Le chant de l'histoire

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By Jacques TOPARTEducationMusicMusic History
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Le chant de l'histoire episodes

  • C.d.C#47 Vivre en 1973 - Jacques Debronckart - Henri Tachan - Julos Beaucarne - Guy Bontempelli
    C.d.C#47 Vivre en 1973 - Jacques Debronckart - Henri Tachan - Julos Beaucarne - Guy Bontempelli
    Table des matières
    Vivre en 1973 : Contexte historique : Fin des "Trente glorieuses"

    Vivre en 1973 : En 1971, les États-Unis d'Amérique du Nord, alors premier producteur de pétrole passent leur pic de production. Le gouvernement états-unien manœuvre alors pour faire augmenter le prix du pétrole pour rendre rentable l'exploitation de ses champs de pétrole non conventionnels. En 1970 le prix du baril était alors inférieur à 2 dollars… La guerre du Kippour et le soutien inconditionnel des EUA à Israël vont faire réagir les pays arabes. Ceux-ci décident d'augmenter le prix du baril et de réduire la production pétrolière de 5% par mois jusqu'à l'évacuation des territoires occupés par les Israéliens et la reconnaissance des droits des Palestiniens. Le prix du baril passe à 18 dollars en quelques semaines. C'est le premier choc pétrolier qui amène une crise de stagflation (combinaison d'inflation et de stagnation économique). C'est aussi la fin d'une période appelée arbitrairement Les trente glorieuses.

    Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

    Biographie de Jacques Debronckart (2ème partie)

    Première partie de la biographie de Jacques Debronckart.

    Le premier album de Jacques Debronckart ignoré (censuré) par les médias

    En 1967, la maison de disques Philips, qui n'attend de Jacques Debronckart que des titres comme « Adélaïde », refuse de publier ses nouvelles chansons. Le divorce a lieu après la publication de son 45 tours « Ils arrivent ».La prestigieuse étiquette BAM accueille alors Debronckart. L'album « Toi qui nais cette année » ne tarde pas à paraître. Onze chansons, la plupart refusées par Philips, figurent sur ce premier album. L'artiste peut enfin libérer sa véritable personnalité.

    Effectivement, dans celui-ci, les titres « La triste chanson » et surtout « Mutins de 1917 » sont un réquisitoire impitoyable contre les vicissitudes de l'armée. Tandis que dans « La religion » il dénonce le musellement des corps et des esprits par toute forme d'endoctrinement.Mais cette attaque du sabre et du goupillon lui vaudra une totale occultation médiatique de ce magnifique premier album.

    De fait, en l'absence d'exposition médiatique, Jacques Debronckart est réduit à continuer à fréquenter les petits lieux. Du moins, ceux qui ont pu échapper aux secousses économiques.

    Néanmoins, les interprètes de qualité sollicitent Debronckart comme auteur ou compositeur. Par exemple, entre 1967 & 1968, Isabelle Aubret enregistre 7 chansons dont il est l'auteur et/ou le compositeur. Eva, France Valmore et Francesca Solleville en enregistrent chacune deux dans la même période.

    Le succès avec le deuxième album « J'suis heureux »

    En décembre 1969 paraît le deuxième album « J'suis heureux" » chez CBS. Il est postfacé par ses amis François Deguelt et Jean-Pierre Mottier :

    « Jacques Debronckart a choisi la voie la plus difficile : celle de la qualité.C'est un garçon aux cheveux longs, mince, aux gestes précis, au visage un peu pâle mais où des yeux sombres laissent augurer d'une intelligence créatrice sans limite.Et puis Jacques Debronckart chante, s'anime et c'est alors que le contraste éclate. De cette silhouette romantique et distinguée, de cette bouche ironique, sortent des mots merveilleux, des musiques belles qui, se mêlant à ravir, font naître : les regrets, l'espoir, l'amour, la vie […]En écoutant les dernières chansons de Jacques Debronckart, nous avons eu l'impression très précise, très profonde que depuis Jacques Brel, il ne s'était rien passé d'important.Voilà du nouveau, du beau.Suis ton chemin Jacques, tu verras la route sera belle. »

    ­ Ce 30 cm contient un nouveau tube « J'suis heureux », portrait incisif d'un cadre satisfait, charge contre la société de consommation qui s'installe. Ce disque où se mêlent l'ironie, la tendresse, l'enthousiasme et la révolte sera récompensé du Grand prix de L'Académie du Disque Français. Les directeurs artistiques de CBS, sa maison de disque avaient misé sur « La liberté » et « Mais si, mais si, je t'aime » pour le 45 tours de promotion. Jacques, lui, est le seul à croire en « J'suis heureux ». Heureusement les programmateurs sont du même avis et la diffusent :

    « Si la chanson a marché, c'est uniquement grâce aux programmateurs qui l'ont aimée. Tout le monde a passé cette chanson-là. J'avais un mal fou à en faire passer une autre »

    Porté par ce succès, Debronckart revient à Bobino au printemps 1970 en première partie de Marie Laforêt. C'est un triomphe auprès du public et des critiques. André Ransan, de l'Aurore, en dira :

    « Ce n'est pas une révélation, c'est une consécration, et de quel éclat ! Voilà un chanteur et un poète d'une exceptionnelle qualité. Il a tout : une forte présence, un abattage extraordinaire, une voix puissante, une diction parfaite […]Il sait être tour à tour tendre ou incisif, toujours divers, pittoresque, original, intelligent. Je suis surpris qu'un tel artiste ne soit pas encore "tête d'affiche". Le public lui fit un triomphe mérité, et Debronckart est vraiment ici la vedette du spectacle »

    Ce succès n'émeut pas CBS qui ne va concéder à publier qu'un 45 tours 2 titres en 1971.

    "Je vis", troisième album de Jacques Debronckart

    Néanmoins en 1973 paraît "Je vis" le troisième album de Jacques Debronckart, arrangé par François Rauber, le compagnon de route de Jacques Brel. Encore un album important, photographie de la France pompidolienne, de ses mœurs politiques ( "Mon cher député" ), de son affairisme débridé ( "J'achète" ), de la pollution ( "Complainte du PDG" ). À côté des chansons satiriques voisinent des chansons personnelles, poignantes : ("Ecoutez, vous n'm'écoutez pas" ) , ( "Regarde" ). En bref encore une belle collection de joyaux.

    Le contact avec le public lui est indispensable. Debronckart aime sentir les ondes qui parcourent les petites salles. Profondément humaniste, il a participé à plusieurs galas libertaires. Le 24 juin 1973, il chante à un gala de la Solidarité Internationale Antifasciste en compagnie de Jehan Jonas à la salle des fêtes de Thiais au profit de la veuve et des enfants du musicien Hector Perez.

    [ sources : Je Chante ! n° 26 - Chorus n° 39 ]

    Chansons de la 1ère partie : Vivre en 1973

    02:53 André Georgian         : Vivre en 73  : André Georgian : 197307:41 Pauline Julien              : Lettre de Ti-Cul Lachance à son premier sous-ministre : Gilles Vigneault - Gilles Vigneault, Gaston Rochon : 1973 12:11 Jacques Debronckart : J'achète      : Jacques Debronckart : 1973

    Jacques Debronckart
    Henri Tachan
    Henri Tachan - Sa révolte
    Biographie d'Henri Tachan (2ème partie)

    Première partie de la biographie d'Henri Tachan

    Premier album d'Henri Tachan de 1965 « Les mauvais coups »

    Le premier album d'Henri Tachan de 1965 « Les mauvais coups », bien que couronné par un Grand Prix de l'Académie du Disque, est rejeté par les radios. En outre deux chansons "Les mauvais coups" et "Les P.D." sont carrément interdites d'antenne. Cependant tous les commentateurs ne sont pas imperméables au talent de Tachan. Ainsi Frédéric Dard dira :

    « … il ne me fallut pas soixante secondes pour être conquis, pour identifier le talent, pour entendre le grand cri désespéré d'Henri Tachan, pour reconnaître la qualité de son inquiétude, pour savoir, enfin, qu'il se passait des choses en lui ! […]Si Tachan a la détresse hargneuse, c'est par pudeur. Il crache des invectives parce qu'elles nouent la gorge, permettant de dissimuler la peine. […]Et, en effet, la scène est bien pour lui, une arène où il vient se battre, où il essaie d'expliquer aux hommes que, selon lui, rien ne va très bien et qu'ils ne font pas grand-chose pour que cela aille mieux.Il vient leur parler d'eux, de cette grande misère d'être qui nous dévaste, nous détruit, après nous avoir rendus indignes de nous-mêmes. Bagarreur ardent, il se bat d'abord avec les mots. Lutte ardente et noire ! La plus intense de celle qu'il a entrepris de livrer. Les mots ! …Qu'importe ceux qui n'entendent pas tes cris, HenriContinue de donner des coups de pieds, des coups de gueule.Continue de lutter pour l'impossible conquête des bonheurs impossibles.Continue, HenriContinue ! »

    « La censure » le deuxième album d'Henri Tachan

    Puis, en 1967 paraît « La censure » le deuxième album d'Henri Tachan. Les textes sont tout aussi percutants que dans le premier album :

    « … Aujourd'hui dans la Doulce France,En l'An de grâce et de jouvence,La revoilà qui pointe son nez,Qui roule des yeux sous son bonnet,

    La revoilà qui prolifère,Qui pudibonde, qui vitupèreContre une poignée d'objecteursQui déshonorent ses champs d'honneur… »

    Henri Tachan continue d'apprendre son métier à l'ancienne sur la minuscule scène des cabarets. Le ventre noué par le trac, il doit imposer sa présence et soumettre ses chansons à l'épreuve du public et le courant passe. Les textes qu'il écrit sont majoritairement mis en musique par Jean-Paul Roseau. Mais il arrive aussi à Mick Micheyl, Gérard Jouannest et d'autres de mettre la main à la partition.

    En plus des cabarets où il continue à chanter régulièrement, Tachan passe en première partie dans des music-halls : en 1965 à l'Olympia avec Juliette Gréco , en 1968 à Bobino avec Félix Leclerc puis Isabelle Aubret, en 1970 Bobino avec Pierre Perret et 1972 à nouveau Bobino avec Georges Brassens.

    Enfin le succès vient en 1968 avec « La table habituelle », chanson parue sur la face B du 45 tours « Lorsque je serai vieux ».

    Ce sont principalement des interprètes féminines qui chantent les œuvres de Tachan : Danielle Oddera dès 1963 puis successivement Juliette Gréco, Mick Micheyl, Jacqueline Dulac, Régine, Pia Colombo, Francesca Solleville, Catherine Sauvage, Christine Sèvres & Martine Baujoud entre 1965 et 1969. Du côté des "Z'hommes" c'est plus succinct : Claude Léveillée en 1964 et Jean-Claude Pascal en 1970. Lors d'une entrevue à "Paroles et Musique" en 1980 Tachan dira :

    « … J'aime beaucoup les femmes, les petites filles, enfin je veux dire les petites filles plutôt que les petits garçons, et les animaux en général sans différence de sexe…J'aime pas les hommes, j'ai pas grand chose à leur dire… Je ne parle pas des artistes, hein, ce ne sont pas des hommes, ce sont des femmes. Tous les artistes sont féminins, tous les artistes sont près des femmes, des oiseaux, des animaux, des enfants… Pour moi, un homme c'est péjoratif, c'est exactement le langage contraire de ce qu'on peut dire :"T'es pas un homme", pour moi c'est un compliment. Je ne cassais pas des gueules à la récré, j'avais pas envie, et maintenant, je me rends compte que j'avais raison. »

    « Les amis » le quatrième album d'Henri Tachan

    Puis en 1969 paraît Vol.3, le dernier album "Barclay" de Tachan. Une compilation (6 inédits + 1 réenregistrement) qui contient le chef d'œuvre "Après les drapeaux" qui rappelle l'horreur qu'ont vécue les appelés dans cette tragédie franco-algérienne.Bref, jusqu'à la fin de son contrat chez Barclay, Henri Tachan n'enregistre plus que des 45 tours.

    Enfin en 1972, il signe chez Polydor. Avec la collaboration de Jacques Bedos, Tachan arrive à maturité : alors que jadis, il assénait, maintenant il met deux doigts d'humour dans son écriture, trouve le ton et la patte sans perdre ses griffes. Ses cibles (la bêtise dans tous ses états) ne changent pas mais il fait le pari de l'intelligence, de la sensibilité et de l'émotion partagée.Mais c'est encore sur scène qu'il prend toute sa dimension de chanteur. Postillonnant jusqu'au cinquième rang, il se libère et campe de manière expressive les personnages de ses chansons.Finalement en 1973 paraît « Les amis » le quatrième album d'Henri Tachan

    [ sources : Je Chante ! n° 19 - Chorus n° 26 ]

    Discographie 1965 / 1973 d'Henri Tachan
    • 1965 Un album 33 tours : Les mauvais coups (Barclay)1966 Deux 45 tours         : Au Bougnat + Je t'aime pour ça (Barclay)
    • 1967 Un album 33 tours : La censure + un 45 tours J'attends (Barclay)
    • 1968 Deux 45 tours         : Mamour + Lorsque je serai vieux (Barclay)
    • 1969 Un album 33 tours : Vol.3, compilation (6 titres inédits + 1 réenregistrement) (Barclay)
    • 1970 Deux 45 tours         : Félicie + Mon c… sur la commode (Barclay)
    • 1971 Deux 45 tours         : Mais ta jument sera fidèle - Lyon (Barclay)
    • 1972 Un 45 tours             : Un mur (Polydor)
    • 1973 Un album 33 tours : Les amis (Polydor)
    • Chansons de la 2ème partie : Vivre en 1973 : Si j'étais banknote

      18:08 Henri Tachan       : Si j'étais banknote              : Henri Tachan - Jean-Paul Roseau : 197320:53 Andrée Simons    : Le grand chêne                   : Georges Brassens : 197324:32 Areski Belkacem  : On n'est pas des arbres    : Areski Belkacem : 197326:38 Brigitte Sauvane  : Pardon monsieur (reenr.) : Gilbert Hennevic : 1973

      Biographie de Julos Beaucarne (2ème partie) : Vivre en 1973

      Première partie de la biographie de Julos Beaucarne

      Julos Beaucarne à la conquête de Paris

      En premier lieu en 1966 Julos Beaucarne quitte Bruxelles et part à la conquête de Paris. D'abord, il se produit sur la Butte Montmartre dans le cabaret de Monique Morelli "Chez Ubu". Puis ce sera la "Vieille Grille" et le "Cheval d'or". Ensuite Julos met le cap sur la Normandie pour les Rencontres poétiques du Mont Saint-Michel dont il remporte le premier prix.

