C.d.C.#48 1973 Chili Lip Larzac - Leny Escudero - Claude Nougaro - Pierre Selos - Yves Simon
1973 Chili Lip Larzac : Contexte historique.
1973 Chili Lip Larzac. La victoire d'Allende au Chili, le 4 septembre 1970, suscite une immense vague d'espoir. Les 40 mesures du gouvernement prises au tout début du mandat visent à doper la croissance, à redistribuer les richesses, à augmenter les salaires, à approfondir la réforme agraire et encore à placer les principales ressources minières nationales (le cuivre) sous le contrôle de l'État.Le 6 novembre 1970, le président étatsunien Richard Nixon déclare devant de Conseil national de sécurité :
« Notre principale préoccupation avec le Chili, c'est le fait qu'il [Allende] puisse consolider son pouvoir et que le monde ait l'impression qu'il serait en train de réussir. […] Nous ne devons pas laisser l'Amérique latine penser qu'elle peut prendre ce chemin sans en subir les conséquences. »
Très tôt, la CIA, l'ambassade des États-Unis mais aussi de puissantes multinationales (en particulier ITT) affectées par les nationalisations conspirent pour abattre en plein vol cette expérience. (Le Monde Diplomatique)
Lip : En avril Lip annonce aux 1300 salariés que des licenciements vont intervenir : « 480 à larguer » la phrase a choqué. On n'était pas encore à une période où on larguait les hommes comme des bêtes. Les administrateurs sont séquestrés. Les cars de CRS encerclent l'usine, puis c'est l'assaut, les portes défoncées.
« Ça nous a choqué, nous qui avions été si attentifs au cours des grèves précédentes à ne pas rayer un mur. »
Les administrateurs sont libérés. Alors, parmi les ouvriers, il y en a un qui dit : « et si on prenait les montres ? ». Des voitures sont chargées de montres et partent les planquer.Que faire de toutes ces montres ? On décide de les vendre et de remettre en route l'usine pour en produire de nouvelles, cette fois sans patron. La vente est un énorme succès.
Larzac : En lutte contre l'extension du camp militaire en 1973 et devant 80 000 personnes réunies au Rajal del Gorp, Bernard Lambert, leader des Paysans-travailleurs, s'écria :
« Jamais plus les paysans ne seront des Versaillais. C'est pourquoi nous sommes ici pour fêter le mariage des Lip et du Larzac. »
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Biographie de Leny Escudero
Enfance et formation de Leny Escudero
Joaquim Leni Escudero, alias Leny Escudero, chantauteur français naît à Espinal, Navarre (Espagne). Son père est d'origine gitane et sa mère, fille de républicains espagnols, les deux sont presque analphabètes. En 1939, la famille quitte leur pays ravagé par la guerre civile. C'est la débâcle : sur les routes, des familles entières fuient les fascistes. Leny va perdre la sienne pendant une quinzaine de jours :
« J'ai passé la frontière tout seul. Mon père était déjà en camp de concentration ( à Argelès, avec des miradors et des barbelés). Le reste de la famille était dans un autre camp, mais de réfugiés. Moi j'étais un clandestin. Déjà ! J'ai été pris dans le no man's land, entre les frontières espagnole et française par un camion de la Croix-Rouge… ».
Enfin, après la libération du père en 1940, toute la famille se retrouve à Mayenne. Arrivé sans connaître un mot de français, le petit Joaquim Leni manifeste rapidement l'envie d'apprendre la langue :
« Avec cette sorte de hargne que j'avais, j'apprenais ce que je voulais. J'étais une imprimante. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Au début, le bouquin d'une main, le dictionnaire de l'autre, j'écrivais les mots qui me paraissaient difficiles, avec leurs définitions. Parce que c'était une arme, la langue, et qui était alors tournée contre moi. Donc, cette arme-là, je la voulais. Ce n'était pas par soif d'apprendre, mais vital ! ».
Ainsi, à onze ans, Joaquim Leni écrit sa première chanson «L'arbre de vie». Il obtient son Certificat d'études, puis doit alors travailler. Leni enchaîne petit boulot sur petit boulot : creuser des tranchées, ramasser des betteraves, etc. Escudero veut alors devenir instituteur mais pour s'inscrire au concours de l'École Normale, il faut le Brevet. Qu'à cela ne tienne, il s'y met et le décroche haut-la-main. Mais au moment de préparer le fameux concours, il découvre que « le postulant doit obligatoirement être de nationalité française ». Mais pour la demander il faut être majeur (21 ans à l'époque). Leni a 17 ans, il renonce donc à l'enseignement et part pour Paris.
