C.d.C#47 Vivre en 1973 - Jacques Debronckart - Henri Tachan - Julos Beaucarne - Guy Bontempelli
Vivre en 1973 : Contexte historique : Fin des "Trente glorieuses"
Vivre en 1973 : En 1971, les États-Unis d'Amérique du Nord, alors premier producteur de pétrole passent leur pic de production. Le gouvernement états-unien manœuvre alors pour faire augmenter le prix du pétrole pour rendre rentable l'exploitation de ses champs de pétrole non conventionnels. En 1970 le prix du baril était alors inférieur à 2 dollars… La guerre du Kippour et le soutien inconditionnel des EUA à Israël vont faire réagir les pays arabes. Ceux-ci décident d'augmenter le prix du baril et de réduire la production pétrolière de 5% par mois jusqu'à l'évacuation des territoires occupés par les Israéliens et la reconnaissance des droits des Palestiniens. Le prix du baril passe à 18 dollars en quelques semaines. C'est le premier choc pétrolier qui amène une crise de stagflation (combinaison d'inflation et de stagnation économique). C'est aussi la fin d'une période appelée arbitrairement Les trente glorieuses.
Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.
Biographie de Jacques Debronckart (2ème partie)
Première partie de la biographie de Jacques Debronckart.
Le premier album de Jacques Debronckart ignoré (censuré) par les médias
En 1967, la maison de disques Philips, qui n'attend de Jacques Debronckart que des titres comme « Adélaïde », refuse de publier ses nouvelles chansons. Le divorce a lieu après la publication de son 45 tours « Ils arrivent ».La prestigieuse étiquette BAM accueille alors Debronckart. L'album « Toi qui nais cette année » ne tarde pas à paraître. Onze chansons, la plupart refusées par Philips, figurent sur ce premier album. L'artiste peut enfin libérer sa véritable personnalité.
Effectivement, dans celui-ci, les titres « La triste chanson » et surtout « Mutins de 1917 » sont un réquisitoire impitoyable contre les vicissitudes de l'armée. Tandis que dans « La religion » il dénonce le musellement des corps et des esprits par toute forme d'endoctrinement.Mais cette attaque du sabre et du goupillon lui vaudra une totale occultation médiatique de ce magnifique premier album.
De fait, en l'absence d'exposition médiatique, Jacques Debronckart est réduit à continuer à fréquenter les petits lieux. Du moins, ceux qui ont pu échapper aux secousses économiques.
Néanmoins, les interprètes de qualité sollicitent Debronckart comme auteur ou compositeur. Par exemple, entre 1967 & 1968, Isabelle Aubret enregistre 7 chansons dont il est l'auteur et/ou le compositeur. Eva, France Valmore et Francesca Solleville en enregistrent chacune deux dans la même période.
Le succès avec le deuxième album « J'suis heureux »
En décembre 1969 paraît le deuxième album « J'suis heureux" » chez CBS. Il est postfacé par ses amis François Deguelt et Jean-Pierre Mottier :
« Jacques Debronckart a choisi la voie la plus difficile : celle de la qualité.C'est un garçon aux cheveux longs, mince, aux gestes précis, au visage un peu pâle mais où des yeux sombres laissent augurer d'une intelligence créatrice sans limite.Et puis Jacques Debronckart chante, s'anime et c'est alors que le contraste éclate. De cette silhouette romantique et distinguée, de cette bouche ironique, sortent des mots merveilleux, des musiques belles qui, se mêlant à ravir, font naître : les regrets, l'espoir, l'amour, la vie […]En écoutant les dernières chansons de Jacques Debronckart, nous avons eu l'impression très précise, très profonde que depuis Jacques Brel, il ne s'était rien passé d'important.Voilà du nouveau, du beau.Suis ton chemin Jacques, tu verras la route sera belle. »
Ce 30 cm contient un nouveau tube « J'suis heureux », portrait incisif d'un cadre satisfait, charge contre la société de consommation qui s'installe. Ce disque où se mêlent l'ironie, la tendresse, l'enthousiasme et la révolte sera récompensé du Grand prix de L'Académie du Disque Français. Les directeurs artistiques de CBS, sa maison de disque avaient misé sur « La liberté » et « Mais si, mais si, je t'aime » pour le 45 tours de promotion. Jacques, lui, est le seul à croire en « J'suis heureux ». Heureusement les programmateurs sont du même avis et la diffusent :
« Si la chanson a marché, c'est uniquement grâce aux programmateurs qui l'ont aimée. Tout le monde a passé cette chanson-là. J'avais un mal fou à en faire passer une autre »
Porté par ce succès, Debronckart revient à Bobino au printemps 1970 en première partie de Marie Laforêt. C'est un triomphe auprès du public et des critiques. André Ransan, de l'Aurore, en dira :
« Ce n'est pas une révélation, c'est une consécration, et de quel éclat ! Voilà un chanteur et un poète d'une exceptionnelle qualité. Il a tout : une forte présence, un abattage extraordinaire, une voix puissante, une diction parfaite […]Il sait être tour à tour tendre ou incisif, toujours divers, pittoresque, original, intelligent. Je suis surpris qu'un tel artiste ne soit pas encore "tête d'affiche". Le public lui fit un triomphe mérité, et Debronckart est vraiment ici la vedette du spectacle »
Ce succès n'émeut pas CBS qui ne va concéder à publier qu'un 45 tours 2 titres en 1971.