      Bref, cette année-là il enregistre son troisième 45 tours "Le cheval de corbillard". Il expose sa conception du métier dans la chanson "Le petit royaume". Celle-ci ne variera pas tout au long de sa carrière :

      « Même si notre histoire / Paraît dérisoire / Dans le temps qui fuit / Même si elle est vaine / Cette course humaine / Vers quoi et vers qui / Ce petit royaume / Sans majordome / C'est chez lui … »

      Donc Julos retourne dans son plat et beau pays. L'année 1967 sera très prolifique : Julos enregistre deux 45 tours, l'un consacré à Ecaussine, sa terre natale, l'autre à Max Elskamp, un auteur anversois francophone. De même il fait paraître son premier album 33 tours "Julos chante Julos".

      Mêlant la poésie du passé (Max Elskamp), celle, contemporaine, de sa compatriote Liliane Wouters mais aussi la sienne. Beaucarne commence à tracer son sillon. « À s' mode » comme on dit là-bas.

      Troisième album de Julos Beaucarne « L'enfant qui veut vider la mer »

      En 1968 paraît le troisième album de Julos Beaucarne « L'enfant qui veut vider la mer ». Il est majoritairement consacré à des poètes : Charles Péguy, William Shakespeare, Charles Baudelaire, Benjamin Fondane et, à nouveau, les "locaux" Max Elskamp et Liliane Wouters. Au sujet de ce disque on pourra lira dans Chorus :

      « Avec ce disque, Julos réussit le tour de force de transmuer la disparité des apparences en harmonie. L'accompagnement musical, formulé de façon feutrée (piano, flûte, guitare, contrebasse) fait rimer doucereusement lyrisme avec intimisme. "Les grands discours, explique-t-il, n'ont jamais changé la face du monde. La vérité est intérieure. À nous de la faire rayonner" . »

      Julos Beaucarne est enfin propulsé sur une grande scène parisienne. Au Théâtre de la Monnaie, en octobre 1968, Julos rencontre celui qui, aux yeux du monde, représente le Plat Pays. Jacques Brel qui triomphe dans "L'homme de la Mancha" est venu l'écouter incognito pendant que Julos répétait. Les deux hommes "Tout à fait Don Quichotte et Sancho Pança" passeront la nuit à discuter dans un bistrot sans savoir que leurs routes ne se croiseront jamais plus.

      En outre, Julos part régulièrement en tournée à travers le monde : Tunisie, Allemagne, Italie. Ses chansons et son style de vie correspondent aux stéréotypes de l'artistes marginalisé par ce qu'on commence à appeler « l'impérialisme américain » d'ailleurs plutôt états-unien… Cela plaît à un jeune public attaché à la nature.

      [ source principale : Chorus n° 33 ]

      Discographie 1964 / 1973 de Julos Beaucarne
      • 1964 Un 45 tours             : Une poire pour la mort (Théâtre de l'Alliance)
      • 1965 Un 45 tours             : Chansons (JB record 001)
      • 1966 Un 45 tours             : Le cheval de corbillard (Alpha)
      • 1967 Deux 45 tours         : Chante Max Elskamp + Chante Écaussine (Alpha) & Un album 33 tours       : Julos chante Julos (Alpha / H.Mundi)
      • 1968 Un album 33 tours : L'enfant qui veut vider la mer (Alpha / RCA)
      • 1969 Un album 33 tours : Julos chante pour vous (Victor / RCA)
      • 1970 Un album 33 tours : Premières chansons (réenregistrements) (Victor / RCA)
      • 1972 Un album 33 tours : Arrêt facultatif (Victor / RCA)
      • 1973 Un 45 tours              : Les djins des s'costé-ci (RCA)
      • Julos s'est lancé dans une entreprise de collectage des idiomes locaux en Wallonie. En 1973, le Festival de Champs, dans les Ardennes, en constitue une sorte de point d'orgue avec la sortie du 45 tours comprenant les adaptations en wallon des "Gens de mon pays" de Vigneault et de "Chanson pour l'Auvergnat" de Georges Brassens.

        Chansons de la 3ème partie : Vivre en 1973 : Les djins des s'costé ci

        33:33 Morice Benin : Notre civilisation (1ère édition) : Morice Benin : 197336:38 Lawrence Lepage : Mon vieux François (en public) : Lawrence Lepage : 197339:28 Julos Beaucarne : Les djins des s'costé ci : Gilles Vigneault, adapt. Julos Beaucarne : 197343:00 Patricia Rappaz : Ma foi les amis… : Patricia Rappaz : 1973

        Julos Beaucarne
        Guy Bontempelli en forêt
        Guy Bontempelli
        Biographie de Guy Bontempelli
        Enfance et scolarité de Guy Bontempelli

        Guy Bontempelli, chantauteur et peintre français, naît à Champigny-sur-Marne en 1940. Son père d'origine italienne est propriétaire d'une usine de dorure sur métaux. La mère, Hélène Donniaux est originaire de Beauvais (Ille-Et-Vilaine, à côté de Paimpont). La forêt de Paimpont est assimilée à celle de Brocéliande dans la légende arthurienne. Leurs trois fils recevront une solide formation de pianiste.

        Dès son jeune âge, le petit Guy passe ses vacances à Beauvais chez une lointaine parente, Marceline Rouger. C'est une femme chaleureuse et accueillante que Guy considère comme sa grand-mère. Pour ce jeune citadin, ce monde est un coup de foudre, un enchantement :

        « L'accord se fit si parfaitement entre la forêt, la lande, les étangs, que je garde de ce contact un souvenir impérissable. Chaque jour, le long du Miroir-des-Fées, du Val-sans-Retour, je traversais une partie des bois pour aller retrouver un thème de Fauré sur l'harmonium de la petite église de Tréhorenteuc. »

        Guy suit des études en lettres et en droit à la Sorbonne. Il continue à venir à Beauvais où ses parents lui ont acheté une maison :

        « J'ai réussi à convaincre mes parents d'y acquérir une bicoque dans laquelle je vis vingt jours par an, partageant mon toit avec quelques bataillons d'araignées et deux ou trois crapauds. Un soir un ami en visite oublia sa guitare contre la cheminée et c'est aussi simplement que je commençais à écrire des chansons. »

        De surcroît, Guy forme avec des jeunes de la région un groupe de marche "arpentant la forêt du nord au sud". Ils s'arrêtent parfois au bord de l'étang du Châtenay où il leur joue quelques morceaux de musique sur sa guitare. D'ailleurs Guy reconnait l'importance de ses séjours à Paimpont dans sa carrière de chantauteur :

        « Et puis c'est là-bas que j'ai vraiment fait mes débuts sur les planches. Le public était sensationnel. […] Je me rends régulièrement [à Paimpont…] J'y compose beaucoup. Est-il nécessaire que je reconnaisse une très forte influence de la Bretagne sur mes chansons ? »

        D'abord, avant d'interpréter ses propres chansons, Guy Bontempelli écrit pour d'autres artistes : Noëlle Cordier dès 1960 puis Michèle Arnaud et Jean-Claude Pascal en 1962, et Gloria Lasso, Richard Anthony, Patachou, Juliette Gréco, Christine Delaroche, etc.L'interprétation de « Ma jeunesse fout l'camp » par François Hardy en 1967 lui apportera reconnaissance et succès public.

        [ sources : Bretagne magazine 1967 - Encyclopédie de Brocéliande  ]

        Discographie de Guy Bontempelli
        • 1966 Un album 33 tours : La Seine et Rouen
        • & Un 45 tours                    : La valse (Pathé)
        • 1967 Un 45 tours              : La femme (Pathé)
        • 1968 Un album 33 tours : Pam ba da di dam (Pathé)
        • 1969 Un album 33 tours : La trentaine (Pathé)
        • 1972 Un 45 tours               : Quand je vois passer un bateau (Polydor)
        • 1973 Un album 33 tours : Un temps pour chaque chose (Polydor) & Un 45 tours                    : BOF « L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse Chemise » (Warner Bros)
        • 1983 Un 45 tours             : Mes galères (Tréma)
        • Chansons de la 4ème partie : Vivre en 1973 : Ma jeunesse fout l'camp

          48:44 Guy Bontempelli   : Ma jeunesse fout l'camp               : Guy Bontempelli : 197351:22 Claire Charasz        : Il y a ceux qui…                               : Claire Charasz : 197353:39 Claude Ogiz            : Petite mère du marché du bourg : Claude Ogiz : 197356:00 Pierre Tourniaire   : Épisode                                              : Pierre Tourniaire : 1973

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        • C.d.C.#46 1973 Chansons de l'An 01 - François Béranger - Claude Fonfrède - Catherine Sauvage - Gilles Servat
          C.d.C.#46 1973 Chansons de l'An 01 - François Béranger - Claude Fonfrède - Catherine Sauvage - Gilles Servat
          Table des matières
          1973 Chansons de l'An 01 : Contexte historique

          Chansons de l'An 01 : le film "L'An 01" est tiré de la bande dessinée éponyme de Gébé publiée dans Politique Hebdo de 1970 à 1972. Gébé, alias Georges Blondeaux, dessinateur à la SNCF, a décidé un jour de tout arrêter. Il veut alors voir si ce désir est partageable avec d'autres. L'idée est simple : on arrête tout, on fait "un pas de côté". Le projet naît de faire de chaque planche d'une bande dessinée le scénarimage (storyboard) d'un film. Le CNC refuse l'avance sur recette d'un film qui prône l'abandon utopique et festif de l'économie de marché et du productivisme…Cependant Jacques Doillon, aidé d'Alain Resnais et de Jean Rouch réunit quelques acteurs connus : Miou-Miou, Depardieu, Coluche… et 300 acteurs improvisés. Le film, sorti en septembre 1973, fera un tabac.

          Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

          Biographie de François Béranger (1ère partie) : Chansons de l'An 01
          Enfance et scolarité de François Béranger

          François Béranger, chantauteur français, naît à Amily (Loiret) en 1937 où vivent ses grands-parents maternels. Son père, André, est ouvrier-tourneur et militant syndicaliste à Renault-Billancourt, sa mère couturière à la maison. André s'engage dans la Résistance durant le seconde guerre mondiale. En 1945, à la Libération, André adhère au MRP et sera élu de la Nièvre jusqu'en 1951 où pour éviter des alliances douteuses, il quitte la politique. Il entre alors à la direction générale chez Renault. Les usines ayant été nationalisées, à la suite des activités collaborationnistes de "P'tit Louis".Sa mère et sa grand-mère, couturières toutes les deux, chantent en travaillant. Son père a des activités au sein des Auberges de Jeunesse qui le conduisent à chanter et à faire chanter.François est à bonne école chez lui mais en classe il suit une scolarité moyenne :

          « Je m'étais installé confortablement dans une honorable moyenne, à égale distance du vedettariat des premiers et de la honte des cancres… »

          François Béranger décide d'abandonner les études

          Mais, en 1954 (il est alors en première) François Béranger décide d'abandonner les études pour entrer dans la vie active. François devient ouvrier chez Renault pour toucher au plus près le mythe prolétarien. En fait ce dernier vole rapidement en éclat :

          « C'est insolite et original de travailler en usine et d'avoir fait du grec et du latin. Les prolos et fils de prolos n'y comprennent pas grand-chose : qu'est-ce que je fous là, alors que pour eux les lycées et universités sont un monde inaccessible ? Assez vite, je me rends compte qu'on ne se prolétarise pas comme ça. Et que la culture, l'enseignement reçus font une sacrée différence dans l'appréhension du quotidien… ».

          De fait, il rejoint une troupe de théâtre amateur "La Roulotte" où il chante pour la première fois en s'accompagnant à la guitare. La Roulotte a un côté à la fois social, chrétien de gauche et vaguement scout. Un peu à la manière de la Franche Cordée où Jacques Brel fera ses premiers pas de chanteur.En 1958, il est convoqué pour effectuer son service militaire, il passera 19 mois en Algérie et sera confronté à la réalité de la torture :

          « Institutionnalisée. Omniprésente. Pratiquée systématiquement, à grande échelle. Jusque sur des enfants. C'est l'affaire des "spécialistes" mais tout le monde est au courant. Ceux qui sont contre ne la ramènent pas, par crainte des représailles. Beaucoup y sont favorables… »

          François Béranger retourne à la vie civile

          Enfin, à la fin de l'année 1960 François Béranger retourne à la vie civile et c'est difficile :

          « Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Je voudrais faire bonne figure mais je suis vidé. On a fait de moi une espèce de zombie qui ne sait plus jouir des bonnes choses. La réinsertion va être dure ! »

          Il retourne à contrecœur à Renault-Billancourt, sans parvenir à s'intéresser à ce qu'il fait. On lui suggère d'aller voir ailleurs. Son beau-père, le comédien Olivier Hussenot le présente alors à des amis qui travaillent à la réalisation de courts métrages d'animation. Cette expérience irremplaçable va durer quatre ans. François sera tour à tour régisseur, chef de production, réalisateur et producteur d'une émission de variété. Ensuite, il joint l'équipe de Caméra 3 (magazine d'info de la 2ème chaîne) puis de "Le Nouveau Dimanche" où sa façon non conventionnelle de traiter les sujets le pousse vers la sortie.

          Enfin, en mai 1968 Béranger trouve que « ça baigne dans le bonheur  : celui de la spontanéité délivrante, quand tous les blocages et les interdits semblent effacés…» Tout en restant lucide. Il reprend sa guitare et enregistre cassette d'une douzaine de titres pour ses copains. Un de ceux-ci la fait écouter à Françoise Lô, directrice artistique chez CBS qui, aussitôt, propose à François de signer un contrat de cinq ans.

          Tranche de vie, chanson en parfaite adéquation avec son temps va marquer son époque. Sous l'impulsion de Michel Lancelot et de son émission Campus la chanson est programmée régulièrement.La carrière de François Béranger est sur de bons rails.