À nouveau, Escudero retrouve la pelle et la pioche mais décide de devenir carreleur. À force d'un labeur opiniâtre, il devient artisan associé à trois copains et finit par gagner correctement sa vie.Parallèlement, il essaie de placer des textes qu'il a mis en musique. Mais il comprend rapidement que, pour obtenir un résultat, cela nécessite de s'investir à fond. Il se retire alors de son entreprise au profit de son frère.
Début de la carrière artistique de Leny Escudero
Cependant ses chansons sont toujours refusées par les éditeurs :
« … J'allais présenter mes chansons à des éditeurs et à des artistes et je ne comprenais pas qu'on me les refuse. Je les trouvais au moins aussi belles que celles que j'entendais à la radio… À ce moment-là, j'ai réagi d'une manière assez puérile, je prenais ces refus comme une forme de mépris à l'égard de l'immigré que j'étais… alors que c'était une histoire de fric ; je ne voulais pas comprendre et surtout accepter qu'il valait mieux partager dix millions à deux, en cosignant mes chansons, que zéro tout seul. Je croyais qu'ils ne se rendaient pas compte que mes chansons étaient belles, alors j'ai décidé de les chanter moi-même, pour leur montrer, et j'ai commencé la série des auditions ».
Donc Leny passe sans succès des auditions. Mais le déclic viendra à l'Écluse où Léo Noël lui dit :
« Je regrette, nous ne pouvons pas te prendre, nous sommes quatre à décider et je suis le seul à vouloir de toi. Moi je dis que les autres se trompent et je ne veux pas invoquer les raisons pour lesquelles ils se trompent. Mais je sais que tu as du talent, que ça marchera un jour ou l'autre pour toi, et je regrette profondément que tu ne passes pas à l'Écluse ».
En 1958 Leny Escudero avait fait une maquette qui atterrit chez Jacques Canetti, directeur artistique chez Philips. Ce dernier l'engage et lui fait signer un contrat d'exclusivité de trois ans.
« Sur le contrat, il n'y avait aucune référence à l'auteur-compositeur, mais seulement : « La compagnie s'engage à faire enregistrer un LP par an à l'artiste » donc deux super 45 tours . Il y avait en outre une petite clause : « Les titres seront choisis d'un commun accord »… »
Or, Philips va lui apporter des adaptations états-uniennes, ce que Leny refuse. Pourtant, à ce moment-là il n'a pas d'argent, il rame comme un fou. Il décharge des camions aux Halles ou sale des ponts à la Villette.Philips met donc Leny "au frigidaire" pendant toute la durée de son contrat.
Cependant la chance va enfin lui sourire. Réduit à nouveau à tenter de faire interpréter ses chansons par d'autres, Leny Escudero rencontre Jacqueline Néro qui lui conseille de les chanter lui-même. Jacqueline est la femme de Léo Missir, elle le présente alors à son mari.
En 1962, ce dernier lui fait enregistrer chez Bel Air un super 45 tours, le contrat avec Philips étant achevé. Quatre titres : Ballade à Sylvie / Pour une amourette / Parce que tu lui ressembles / Vingt ans après. C'est le carton, les trois premiers titres deviennent d'immenses succès.Leny Escudero tombe comme un cheveu dans le gloubi-boulga yé-yé.
Leny Escudero part faire le tour du monde
En 1965, Leny Escudero est une grande vedette. Il a déjà enregistré sept 45 tours et trois 33 tours. Après des années de vaches maigres, il a la reconnaissance, le succès et l'argent. Cependant, il a une dette de cœur et il tient à la rembourser :
« Je devais faire quelque chose. J'ai une reconnaissance infinie pour l'École de ma République, pour la communale. Je me sens un immigré, toujours. Je n'ai jamais oublié qu'on était arrivés avec des trous dans les mains. J'estimais que je devais beaucoup à l'école. Quand je suis retourné à Mayenne, la première fois, j'ai donné un gala gratuit pour mon école.J'ai toujours eu ce sentiment de devoir. Mais comment rendre ? Où ? Là où il n'y en a pas pour que, comme moi, d'autres puissent apprendre à lire et écrire… ».
