce que ça arrive à n’importe qui de lire un texte et de se dire “tiens, c’est ma vie c’est ma situation, c’est mon mari, c’est mon enfant, c’est moi, c’est de ma soeur dont on parle”. Donc oui, j’aimerai beaucoup les répandre. Je pense que c’est comme le début d'un lien social, tu te sens moins seul dans ton humanité. Alors s'ils pouvaient être lus, je pense qu’ils pourraient faire du bien, j’en suis convaincue.
Toxique, c’est un mot qui est apparu dans nos professions depuis assez peu d’années finalement et qui pourtant touche bien bien bien des personnes, des jeunes. Et j’ai écris ce texte en pensant à une jeune femme, qui a fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal autour d’elle, et elle fait mal parce qu’elle même, on lui a fait beaucoup de mal.
Le cercle de la violence, la reproduction. Elle n’a pas encore eu la possibilité de rencontrer une autre manière d’être, et de s’en imprégner et d’apprendre à se renouveler.
Longtemps éducatrice spécialisée dans un centre d’accueil d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales (le foyer Pu O Te Hau), Marianne Ballet nous présente son métier. Un accompagnement sur le chemin de la reconstruction qui passe par la libération de la parole.
From the publisher's feed
Longtemps résignées, ignorées, méprisées, ces femmes victimes de violences témoignent d’une résilience unique. Aujourd’hui, elles ne sont plus seules : institutions et associations se mobilisent et agissent pour que la violence ne soit plus une fatalité.
Des mots pour dire stop :
“Vous ne pouvez pas rester comme ça madame”
“Sortir du silence”
Des mots pour agir
Tolérance zéro
Priorité pays..
Des chiffres
1500 femmes victimes par an en Polynésie de violences intrafamiliales
Deux fois plus de victimes que dans l’Hexagone.
Des femmes, qui sont des modèles de résilience pour que d’autres femmes puissent s’en inspirer et qui luttent au quotidien contre les violences intrafamiliales.
Ces femmes sont nos mères, nos soeurs, notre passé et notre avenir. Ne pas les respecter, c’est perdre notre humanité.
La Voix de la Résilience et du respect est une boîte à outils en faveur des femmes victimes de violences conjugales pour mieux les accompagner dans leur parcours de reconstruction. En s’inspirant de leur culture de l’oralité, à partir de témoignages enregistrés de femmes et de professionnelles, accompagnés de fiches (20 au total), cet outil a vocation à être écouté en podcast sur internet ou téléphone mobile ou à être utilisé par les professionnelles dans les structures ou associations de lutte contre les violences afin de faciliter la parole et dans des ateliers de partage d’expériences afin que d’autres puissent s’en inspirer. Cette boîte a été conçue par l’association En Terre Indigène avec et pour les femmes à la demande du Conseil des Femmes de Polynésie dans le cadre de l’appel à projet “tous mobilisés contre les violences subies par les femmes” du Ministère des Outre-mer.
Elle a recu le soutien du Haut Commissariat, de la Communauté du Pacifique et du ministère des solidarités, du logement, des droits des femmes, de la famille et des personnes non autonomes.
Réalisation: Studio En Terre Indigene
Anne Pastor: autrice et productrice
Habillage sonore Noé Philibert.
@Photos :Danee Hazama et service de l'artisanat traditionnel