          Pour les passionné.e.s : une autobiographie de François Béranger

          2ème partie de la biographie de François Béranger

          [ Sources : Chorus n°38 - Le Maitron]

          Discographie 1969 / 1973 de François Béranger

          Après le premier 45 tours "deux faces / une chanson (Tranche de vie)" en 1969 François Béranger fait paraitre en :

          1970 Un album 33 tours : Une ville (CBS)1971 Un album 33 tours : Ça doit être bien (CBS) (*)1973 deux 45 tours : BOF L'an 11 + Tango de l'ennui (L'Escargot)

          (*) L'album Ça doit être bien où il est accompagné par un groupe de musiciens expérimentaux états-uniens n'a pas été du goût de CBS. Les deux parties ont donc divorcé à l'amiable. CBS a sans doute aussi eu beaucoup de mal à avaler la chanson "Ma fleur" :

          « … Vous n'aurez pas ma fleurCelle qui me pousse à l'intérieurFleur cérébrale et fleur de cœurMa fleurFleur de cœur, ma fleurVous êtes les plus fortsMais tous vous êtes mortsEt je vous emmerde… »

           

          Chansons de la 1ère partie : Chansons de l'an 01 : Pèlerin

          03:21 François Béranger  : Première chanson de l'an 01 : Gébé - François Béranger : 197307:38 Serge Kerguiduff     : Pèlerin                                       : Serge Kerguiduff : 197311:33 Anne et Gilles          : Nomade                                    : Anne Dubray - Gilles Méchin : 197313:38 Patricia Rappaz       : Bientôt not' tour                      : Patricia Rappaz : 1973

          Claude Fonfrède & Jacqueline Pons
          Biographie de Claude Fonfrède : Chansons de l'an 01
          Enfance et scolarité de Claude Fonfrède

          Claude Fonfrède, chantauteur français, naît en 1939 à Paris. Son père travaille à la SNCF. Ses parents sont tous deux originaires de la Drôme. Or, à Paris, en 1939 ils connaissent des problèmes d'alimentation et la crainte de voir la capitale anéantie. Le tout petit Claude est donc exfiltré chez sa tante dans la Drôme. Cela lui permet de découvrir la campagne, loin de l'ambiance stressante de l'époque.Puis de retour à Paris, Claude suit une scolarité à l'école catholique. De plus, il est inscrit chez les louveteaux de la paroisse Saint-Georges. Ensuite, il devient scout :

          « … Avec les membres de ma troupe, nous faisions du bénévolat pour l'abbé Pierre. J'obtins mon brevet de chanteur, de musicien et d'acteur. Je décrochais le badge de boute-en-train et de cuisinier ainsi que mon totem : "chouette chicaneuse". Scout, je me souviens d'un voyage en Norvège et des attouchements dont je fus victime de la part de l'aumônier qui nous accompagnait : l'abbé Decorny… »

          Il obtient son BEPC au deuxième essai. Son père, alors le place comme apprenti en prothèse dentaire. Après trois ans à nettoyer des porte-empreintes dentaires et à balayer l'atelier, il ne décroche pas son CAP de mécanicien dentiste. Alors son père le fait entrer à la SNCF, au service du contrôle dentaire de la Caisse de prévoyance.

          Il est alors convoqué à l'armée et est affecté au train… en qualité de mécanicien . Eh oui : il avait fait des études de mécanicien dentiste ! Puis on l'affecte à l'infirmerie : parce que dans mécanicien-dentiste il y a aussi dentiste ! Il est donc envoyé en formation avant de passer avec succès son caducée militaire pour devenir infirmier diplômé. Finalement il perd trois ans : un en Allemagne et deux en Algérie mais revient entier.

          Début de la carrière artistique de Claude Fonfrède

          D'abord, à son retour d'Algérie, Claude Fonfrède quitte la SNCF pour entrer à Air France au service du pointage : contrôler les heures d'arrivée et de départ des salariés. C'est à ce moment-là qu'après avoir fréquenté différents cabarets, il se décide à chanter. Refusé au Cheval d'Or car son répertoire proche de Jacques Douai ne convenait pas, on lui conseille de tenter sa chance au Petit Conservatoire de Mireille. La chance lui sourit. De plus il s'entend bien avec Mireille. Il fait ainsi connaissance avec de nombreux artistes,  Pascal Sevran, Claude Lemesle, Philippe Richeux, Annie Nobel…

          En outre, travaillant toujours pour Air France, Claude en profite pour intégrer la troupe de théâtre amateur de l'entreprise et de suivre des cours de théâtre gratuitement.Finalement, en 1966, tout se précipite : Claude rencontre Madame et Monsieur Levi Alvarez de l'étiquette BAM (la Boîte à Musique). Il fait  connaissance alors de Jacques Douai, Francesca Solleville et James Ollivier qui y enregistrent déjà.

          Son premier 45 tours paraît cette année-là.

          De plus, une agence de spectacle lui trouve un engagement en première partie de Patachou au Concert Pacra. Et il a la chance d'avoir son chef de service à Air France qui lui accorde la possibilité d'assurer les matinées en semaine.

          En 1970, Claude Fonfrède fait également connaissance de Serge Kerval et de Jacqueline Pons qui enregistrent aussi chez BAM. Claude aime beaucoup la voix de Jacqueline  et lui propose d'enregistrer avec lui "L'aube du jour" dans son album de 1971 "Chansons vinicoles". Puis ils chantent en duo.Ainsi, en 1973 Claude et Jacqueline enregistrent un album commun : La terre est folle"

          Discographie 1966 / 1973 de Claude Fonfrède

          1966 deux 45 tours : 1-La danse de la Renaissance + 2-Les plus fines dentelles (BAM)1967 un 33 tours : Dedans le grand Sarcelles + un 45 tours 3-Monseigneur l'atome (BAM)1970 un 45 tours : J'aime bien manger, j'aime bien boire (BAM)1971 Un 33 tours : Chansons vinicoles (BAM)1973 un 33 tours : La terre est folle (avec Jacqueline Pons) (SFP)

          [sources Chansons de la façon (Claude Fonfrède) - PM n°29

          Chansons de la 2ème partie : Chansons de l'an 01 : Le défilé

          18:55 Béatrice Arnac              : Athée ou à té                               : Béatrice Arnac : 197322:12 Georges Moustaki        : Sans la nommer (version 45 t) : Georges Moustaki : 197325:05 Jacqueline Pons; Claude Fonfrède : Le défilé                   : Claude Fonfrède : 197328:06 Claude Réva                  : Madame la foule                         : Claude Réva : 1973

           

          Biographie de Catherine Sauvage  (2ème partie) : Chansons de l'an 01

          Première partie de la biographie de Catherine Sauvage

          En 1956 Jacques Canetti propose à Catherine Sauvage de reprendre son spectacle sur Bertolt Brecht. Pourtant, en dépit de collaborations prestigieuses (texte de Vian, direction musicale par Jean-Michel Defaye) et de critiques élogieuses le public ne suit pas. Cependant l'enregistrement du spectacle sera récompensé, l'année suivante, d'un Grand Prix du disque.Ainsi, c'est en tête d'affiche qu'elle réapparait dans le programme des Trois Baudets à l'automne 1957, à côté de Jacques Brel, Guy Béart et Raymond Devos.Le nom de Catherine Sauvage orne maintenant les frontons des plus grands music-halls. Elle s'impose alors comme la plus ardente ambassadrice des poètes. Elle fait connaître au grand public Philippe Soupault, Jacques Audiberti, Maurice Fombeure en sus de Louis Aragon, Robert Desnos et Jacques Prévert.

          En octobre 1961, Catherine Sauvage donne une série de récitals à la Gaîté-Montparnasse. Trente-huit chansons de cœur… de tête qui lui permettent d'exprimer toute sa palette allant de la tendresse à la colère. Parallèlement, elle contribue à révéler Serge Gainsbourg, encore alors très marginal.

          En 1966, Catherine découvre le Québécois Gilles Vigneault lors de son passage à Bobino. Elle va contribuer à révéler ce renouveau de la chanson francophone d'outre Atlantique au public français. Catherine Sauvage consacre donc un album complet à ce jeune auteur encore professeur d'algèbre dans son pays.

          La complicité entre Catherine Sauvage et Léo Ferré

          C'est au Bœuf sur le toit en 1948 que Catherine Sauvage et Léo Ferré s'étaient rencontrés la première fois :

          « … et puis en 1948, on est restés un certain temps dans un cabaret qui s'appelait les Trois Mailletz . Il y avait là les trois Léo : Léo Ferré, Léo Noël et Léo Campion et c'est là que notre collaboration a vraiment commencé ».

          Elle enregistre alors "Monsieur William" en 1952 chez Philips où Jacques Canetti vient de la faire signer.Le coup de foudre n'est pas immédiatement réciproque car Léo Ferré était agacé que ses chansons soient plus connues par l'interprétation de Catherine Sauvage que par la sienne. C'est Sauvage , en effet qui a fait connaître Léo Ferré avec Paris Canaille qui a été un très gros succès.Elle va enregistrer de nombreux disques entièrement consacrés à Ferré. Ce dernier va finir par la considérer comme sa plus fidèle interprète.

          Mais, à la fin des années 1960, très liée à Madeleine (ancienne épouse de Léo), Catherine Sauvage accepte mal les outrances de ce dernier et leurs chemins vont se séparer. Néanmoins Catherine Sauvage considère Léo Ferré comme le meilleur "couturier" qu'elle ait jamais connu, celui qui lui a confectionné ses meilleures chansons.

          Discographie 1956 / 1973 de Catherine Sauvage

          1956 deux 45 tours : 3-Où sont-ils donc + 4-Chante Leo Ferré & un 33 tours : Ouvert la nuit (Philips)1957 participation au 33 tours De l'Opéra de quat' sous à September song (Philips)1958 un 45 tours : Chante Léo Ferré 6ème série (Philips)1959 un 45 tours : Le temps du tango + participation au 33 tours Francis Carco (Philips)1961 trois 45 tours : Chante Léo Ferré (l'âge d'or) + Kurt Weill 1 & 2 & deux 33 tours : Chante Léo Ferré vol.1 & 2 (Philips)1962 un 33 tours : Chansons de cœur… + deux 45 tours : Chante Serge Gainsbourg + BOF La poupée (Philips)1963 un 45 tours : Galito & un 33 tours : Chansons de Louis Aragon (Philips)1964 un 33 tours : Chansons d'amour et de tendresse (Philips)1965 un 33 tours : Chante Kurt Weill (Philips)1966 un 33 tours : Chansons françaises du Canada (Philips)1967 un 33 tours : Chante Léo Ferré (Vingt ans) (Philips)1968 un 45 tours : Le grand monsieur blond & deux 33 tours : Bobino 1968 + Le miroir aux alouettes (Philips)1969 un 33 tours : Chansons libertines (Philips)1970 un 33 tours : Larguez les amarres (Philips)1971 un 33 tours : Avec le temps (Philips)1973 un 33 tours : J'ai tout vu, tout connu (Barclay)

          Chansons de la 3ème partie : Chansons de l'an 01 : Les beaux mariages

          34:05 Guy Monfaur                  : Ballade pour les c...       : Guy Monfaur : 197337:21 Catherine Sauvage        : Les beaux mariages      : Jean-Luc Morel - Gaby Verlor : 197339:51 Jacques Debronckart     : La complainte du PDG : Jacques debronckart : 197342:01 Jean-Roger Caussimon  : Mon Sébasto                 : Jean-Roger Caussimon - Léo Ferré : 1973

          Catherine Sauvage
          Catherine Sauvage - J'ai tout vu, tout connu
          Gilles Servat
          Gilles Servat - Ki du
          Biographie de Gilles Servat : Chansons de l'an 01
          Enfance et scolarité de Gilles Servat

          Gilles Servat, chantauteur français, naît à Tarbes en 1945. Son père, André Servat, d'origine nantaise, est chef du personnel dans une entreprise de construction mécanique. Sa mère, Renée, est femme au foyer, s'occupant de ses trois enfants. Ses parents sont de sensibilité de gauche mais ne militent dans aucune organisation.Ardent défenseur de la culture bretonne, Gilles est lié à la Bretagne par son arrière-grand-père ariégeois, montreur d'ours qui avait séduit une belle Bretonne.Gilles Servat fait toute sa scolarité à Cholet et obtient son baccalauréat littéraire en 1964. Entre temps, il avait commencé à jouer de la guitare à 17 ans.

          Ensuite Gilles entre au Beaux-Arts d'Angers.Mais, pendant les arrêts des cours du printemps 68, Gilles participe aux discussions réunissant jeunes, étudiants et ouvriers de la région. Cela aura un réel impact sur son parcours et ses idées. Cependant, il obtient quand même le Certificat d'Aptitude à une Formation Artistique Supérieure (CAFAS).

          Gilles Servat devient alors de sensibilité anarchiste. Il décide d'abandonner ses ambitions artistiques pour s'exprimer autrement. Il commence alors à écrire des chansons.

          Début de la carrière artistique de Gilles Servat, Breton adoptif

          De plus en 1968, Gilles découvre les problèmes politiques bretons grâce à Serge Bihan, habitant passionné de l'île de Groix.Servat avait adopté la Bretagne où il passait ses vacances. Là-bas, au début des années 1960 s'était levée une vague musicale qualifiée de « nouvelle chanson bretonne » dont Glenmor avait ouvert la voie. En 1969, invité à l'île de Groix par Serge Bihan, Gilles Servat découvre avec enthousiasme la culture et la langue bretonne. Ayant fait connaissance de Claude Pouzoulic, patron d'un hôtel restaurant sur l'île, ce dernier lui propose de s'y produire tout l'été.Un soir, Glenmor, venu y donner  un spectacle, l'entend chanter et le fait monter sur scène le pour trois chansons.

          Ensuite, à l'automne, direction Paris, il fait escale chez Ti Jos, un bistro à Montparnasse, première maison de la culture bretonne de la capitale. Gilles finit par s'y produire tous les soirs. C'est là qu'il va créer "La Blanche Hermine" en 1970. Parallèlement, il apprend le breton à l'association Kêr Vreiz.En 1971, Servat décide de se lancer dans l'aventure musicale. Il abandonne son emploi de fonctionnaire aux PTT. En effet, en 1972, il s'installe à Nantes.