Fin 1965, Leny Escudero part faire le tour du monde. Il reste d'abord un an au Dahomey (maintenant Bénin) où il réalise son projet de construire une école. Il revient toutefois de temps en temps pour enregistrer un tas de chansons qui sortiront ensuite, sans lui. Puis il part en voilier avec un pote avec qui il fait la moitié d'un tour du monde. En outre il voyage partout : Amérique du Sud, Moyen-Orient, États-Unis, URSS, Afrique…Mais il revient en mai 68 :
« Je ne voulais pas rater ça. Pour moi, 68, ce n'était pas renverser un pouvoir pour en mettre un autre à sa place. Pas du tout. C'était changer la vie. C'était faire en sorte que tout le monde puisse se rencontrer, se parler, communiquer… Pour moi, ça a été une fête merveilleuse. Je veux dire dans ma tête, il n'y a jamais eu la notion de pouvoir, de choses comme ça. Jamais. À aucun moment ».
Finalement, le tour du monde qui devait durer un an va en durer cinq. Cependant les gens du métier ne pardonnent pas à une "idole" de brader sa gloire toute fraîche pour un rendez-vous avec ses rêves de môme. À son retour pour de bon en 1970, Leny Escudero n'a plus de maison de disques. Néanmoins Barclay lui permet de sortir le 33 tours «Escudero 71». Album qui sera récompensé par l'Académie Charles Cros.
En 1971, malgré le prix attribué à son album, Leny Escudero recommence à zéro, en tournée dans les petits lieux avec un seul musicien. Au début, le public n'est constitué que de cinquante à soixante personnes. Mais, au bout de deux ans c'est plein, même dans les grandes salles. Sa carrière est repartie par la scène.En 1973 paraît son album "Vivre pour des idées"
[ sources : Le Maitron - Paroles et Musique n° 36 - Chorus n° 18 - Je Chante ! n°4 ]
Discographie de Leny Escudero
1962 Deux 45 tours : Ballade à Sylvie + L'arbre de vie &Un 33 tours : Pour une amourette (Bel Air)1963 Un 45 tours : Tu te reconnaîtras &Un 33 tours : À Malypense (Bel Air)1964 Deux 45 tours :Stéphanie (Bel Air) + Merci tout p'tit (Polydor)1965 Un 33 tours : Rachel (Polydor)Deux 45 tours : Comme des statues + Un amour est venu (Polydor)1967 Deux 45 tours : La tête m'en a tant tourné + Remember December &Un 33 tours : Je t'attends à Charonne (Polydor)1968 Deux 45 tours : On s'aimera + Simone (Disc Az)1969 Un 45 tours : Je n'ai pas su t'aimer (Riviera)1970 Deux 45 tours : Mon inconnue + Malenfrance (Riviera)1971 Un 33 tours : Escudero 71 (Riviera)1972 Deux 45 tours : Pour un peu d'amour + À contre amour (Riviera)1973 Un 33 tours : Vivre pour des idées ( A Malypense /Barclay) &Un 45 tours : Quand tu seras grand (Riviera)Chansons de la 1ère partie : 1973 Chili Lip Larzac : Vivre pour des idées
03:45 Philippe Richeux, Annie Nobel : Valparaiso : Annie Nobel - Annie Nobel, Philippe Richeux : 197307:11 Gérard-André : Victor Jara : Gérard André Gaillard : 197309:16 Anne et Gilles : Para-machin : Anne Dubray - Gilles Méchin : 197311:23 Leny Escudero : Vivre pour des idées : Leny Escudero - Thierry Fervant : 1973
Escudero - Ballade à Sylvie
Leny Escudero - Vivre pour des idées
Claude Nougaro
Claude Nougaro - Locomotive d'or
Biographie de Claude Nougaro : 1973 Chili Lip Larzac
Enfance et formation de Claude Nougaro
Claude Nougaro, chantauteur et poète français naît à Toulouse en 1929. Son père, Pierre, gascon, est chanteur d'opéra. Sa mère, Liette, italienne, est professeure de piano. Ses parents sont amenés à se déplacer constamment sur toutes les scènes d'Europe. Le petit Claude est donc élevé par ses grands-parents Cécile et Alexandre. Claude se souvient :
« La musique, c'est mon père, chantant, et ma mère au piano, répétant l'opéra classique : Massenet, Rossini, Bizet. J'aimais beaucoup les airs, surtout Carmen… À travers mon père, la musique me paraît indissociable d'une action dramatique et d'un texte. »
