Le billet d’humeur – Déborah Münzer

Le billet d’humeur – Déborah Münzer

By RCJ
Download on the App Store

Le billet d’humeur – Déborah Münzer episodes

  • L’islamo-gauchisme

    « Quoi de neuf sur twitter cette semaine ? »

    J’ai conscience que le sujet de la semaine n’est pas très raccord avec les vacances ni les températures printanières mais je vais vous parler d’islamo-gauchisme…

    Alors, tout a commencé le 14 février dernier quand, sur un plateau de télévision, la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal a répondu comme cela au journaliste qui lui pose une question sur ce qu’il qualifie lui-même d’islamo-gauchisme : «Moi je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble, et que l’université n’est pas imperméable, l’université fait partie de la société ».

    Et patatra, ca dégénère… car dans un premier temps, au lieu de débattre du fond, comme essaie de le faire patiemment la chercheuse Isabelle Barberis qui détaille sur le réseau social une dizaine de pistes pour appréhender la situation à l’université. Je la cite – « la pénétration du décolonialisme et des identitarismes est une lame de fond fulgurante ». « Comment comprendre un succès aussi rapide ? », Bref, au lieu de réfléchir, on se retrouve dans tous les media avec des débats sémantiques sur le terme islamo-gauchisme… fallait-il ou non l’employer ?

    « Heureusement Twitter est là… »

    Et bien quelque part, oui heureusement que Twitter est là car c’est sur Twitter que l’on trouve, pour l’instant, autre chose que des débats sémantiques et des remises en cause de la ministre.

    Alors certes, on peut penser que l’expression a été mal choisie ou mal amenée… mais je préfère citer Caroline Fourest. Elle écrit :
    « Bizarrement ceux qui refusent l’expression « islamo-gauchisme » pour désigner des militants de gauche pro islamistes n'ont aucun problème à utiliser leur statut universitaire pour qualifier des militants laïques d’ « islamophobes », et elles déroule des exemples, documentés et preuves à l’appui, des universitaires dont elle parle. Elle aurait sans doute pu ajouter Pascal Blanchard qui se fait entendre il y a deux jours sur France Inter très fier de son analogie… « dans les années 30 l’université était soi-disant gangrenée par les judéo-maçonniques » dit-il.
    Heureusement, ils sont là des centaines à lui répondre : Claude Posternak par exemple « mettre sur le même plan des victimes de la théorie de la race et des nouveaux théoriciens de la race est une immense infamie ». Mais aussi Jacques Attali qui lui explique que la comparaison ne tient pas. Ou encore la député Aurore Bergé qui conclue par un « il fallait oser ».

    Jacques Julliard lui, ne se démonte pas. Impeccablement clair, il nous dit « l’islamo-gauchisme c’est la haine de l’identité française ». A l’instar de Pierre-André Taguieff qui fut le premier à employer l’expression dès 2002, il décrit que même si l’expression fait polémique, « l’islamo-gauchisme désigne un courant de pensée qui considère le réveil de l’islam et la montée de l’islamisme comme des éléments de critique très intéressants du néocapialisme et d’une certaine manière se substituent a la lutte des classes et au prolétariat classique ».

    « Et la ministre dans tout ça ? »

    Frédérique Vidal essaye de minimiser l’emploi de l’expression pour requalifier le fond du sujet : elle publie une tribune dans le Monde dans laquelle elle écrit : « le problème n’est pas tant l’islamogauchisme que le dévoiement militant de l’enseignement et de la recherche. » et maintient son idée initiale : une enquête scientifique sur ce dévoiement décolonial et racialiste.

    On trouve cela sur twitter cette semaine et donc sur RCJ.

    0 min
  • L’incident de la coupe du monde des clubs de foot au Quatar

    « Qu’est-ce qui sort du lot sur twitter cette semaine ? »

    Aujourd’hui, on va parler foot… ! Alors pour ceux qui comme moi ne sont pas au fait de l’actualité footbalistique mondiale, la semaine passée, avait lieu au Qatar la coupe du monde des clubs. Comme un avant-goût de la coupe du monde qui doit être organisée dans le pays fin 2022.

    Un tweet du compte « @vibronsfoot m’a interpellée : « finale du championnat du monde des clubs au Qatar, remise des prix. Le président de la FIFA, demande aux femmes de l’équipe arbitrale de ne pas ennuyer le cheikh et d’éviter les contacts… » Et, preuve à l’appui, une vidéo qui montre que les femmes ne saluent effectivement pas le cheikh.