          Rémy Le Tallec, journaliste Brestois a écrit à son sujet :

          « … Les mots, les qualificatifs n'ont pas manqué pour désigner un Servat entrant avec fracas dans le petit monde de la chanson : "Servat-la-colère", "Servat-la-fureur", Servat-le-tonnerre". S'il n'avait pas attendu pour écrire le réveil des minorités nationales revendiquant leur droit à la différence. Du moins, a-t-il trouvé dans ce milieu un courant favorable à ses aspirations personnelles et esthétiques.Cette affirmation d'une identité réprimée depuis des siècles, mais toujours vivante, n'est qu'une des conséquences de l'emprise sans cesse grandissante des mass-média transformant l'homme en acteur et ses activités en spectacle.Et la remise en cause de cet impérialisme, de cet oppression couvrant tous les aspects de la vie quotidienne est venue satisfaire son besoin de chanter, son besoin d'être utile ».

          Discographie 1971 / 1973 de Gilles Servat

          1971 un 45 tours : La Blanche hermine (Kelenn) 1972 un 33 tours : Koc'h ki gwenn ha koc'h ki du (Kelenn)1973 un 45 tours : BOF Lo païs (Phonogram) + un 33 tours ki du (Kelenn)

           

          Chansons de la 4ème partie : Chansons de l'an 01 : Défloraison publicitaire

          48:38 Serge Kerval             : Pollution immobilière : Serge Kerval : 197351:13 Francis Lemarque   : Les enfants des promoteurs : Francis Lemarque - Roland Valade, Francis Lemarque : 197353:29 Gilles Servat             : Défloraison publicitaire : Gilles Servat : 197356:52 François Béranger  : Chanson des clés : Gébé - François Béranger : 1973

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          1 hr
        • C.d.C.#45 1972 L'Homme de la rue : Paul Louka - Georges Moustaki - Marc Ogeret - Bernard Haillant
          C.d.C.#45 1972 L'Homme de la rue : Paul Louka - Georges Moustaki - Marc Ogeret - Bernard Haillant
          Table des matières
          1972 L'Homme de la rue : Contexte historique

          C.d.C.#45 1972 L'Homme de la rue. L'après 1968 voit des communautés de jeunes se former qui rêvent de changer le monde. En luttant pour le pacifisme et contre la société de consommation. Par la remise en cause du travail salarié et de la famille traditionnelle. Par le retour à la terre dans des régions difficiles dépeuplées par l'exode rural.L'idée de fuite à la campagne connaît une véritable explosion. Les aspirations se fondent sur le mythe d'une nature comprise en tant que désert, là où l'État serait absent, mais aussi en tant qu'espace non pollué par la société.L'objectif est de transformer ces endroits-là en lieux de bonheur où l'on vivrait une autre manière de travailler, de consommer, en communauté respectant la nature. Inventer un autre modèle de société. Certaines y parviendront, par exemple Longo Maï.

          À l'international, en 1970 l'élection de Salvador Allende au Chili et les mesures du gouvernement de L'unité Populaire au profit des travailleurs chiliens soulèvent un immense espoir chez les progressistes du monde entier. Un monde nouveau est possible.

          Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

          Biographie de Paul Louka

          Vital-Paul Delporte, alias Paul Louka, chantauteur, peintre et écrivain belge naît à Marcinelle (banlieue de Charleroi) en 1936. Son père, courtier en charbon fait de la comédie et de la radio. Sa mère joue au piano les chansons de Charles Trénet. Vital-Paul a deux frères : Charles qui plus tard quittera l'enseignement pour se consacrer à la peinture et Jacques, instituteur et poète talentueux. C'est donc une famille qui baigne dans l'art.

          D'abord, après études secondaires, Vital-Paul prépare une licence en histoire de l'art et en iconographie. Parallèlement, il crayonne de la bande dessinée avec Will et écrit aussi des chansons.

          Début de la carrière artistique de Paul Louka

          En premier lieu, en 1958, dans le cadre de l'exposition universelle de Bruxelles (l'Atomium), en plein déferlement raciste au sud des États-Unis d'Amérique et à deux ans de la décolonisation du Congo, Paul Louka fait scandale en chantant "Mon copain le nègre". Cela en dit long sur son état d'esprit : Il ne sera chanteur que si la chanson lui permet de parler de liberté, de ceux qui souffrent, des intolérances.

          Puis, en 1959, Paul Louka rencontre Jacques Brel qui l'encourage et l'invite à aller à Paris. Là-bas, il devient rapidement la coqueluche de tous les petits cabarets. Louka est chaleureux et ses textes généreux affirment ses positions contre le racisme, l'intolérance et son amour de la liberté.Ensuite en 1962, c'est la rencontre avec Georges Brassens et le début d'une grande amitié qui durera jusqu'à la mort du chanteur sétois.

          Ainsi il signe chez Philips et fait paraître trois 45 tours en 1963. Il reçoit le prix de la presse au festival de Knokke. De fait, Paul Louka est sur scène en 1964 avec Guy Béart et Juliette Gréco. Mais aussi en première partie de Georges Brassens en 1965. Il fera régulièrement les premières parties de son ami.Puis, à la fin des années 1960, Paul Louka s'investit dans la télévision et devient programmateur présentateur et chanteur dans l'émission Bidulement vôtre.

          Discographie 1963-1979 de Paul Louka

          Après les trois 45 tours de 1963, Paul Louka va faire paraître en :

          • 1965 un album 33 tours Chante pour des prunes + un 45 tours Toi (Philips)
          • 1966 deux 45 tours La femme à Jean & L'amour dans tout ça (Philips)
          • 1967 un 45 tours Au fil des jours (Philips)
          • 1969 deux 45 tours Le printemps de Prague & Sacramento (Barclay)
          • 1970 un 45 tours Rendez-vous (Barclay)
          • 1971 un album 33 tours collectif de textes avec Achille Chavée et Robert Delieu (Daily-Bul)
          • 1972 un album 33 tours Petite liberté (Meys)
          • 1974 un album 33 tours Je suis un enfant (Barclay)
          • 1975 deux 45 tours Ne pleure pas & Ma guitare n'est plus espagnole (Barclay)1976 un album 33 tours Le veinard et le roi (Barclay)
          • 1978 un album 33 tours Ces demoiselles (IBC)
          • 1979 double album en public (RCA)
          • https://www.antiwarsongs.org/artista.php?id=3141&lang=fr&rif=1

            Chansons de la 1ère partie : L'homme de la rue : Bonheur

            02:56 Claude Vinci             : Mes racines                         : Claude Vinci - Jean-Claude Petit : 197205:16 Maria Pergolèse       : Les chevaux de bois          : Paul Verlaine - Lino Pirollo : 197208:10 Christiane Perrin      : Bonheur : Élèves de "L'école moderne française" - Christiane Perrin : 197209:10 Paul Louka                : Tante Sarah                        : Georges Alias - Paul Louka : 197212:58 Raymond Lévesque : Bozo les culottes (reenr.) : Raymond Lévesque : 1972

            Paul Louka - Petite liberté
            Serge Reggiani & Georges Moustaki
            Biographie de Georges Moustaki (2ème partie) : 1966 / 1972

            Première partie de la biographie de Georges Moustaki

            Barbara et Georges Moustaki s'étaient rencontrés à l'Écluse et avaient tissé une amitié. En 1966, ils avaient co-écrit "La dame brune", « Je ne pourrai jamais la chanter sans toi, nous voilà enchaînés…» lui avait-elle dit. De fait, pas vraiment encore chanteur, Georges la suit en tournée, juste pour le duo. Jusqu'au soir où Barbara, prise d'un malaise, doit quitter la scène et voilà Georges Moustaki qui doit assurer devant un auditoire relativement important. Le temps que Barbara se remette suffit ce soir-là pour que se produise « quelque chose » qui lui indique le chemin à suivre.

            Puis quelque mois plus tard, Barbara lui fait rencontrer Serge Reggiani. Le comédien de 44 ans veut débuter une carrière de chanteur. Georges lui écrit "Sarah", "Ma solitude" & "Ma liberté". Reggiani devient alors chanteur à succès, Georges revient à l'avant-scène comme auteur-compositeur et ne va pas tarder à lui emboîter le pas comme interprète.

            Début du succès de Georges Moustaki

            En premier lieu, Le succès de Serge Reggiani entrouvre les porte de Polydor qui ne consent pourtant qu'à l'enregistrement de deux 45 tours 2 titres. Joseph & Il est trop tard puis Le Métèque & Voyage. La chanson "Le Métèque" a été très difficilement acceptée par Polydor. Voilà ce qu'en disaient alors les "gens éclairés"  du show-business :

            « Un rythme démodé, un refrain inexistant, un titre rebutant, un thème peu divertissant, une pochette ignoble. Elle a tout pour plaire… »

            Des visionnaires !Cependant, Georges est invité à Discorama, l'émission de Denise Glaser, il y interprète Le Métèque. Le succès est foudroyant, le disque est premier au "hit parade". C'est pourquoi, le premier album de Moustaki paraît en juillet 1969 avec une postface de Barbara et un texte de Georges Brassens datant de 1954. L'album reflète une personnalité décalée, hors courant. Personne (et surtout dans le show-business…) n'image alors à quel point elle est en adéquation avec un air du temps sur le point d'advenir. Avec ses besoins d'errance, de rupture, d'inventer un mode neuf, fraternel, yeux ouverts sur le monde.

            Ensuite, en janvier 1970 Georges Moustaki et Catherine Le Forestier sont à Bobino. Paraît alors son premier disque en public où il reprend d'anciennes chansons : Eden Blues et Donne du rhum à ton homme.

            [Sources : Chorus n°15 - Je Chante n°20 ]

            Discographie 1966 / 1972 de Georges Moustaki

            Après les huit 45 tours enregistrés entre 1960 et 1964, Georges Moustaki fait paraître en :

            • 1966 un 45 tours Dire qu'il faudra mourir (Ducretet Thomson)
            • 1969 un album 33 tours Le Métèque (incluant les chansons des 45 tours) (Polydor)
            • 1970 un album 33 tours Bobino 70 en public + un 45 tours Chante Theodorakis (Polydor)
            • 1971 un album 33 tours Il y avait un jardin (Polydor)
            • 1972 un album 33 tours danse + trois 45 tours BOF Mendiants et orgueilleux, 17 ans & BOF Le trèfle à 5 feuilles (Polydor)
            • Chansons de la 2ème partie : L'homme de la rue : Peuple

              18:25 Georges Moustaki             : Les marchands      : Georges Moustaki : 197220:29 Vanina Michel, A Barrière : Les rêves d'enfant : Alain Barrière : 197223:02 Jean-Paul Marchant           : La fièvre                   : Jean-Paul Marchant : 197225:15 Eva                                        : Peuple                      : Pierre Grosz - Paul Koulak : 197228:29 Roger Cunéo                       : Les actionnaires     : Roger Cunéo : 1972

              Biographie de Marc Ogeret (2ème partie)

               

              Première partie de la biographie de Marc Ogeret

              Au début des années 1960, Marc Ogeret chante dans les cabarets "poétiques" : La Colombe, Chez Bernadette, Chez Georges, La Contrescarpe…D'abord, en 1962, il reçoit le prix de l'Académie Charles Cros puis en 63 celui de l'Académie de la chanson.Ainsi, alors qu'il donnait un spectacle "Aragon" aux Trois baudets, Marc Ogeret est approché par André Clergeat, producteur chez Vogue, pour enregistrer un album complet consacré à Aragon. Marc accepte, à condition que l'album paraisse dans une collection populaire. La poésie pour tous en quelque sorte. Enregistré en un seul après-midi, l'album paraît en mai 1966 et reçoit un très bon accueil du public.

              Ensuite, en 1968, grâce à ce succès, André Clergeat, lui propose de choisir des thèmes dans la collection " Florilège de la chanson française" . Comme le thème de la Commune et celui de la contestation en général lui plaisait bien, Marc Ogeret choisit donc "Autour de la Commune" et "Chansons «contre»". Les deux disques seront enregistrés, leur parution prévue en avril sera reportée… Ils paraitront en 1970. Les deux albums seront récompensés à nouveau du prix de l'Académie Charles Cros.

              Marc Ogeret et la mer

              En effet, Marc Ogeret a une passion pour la mer. Celle-ci date du début des années 1950, au Centre d'art dramatique de la rue Blanche où son prof de gym avait proposé une initiation à la voile. En conséquence, il s'intéresse aux chansons de marins. Marc Ogeret enregistrera donc plusieurs albums consacrés à la marine et aux hommes de la mer.

              Discographie de Marc Ogeret 1962-1973
              • 1962 trois 45 tours 4 Chansons de Pierre Seghers n°3 + 4 chansons de marins bretons + participation au collectif Chansons sur mesure (Pacific)
              • 1963 trois 45 tours J'entends, j'entends + Chansons de Bret et recouvrance (Orphée) + participation Max-Pol Fouchet - Poésie et chanson 9 (Reflets SM)
              • 1964 un album 33 tours Le condamné à mort + participation 45 tous collectif Noëls insolites (Orphée)
              • 1965 un album 33 tour Les ballades d'autrefois (Musidisc)
              • 1966 un album 33 tour Chante Aragon ( Vogue)
              • 1967 un 45 tours Protestation (Vogue)
              • 1968 deux albums 33 tours Autour de la Commune 1846 - 1888 + Chansons "contre" (enregistrements) (Vogue)
              • 1969 un album 33 tours participation à On a chanté les maisons closes (Vogue)
              • 1970 trois albums 33 tours Chansons de la marine en bois + La mer + Chansons salées de la marine à voile (Vogue)
              • 1971 un album 33 tours Le condamné à mort (Le Cavalier)
              • 1972 un album 33 tours Rencontres (Vogue)
              • [ sources : La Cabaret "rive gauche" de Gilles Schlesser - Le Maitron - Chorus n° 16 ]

                Chansons de la 3ème partie : L'homme de la rue : La Blanche hermine

                32:54 Marc Ogeret                               : La grille                                       : Jean-Max Brua : 197235:44 Monique Tréhard, Alain Jaffro : La blanche hermine                 : Gilles Servat : 197239:02 Gilles Servat                               : Koc'h ki gwenn ha koc'h ki du : André & Gilles Servat : 1972

                Marc Ogeret
                Marc Ogeret - Rencontres
                Bernard Haillant
                Bernard Haillant - Ça fait grincer des dents
                Biographie de Bernard Haillant

                Bernard Haillant, chantauteur français, naît à Nancy en 1944. Son père, Gaston, est ferronnier-serrurier à la SNCF. Il sera homme d'équipe puis facteur aux écriture et employé de bureau dans les différents sites SNCF de la région. Syndicaliste, il sera secrétaire puis vice-président des cheminots CFDT. En outre, Gaston aurait aimé être artiste peintre. Un mélange de culture et de social qui ne sera pas sans influence sur son fils.