Sur le buffet de la cuisine trône un poste de TSF. À douze ans Claude écoute les émissions d'Hugues Panassié sur Radio-Toulouse et se nourrit d'Armstrong, de Bessie Smith et de Glenn Miller. De plus la radio déverse aussi les chansons de Trénet mais surtout les extases de la Môme Piaf.En outre, Claude se réfugie également entre les pages de Rostand, Hugo, Verlaine, Baudelaire et Cocteau :
« Déjà j'étais passionné par ces grands colosses du verbe, qui possédaient le langage comme une puissance véritablement terrible sur la vie, par ces porteurs du verbe que sont les poètes, qui portent la torche de la parole vivante. »
Par contre, Claude n'a aucun intérêt pour l'école : Il est bringuebalé d'un établissement à l'autre, de renvois en fugues. L'échec au baccalauréat couronne cette dérive scolaire.En 1947, Claude est apprenti journaliste. Il tente de survivre en signant quelques piges. Puis il se débarrasse de ses obligations militaires en devançant l'appel.
Claude Nougaro débarque à Paris
En fin de compte, en mai 1950, Claude Nougaro débarque à Paris où ses parents sont installés : son père est maintenant premier baryton de l'Opéra Garnier.Sans diplômes, Claude est désemparé, il en est même amené à voler des tomates à l'étalage. Il traîne sa douleur, écrasé à l'ombre d'un père « monstrueusement puissant de présence et d'absence ».Au sortir de l'Opéra, Pierre, son père, aime finir la nuit au Lapin Agile. Il ne se fait pas prier pour entonner «Les vieilles de notre pays». Aussi quand Claude s'y présente timidement un soir de 1953 pour y lire un poème, il est reçu à bras ouvert par Paulo, le patron de ce haut lieu. Le public est séduit. Puis, en 1954, il rencontre Audiberti, un poète flamboyant et jubilatoire :
« Moi qui ai été toujours halluciné par les mots, par le pouvoir de la langue, de sa musique, de son chant, évidemment, je suis tombé amoureux mental d'Audiberti. »
En outre, à cette époque, Nougaro croise également Brassens et Mouloudji. Il écrit aussi quelques titres pour Marcel Amont et Philippe Clay.
Début de la carrière artistique de Claude Nougaro.
Mais, en 1955, Nougaro parvient à vaincre sa timidité et, accompagné par le pianiste du lieu, à oser chanter ses premières chansons au Lapin Agile. C'est là qu'il crée, en 1958, "Il y avait une ville".Et, en 1959 paraissent deux 45 tours sous l'étiquette "Président" publiés par un certain Ted Moura :
« Un juif pied-noir dont le père avait fait fortune dans le négoce de machines à laver et de réfrigérateurs et qui voulait se lancer dans le disque : il m'avait repéré au Lapin Agile et proposé aussitôt de m'enregistrer. »
Une première tournée a lieu, en lever de torchon de Dalida mais il faudra attendre 1962 avant que ces traces discographiques ne rencontrent un certain écho.En effet, cette année-là, Nougaro rencontre Michel Legrand, jeune pianiste-compositeur-arrangeur passionné de jazz. L'album qu'ils enregistrent alors pour Philips remporte un vif succès : "Une petite fille" sera le tube de l'été.
Sa carrière est lancée. Les succès s'enchaînent : Cécile, Je suis sous, À bout de souffle, Armstrong…
Puis à nouveau Claude Nougaro va faire une rencontre déterminante, celle du guitariste brésilien Baden Powell.Il va adapter son "Berimbau" en "Bidonville". Loin des clichés exotiques, il traite des ghettos :
« Sur la toile sonore de cette musique, j'ai vu projeter les bidonvilles qui entourent Rio. J'ai traduit la musique que me dictaient les images d'un film. Ce sont toujours les chocs émotionnels qui sont à l'origine des transpositions. »
En ce qui concerne les grandes scènes, en 1969, Claude Nougaro est à L'Olympia pendant 2 semaines en avril (avec «Paris Mai», interdit d'antenne). Ce sera une consécration et donnera son 1er enregistrement public.En 1971, Claude est à Bobino pendant 3 semaines. Puis en 1973 il sera trois semaines au Théâtre de la Ville ("Locomotive d'or" ).