"Je vis", troisième album de Jacques Debronckart
Néanmoins en 1973 paraît "Je vis" le troisième album de Jacques Debronckart, arrangé par François Rauber, le compagnon de route de Jacques Brel. Encore un album important, photographie de la France pompidolienne, de ses mœurs politiques ( "Mon cher député" ), de son affairisme débridé ( "J'achète" ), de la pollution ( "Complainte du PDG" ). À côté des chansons satiriques voisinent des chansons personnelles, poignantes : ("Ecoutez, vous n'm'écoutez pas" ) , ( "Regarde" ). En bref encore une belle collection de joyaux.
Le contact avec le public lui est indispensable. Debronckart aime sentir les ondes qui parcourent les petites salles. Profondément humaniste, il a participé à plusieurs galas libertaires. Le 24 juin 1973, il chante à un gala de la Solidarité Internationale Antifasciste en compagnie de Jehan Jonas à la salle des fêtes de Thiais au profit de la veuve et des enfants du musicien Hector Perez.
[ sources : Je Chante ! n° 26 - Chorus n° 39 ]
Chansons de la 1ère partie : Vivre en 1973
02:53 André Georgian : Vivre en 73 : André Georgian : 197307:41 Pauline Julien : Lettre de Ti-Cul Lachance à son premier sous-ministre : Gilles Vigneault - Gilles Vigneault, Gaston Rochon : 1973 12:11 Jacques Debronckart : J'achète : Jacques Debronckart : 1973
Jacques Debronckart
Henri Tachan
Henri Tachan - Sa révolte
Biographie d'Henri Tachan (2ème partie)
Première partie de la biographie d'Henri Tachan
Premier album d'Henri Tachan de 1965 « Les mauvais coups »
Le premier album d'Henri Tachan de 1965 « Les mauvais coups », bien que couronné par un Grand Prix de l'Académie du Disque, est rejeté par les radios. En outre deux chansons "Les mauvais coups" et "Les P.D." sont carrément interdites d'antenne. Cependant tous les commentateurs ne sont pas imperméables au talent de Tachan. Ainsi Frédéric Dard dira :
« … il ne me fallut pas soixante secondes pour être conquis, pour identifier le talent, pour entendre le grand cri désespéré d'Henri Tachan, pour reconnaître la qualité de son inquiétude, pour savoir, enfin, qu'il se passait des choses en lui ! […]Si Tachan a la détresse hargneuse, c'est par pudeur. Il crache des invectives parce qu'elles nouent la gorge, permettant de dissimuler la peine. […]Et, en effet, la scène est bien pour lui, une arène où il vient se battre, où il essaie d'expliquer aux hommes que, selon lui, rien ne va très bien et qu'ils ne font pas grand-chose pour que cela aille mieux.Il vient leur parler d'eux, de cette grande misère d'être qui nous dévaste, nous détruit, après nous avoir rendus indignes de nous-mêmes. Bagarreur ardent, il se bat d'abord avec les mots. Lutte ardente et noire ! La plus intense de celle qu'il a entrepris de livrer. Les mots ! …Qu'importe ceux qui n'entendent pas tes cris, HenriContinue de donner des coups de pieds, des coups de gueule.Continue de lutter pour l'impossible conquête des bonheurs impossibles.Continue, HenriContinue ! »
« La censure » le deuxième album d'Henri Tachan
Puis, en 1967 paraît « La censure » le deuxième album d'Henri Tachan. Les textes sont tout aussi percutants que dans le premier album :
« … Aujourd'hui dans la Doulce France,En l'An de grâce et de jouvence,La revoilà qui pointe son nez,Qui roule des yeux sous son bonnet,
La revoilà qui prolifère,Qui pudibonde, qui vitupèreContre une poignée d'objecteursQui déshonorent ses champs d'honneur… »
Henri Tachan continue d'apprendre son métier à l'ancienne sur la minuscule scène des cabarets. Le ventre noué par le trac, il doit imposer sa présence et soumettre ses chansons à l'épreuve du public et le courant passe. Les textes qu'il écrit sont majoritairement mis en musique par Jean-Paul Roseau. Mais il arrive aussi à Mick Micheyl, Gérard Jouannest et d'autres de mettre la main à la partition.