    Evidemment, beaucoup de personnes réagissent très rapidement, c’est le cas de milliers de gens sur le réseau social. Il y a ceux qui remettent en cause le bien fondé d’une coupe du monde au Qatar en 2022, ceux qui se plaignent que le pays finance le PSG… Et il y a Caroline Fourest, qui résume à peu près tout et qui écrit : « Le mépris de genre dans toute sa splendeur. Le pire est de savoir que tant de nouveaux antiracistes et pseudos féministes ne trouveront rien à redire... Pour ne pas avoir l’air raciste... envers la famille royale du Qatar. Cours camarade, la révolution est derrière toi. » écrit-elle encore !

    « Il n’y a que des réactions de condamnations ? »

    Eh bien il y a quelques cyniques qui trouvent étrange que l’on s’en offusque mais il y a surtout le compte de RMCsport, m’a assez choquée : il tweete un article complet sur le sujet. Je les cite :

    « L’échange des deux femmes avec Gianni Infantino, le président de la FIFA, avaient beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux, « laissant croire » à une consigne du président de la Fifa »

    Laissant croire ? Ah bon, RMC a un doute ?

    Visiblement, RMC a même un gros doute puisque pour y répondre, la radio endosse ensuite dans l’article le point de vue officiel du Qatar, document à l’appui : 

    "Le malentendu est né de la perception que trois des officiels du match ne voulaient pas mener le check habituel avec Son Excellence, le cheikh Joaan bin Hamad Al Thani, ce qui était bien sûr leur droit, (…). Lorsqu’on le voit dans son intégralité, il est clair, d’après les images, qu’il s’agissait d’un simple malentendu et qu’il n’y avait aucune intention d’offenser. La décision de s’engager dans toute forme de contact physique demeure une préférence personnelle pour tous les joueurs, entraîneurs et arbitres, et est respectée par tous ceux qui participent au comité d’organisation de ce tournoi."

    Mais oui mais c’est bien sûr… Ce sont les arbitres féminines qui ont souhaité de pas saluer le Cheikh…pour ne pas l’offenser et le Qatar les défend dans un communiqué… !

    Ouf, j’ai bien cru que les éminences qatari ne traitaient pas les femmes comme leurs égales.

    On trouve cela sur twitter cette semaine et donc sur RCJ.

    0 min
  • Le tweet de l’acteur Pierre Niney adressé à Roselyne Bachelot et Emmanuel Macron

    Je vous le lis :

    « 100 jours sans aucun musée,

    Mais avec tous les lieux de cultes,

    100 jours sans aucun cinéma,

    Mais avec tous les grands magasins,

    100 jours sans aucun théâtre,

    Mais avec tous les avions où l’on mange en même temps…

    100 jours d’incompréhension… »

    Faut croire que l’anaphore, ca en jette… Car ce tweet, tenez-vous bien a été liké, « aimé », par plus de 40000 personnes !

    Et on ne compte pas non plus les messages courts de « bravo » « merci », de reprises de l’anaphore car chacun y va de son « et moi et moi et moi »… par exemple, certains acteurs du monde de la musique qui poursuivent l’anaphore avec « 100 jours sans salle de concert… », ou des représentants du monde associatif qui poursuivent « 100 jours sans yoga, 100 jours sans sport collectif, 100 jours sans cours de théâtre amateur… »

    Bref, un véritable plébiscite à première vue…

    Mais vous dites « à première vue » ?

    Oui, je dis « à première vue » car passé le succès immédiat, ce message provoque aussi des réponses plus… disons, plus complexes…

    Des comptes individuels tentent d’expliquer que tout n’est pas si facile, que l’injustice n’est peut-être pas aussi grande que cela, que tout le monde souffre de la situation…

    Et puis, comme en écho au message de Pierre Niney, le tweet, ironique je le précise, du journaliste de Ronan Planchon qui dit : « Ai été obligé de louer un hélico pour déposer mon petit bout de chou Camomille en haut des pistes de Chamonix. C'est difficile pour tout le monde mais on fait avec. »

    De manière plus sérieuse, Stéphane Dedieu qui a moins de fans que l’acteur sur twitter mais qui est professeur et membre de l’équipe du CNRS qui tente d’expliquer à l’acteur la chose suivante :

    « Cher Pierre Niney, la situation est extrêmement difficile pour les personnes dont le métier est rattaché à la culture, beaucoup d’incompréhension partagée également sur certaines incohérences gouvernementales mais que vous ne compreniez pas pourquoi les théâtres/cinémas doivent rester fermés actuellement est probablement dû à un manque d'information scientifique sur les modalités des contaminations » et de lui envoyer quelques références pour lui expliquer que quand ni les gens ni l’air ne circulent a fortiori s’il y a une climatisation interne, le virus est très présent.