[ sources : Paroles et musique n° 44 - Chorus n° 12 - Je Chante ! n° 31 ]
Discographie 1959 / 1973 de Claude Nougaro
1959 Deux 45 tours : Vachement décontracté + Le piano de mauvaise vie (Président)1962 Un 33 tours : Le cinéma (Philips)1963 Un 33 tours : Il y avait une ville (réédition des 2 premiers 45 tours + titres inédits de 1959) (National) &Deux 45 tours : Cécile ma fille + Pauvre Nougaro &Un 33 tours : N°2 Mon assassin (Philips)1965 Deux 45 tours : À bout de souffle + Armstrong (Philips)1966 Un 33 tours : Bidonville &un 45 tours : La clé (Philips)1967 Un 33 tours : Petit taureau (Philips)1968 Deux 45 tours : La maîtresse + Paris mai (Philips)1969 Un 45 tours : Homme &Un 33 tours : Une soirée avec… (double album en public) (Philips)1970 Deux 45 tours : C'est ça la vie + Il neige (Philips)1971 Un 33 tours : Sœur âme (Philips)1973 Un 33 tours : Locomotive d'or (Philips)Chansons de la 2ème partie : 1973 Chili Lip Larzac : On fabrique, on vend & On se paie
18:43 Jean Édouard Barbe : Hiérarchie : Jean Édouard Barbe : 197320:20 Claire : On fabrique, on vend & On se paie : Claire Martin-Michon : 197323:13 Claude Nougaro : Montparis : Claude Nougaro : 1973
Biographie de Pierre Sélos : 1973 Chili Lip Larzac
Enfance et formation de Pierre Sélos
Pierre Selosse, alias Pierre Sélos, chantauteur français, naît en 1940 sur la route de l'exode à Toulouse.Pierre Sélos est très discret sur son enfance. Jeune , il est membre de la JOC ( Jeunesse Ouvrière Chrétienne). Il raconte que lors d'un camp de la JOC, il est monté sur scène pour chanter comme un troubadour, en s'accompagnant d'une vieille mandoline sur laquelle il avait ajouté un morceau d'isorel. Cela allongeait l'instrument et lui donnait un air moyenâgeux… Il ne connaissait alors qu'un seul accord.Puis Pierre Sélos fait l'acquisition d'une guitare dont il joue pour faire plaisir aux copains. Il a même l'honneur d'avoir une première mention d'un passage sur scène dans le journal de Brétigny.
Pierre Sélos travaille dans le milieu socio culturel et des colonies de vacances. Bien que passionné de chansons, Pierre Sélos refuse de "faire" les cabarets. Il n'accepte pas de chanter dans le bruit. C'est ainsi qu'il n'aura pas l'occasion de connaître les gens du milieu et qu'il sera toujours un peu isolé. Son inspiration est alors très influencée par la religion catholique.
Début de la carrière artistique de Pierre Sélos
Néanmoins Pierre Sélos signe un contrat avec Unidisc, une étiquette spécialisée dans la chanson religieuse et enfantine. Ainsi en 1960, paraît son premier 33 tours "Message" très imprégné de religiosité. Après avoir enregistré deux 45 tours et un deuxième 33 tours chez Unidisc, il signe chez Philips en 1963, en pleine vague yéyé…Son répertoire s'est élargi et s'ouvre à la vie. Ainsi fin 1963, chez Philips, paraît « Quinze ans » son troisième album qui contient de magnifiques chansons : "Quinze ans", «Avec les Juifs », « L'oncle Sam » qui rencontrent un relatif succès.Cela lui vaudra quelques passages en radio et en tv mais il raconte :
« j'ai eu quelques misères avec les radios et avec la télévision. On n'imagine pas ce que la TV demande parfois à un chanteur. Un jour ils ont dépassé les bornes et j'ai quitté le studio. Depuis, on ne m'a jamais rien demandé… C'était l'époque de ma chanson « L'oncle Sam » qui avait bien marché. »
Pierre Sélos se décide pour l'autoproduction
Pierre Sélos est alors quelque peu dégoûté par le show bizness mais aussi par les milieux catholiques qu'il fréquente. Ses chansons montrent que sa foi chrétienne est de plus en plus mise à mal. Ainsi, en 1966, soucieux de liberté, Pierre Sélos se décide pour l'autoproduction et crée alors "L'oiseau Bleu" une maison de disque. Parallèlement, il continue à travailler dans le social, ce qui lui assure sa subsistance et le prévient de toute angoisse.En 1967, il crée la chanson "Vent d'Amérique" que Francesca Solleville chantera longtemps.