En plus des cabarets où il continue à chanter régulièrement, Tachan passe en première partie dans des music-halls : en 1965 à l'Olympia avec Juliette Gréco , en 1968 à Bobino avec Félix Leclerc puis Isabelle Aubret, en 1970 Bobino avec Pierre Perret et 1972 à nouveau Bobino avec Georges Brassens.
Enfin le succès vient en 1968 avec « La table habituelle », chanson parue sur la face B du 45 tours « Lorsque je serai vieux ».
Ce sont principalement des interprètes féminines qui chantent les œuvres de Tachan : Danielle Oddera dès 1963 puis successivement Juliette Gréco, Mick Micheyl, Jacqueline Dulac, Régine, Pia Colombo, Francesca Solleville, Catherine Sauvage, Christine Sèvres & Martine Baujoud entre 1965 et 1969. Du côté des "Z'hommes" c'est plus succinct : Claude Léveillée en 1964 et Jean-Claude Pascal en 1970. Lors d'une entrevue à "Paroles et Musique" en 1980 Tachan dira :
« … J'aime beaucoup les femmes, les petites filles, enfin je veux dire les petites filles plutôt que les petits garçons, et les animaux en général sans différence de sexe…J'aime pas les hommes, j'ai pas grand chose à leur dire… Je ne parle pas des artistes, hein, ce ne sont pas des hommes, ce sont des femmes. Tous les artistes sont féminins, tous les artistes sont près des femmes, des oiseaux, des animaux, des enfants… Pour moi, un homme c'est péjoratif, c'est exactement le langage contraire de ce qu'on peut dire :"T'es pas un homme", pour moi c'est un compliment. Je ne cassais pas des gueules à la récré, j'avais pas envie, et maintenant, je me rends compte que j'avais raison. »
« Les amis » le quatrième album d'Henri Tachan
Puis en 1969 paraît Vol.3, le dernier album "Barclay" de Tachan. Une compilation (6 inédits + 1 réenregistrement) qui contient le chef d'œuvre "Après les drapeaux" qui rappelle l'horreur qu'ont vécue les appelés dans cette tragédie franco-algérienne.Bref, jusqu'à la fin de son contrat chez Barclay, Henri Tachan n'enregistre plus que des 45 tours.
Enfin en 1972, il signe chez Polydor. Avec la collaboration de Jacques Bedos, Tachan arrive à maturité : alors que jadis, il assénait, maintenant il met deux doigts d'humour dans son écriture, trouve le ton et la patte sans perdre ses griffes. Ses cibles (la bêtise dans tous ses états) ne changent pas mais il fait le pari de l'intelligence, de la sensibilité et de l'émotion partagée.Mais c'est encore sur scène qu'il prend toute sa dimension de chanteur. Postillonnant jusqu'au cinquième rang, il se libère et campe de manière expressive les personnages de ses chansons.Finalement en 1973 paraît « Les amis » le quatrième album d'Henri Tachan
[ sources : Je Chante ! n° 19 - Chorus n° 26 ]
Discographie 1965 / 1973 d'Henri Tachan
1965 Un album 33 tours : Les mauvais coups (Barclay)1966 Deux 45 tours : Au Bougnat + Je t'aime pour ça (Barclay)1967 Un album 33 tours : La censure + un 45 tours J'attends (Barclay)1968 Deux 45 tours : Mamour + Lorsque je serai vieux (Barclay)1969 Un album 33 tours : Vol.3, compilation (6 titres inédits + 1 réenregistrement) (Barclay)1970 Deux 45 tours : Félicie + Mon c… sur la commode (Barclay)1971 Deux 45 tours : Mais ta jument sera fidèle - Lyon (Barclay)1972 Un 45 tours : Un mur (Polydor)1973 Un album 33 tours : Les amis (Polydor)Chansons de la 2ème partie : Vivre en 1973 : Si j'étais banknote
18:08 Henri Tachan : Si j'étais banknote : Henri Tachan - Jean-Paul Roseau : 197320:53 Andrée Simons : Le grand chêne : Georges Brassens : 197324:32 Areski Belkacem : On n'est pas des arbres : Areski Belkacem : 197326:38 Brigitte Sauvane : Pardon monsieur (reenr.) : Gilbert Hennevic : 1973
Biographie de Julos Beaucarne (2ème partie) : Vivre en 1973
Première partie de la biographie de Julos Beaucarne
Julos Beaucarne à la conquête de Paris
En premier lieu en 1966 Julos Beaucarne quitte Bruxelles et part à la conquête de Paris. D'abord, il se produit sur la Butte Montmartre dans le cabaret de Monique Morelli "Chez Ubu". Puis ce sera la "Vieille Grille" et le "Cheval d'or". Ensuite Julos met le cap sur la Normandie pour les Rencontres poétiques du Mont Saint-Michel dont il remporte le premier prix.