                Bernard grandit sans histoire, il chante dans les chorales scoutes. À l'école, Bernard cultive un certain talent de cancre avant d'obtenir son BEPC (maintenant Brevet des collège, en 3ème).Il reçoit alors une guitare en récompense qui va précipiter son adieu aux études. En outre, il a découvert Brel :

                « Ça m'a fait un choc ! Qu'on puisse s'exprimer ainsi avec la chanson, toucher aussi profondément les gens… j'étais sidéré ».

                En 1959, Bernard a 15 ans, il écrit ses premières chansons, se donne en spectacle dans les feux de camp et conquiert ainsi son premier public.Puis, il crée un groupe avec des copains de son quartier : Les Baladins de Nancy.Ainsi, en 1963 paraît leur unique 45 tours autoproduit " Les Baladins interprètent… " 4 chansons que Bernard à écrites et composées.C'est pour cela qu'il est remarqué par l'étiquette Bel Air qui lui fait enregistrer son premier 45 tours solo en 1964... avant de faire faillite. Il entre alors à la SNCF.

                Début de la carrière artistique de Bernard Haillant à Paris

                Mais, en 1966, Bernard Haillant saute le pas, il quitte Nancy et part à Paris à la conquête de la capitale :

                « Le spectacle de La Contrescarpe venait de s'achever […] Mais Arlette, la patronne, est venue nous dire : si vous voulez rester, je vais vous présenter un jeune qui arrive tout droit de Nancy, écoutez-le !Encore un barbu à guitare, chemise à carreaux et pantalon de velours. Les lumières s'éteignent, restent quelques bougies… C'est ainsi que nous avons découvert Bernard Haillant, qui a dû, ce soir-là, nous chanter tout ce qu'il savait, avec, déjà, cette espèce de culot et sa façon si particulière de jouer avec sa voix de tête.Moment magique où chaque silence est palpable, où tous les présents semblent ne plus vouloir faire qu'un avec le chanteur […] ».

                Engagé à La Contrescarpe, Bernard y chante jusqu'à la fermeture du lieu en avril 1970. Entretemps, il effectue une première tournée, passe à la Fine Fleur de la Chanson française. Puis, paraît son deuxième 45 tours "Mes enfants" chez Decca... en mai 1968 ! L'été les cabarets parisiens sont fermés. Bernard Haillant se trouve réduit à faire la manche sur la Côte d'Azur où il rencontre Mannick.

                Bernard Haillant et le groupe Crëche.

                Par ailleurs, en juillet 1969, alors que Bernard Haillant tourne en première partie de John Littleton en compagnie de Mannick, Jo Akepsimas, Jean Humenry et de Gaëtan Courrèges, la formation d'accompagnateurs ainsi constituée décide de jouer ensemble. Le groupe Crëche, d'obédience catholique, vient de naître :

                « On présentait chacun un mini-tour de chant, accompagné ou non par les autres, avant une deuxième partie plus festive. On ajoutait un diaporama, on faisait du folk, on emmenait les gens avec nous à l'extérieur pour les faire danser, Gaëtan crachait le feu.. C'était assez étonnant ».

                Bernard participe activement aux orchestrations comme à la mise en scène : avec Aragon ou Vian au répertoire, on est loin du prosélytisme religieux. De fait, il se fait agresser en Vendée :

                « On me reprochait de chanter des insanités ! ».

                Crëche fera paraître trois albums avant sa dissolution vers la fin des années 1970En 1972, Bernard réalise un voyage dans le Pacifique qui va bouleverser sa vision du monde.

                [sources : Chorus n° 17 - Le Maitron - Le cabaret "rive gauche de Gilles Schlesser]

                 

                Discographie solo de Bernard Haillant 1964 / 1972
                • 1964 un 45 tours : Mille boules de neige (Bel Air)
                • 1968 un 45 tours : Mes enfants (Decca)
                • 1970 un 45 tours : Le jour où nous seront vieux (Reflets SM)
                • 1971 deux 45 tours : Chansons ouvrières 1 & 2 (Studio SM)
                • 1972 un album 33 tours : Ça fait grincer des dents (Studio SM)
                • Chansons de la 4ème partie : L'homme de la rue : L'embellie

                  46:40 Bernard Haillant  : Ça fait grincer des dents  : Bernard Haillant : 197249:28 Marie Minois        : L'homme de la rue            : Marie Minois - Raymond Ruer : 197251:49 Jean-Max Brua     : L'homme de Brive             : Jean-Max Brua : 197255:07 Juliette Gréco       : L'embellie                           : Maurice Fanon - Gérard Jouannest : 197257:57 Hélène Martin     : Mouvement perpétuellement bon    : Hélène Martin : 1972

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                • C.d.C. #44 1972 Deux petites gouttes d'eau : Pierre Tisserand - Hugues Aufray - Claire - Jacques Brel
                  C.d.C. #44 1972 Deux petites gouttes d'eau : Pierre Tisserand - Hugues Aufray - Claire - Jacques Brel
                  Table des matières
                  1972 Deux petites gouttes d'eau : Contexte historique

                  1972 Deux petites gouttes d'eau. Dix ans que l'Algérie a gagné son indépendance. Le film de René Vautier « Avoir vingt ans dans les Aurès » sort dans les salles. Les colonels sont toujours au pouvoir en Grèce. Au Vietnam la guerre gagne en intensité avec les bombardements massifs de l'armée étasunienne. Cependant un immense espoir est né au Chili avec l'élection de Salvador Allende en septembre 1970.

                  La France est traversée par de multiples mouvements contestataires dont certains deviennent emblématiques : La lutte des Lip, la grève de l'usine du Joint français, le Larzac etc….

                  Biographie de Pierre Tisserand

                  Pierre Tisserand naît à Maisons-Alfort en 1936, cependant il se dit Franc-comtois car, pendant la guerre, sa famille s'est réfugiée à Montureux-les-Bolets en Haute-Saône. Pierre y vit jusqu'à ses neuf ans. Il y découvre tout : la nature et la musique, son grand-père joue du piston.De retour à Paris, il y a un piano dans l'appartement où loge la famille. Passionné de poésie, Pierre pianote pour le plaisir : « Pour y tenter une p'tite musique sur Baudelaire ». C'est peu après que l'adolescent subjugué entend, sur les ondes Félix Leclerc. Pierre se met alors à la guitare. Néanmoins, la musique jazz et classique, le fascine plus que la chanson.

                  Puis, en philo, Pierre Tisserand rencontre Alain Tortrat qui travaille à la SACEM et écrit des chansons.

                  « Je n'avais jamais osé écrire. Ayant commencé par "Les Fleurs du mal", c'était difficile de penser écrire soi-même. J'ai d'abord mis en musique les textes d'Alain. Puis je me suis dit que si lui arrivait à écrire, il n'y avait pas de raison pour que moi je n'y arrive pas ».

                   

                  C'est ainsi que  Pierre se met à écrireAprès le Bac, c'est le service militaire en Algérie qu'il abordera en chanson plus tard et que nous écouterons dans ce programme. De retour, il devient père et se marie. Pour nourrir sa petite famille, il est instituteur pendant trois ans.

                  Début de la carrière artistique de Pierre Tisserand

                  Sa femme le presse d'auditionner au Petit conservatoire de Mireille. Il y est reçu est côtoie alors Serge Lama, Ricet-Barrier. Il n'y reste que peu de temps et passe alors un concours, sorte de radio-crochet à l'ORTF. Il gagne le prix Aznavour de l'auteur-compositeur avec un titre qui fera fortune : L'homme fossile.

                  Ainsi, en 1966 Barclay l'engage et fait paraitre le 45 tours « L'homme fossile ». Puis il victime du fameux "contrat d'option" qui le lie à la maison de disques pendant que celle-ci se propose d'étudier « l'éventualité d'enregistrer un disque ». De fait, pour survivre Pierre en est réduit à être représentant en soutien-gorge.

                  Heureusement Serge Reggiani a enregistré "L'homme fossile" et obtenu un énorme succès. En conséquence Pierre Tisserand rencontre Johnny Stark , impresario de Mireille Matthieu et Johnny Hallyday, qui lui prépare un album chez Barclay en 1969 " Aux Aguets de toi"

                  [source Chorus n° 46]

                  Discographie de Pierre Tisserand

                  Après son premier 45 tours en 1966, suivi d'un album 33t en 1969 chez Barclay, Pierre Tisserant a enregistré les disques suivants :

                  • 1969 un 45 tours La guerre (CBS)
                  • 1970 deux 45 tours "Flore et Pierre" & La saisie (Disc' AZ)
                  • 1971 participation à l'album "Spécial Salut Les Copains"
                  • 1972 trois 45 tours " Moi qui ne rêve", "B.O.F. Avoir 20 ans dans les Aurès" & Même (Disc' AZ)
                  •  

                    Chansons de la 1ère partie : 1972 Deux petites gouttes d'eau: Nous aussi nous marchions

                    02:42 Patrick Abrial        : Deux petites gouttes d'eau  : Patrick Abrial - André Bénéteau : 197205:20 Mélina Mercouri   : Les bateaux de Samos          : Maurice Fanon - Yannis Spanos : 197209:11 Pierre Tisserand   : Nous aussi nous marchions : Pierre Tisserand : 1972 11:47 Hugues Aufray     : Fleur d'oranger                        : Hugues Aufray : 1972

                     

                     
                     
                     
                    Pierre Tisserand - B.O.F. Avoir 20 ans dans les Aurès
                    Hugues Aufray
                    Biographie de Hugues Aufray : 1972 Deux petites gouttes d'eau

                    Hugues Auffray, chantauteur, peintre et sculpteur français, naît en 1929 à Neuilly-sur-Seine dans une famille aisée. Son père Henry Auffray est industriel. À la maison il y a des domestiques, on va au musée et on écoute de la musique classique.Mais en 1939, le père et fait prisonnier. Il s'évade et passe en Espagne pour y rejoindre et épouser une amie. Ainsi, c'est à ce moment-là que les enfants apprennent que leurs parents avaient divorcé en 1938. Chose inavouable dans une famille catholique pratiquante.Pendant la guerre, Hugues et ses deux frères sont inscrits au collège dominicain de Sorèze .

                    Gaucher total Hugues est victime d'une profonde dyslexie qui lui complique la lecture. Cependant, c'est le cheval qui fait de lui une vedette du collège. En effet il est très bon cavalier et ça compte dans une ancienne école royale...

                    En 1945, de retour à Paris, la situation de la famille est catastrophique. La mère ne dispose plus d'aucun moyen :

                    « ... Nous découvrons la pauvreté au premier étage d'un fond de cour sans eau, sans électricité et sans toilettes, rue Saint-Paul, dans un quartier de la capitale complètement délabré… Le soir, on s'éclaire à la bougie ou à la lampe à pétrole. Et on a droit une fois par mois aux douches municipales. [...] C'est une spécificité que je revendique : j'ai connu l'aisance de la grande bourgeoisie et la misère du peuple à la fois. Ce qui ma évité d'être pourri par l'une et valu d'être profondément marqué par l'autre ».

                    Puis Hugues rejoint son père en Espagne. Il prépare son Bac au au Lycée français de Madrid. Ce qui lui permet de découvrir la langue espagnole, son folklore et la guitare.

                    Début de la carrière artistique d'Hugues Aufray

                    De retour à Paris en 1948 , Hugues a l'intention d'entrer à l'école des Beaux-Arts. Mais il se rend compte que son père ne le soutiendrait pas dans cette voie. Ainsi, il décide de prendre son indépendance et, pour survivre, de chanter dans les cabarets le répertoire espagnol appris à Madrid. Il se fait très vite remarquer et ça marche.En bref de 1952 à 1958 Hugues Aufray écume Paris, guitare à la main, avec un répertoire folklorique. Il est l'un des premiers à introduire des sons et rythmes latino-américains dans les cabarets.

                    Cherchant un répertoire en français, il entend alors Félix Leclerc à la radio. C'est la révélation : un chanteur au romantisme rustique qui s'accompagne seulement à la guitare. Des années durant, Hugues va chanter du "Félix" à sa manière. En outre en 1955, il enrichit sa palette avec les bijoux de Georges Brassens.

                    Mais, en 1959, il s'inscrit à un concours de chanson amateur et termine en finale des "Numéros un de demain" organisé par Europe n°1. Il y fait même un tabac avec " Le Poinçonneur des Lilas" de Serge Gainsbourg, alors totalement inconnu. L'étiquette Barclay l'engage et lui fait enregistrer un premier 45 tours contenant le fameux Poinçonneur. Ce 45 tours comprend aussi "Y'avait Fanny" que les appelés en Algérie vont adopter. L'arrivée des "yéyés" va faire que les 45 tours suivants passeront inaperçus.

                    Hugues Aufray rencontre Bob Dylan

                    En 1961, invité par Maurice Chevalier, Hugues Aufray se rend à New-York. Il y noue de fructueux contacts notamment avec le patron du célèbre cabaret Blue Angel. Lorsque qu'il y revient quelques temps plus tard, Hugues partage l'affiche avec Peter, Paul and Mary. Ces derniers lui font rencontrer Bob Dylan. Cette façon de chanter, de jouer de la guitare et d'écrire, c'est ma musique se dit alors Hugues Aufray. Alors vient le projet de traduire tout ça en français. Mais il faudra attendra 1965 l'album 33 tours "Aufray chante Dylan".Néanmoins, Hugues a trouvé son style avec le folk-song et sa carrière commence à décoller. Désormais il enregistrera plusieurs 45 tours par an.