    Alors oui, il est vrai que le monde la culture et ses amateurs souffrent. Et il faudrait peut-être réfléchir à des protocoles plus stricts qui permettraient la reprise de certaines activités…

    Dans tous les cas, nous devons tous être patients, et surtout préparer demain car il y a fort à parier qu’à cause de ce que nous aurons vécu, les lendemains de crise sanitaire dans le monde de la Culture ne chanteront pas tout de suite comme avant…

    On trouve cela sur twitter cette semaine et donc sur RCJ.

    0 min
  • L’affaire des journalistes de Beur FM

    « Qu’avez-vous repéré sur twitter cette semaine ?

    Un tweet du journal Marianne : « Rose Ameziane et Malik Yettou, animateurs de l’actu autrement sur Beur FM, préparaient une émission sur l’accord de normalisation entre le Maroc et Israël. La direction de la radio les a immédiatement sanctionnés. »

    Sanctionnés… C’est-à-dire… ???

    Ni une ni deux, je lis l’article - que je vous conseille - et je prends connaissance les tweets initiaux de l’ambassade d’Israël et des animateurs, ceux-là même qui leur ont valu la « sanction » :

    L’ambassade remercie les animateurs venus les rencontrer, la présentatrice les remercie en retour en précisant que les échanges furent « passionnants ».

    Sanctionnés, donc, même pas pour avoir fait une émission mais pour avoir essayé de la préparer sans préjugé en allant discuter avec le représentant de l’un des deux protagonistes !

    Et j’ai la même réaction que Valérie Pécresse qui rapidement après l’article de Marianne dit : « choquée des sanctions prononcées par Beur FM contre Rose Ameziane et Malik Yettou après leur rencontre avec l’ambassadeur d’Israël. La réconciliation du Maroc et d’Israel est un acte diplomatique tellement porteur d’espoir de paix ! Il faut en parler ».

    Et c’est là que ça devient n’importe quoi… et que la haine s’agrippe aux tweets et aux fils du réseau social… On retrouve les habituels comptes anonymes qui, en vrac, félicitent Beur FM (avec des fautes d’orthographe bien sûr), les autres qui décrivent Israel comme un état génocidaire…  Au milieu, un champion qui écrit : « tu aurais invité Hitler ? ». Et un autre qui menace : « Tout ou tard tout se paiera » sans que l’on ne sache si c’est Israel est visé (vous me direz, c’est pas grave, il a l’habitude) ou si Rose Ameziane et Malik Yettou le sont… ce qui serait très embêtant.

    Oui mais vous devriez être habituée aux discours de haine sur Twitter, non ?

    Oui et non car là où cela devient choquant, c’est quand on voit des comptes non-anonymes ou officiels qui se mettent à liker ou à rebondir sur des propos haineux…

    Beur FM par exemple qui like - qui aime - un tweet de Mamadou Diawara qui accuse « les juifs français » d’avoir  - je cite - « normalisé l’islamophobie »

    Ou Christophe Frot, animateur radio sur France Maghreb et que l’on avait vu dire dans touche pas à mon poste qu’il n’était pas Mila, qui écrit à propos des journalistes : « les masques tombent »

    Et que deviennent les journalistes justement ?

    Et bien l’histoire n’est pas terminée… Il y a peu de chance qu’ils reviennent sur Beur FM.

    Vont-ils préférer ne pas réapparaitre publiquement tant que certaines menaces seront très virulentes ? On les comprendrait…

    Vont-ils réapparaitre sur une autre radio ? RCJ par exemple ?...

    Car, et j’en finirai par là, oui, j’ai été fière de RCJ et le soutien de la radio a été immédiat : Ariel Goldman qui dit qu’il veut les accueillir pour une émission et Sandrine Sebbane notre directrice d’antenne qui confirme en expliquant même qu’il y a quelques années, il y avait des émissions en commun avec Beur FM…

    On trouve cela sur twitter cette semaine et donc sur RCJ.