Bref, cette année-là il enregistre son troisième 45 tours "Le cheval de corbillard". Il expose sa conception du métier dans la chanson "Le petit royaume". Celle-ci ne variera pas tout au long de sa carrière :
« Même si notre histoire / Paraît dérisoire / Dans le temps qui fuit / Même si elle est vaine / Cette course humaine / Vers quoi et vers qui / Ce petit royaume / Sans majordome / C'est chez lui … »
Donc Julos retourne dans son plat et beau pays. L'année 1967 sera très prolifique : Julos enregistre deux 45 tours, l'un consacré à Ecaussine, sa terre natale, l'autre à Max Elskamp, un auteur anversois francophone. De même il fait paraître son premier album 33 tours "Julos chante Julos".
Mêlant la poésie du passé (Max Elskamp), celle, contemporaine, de sa compatriote Liliane Wouters mais aussi la sienne. Beaucarne commence à tracer son sillon. « À s' mode » comme on dit là-bas.
Troisième album de Julos Beaucarne « L'enfant qui veut vider la mer »
En 1968 paraît le troisième album de Julos Beaucarne « L'enfant qui veut vider la mer ». Il est majoritairement consacré à des poètes : Charles Péguy, William Shakespeare, Charles Baudelaire, Benjamin Fondane et, à nouveau, les "locaux" Max Elskamp et Liliane Wouters. Au sujet de ce disque on pourra lira dans Chorus :
« Avec ce disque, Julos réussit le tour de force de transmuer la disparité des apparences en harmonie. L'accompagnement musical, formulé de façon feutrée (piano, flûte, guitare, contrebasse) fait rimer doucereusement lyrisme avec intimisme. "Les grands discours, explique-t-il, n'ont jamais changé la face du monde. La vérité est intérieure. À nous de la faire rayonner" . »
Julos Beaucarne est enfin propulsé sur une grande scène parisienne. Au Théâtre de la Monnaie, en octobre 1968, Julos rencontre celui qui, aux yeux du monde, représente le Plat Pays. Jacques Brel qui triomphe dans "L'homme de la Mancha" est venu l'écouter incognito pendant que Julos répétait. Les deux hommes "Tout à fait Don Quichotte et Sancho Pança" passeront la nuit à discuter dans un bistrot sans savoir que leurs routes ne se croiseront jamais plus.
En outre, Julos part régulièrement en tournée à travers le monde : Tunisie, Allemagne, Italie. Ses chansons et son style de vie correspondent aux stéréotypes de l'artistes marginalisé par ce qu'on commence à appeler « l'impérialisme américain » d'ailleurs plutôt états-unien… Cela plaît à un jeune public attaché à la nature.
[ source principale : Chorus n° 33 ]
Discographie 1964 / 1973 de Julos Beaucarne
1964 Un 45 tours : Une poire pour la mort (Théâtre de l'Alliance)1965 Un 45 tours : Chansons (JB record 001)1966 Un 45 tours : Le cheval de corbillard (Alpha)1967 Deux 45 tours : Chante Max Elskamp + Chante Écaussine (Alpha) & Un album 33 tours : Julos chante Julos (Alpha / H.Mundi)1968 Un album 33 tours : L'enfant qui veut vider la mer (Alpha / RCA)1969 Un album 33 tours : Julos chante pour vous (Victor / RCA)1970 Un album 33 tours : Premières chansons (réenregistrements) (Victor / RCA)1972 Un album 33 tours : Arrêt facultatif (Victor / RCA)1973 Un 45 tours : Les djins des s'costé-ci (RCA)Julos s'est lancé dans une entreprise de collectage des idiomes locaux en Wallonie. En 1973, le Festival de Champs, dans les Ardennes, en constitue une sorte de point d'orgue avec la sortie du 45 tours comprenant les adaptations en wallon des "Gens de mon pays" de Vigneault et de "Chanson pour l'Auvergnat" de Georges Brassens.