                    [ source Chorus n° 56]

                    Discographie "album 33 tours" de Hugues Aufray
                    • 1964 Tout le long du chemin + Olympia 64 (Barclay)
                    • 1965 Chante Dylan (Barclay)
                    • 1966 En direct de l'Olympia + Horizon (Barclay)
                    • 1967 Je ne pourrai t'oublier tout à fait (Barclay)
                    • 1968 Hugues (Barclay)
                    • 1969 Récital - Musicorama à l'Olympia (Barclay)
                    • 1970 Avec Amour (La Compagnie)
                    • 1971 Hugues Aufray and his folks (La Compagnie)
                    • 1972 Garlick (WEA)
                    •  

                      Chansons de la 2ème partie : 1972 Deux petites gouttes d'eau : Perlimpinpin

                      19:09 Barbara                                   : Perlimpinpin : Barbara : 197222:54 Angélique & Photis Ionatos : Résurrection : Angélique & Photis Ionatos : 197227:15 Jean-Max & Charlotte Brua  : Chili                : Jean-Max Brua : 1972

                      Biographie de Claire : 1972 Deux petites gouttes d'eau

                      Claire Michon, alias Claire, chantautrice, professeure et syndicaliste française, naît en 1949 à Montfaucon (Doubs). Son père est correcteur d'imprimerie, sa mère, femme au foyer, tous deux militent à la CFDT.Claire baigne dans la musique durant toute son enfance. En effet sa mère chante continuellement. De plus, pendant sa scolarité primaire, les religieuses de l'institution lui enseignent une méthode d'écriture musicale chiffrée. En outre, pour ses douze ans, une tante lui offre une guitare.Pendant son adolescence, Claire écoute Georges Brassens et le père Duval (La calotte chantante), de même qu'Anne Sylvestre, Graeme Allwright, Félix Leclerc et Colette Magny.

                      D'abord, après avoir obtenu son Bac en 1967, Claire intègre une classe préparatoire au Lycée Pasteur de Besançon. Ayant été sensibilisée très jeune au catholicisme social, elle adhère à la JEC (Jeunesse Étudiante Chrétienne).C'est alors qu'en mai 1968, tandis qu'elle est « non politisée » selon ses mots, son professeur de philosophie les intéresse, elle et ses camarades de classe au mouvement social. Ainsi, Claire commence alors à manifester et connaît ses premières formes de politisation. Sans doute que l'écoute de Colette Magny avait préparé chez elle un terreau fertile.

                      Début de la carrière artistique de Claire.

                      Mais, Claire tente sans succès le concours d'entrée au Conservatoire. Cependant, en mai 1970, elle participe, par hasard, au concours national de la meilleure chanson inédite, organisé par les MJC. Elle obtient le premier prix qui est l'enregistrement d'un 45 tours, "Viens..."Claire décide de faire de sa passion un métier et elle débute alors une carrière de chantautrice. Elle se produit dans les MJC, les foyers ruraux et les amicales laïques, ainsi elle parvient à vivre de son art.

                      En 1970, Claire et Jean (son époux) sont tous deux adhérents de l'union locale bisontine de la CFDT. Et lorsque le conflit social chez Lip éclate, ils se rendent dans l'usine en grève pour soutenir l'action des salariés. D'ailleurs Claire a chanté à de nombreuses reprise pour les grévistes, tandis que Jean assurait des gardes de nuit et autres tâches.Ainsi, en 1972 paraît le premier album de Claire "Chanson de combat" enregistré dans ce contexte.

                      L'année suivante, paraîtra "18 juin 1973 : Lip, un combat, un espoir dont les chansons reprenaient le célèbre mot d'ordre de l'entreprise autogérée : « On fabrique, on vend et on se paie »

                      [ source Le Maitron]

                      Chansons de la 3ème partie : 1972 Deux petites gouttes d'eau : Vers l'usine

                      33:21 Gilles Servat  : Les Prolétaires                           : Gilles Servat : 197237:16 Claire               : Vers l'usine                                : Claire : 197240:29 Eva                  : Où s'en vont mourir les rêves : Laurence Matalon - Eva : 1972

                      Claire
                      Jacques Brel sur son avion
                      Biographie de Jacques Brel (3ème partie) : 1972 Deux petites gouttes d'eau

                      2ème partie de la biographie de Jacques Brel

                      En août 1960, Jacques Brel fait connaissance de l'accordéoniste Jean Corti. Le courant passe si bien que ce dernier va rejoindre les musiciens qui accompagnent Brel.Désormais il y aura un accordéon pour traîner sa plainte ou placer trois mesures de gaieté dans son univers. Jean Corti accompagnera Jacques pratiquement jusqu'à l'arrêt de ses tours de chant en 1966.

                      Puis en février 1961, toute la bande se retrouve en studio pour enregistrer le cinquième album 33 tours. Ce dernier est une parfaite réussite et contient nombre de chansons majeures : Marieke, Le moribond, On n'oublie rien… Brel entre de plein pied dans sa maturité. Celle de l'artiste mais aussi celle de l'homme. Les tours de chant s'enchaînent à une vitesse folles : 250 à trois cents concerts, cent mille kilomètres par an.Ce rythme fou l'empêche d'écrire autant qu'il le souhaiterait. Alors, pour se ménager, il achète une maison à Roquebrune, les pieds dans l'eau. C'est là qu'il s'initiera à la voile.Les 27,28 et 29 octobre 1961 Brel est à l'Olympia. Le spectacle est enregistré et fera l'objet d'un sixième 33 tours. Le dernier chez Philips.

                      Jacques Brel signe chez Barclay

                      L'arrivée de Johnny Hallyday chez Philips ayant entraîné la démission de Jacques Canetti. Brel n'a que faire de travailler avec « de vulgaires marchands sordides ».  Jacques Brel quitte, non sans mal, Philips, et signe chez Barclay.Enregistré en mars 1962, le nouvel album est au format 30cm avec 12 chansons. Les six nouvelles chansons que Jacques avait chantées à l'Olympia, mieux arrangées ainsi que 6 nouvelles dont le sublime Le plat pays.Malgré le nombre invraisemblable de spectacles qu'il donne ( 327 en 1962) Jacques Brel est très créatif. En mars 63, il est en vedette à l'Olympia avec 8 nouvelles chansons. En avril 1963 paraît "les bigotes" avec, à nouveau des chefs d'œuvre : Les bigotes, Les vieux et surtout « La Fanette».

                      En mai 1963, Isabelle Aubret est victime d'un terrible accident de voiture, on ne sait pas si elle pourra chanter à nouveau. Jacques Brel lui abandonne intégralement les droits d'auteurs et d'édition de « La Fanette ». Un cadeau princier, sans s'en vanter auprès de quiconque. De même quelques années plus tard, Brel offrira les droits de "L'enfance" à son ami Lino Ventura pour sa fondation Perce-Neige. Tout aussi confidentiellement.

                      Amsterdam : l'explosion

                      L'année 1964 commence mal pour Brel. Son père meurt le jour où il enregistre « Le dernier repas » pour le disque « Mathilde »,  un 25 cm 8 titres. Jacques parle de plus en plus de s'arrêter mais il est à nouveau encore sur les routes et les nuits se prolongent fort tard dans les bars. En octobre, il est à nouveau à l'Olympia. En troisième position, il a prévu une chanson qui n'est réellement terminée que depuis quelques jours : "Amsterdam". Jean-Michel Boris se souvient:

                      « Ce jour-là, j'ai vu une salle entière qui venait de recevoir un uppercut en pleine figure. Il y a eu un moment de véritable stupéfaction. Le silence, pendant un court instant, et ensuite l'explosion. Un public pris de folie : les gens étaient debout, hurlant, piétinant, réclamant un bis.C'était fabuleux… ».

                      Le disque tiré du concert reçoit le prix Francis Carco de l'Académie du disque français.

                      Jacques Brel ne s'implique d'habitude pas directement dans le combat politique.Cependant le 28 ars 1964 il participe à une grande manifestation antiatomique à Bruxelles. Il y entonne même « Les bourgeois », refrain immédiatement repris en chœur par la foule.En outre, il réussit le tour de force de chanter successivement en URSS et aux Etats-Unis d'Amérique du nord.

                      Ensuite, en 1965 Brel enregistre son ultime album 25 cm qui constitue l'un des temps les plus forts de sa discographie.

                      Jacques Brel à la recherche d'une nouvelle vie

                      En fait, l'ambiance avec ses musiciens a changé. Une cour s'est formée autour de Jacques Brel qui maintenant ne mange plus à la même table qu'eux après les concerts. Ce dernier est maintenant enfermé dans un statut de star inaccessible. Cependant il accepte toujours de multiplier les galas gratuits C'est pour lui l'occasion de rencontrer des gens extérieurs au show business, fenêtres ouvertes sur le monde et ses réalités.En fin de compte, en cette fin d'année 1965, après le triomphe à l'Olympia de 64, Jacques Brel n'a plus d'étapes à franchir. Il lui faut trouver de nouveaux objectifs :

                      « Le temps de la découverte et de l'aventure physique est terminé. Alors je crois que l'aventure, maintenant, est dans la modification du style de vie ».

                      Finalement, à l'été 1966, au Casino de Vittel, Jacques Brel annonce la nouvelle : « C'est fini ! Je quitte la scène...».Il a pris des engagements qui courent sur toute l'année, il les tiendra. Ceux-ci le mènent une dernière fois au Maroc, en Angleterre, en Belgique et au Canada. Brel ajoutera un ultime tour à l'Olympia, lieu où il a franchi toutes les étapes importantes de sa carrière.

                      Enfin le 30 décembre, Jacques Brel est en studio pour l'enregistrement d'un album, le douzième, dont les chansons sont prêtes.Pressé et distribué à une allure record, le disque sera en vente le 23 janvier. Barclay bat le fer quand il est chaud et profite de l'engouement médiatique autour des adieux de Brel.Au verso, une photo montre Jacques assis sur l'aile d'un petit avion, sa nouvelle passion.Jacques Brel donnera son dernier concert au Colisée, un petit cinéma de Roubaix, le 16 mai 1967.

                      Jacques Brel, l'aventurier.

                      Brel voulait changer de vie. De fait, cinq jours après son dernier spectacle, il est sur le plateau de tournage du film "Les risques du métier" d'André Cayatte. Le sujet, un instituteur de village injustement accusé d'attouchements et de viols par plusieurs de ses élèves, l'a enthousiasmé. À sa sortie, le film est bien reçu par le public et la critique. Jacques Brel est reconnu comme un bon acteur.Puis, en 1968, Jacques Brel jouera le rôle de "Raymond la Science" dans le film "La Bande à Bonnot" de Philippe Fourastié.

                      Le 13 mai 1968, Jacques et Jojo participent à la grande manifestation contre les violences policières de la nuit du 10 mai.Puis, le 15, il est en studio pour l'enregistrement de son prochain album. Mais, le 17, il y a plus de deux millions de grévistes. Finalement, le 20, ils sont quatre millions et plus du double le lendemain. Les séances du disque sont donc remises à une date ultérieure. L'album "Vesoul" paraît en octobre.

                      En outre, parallèlement au cinéma et à l'enregistrement de son disque, Jacques Brel travaille à un projet qui lui tient à cœur : l'adaptation et les répétitions de "L'homme de la Mancha" une comédie musicale qu'il a vue à New-York. La première a lieu à Bruxelles le 4 octobre, l'accueil du public et de la critique sera vraiment triomphal. Joué en France "L'Homme de la Mancha" remporte un succès sans précédent dans l'histoire de la comédie musicale. La pièce s'arrête le 17 mai 1969. Deux ans après son dernier récital à Roubaix.

                      Jacques Brel pilote professionnel

                      Le 18 mai, Jacques Brel, bien qu'épuisé physiquement, suit des cours intensifs d'escrime et d'équitation. En effet, il doit jouer le rôle-titre du film d'Edouard Molinaro "Mon oncle Benjamin" (qui sera sa meilleure prestation au cinéma). De plus, après le tournage, comme il vient de s'acheter un nouvel avion, Brel décide de passer son brevet de pilote professionnel. Le 17 avril 1970, Jacques Brel obtient sa licence PP-IFR. Le plus haut degré qu'un amateur puisse atteindre.

                      En juin, il est en Lozère pour le tournage de Mont-Dragon, son quatrième film en tant qu'interprète. Désormais, il se sent prêt à affronter le tournage de son propre film.En juin 1971, il est en Flandres pour démarrer cette aventure, Franz.  Le résultat est un film personnel et très attachant.

                      En 1971, la maison Barclay rencontre de sérieuses difficultés financières. Jacques Brel signe un contrat "à vie" avec son ami Eddie Barclay. De plus, il accepte de réenregistrer quelques-uns de ses vieux titres du catalogue Philips. L'album paraît à l'été 1972.

                      [ sources Grand Jacques de Marc Robine & Chorus n° 25]

                      Chansons de la 4ème partie : 1972 Deux petites gouttes d'eau : Le prochain amour

                      46:13 Jacques Brel       : Le prochain amour : Jacques Brel : 197250:25 Hélène Martin   : Liberté-femme : Hélène Martin : 197256:46 Nadine Joël       : Monsieur Seguin : Maurice Fanon : 1972

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                    • C.d.C. #43 1972 Mes amis du voyage : Luc Romann - Eva - Georges Brassens - Jacques-Emile Deschamps
                      C.d.C. #43 1972 Mes amis du voyage : Luc Romann - Eva - Georges Brassens - Jacques-Emile Deschamps
                      Table des matières
                      1972 Mes amis du voyage : Contexte historique

                      Mes amis du voyage : En 1967, dès les premiers jours du coup d'État [des colonels grecs], le monde de la culture est en émoi. Il accueille de nombreux réfugiés, comme l'actrice Mélina Mercouri. On pétitionne au-delà des cercles militants pour obtenir la libération du musicien Mikis Theodorakis, fondateur des Jeunesses Lambrakis, emprisonné à Oropos. […]La sympathie pour le peuple grec se traduit par une pression diplomatique croissante centre les colonels, rendus infréquentables, et leurs soutiens américains[étasuniens]. Elle se concrétise aussi par des actions militantes. Jeune peintre à l'époque, Maria Amaral se souvient :

                      « Tout le monde était contre la Grèce des colonels chez les artistes. La France était le pays qui acceptait le plus de réfugiés politiques. »

                      [autre temps, autres mœurs…]

                      [source Le Monde Diplomatique, mars 2015]

                      Biographie de Luc Romann

                      Roland Froidevaux alias Luc Romann, chantauteur français, naît à Paris en 1937. Sa famille est originaire d'Europe centrale. Luc connaît une enfance et une adolescence " ballotées". Ainsi, il écrira plus tard pudiquement :

                      « Quand les grands se sont fait la guerre, j'ai découvert la campagne. »

                      Le petit Roland quitte l'école précocement. Cependant, très jeune, il approfondit son goût pour l'art : musique, poésie et peinture. Il commence alors à écrire et composer.À Paris, à l'âge de vingt ans, il côtoie Jacques Brel (qui l'encourage), Mouloudji, Guy Béart…

                      « J'ai fait mon premier 45 tours en 1961, et il est sorti en février 62. À l'époque j'étais poussé par ma maison de disques (Fontana) et par mes éditeurs. Si bien que j'ai fait l'ABC avec Juliette Gréco, Bobino avec Georges Brassens […] J'étais quand même un peu perturbé par tout ce qui m'arrivait…Mes rencontres avec certains artistes étaient riches et précieuses. Mais pour le reste, je trouvais tout ça à la fois trop sophistiqué et trop futile : trop faux…Les gens se foutent bien de toi. Ils te parlent et à l'instant d'après ils t'ont oublié. Ils ne s'occupent de toi que parce qu'on leur a dit de le faire, sous prétexte de promotion. On peut passer par là un temps, mais je ne me sentais pas de faire ma vie comme ça. Alors j'ai pris du recul. Un grand recul. »

                      Renouveau de la carrière artistique de Luc Romann

                      Luc Romann disparaît alors en 1965 du circuit artistique. Il revient à la fin de la décennie comme l'un des artistes "maison" du cabaret "Chez Georges". Moshé Naïm qui avait monté sa propre maison de production lui propose de faire un disque. Ainsi paraissent en:

                      • 1969 album 33 tours "Le voleur"
                      • 1970 45 tours "On a toujours besoin de soleil"
                      • 1972 album 33 tours "La Liberté" qui est récompensé du Grand Prix Diapason de la Chanson
                      • 1973 45 tours "Chronique lunaire ou ma planète"
                      • Durant cette période, Luc Romann chante " de villes en villages " spécialement dans le circuit des MJC, café-concert, soirées cabaret en milieu rural, principalement dans l'Ouest de la France. Il se produit parallèlement aussi dans les circuits culturels français à l'étranger : Afrique, EUA.