    0 min
  • L’écriture excluante

    « Qu’avez-vous vu sur twitter cette semaine ?

    Il y a des jours où Twitter vous emmène ailleurs que sur Twitter…

    Des jours où ce ne sont pas les messages en 280 signes de telle ou telle personne qui vous marquent ; mais où l’on tombe sur un très long article relayé de nombreuses fois et qui vous emmène découvrir un penseur d’aujourd’hui...

    Alors, je voudrais vous parler d’un texte qui s’intitule : « l’écriture excluante » et qui a été publié le 25 janvier sur le compte très intéressant de « Cincinnatus », pseudonyme pris en hommage à l’homme politique du 5e siècle avant notre ère, héros romain connu pour son humilité et sa vertu.

    Le moins que l’on puisse dire c’est que ce Cincinnatus ne mâche pas ses mots – je cite :

    « L’écriture dite « inclusive », sous toutes ses formes – féminisation anarchique des titres et professions, épuration de la langue de toutes ses scories misogynes fantasmées, invention délirante de nouveaux termes aussi laids qu’inutiles, destruction des mots et de l’étymologie par le point médian, etc. –, multiplie les exemples de manipulations de la langue à la diagonale de l’inculture et de l’idéologie. »

    Et Cincinnatus détaille précisément les motivations des apôtres de l’écriture inclusive.

    Il écrit par exemple :

    « Obsédés par les « structures patriarcales » qu’ils croient y découvrir, ils traquent dans chaque mot, dans chaque expression la trace de leur monomanie. Tout absorbés par leurs tripatouillages idéologiques, ils passent à côté de l’essence-même de la langue. »

     

    Ou encore :

    « Accuser la grammaire de sexisme, c’est comme accuser la pluie d’être méchante parce qu’elle nous mouille. La grammaire se contrefiche de toutes ces histoires : elle n’a pas d’intention et n’est manœuvrée par aucun complot ni projet politique… »

     

    Quelles sont les réactions intéressantes ?

     

    Les réactions de soutien et de félicitations sont nombreuses car l’article est particulièrement bien écrit et complet. A l’instar de Didier Rykner, ardent défenseur du patrimoine culturel, par exemple, qui dit « le seul problème que pose ce texte auquel j’adhère à 100% c’est qu’il est trop long et complexe pour que ceux qui prônent l’écriture inclusive puissent le lire jusqu’au bout et surtout le comprendre ! » Réaction peut-être un peu condescendante mais flatteuse pour l’auteur… !

    Je suis tombée sur un autre tweet très original… Un certain Theo Letna qui raconte une anecdote personnelle : il aurait reçu une invitation pour une soirée poésie rédigée en écriture inclusive, et aurait déclinée avec un petit texte écrit en vers… :

    « C’eut été pour moi un plaisir sincère que d’accepter votre invitation,

    N’eut été la blessure provoquée par une terrible malversation,

    Madame, je saisis mal le bien fondé d’un échange autour de la poésie ;

    Poésie qui est l’amour du verbe, des bons mots et émulsion de l’esprit,

    Tout en usant de l’écriture inclusive qui est saccage de l’écrit. »

    On trouve cela sur twitter cette semaine et donc sur RCJ.

    0 min
  • Le blue monday

    « Qu’avez-vous vu sur twitter cette semaine ?

    Lundi midi, entre deux posts qui remettaient à leur place Camelia Jordana et Lilian Thuram (la première pour avoir dit que les hommes devaient demander pardon), (le second pour avoir indiqué qu’il était nécessaire d’avoir le courage de dire que les blancs pensent être supérieurs)… j’ai découvert le concept du « Blue Monday », lundi bleu… Le Blue ayant une connotation de déprime, de dépression en anglais.

    Lundi bleu. Le troisième lundi du mois de janvier, donc avant-hier, serait le jour le plus déprimant de l'année. Je souris d’abord et n’y prête pas attention en me disant qu’après tout, vu l’année que l’on vient de se taper, un lundi de déprime en plus ne va pas nous impressionner !