En 1972, dans le cadre de ses activités sociales paraît le disque "Des enfants et des hommes" au dos duquel on peut lire :
« Les chansons-histoires de ce disque ont été écrites par Pierre Sélos, en collaboration avec des enfants et des adolescents. Elles sont racontées par sept d'entre eux, tour à tour accompagnés par Maurice Montagu (basse et flûte), Jean Boudon (guitare), Georges Morage (accordéon) et Marc Lagrande (batterie) […]Posologie : Ce disque contenant de la vérité à haute dose, et sans excipient vocal ou orchestral, son audition est déconseillée aux sujets atteints de cécité ou de surdité sélectives.L'auteur et l'éditeur ne pouvant, de toute évidence, être tenus pour responsables des faits ou situations ayant entraîné la composition de ces chansons et la réalisation de ce disque, ils déclinent par avance toute responsabilité quant aux malaises que son audition pourrait provoquer. »
En 1973 paraît "Raison de vivre" avec la participation du jeune elté (Laurent Terrisse)
Discographie de Pierre Sélos
1960 Un 33 tours : Messages (Unidisc)1961 Un 45 tours : N°2 T'es louftingue (Unidisc)1962 Un 45 tours : N°3 L'exilé (Unidisc)1963 Un 33 tours : N°4 Sur la terre &Un 45 tours : Et toi tu nous attends (Unidisc) &Un 33 tours : Quinze ans (Philips)1965 Un 45 tours : Ma princesse (Philips)1966 Deux 45 tours : Mon frère m'a dit (ot av / Philips) + Le beatnik (L'Oiseau bleu)1968 Trois 45 tours : Vent d'Amérique + Réveille-toi + John Peel (L'Oiseau bleu)1969 Un 45 tours : Le carillon de Bruges (Disques Meys)1970 Deux 33 tours : L'oiseau bleu + Quinze ans (réed. album 1963 + 3 inédits 1963) (L'Oiseau bleu)1972 Deux 33 tours : L'armateur + Des enfants et des hommes (majoritairement interprété par des ados) (L'Oiseau bleu)1973 Un 33 tours : Raison de vivre (interprété par Sélos & elté) (L'Oiseau bleu)1974 Un 33 tours : Un regard (interprété par elté & Sélos) (L'Oiseau bleu)1981 Une k7 : Salut ! (Possible)Chansons de la 3ème partie : 1973 Chili Lip Larzac : Chanson du Larzac
32:47 Pierre Tisserand : À l'armée : Pierre Tisserand : 197335:21 Dominique Loquais : Chanson du Larzac : Collectif Larzac : 197337:33 Claude Marti : Lo païs que vol viure : Claude Marti : 197340:20 Yvon Etienne : Les A.C. : Yvon Etienne : 197342:54 Pierre Sélos : Malgré : Pierre Sélos : 1973
Pierre Selos
Pierre Selos - Raison de vivre
Yves Simon
Yves SImon - Au pays des merveilles de Juliet
Biographie d'Yves Simon : 1973 Chili Lip Larzac
Enfance et formation d'Yves Simon
Yves Simon, chantauteur, écrivain français, naît à Choiseul (Haute-Marne) en 1945. Fils unique, son père est cheminot, sa mère est serveuse, puis infirmière. Il grandit et fait ses études primaires et secondaires dans les Vosges. Il découvre Brassens par hasard :
« J’avais 12 ans, nous étions trois amis, nous nous sommes essayés à la spéléo, l’hiver était glacial mais il faisait chaud sous terre. Morts de fatigue, nous nous sommes retrouvés dans une chambre à écouter de la musique, il y avait un disque de Brassens de 25 cm, nous l’avons écouté en boucle. Sur la pochette du disque : "Brassens et sa guitare…" Je voulais lui ressembler, c’est lui qui m’a donné envie de jouer ».