Chansons de la 3ème partie : Vivre en 1973 : Les djins des s'costé ci
33:33 Morice Benin : Notre civilisation (1ère édition) : Morice Benin : 197336:38 Lawrence Lepage : Mon vieux François (en public) : Lawrence Lepage : 197339:28 Julos Beaucarne : Les djins des s'costé ci : Gilles Vigneault, adapt. Julos Beaucarne : 197343:00 Patricia Rappaz : Ma foi les amis… : Patricia Rappaz : 1973
Julos Beaucarne
Guy Bontempelli en forêt
Guy Bontempelli
Biographie de Guy Bontempelli
Enfance et scolarité de Guy Bontempelli
Guy Bontempelli, chantauteur et peintre français, naît à Champigny-sur-Marne en 1940. Son père d'origine italienne est propriétaire d'une usine de dorure sur métaux. La mère, Hélène Donniaux est originaire de Beauvais (Ille-Et-Vilaine, à côté de Paimpont). La forêt de Paimpont est assimilée à celle de Brocéliande dans la légende arthurienne. Leurs trois fils recevront une solide formation de pianiste.
Dès son jeune âge, le petit Guy passe ses vacances à Beauvais chez une lointaine parente, Marceline Rouger. C'est une femme chaleureuse et accueillante que Guy considère comme sa grand-mère. Pour ce jeune citadin, ce monde est un coup de foudre, un enchantement :
« L'accord se fit si parfaitement entre la forêt, la lande, les étangs, que je garde de ce contact un souvenir impérissable. Chaque jour, le long du Miroir-des-Fées, du Val-sans-Retour, je traversais une partie des bois pour aller retrouver un thème de Fauré sur l'harmonium de la petite église de Tréhorenteuc. »
Guy suit des études en lettres et en droit à la Sorbonne. Il continue à venir à Beauvais où ses parents lui ont acheté une maison :
« J'ai réussi à convaincre mes parents d'y acquérir une bicoque dans laquelle je vis vingt jours par an, partageant mon toit avec quelques bataillons d'araignées et deux ou trois crapauds. Un soir un ami en visite oublia sa guitare contre la cheminée et c'est aussi simplement que je commençais à écrire des chansons. »
De surcroît, Guy forme avec des jeunes de la région un groupe de marche "arpentant la forêt du nord au sud". Ils s'arrêtent parfois au bord de l'étang du Châtenay où il leur joue quelques morceaux de musique sur sa guitare. D'ailleurs Guy reconnait l'importance de ses séjours à Paimpont dans sa carrière de chantauteur :
« Et puis c'est là-bas que j'ai vraiment fait mes débuts sur les planches. Le public était sensationnel. […] Je me rends régulièrement [à Paimpont…] J'y compose beaucoup. Est-il nécessaire que je reconnaisse une très forte influence de la Bretagne sur mes chansons ? »
D'abord, avant d'interpréter ses propres chansons, Guy Bontempelli écrit pour d'autres artistes : Noëlle Cordier dès 1960 puis Michèle Arnaud et Jean-Claude Pascal en 1962, et Gloria Lasso, Richard Anthony, Patachou, Juliette Gréco, Christine Delaroche, etc.L'interprétation de « Ma jeunesse fout l'camp » par François Hardy en 1967 lui apportera reconnaissance et succès public.
[ sources : Bretagne magazine 1967 - Encyclopédie de Brocéliande ]
Discographie de Guy Bontempelli
1966 Un album 33 tours : La Seine et Rouen& Un 45 tours : La valse (Pathé)1967 Un 45 tours : La femme (Pathé)1968 Un album 33 tours : Pam ba da di dam (Pathé)1969 Un album 33 tours : La trentaine (Pathé)1972 Un 45 tours : Quand je vois passer un bateau (Polydor)1973 Un album 33 tours : Un temps pour chaque chose (Polydor) & Un 45 tours : BOF « L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse Chemise » (Warner Bros)1983 Un 45 tours : Mes galères (Tréma)Chansons de la 4ème partie : Vivre en 1973 : Ma jeunesse fout l'camp
48:44 Guy Bontempelli : Ma jeunesse fout l'camp : Guy Bontempelli : 197351:22 Claire Charasz : Il y a ceux qui… : Claire Charasz : 197353:39 Claude Ogiz : Petite mère du marché du bourg : Claude Ogiz : 197356:00 Pierre Tourniaire : Épisode : Pierre Tourniaire : 1973
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