    Sauf que nombreux sont ceux qui prennent ça au sérieux… et je vois que son « créateur », car le blue Monday a un créateur, un certain Cliff Arnall est accusé de tous les maux…

    En réalité, l’invention de Cliff Arnall est une trouvaille pour une campagne de publicitaire d’une agence de voyage en 2005 : pour définir le « Blue Monday », il aurait utilisé la drôle d’équation suivante : la météo divisée par les dettes moins le salaire, le tout multiplié par le temps depuis Noel élevé à la puissance du temps depuis lequel vous ne réaliserez pas vos promesses de la nouvelle année, le tout divisé par la sensation d’avoir besoin de changement… Je ris…

    Mais le créateur du lundi bleu n’a pas l’air de rire beaucoup lui. Je lis qu’il a carrément été obligé de s’excuser et d’expliquer que son intention était d’aider les gens à agir et non à déprimer…

    Même le très sérieux journal Le monde publie un article dans la rubrique « décodeurs » comme pour rassurer tout le monde: « le jour le plus déprimant de l’année n’est qu’un concept marketing. »

    Et alors ? L’article du Monde a été utile ? 

    …Oui mais je me dis quand même que l’on assiste à un niveau premier degré dans tout. On est obligé d’avoir des décodeurs qui font des articles pour expliquer très sérieusement que - je cite : « ce concept, prétendument basé sur les calculs savants d’un psychologue, n’a d’existence que dans l’esprit d’experts en marketing ». Oui enfin y’a juste un type qui a fait une équation mathématique fantasque pour inciter les gens à réserver des voyages, quoi…

    Alors, certains essayent de se servir du concept comme le président de la Région Bretagne, Loig Chesnais Girard qui en profite pour faire de la pub à son tour en publiant une vidéo pour un fonds d’investissement pour contrer l’effet blue monday.

    Le journaliste Guillaume Auda s’en saisit lui pour diffuser un peu de culture en publiant un extrait d’une scene d’un épisode de la série Twin Peaks de David Lynch, une très belle scène toute bleue… 

    Certains encore répondent au journal le monde avec humour : le journaliste de France Info Lorrain Sénéchal qui répond à l’annonce du fait que le jour le plus déprimant de l’année n’existe pas, ce simple mot : « déprimant » ! 

    Enfin, à mon sens, le journaliste du point Hugo Domenach signe le plus joli tweet de la journée après que l’on a appris le décès du comédien, auteur et metteur en scène Jean-Pierre Bacri : « Partir un Blue Monday, c’est tout lui ça. »

    On trouve cela sur twitter cette semaine et donc sur RCJ.

    0 min
  • Suspension du compte de Donald Trump

    « Que s’est-il passé sur twitter cette semaine ?

    Impensable de vous parler d’un autre compte que celui de Donald Trump, encore Président des Etats-Unis. Enfin, devrais-je dire « feu » le compte de Donald Trump, car il n’existe plus !

    En effet, le 6 janvier, mercredi dernier, Donald Trump, accusé d’être l’instigateur de l’assaut sur le capitole qui vient d’avoir lieu, se voit fermer son compte pour 12 heures !

    Bravo ! Houra ! sont les premières réactions… et aussi, à l’instar du tweet du comédien Sacha Baron Cohen, connu pour son personnage de Borat : « Ca ne suffit pas. Il reste 13 jours jusqu'à l'investiture du président élu Joe Biden, autant d'occasions pour Trump de semer le chaos ». Et il interpelle directement, comme on interpellerait des ministres, les patrons des entreprises de réseaux sociaux.

    Le lendemain, twitter menace : une « future violation des conditions d’utilisation du réseau social » par Donald Trump induirait une suspension permanente de son compte…

    24 heures plus tard, le 8 janvier, Twitter met son annonce a exécution et suspend de manière permanente le compte du Président de la première puissance mondiale.

    Là, un compte twitter devient particulièrement visible : @suspendthepres « suspendez le président » en français. En mai 2020, Andrew Lazar crée ce faux compte twitter fait de copier-coller de tweets de Donald Trump pour voir si l’algorithme de twitter l’empêcherait de poster les mêmes insanités que le Président des Etats-Unis. Dès le 1er juin 2020, il écrit « c’est finalement arrivé. Notre compte a été suspendu pour 12 heures et a du effacer les tweets offensants. » Deux poids, deux mesures…

    « …mais Twitter a-t-il bien fait ? »

    On a envie de dire oui et on se prend à rêver que ce cas ferait jurisprudence et que les comptes des complotistes, des antisémites pourraient être aussi fermés en un claquement de doigt…

    On sait aussi que cela fait des années qu’il est très difficile pour les avocats des associations antiracistes françaises de faire valoir nos lois et de faire fermer des comptes de multi-récidivistes condamnés.