                        Luc Romann s'installe dans le Gers : Mes amis du voyage

                        Enfin, en 1972, Luc s'installe dans le Gers, loin des réseaux professionnels, en pleine nature. Il décroche peu ou prou des exigences qu'impose le métier. Un petit groupe d'amis aide à ce qu'il ne soit pas complètement oublié. En conséquence, en 1979, Luc fait paraître l'album "Les Oumpapas" en autoproduction :

                        « C'est vrai que j'ai l'impression d'être dans un désert. Mais, dans ce désert, c'est ma soif qui crée les sources, et non l'inverse. Les gens qui aiment mes chansons les aiment par le cœur. C'est quelque chosequi se prolonge et se transmet. Pour moi, c'est l'essence même de la chanson. Et c'est exactement ce que je voulais faire à travers la chanson. […]Je pense toujours à ces petits bourgeons, au cœur de ces hivers qui sont parfois si froids. Au regard de l'hiver, du gel, de la neige et des longues nuits glacées, le bourgeon n'est pas grand chose. Mais sans lui il n'y aurait pas de printemps. Tout ce qui va fleurir au printemps se forge dans le plus dur de l'année. Et c'est ça qui est magnifique ! »

                        En 1982 paraîtra "Le ciel dans la tête, la terre dans le cœur" avec le soutien de la revue «Paroles et musique», de Jean-Max Brua et bien d'autres.Dix ans plus tard en 1992, Luc Romann publiera la cassette "Solitudes et compagnie"Finalement, le 22 janvier 1999, un bel hommage, organisé de son vivant eu lieu au Théâtre des Chalands de Val-de-Reuil, dans l'Eure. Sara Alexander, Marc Robine, Gérard Pierron, Michel Boutet et Luce Romann (sa fille) se sont réunis autour de Luc dans une grande fête majestueuse.

                        [sources : Chorus n°14 + recherches sur la toile]

                        Chansons de la 1ère partie : Mes amis du voyage

                        02:02 Luc Romann             : Mes amis du voyage : Luc Romann : 197205:30 Nana Mouskouri      : Milisse mou                : Nikos Gatsos, adapt. Eddy Marnay - Manos Hadjidakis : 197208:09 Juliette Gréco            : Mon fils chante          : Maurice Fanon - Gérard Jouannest : 197211:12 Mélina Mercouri       : L'œillet rouge             : Eftichia Papaghianopoulou, adapt. Maurice Fanon - Stavros Xarchakos : 197213:36 Francesca Solleville  : Venger la vie              : Eugène Guillevic - Max Rongier : 1972

                        Luc Romann - La Liberté
                        Eva
                        Biographie d'Eva

                        Evelyne Killutat, alias Eva, chanteuse allemande, naît à Berlin en 1943. d'une mère lituanienne et d'un père russe qu'elle n'a jamais connu. Dans une entrevue en 2005, elle en dira :

                        « C'est pour ça que je chante. Pour surmonter l'échec de l'enfance. Le père c'est l'ouverture au monde, la mère celui des émotions. Je porte ce manque. Je ne pardonne pas l'irresponsabilité aux hommes »

                        Son enfance se déroule dans le Berlin en ruine de l'après-guerre, il n'y avait pas de jardin, pas d'arbres. En 1972, dans l'émission Discorama de Denise Glaser, elle dira :

                        « J'ai passé mon baccalauréat à Berlin. Je m'orientais vers les langues, le journalisme. Et puis je suis venue un jour à Paris pour apprendre le français, tout bêtement. Mais ça aurait pu être ailleurs. Je devais rester six mois et… j'y suis encore ! Cela fait huit ans. »

                        Mais, arrivée à Paris, elle se demande alors si sa vocation est le journalisme ou la chanson. Et c'est en entendant Jacques Brel et Barbara qu'elle opte pour la chanson.

                        Début de la carrière artistique d'Eva

                        Eva se produit dans plusieurs cabarets : La polka des Mandibules et Chez Georges. C'est là que Gilbert Sommier, amateur de chanson et de poésie, la découvre avant de la programmer aux "Mardis de la chanson". Ce tremplin est parrainé par Georges Brassens et les disques Philips qui y enverront Gainsbourg, Barbara, Anne Sylvestre…En octobre 1963, Eva fait un passage remarqué aux Mardis de la chanson. En conséquence elle est programmée en 1964 à Bobino en première partie de Georges Brassens. Michel Perez du quotidien Combat écrit alors :

                        « Eva, une jeune chanteuse allemande qui se taille un succès mérité, plus séduisante encore en français que dans sa langue maternelle, le timbre voilé, les raucités, les accents surprenants de tendresse. C'est le style des cabarets allemands qu'on apprécie fort à Paris depuis Zarah Leander ou Eva Busch. Avec elle le romantisme de cette famille de chanteurs d'Outre-Rhin se pare d'une sensibilité délicate. Cet hiver, on devrait entendre parler d'elle. »

                        En fait, douée pour le chant, l'écriture et la musique, Eva a la chance de s'attirer l'attention des agents artistiques qui gèrent les tournées.. De plus Barbara s'est prise d'affection pour cette jeune voix au timbre si profond, si particulier.

                        Début de la carrière discographique d'Eva

                        Le premier 45 tours d'Eva chez l'étiquette Mercury paraît le 18 mars 1964. Il va connaître les rigueurs du Comité d'Écoute de la Radiodiffusion française : sa chanson Liebelei est déconseillée à certaine heures ou carrément interdite sur les ondes de la radio de l'État gaulliste. En cause l'extrême sensualité de la voix… Barbara a alors pris sa défense. De fait, l'interdiction ne durera pas longtemps. Puis paraissent les disques suivants :

                        • 1964 2ème 45 tours Toi et moi
                        • 1965 l'album 33 tours Toi et moi (avec les 8 titres 64) et un 45 tours Les enchaînés
                        • 1966 deux 45 tours ( 4ème & 5ème série) et un album 33 tours Comme les blés
                        • 1967 un 45 tours Nocturne
                        • *1968 deux 45 tours (les roses de Novgorod & Vois)
                        • 1970 un album 33 tours Où s'en vont mourir nos rêves (1er album Barclay au Québec)
                        • 1971 un album 33 tours Le cœur battant (1er album Barclay en France)
                        • 1972 un 45 tours Il faut que tu viennes et un album 33 tours L'orage
                        • De plus, parallèlement Eva chante sur scène : Bobino en 1966 avec Georges Chelon et Alain Barrière. Mais elle apparaît encore aussi au cabaret l'Écluse en février 1968 puis à Bobino en première partie de Serge Reggiani. De plus elle apparaît régulièrement à la télévision.

                          [sources : Je Chante ! n°17 + recherches sur la toile]

                          Chansons de la 2ème partie : Mes amis du voyage : Ce premier matin d'hiver

                          17:27 Bernard Haillant  : Le militaire                         : Traditionnel : 197219:46 Robert Grange      : Moi je plante                      : Robert Grange : 197222:05 Eva                         : Ce premier matin d'hiver : Laurence Matalon - Eva : 197225:13 Jean Hugues         : La prière                              : Jean Hugues : 197227:28 Jean Ferrat           : La boldochévique               : Jean Ferrat : 1972

                          Biographie de Georges Brassens (3ème partie)

                          2ème partie de la biographie de Georges Brassens

                          André Tillieu, ami belge de Georges Brassens parle de lui et de sa musique dans son livre éAuprès de son arbre :

                          « Brassens est assurément le seul compositeur français dont les airs pourraient être assortis de l'épithète "traditionnel". C'est, à mon sens, le plus bel éloge qu'on puisse faire à un musicien.En les écoutant avec quelques attentions, on s'apercevra que les mélodies de Brassens sont délicatement ciselées. Et qu'elles sont si merveilleusement "creusées"" qu'elles vous renvoient fréquemment ,à ces émois adolescents où le cœur hésite entre rire et chialer.[...] Brassens est d'abord et avant tout un individualiste. Attention ! ne pas confondre avec égoïeste. C'est peut-être exactement le contraire. Car l'individu, c'est luibien sûr, mais c'est vous aussi, c'est moi, c'est chacun d'entre nous. Fidèle à la morale anarchiste de ses vingt ans, Brassens voue un véritable culte à cet individu-là. »

                          Georges Brassens était très discret sur sa vie privée. Donc, nous  nous contenterons de sa discographie et de ses concerts:

                          Discographie et concerts de Georges Brassens 1960 / 1962

                          Peu d'événements importants marquent l'année 1960 si ce n'est son passage à l'Olympia du 21janvier au 15 février. De plus Brassens effectue un autre tour de chant à Bobino du 14 au 25 avril avec Georgie Viennet et Pia Colombo.Georges Brassens participe aussi au Festival du Disque de Jacques Canetti qui fête son dixième anniversaire. La première partie est assurée par Martial Carré, Jim Cuny et Marion, Roger Riffard, Petit Bobo, Pia Colombo et Bernard Lavalette. Du beau monde !En mars 1960 paraît son Récital n°7 "Les funérailles d'antan"

                          Paul Fort "Le prince des poètes" meurt le 20 avril 1960. Georges Brassens lui rend hommage dans le 45 tours - 13ème série. Contrairement à son habitude, il y dit trois poèmes de son ami : "L'enterrement de Verlaine", Germaine Tourangelle" et "À Mireille, dite Petit Verglas" en compagnie de trois chansons. En novembre parait le Récital n°8 "Le temps ne fait rien à l'affaire".

                          Georges est de nouveau sur la scène de l'Olympia du 2 novembre au 3 décembre 1961.

                          1962 une année riche en production

                          Mais encore, l'année 1962 est riche en production et représentation pour Brassens : D'abord il commence à Bobino du 11 au 24 janvier avec Roger Riffard et Jacqueline Danno. Cette dernière se rappelle :

                          « La première grande scène, le trac à mourir et soudain là, derrière le rideau, une présence fraternelle, rassurante. Une voix vous dit "vas-y petit'. Une main amicale vous pousse en douceur vers ce public qui vous fait si peur, la même voix ajoute "tu les auras !" et quand, après ce moment horrible et fabuleux où vous avez pour la première fois affronté le public, la voix se fait encore entendre pour régler vos rideaux, pour vous dire "bravo !" vous restez bête et tremblante ne pensant pas encore à dire : "merci Georges…" »

                          Ensuite Georges Brassens parcourt la France et la Suisse avec le Festival du disque. En outre, il revient à l'Olympia du 5 au 15 décembre avec Roger Riffard et la toute jeune Nana Mouskouri.En décembre paraît son dernier album 25cm "Les trompettes de la renommée". Tout irait bien s'il ne souffrait pas de douloureux ennuis de santé : les calculs rénaux. Ceux-ci ne lui laisseront que peu de répit dans sa vie.

                          Discographie et concerts de Georges Brassens 1963 / 1964

                          D'ailleurs l'année 1963 commence douloureusement pour Brassens : le 16 janvier il est admis d'urgence pour être opéré du rein gauche. Mais à partir du 17 août Brassens repart pour la tournée du Festival du Disque : 25 représentations dans les plus grandes salles de France. Puis à Bobino du 12 septembre au 7 octobre.En novembre paraît le coffret "Dix ans de Brassens" : 6 albums 30 cm avec deux inédits - Saturne et Le petit joueur de flûteau.

                          En 1964, Georges Brassens effectue à nouveau la tournée du Festival du Disque, cette fois-ci en compagnie de Boby Lapointe et de Christine Sèvres. Puis, Brassens est à Bobino du 21 octobre au 10 janvier 1965. 120 000 personnes y viennent l'applaudir. La première partie est assurée par Barbara puis Michèle Arnaud et ensuite Serge Lama.Novembre voit la parution de son premier album 30 cm "Les copains d'abord". La chanson titre remporte un immense succès. Mais la chanson "Les deux oncles" provoque une polémique et surtout une fâcherie avec son ami Pierre Louki. De plus l'album est récompensé du Prix du Disque de l'Académie Charles Cros.