Ainsi, à l'âge de 13 ans, il se fait offrir sa première guitare, une EKO extraplate. Il joue alors avec les Korrigans nancéens, un groupe qu'il avait monté avec le fils du notaire et deux autres copains. Leur répertoire se limite aux Shadows, Animals, Beatles et Rolling Stones. Mais Yves Simon y glisse déjà ses propres propositions.
Se dirigeant vers une carrière d'ingénieur, il entre en seconde technique et mathématique dans un lycée de Nancy. Une année noire d'internat, vécue comme une prison. Il s'en évade par la lecture et découvre l'écriture.Yves abandonne l'idée d'être ingénieur et retrouve les Korrigans dont il devient guitariste soliste et finit son second cycle au lycée de Mirecourt.
De fait à cette époque, il rêve de cinéma, que ce soit devant ou derrière la caméra, de musique et de chanson. Ainsi, en quelques années il en écrira plus de deux cents.Puis, le bac en poche, il passe deux années à la fac des Lettres de Nancy, vécues comme « un sas entre l'adolescence et la butée sur le réel de l'âge adulte ».
Finalement, à l'automne 1965, Yves Simon débarque à Paris pour approcher le cinéma via le concours d'entrée en classe préparatoire à l'IDHEC du Lycée Voltaire. Bref, à raison de trois films par jour à la Cinémathèque, il complète sa culture cinématographique. Le concours à l'IDHEC dure trois jours… et le troisième jour il choisit d'aller auditionner chez Pathé-Marconi, comme il l'avait déjà fait chez Vogue ou Fontana. Sans résultat.
Début de la carrière artistique d'Yves Simon
Néanmoins, repéré par Claude Dejacques, directeur artistique chez Fontana, il enregistre deux albums (1967 & 1969) qu'il considère aujourd'hui :
« … comme des carnets de notes plus élaborés. Disons qu'il y avait des influences de la chanson française […] et pas assez de travail pour l'élaboration d'un vrai style personnel. Alors que les Beatles existaient, je n'avais pas encore trouvé que le son, la mélodie, l'arrangement faisaient globalement partie du message de la chanson. »
Durant l'été 1972, Yves Simon parcourt les États-Unis en auto-stop. Silhouette anonyme, pouce levé, il affronte l'espace, d'inévitables moments de solitude et il noue des échanges entre gens qui ne se croiseront jamais plus. De quoi ramener un plein sac de sons, de mots, d'accents, d'images et d'impressions à retranscrire.
Ainsi, Yves Simon trouve ses marques et fait paraître un 45 tours chez RCA "Les gauloises bleues".En 1973, il tourne avec Juliet Berto dans le film "Erica Minor". Et se produit alors un déclic :
« … Je n'ai fait que le constater après le tournage : le disque préparé avec Bob Socquet était devenu caduc. Toutes les chansons écrites l'hiver précédent ne correspondaient plus. J'ai, en mai, écrit les chansons qu'on devait enregistrer en juin et qui représentaient pour moi une nouvelle forme d'écriture (surtout "Juliet")… »
[ sources : Paroles et Musique n° 45 - Chorus n° 29 ]
Discographie d'Yves Simon 1967 / 1973
1967 Un 33 tours : Ne t'en fait pas petite fille &Un 45 tours : T'as pas changé tu sais (Fontana)1968 Un 45 tours : Éventualités (Fontana)1969 Un 45 tours : Des glaçons dans mon dos (Fontana) &Un 33 tours : La planète endormie (Fontana) &Un 45 tours : Je te déclare l'amour (Péridès)1972 Un 45 tours : Les gauloises bleues (Victor / RCA)1973 Un 33 tours : Au pays des merveilles de Juliet ((RCA)Chansons de la 4ème partie : 1973 Chili Lip Larzac : La liberté
48:03 Marc Ogeret : Marie-ma-blonde : Jacques-Emile Deschamps : 197350:51 Jacqueline Pons, Claude Fonfrède : La liberté : Luc Romann : 197353:46 Yves Simon : Mass media song : Yves Simon : 197357:53 Marc Vincent : Franchise militaire : Marc Vincent : 1973
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