    Mais voilà : Twitter a pris cette décision de manière autonome. Et depuis 48 heures, une autre question apparait : les réseaux sociaux doivent-ils décider seuls de suspendre des comptes ?

    L’économiste et essayiste Olivier Babeau n’hésite pas, il écrit : « la vitesse à laquelle les réseaux sociaux ont tué la démocratie est stupéfiante ». La journaliste Eugenie Bastie explique que le danger est que les réseaux sociaux, avec leurs règles autonomes deviennent « des réalités parallèles qui ne se croisent jamais ». Même à l’extrême-gauche, le député François Ruffin y va de sa plume : « la liberté d’expression et le pouvoir de censure ne doivent pas être confiés à une entreprise privée ».

    Respecter nos lois françaises pourrait permettre de faire fermer ces comptes en toute légalité…

    Alors ne pourrait-il pas y avoir une bonne nouvelle ? et si cet épisode faisait que les réseaux sociaux américains aient envie de s’adosser à des lois universalistes comme les nôtres plutôt que de s’en tenir à un « freedom of speech » relativiste qui pousse à la censure arbitraire ?

    On trouve cela sur twitter cette semaine et donc sur RCJ.

    0 min
  • Le billet d’humeur

    « Que s’est-il passé sur twitter cette semaine ?

    Dimanche matin, je tombe sur ce tweet de Rokhaya Diallo « quelle honte de relayer ça ! ». Quand je lis « quelle honte de relayer ça !, a fortiori s’il s’agit de Rokhaya Diallo, je n’ai qu’une seule envie, aller voir ce « ça » de plus près.

    Et ce « ça », c’est un article écrit par Stéphane Beaud, sociologue spécialiste des transformations des milieux populaires, et Gérard Noiriel, pionnier de l’histoire de l’immigration, article qui s’intitule très explicitement ou devrais-je dire courageusement puisqu’il est publié dans le monde diplomatique, « impasses des politiques identitaires ».

    Immense déception de Rokhaya Diallo a propos du monde diplomatique… joie et curiosité pour moi ! L’article contient en effet une excellente analyse de certaines personnes issues de l’immigration qui utilisent un langage racialisant pour se définir et définir le monde qui les entoure. Des personnes qui – je cite - « privilégient les éléments de leur identité personnelle que sont la religion, l’origine ou la race (définie par la couleur de peau) » et qui sont « privés pour des raisons socio-économiques des ressources qui leur permettraient de diversifier leurs appartenances et leurs affiliations ». Les auteurs précisent encore : D’un côté, le « nous » : les jeunes noirs ou arabes, la cité… et le « eux » : les céfran, les blancs, les athées...

    Fanfare ! Trompette ! L’analyse sociale se réveille et rejoint l’analyse républicaine  : car la « honte » pour Rokhaya Diallo, c’est donc cela : une analyse sociale impeccable de l’assignation à résidence identitaire qui pose une injustice initiale et sous-entend qu’il faudrait essayer d’en sortir.

    « …et quel compte twitter en parle le mieux ? »

    C’est le compte de l’observatoire des inégalités qui a relayé l’article et qui ne plie face aux intimidations de Rokhaya Diallo et de ses amis…

    Ils ajoutent le tweet suivant : « quand la race écrase la classe, ce qui est de plus en plus souvent le cas. ».

    Et d’ajouter face aux centaines de réactions à leur encontre  : « C’est passionnant, il se passe en direct ce qu’écrivent Beaud et Noiriel ». Ils ont la belle excitation de ceux qui viennent de comprendre quelque chose…

    Un seul bémol : ni les auteurs ni leurs lecteurs ne semblent encore prêts à s’associer aux universalistes de la première heure comme Gilles Clavreul ou Laurent Bouvet… Sans doute de la coquetterie. Et qu’importe s’ils introduisent leur texte par le fait que le langage identitaire était jadis réservé à la droite…ou qu’ils le terminent par le danger ultime selon eux : un « boulevard politique ouvert aux conservateurs ». Qui ne leur pardonnera pas d’avoir besoin de cela pour assumer d’être sortis de la caverne et de voir la lumière… ?

    On trouve cela sur twitter cette semaine et donc sur RCJ.

    0 min

About Le billet d’humeur – Déborah Münzer

From the publisher's feed

Chaque mercredi, Déborah Münzer décortique un compte twitter dans « RCJ Midi ».