                          Discographie et concerts de Georges Brassens 1965 / 1966

                          Georges Brassens commence l'année 1965 à Bobino où il se produit jusqu'au 10 janvier. Puis il donne un unique récital à Bruxelles le 30 janvier au Gala de l'Amitié. Après cette forte activité, il se repose. Puis, le 12 octobre Brassens est à l'A.B.C. dans un musicorama exceptionnel qui accueille Brassens en première partie et Charles Trénet en seconde. Le 7 décembre, il participe à un gala à l'Olympia au profit de Serge Lama qui a été victime d'un grave accident de la route. Georges est fatigué, les spéculations sur sa mort vont bon train. L'A.F.P. annonce "Brassens serait mort" … C'est nettement exagéré répond Brassens à René Fallet qui prenait des nouvelles. De plus cela a bien dû le faire sourire, lui qui était en train de peaufiner "Supplique pour être enterré à la plage de Sète".L'été 1966 Georges fait son habituelle tournée du Festival du Disque. Puis il est du 16 septembre au 23 octobre au T.N.P. du Palais de Chaillot avec Juliette Gréco. Ce même mois d'octobre parait de n°9 Supplique pour être enterré à la plage de Sète"

                          Discographie et concerts de Georges Brassens 1967 / 1972

                          Pour Georges, l'année 1967 commence à Bobino où il chante du 10 janvier au 13 février. Puis il part pour ne tournée en Suisse, en Belgique puis en région parisienne du 7 avril au 5 mai. Le 12 mai Jacques Brel amène Brassens à la clinique pour lui retirer du rein un autre "caillou". Malgré ces problèmes de santé, Brassens effectue une tournée avec les Tréteaux de France.Il refuse de rentrer à l'Académie française : « Tu me vois avec une épée et un bicorne ». Le Grand Prix de Poésie de l'Académie française lui est pourtant attribué le 8 juin. « Je ne suis pas un poète mais un faiseur de chansons ».

                          En 1968 beaucoup de ses admirateurs s'étonnent de son silence pendant les "événements". Mais quand on lui posera la question : «Que faisiez-vous en mai 1968 ? », il répondra «... des calculs ! » (toujours ses coliques néphrétiques).

                          Après deux ans de silence, février 1969 verra la sortie de son disque n°10 "La religieuse "avec Les oiseaux de passage et Pensées des morts. Puis il est trois mois à l'affiche de Bobino du 14 octobre au 4 janvier 1970.

                          Georges Brassens à la Mutualité en 1970

                          En 1970 Georges Brassens est à la Mutualité les 17, 18 & 19 mars. Puis il part en tournée à travers la France et la Belgique le mois suivant. De plus il interprète "Heureux qui comme Ulysse" dans le film d'Henri Colpi.Mais, 1971 est une année calme avec la composition de la musique du film de Michel Audiard "Le drapeau noir flotte sur la marmite".Enfin en 1972 pour fêter ses 20 ans de carrière, Philips sort un coffret de onze disques et un volume "Poèmes et chansons" représentant l'intégrale de l'œuvre de Brassens. Georges Brassens, lui, fête cet anniversaire avec son public à travers ses tournées en France et en Belgique et son spectacle à Bobino du 10 octobre au 7 janvier 1973.Finalement, Récital n°11 parait en octobre 1972.

                          [sources : Auprès de son arbre d'André Tillieu + Le prince et le croquenote de Jean-Paul Sermonte + Chorus N° 57]

                          Chansons de la 3ème partie : Mes amis du voyage : Les passantes

                          32:20 Georges Dor             : Montréal matin  : Georges Dor - Jean-Claude Tremblay : 1972 38:25 Brigitte Fontaine     : Brigitte                  : Brigitte Fontaine - Olivier Bloch-Lainé : 197240:30 Georges Brassens   : Les passantes     : Antoine Pol - Georges Brassens : 1972

                           

                          Georges Brassens
                          Georges Brassens2
                          Jacques-Emile Deschamps
                          Jacques-Emile Deschamps - Non retour
                          Biographie de Jacques-Emile Deschamps

                          Jacques-Emile Deschamps, chantauteur français, naît à Saint-Junien (Haute-Vienne) en 1950 dans une famille plutôt pauvre. Son père est un ouvrier communiste et autodidacte. La maman, aimante, se décarcasse pour que sa tribu soit bien habillée et bien nourrie malgré un budget sous-alimenté. Jacques-Emile est un bon élève, plus littéraire que scientifique.En premier lieu, en 1965 sa maman ayant gagné le gros lot à la fête du champ de foire choisit une guitare qu'elle offre à Jacques-Emile. Le voilà s'imaginant en Hendrix limousin. L'année suivante il découvre le folk lors d'un petit séjour à Londres.En ce qui concerne 1968, voilà ce qu'il en dit :

                          « Juste au moment où je deviens copain avec Platon, Socrate et Aristote (sans oublier Freud), c’est l’heure de la révolution d’octobre en plein mois de mai. Du coup, Che Guevara (en poster) et moi (en vrai) on révolutionne. La victoire étant remise à plus tard, je décide de devenir Bob Dylan et les Rolling Stones à moi tout seul après mes études universitaires. Incidemment, celles-ci se passent très peu dans l’amphi de sociologie et très beaucoup dans les caves où je gratte ma guitare ».

                          Puis, en 1969, appelé à l'armée, il obtient le grade de "Réformé définitif" auprès du psychologue. Il commence à écrire des chansons et forme un groupe.

                          Début de la carrière artistique de Jacques-Emile Deschamps

                          Enfin en 1972, il part à Paris et passe une audition pour les disques Vogue. Il est engagé et enregistre l'album "Non Retour". Le magazine Télérama, élogieux présentera le disque comme :

                          « La contre folie d’un rebelle qui clame violemment qu’il faut vivre et se battre contre toutes les prisons ».

                          Radios et télévision ne goûtant guère du rebelle ignorent le disque. Jacques Emile se contentera de manger des sandwiches dans sa chambre de bonne.

                          Néanmoins, en 1974, le disque obtient le prix de la Sacem. Cette année là paraît le deuxième album de Jacques-Emile Deschamps "L'Habitude". Télérama le qualifie de " Magnifique et indispensable" Cette fois-ci Europe 1 en diffuse et l'engage pour sa tournée d'été. En outre, Jacques-Emile fait même une première partie à l'Olympia.Néanmoins, en 1975 les disques Vogue lui proposent d'aller pousser la chansonnette ailleurs que chez eux. Retour au Limousin

                          En 1978, la "Scoppa Imagine" fondée par quelques uns de ses potes produit son troisième et dernier album "Fréquences" à nouveau bien reçu par la presse mais encore ignoré par les médias.De plus, il participe au Festival des temps nouveaux à Castagnède en compagnie de Michel Vivoux, Morice Benin et Danielle Messia. La cassette enregistrée lors de ce festival contient quatre de ses chansons.

                          En fin de compte il écrira plus de trente chansons pour Marc Ogeret : deux album complet En toi (1979) et Vivre (1981) et plusieurs chansons dans Imagine (1976), Berger de paroles (1986) et Témoignage (1990)

                          Finalement à partir des années 90, Jacques-Emile Dechamps décide d'arrêter la musique et il se consacre à l'écriture de livres.

                          [sources: site jacques-emile-deschamps + autres recherches]

                          Chansons de la 4ème partie : Mes amis du voyage : Les solitaires

                          46:52 Jacques-Emile Deschamps : Les solitaires                     : Jacques-Emile Deschamps : 197250:11 Catherine Ribeiro                  : Jusqu'à ce que la force de t'aimer me manque : Catherine Ribeiro - Patrice Moullet : 197253:06 Gérard Manset                       : Long long chemin          : Gérard Manset : 197258:12 Zaneth                                     : Freine Vreneli !               : Roger Zanetti : 1972

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                        • C.d.C. #42 1971 Québec Territoire occupé : Pauline Julien - Mélina Mercouri - Maurice Fanon - Léo Ferré
                          C.d.C. #42 1971 Québec Territoire occupé : Pauline Julien - Mélina Mercouri - Maurice Fanon - Léo Ferré
                          Table des matières
                          1971 Québec Territoire occupé : Contexte historique

                          1971 Québec Territoire occupé : Les années soixante marquent la véritable "naissance" du Québec, son passage de la "grande noirceur à l'ère moderne. Ce fut la Révolution tranquille. Ainsi, en 1968 comme partout dans le monde, un désir de briser les institutions existantes pour construire une société égalitaire anime la jeunesse québécoise. La marmite commence à bouillir. Toutefois, son couvercle va sauter en octobre 1970 : Le 5 octobre, le diplomate britannique James Cross est enlevé à son domicile par quatre membres du Front de libération du Québec, le FLQ. La crise d’octobre éclate. Les ravisseurs exigent la libération de 23 prisonniers politiques et le versement d’une rançon de 500 000 dollars. Le 10 octobre, le gouvernement du Québec annonce officiellement son refus de négocier avec les indépendantistes. À peine vingt minutes après cette déclaration, la riposte est cinglante. Pierre Laporte, ministre du Travail et de l’Immigration, est enlevé à son domicile de Saint-Lambert par une autre cellule du FLQ.

                          La loi des mesures de guerre

                          À cause de cela, la nuit du 15 au 16 octobre, le gouvernement canadien adopte, en passant par-dessus la procédure parlementaire normale, la loi sur les mesures de guerre. Les libertés fondamentales sont suspendues et l’on procède à 497 arrestations d’individus sans mandat. Certains sont des membres du Parti communiste québécois, d’autres du FLQ, plusieurs ont simplement participé à des réunions politiques de gauche, ou sont proches de leaders d’opinion. Même le poète Gaston Miron, icône au Québec, est emprisonné. La chanteuse Pauline Julien et sa famille le seront aussi.

                          Mais l’action scandaleuse de Pierre Elliott Trudeau ne mettra pas fin à la crise. Le 17 octobre, le FLQ annonce l’exécution du ministre Pierre Laporte. C’est la réprobation générale, y compris dans la population québécoise.

                           

                          Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

                          Biographie de Pauline Julien (2ème partie) : Québec Territoire occupé

                          Première partie de la biographie de Pauline Julien

                          Les deux premiers album de Pauline Julien : Enfin… Pauline Julien (1962) et Pauline Julien (1963) ainsi que ses spectacles l'ont rendus à la fois populaire et attachantes. De fait, elle se produit alors sur les scènes les plus prestigieuses du Québec et d'Europe. D'ailleurs l'artiste s'engage de plus en plus vers la chanson canadienne. En 1965, "Échos Vedettes" apprend à ses lecteurs que Pauline animera une série d'émissions intitulée "Mon pays, mes chansons" consacrée aux chansonniers du Québec.

                          Puis vers le milieu des années 1960, le contenu des articles écrits au sujet de Pauline Julien change. La chanteuse n'est plus seulement présentée comme la porte-parole de la chanson canadienne mais également comme une militante en faveur du nationalisme québécois. Elle exprime également son nationalisme avec éclats . Comme par exemple en refusant de chanter devant la reine d'Angleterre lors de l'Exposition universelle de 1967.Le célèbre écrivain Jean Genet lui a dit un jour :

                          « Ce qui extraordinaire quand vous chantez, c'est qu'on a l'impression que vous avez écrit chacune des chansons que vous interprétez, même celle de Brecht ».

                          Arrestation arbitraire de Pauline Julien et de sa famille

                          Ainsi, en octobre 1970, Pauline Julien passe de militante à victime avec son arrestation arbitraire (ainsi que celle de ses enfants...) à la suite de la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre. Comme aucune accusation n'est portée contre elle, la chanteuse est rapidement remise en liberté. Mais les journaux rapportent qu'elle est alors boycottée par quelques diffuseurs de radio et de télévision.En outre, et il ne s'agit pas d'un hasard l'expression accrue du nationalisme de Pauline coïncide avec quelques critiques négatives de ses microsillons…

                          Discographie de Pauline Julien

                          Après les deux albums de 1962 & 1963 déjà cités, Pauline Julien a enregistré régulièrement des albums 33 tours :

                          •  1963 Solidad et Barbarie (pour enfants)
                          •  1965 À la Comédie-Canadienne (en public)
                          •  1965 - Chante Raymond Lévesque
                          •  1966 Chante Boris Vian
                          •  1967 Suite québécoise
                          •  1967 En public au Pavillon du Canada de l'Expo 67
                          •  1969 Comme je crie… comme je chante
                          •  1971 Fragile
                          •  1971 Poèmes et chants de la résistance 2 (participation)
                          •  1972 Au milieu de ma vie, peut-être à la veille de…
                          • [ sources : La chanson francophone engagée par Lise Bizzoni & Cécile Prévost-Thomas / Le guide de la chanson québécoise par Robert Giroux ]

                            Chansons de la 1ère partie : Québec Territoire occupé : Les gens de mon pays

                            02:37 Pauline Julien & Gilles  Vigneault  : Les gens de mon pays    : Gilles Vigneault : 197105:51 Raymond Lévesque                 : Québec, mon pays          : Raymond Lévesque : 197108:08 Louise Forestier                       : La marche du président : Gilles Vigneault - Robert Charlebois : 197113:35 Pauline Julien                           : Le temps des vivants     : Gilbert Langevin - François Cousineau : 1971

                            Biographie de Mélina Mercouri

                            Mélina Mercouri, actrice, chanteuse et femme politique grecque, naît à Athènes en 1920 dans une famille de ma grande bourgeoisie athénienne. Elle est passionnée de théâtre. Mais dans une famille patricienne, il est hors de question qu'un des ses enfants monte sur les planches. Mélina se marie à donc 16 ans pour fuir le milieu familial. Ensuite, elle s'inscrit alors à l'Institut Dramatique du Théâtre National d'Athènes.

                            Mélina Mercouri commence sa carrière théâtrale alors que son pays, la Grèce, est ravagé par la guerre civile. Remarquée par Marcel Achard, elle se sépare de son mari et part pour Paris en 1950. Puis de retour en Grèce mélina se tourne alors vers le cinéma.

                            Renommée internationale de Mélina Mercouri

                            Enfin, en 1955, sa carrière "explose" grâce à "Stella, une femme libre" son premier film qui va assoir sa renommée internationale.  C'est pourquoi Jules Dassin la remarque à son tour et la fait jouer dans "Celui qui doit mourir" en 1957. De fait, l'actrice et le metteur en scène ne se quitteront plus et se marieront en 1966. Dès lors Mélina Mercouri multiplie les tournages.

                            En 1967, Melina Mercouri apprend le coup d'État des colonels, alors qu'elle joue une comédie à New-York. Complétement apolitique jusque-là, c'est la dictature des colonels qui va la faire basculer dans le militantisme actif. Les militaires confisquent ses biens et lui retirent sa nationalité. Son retour en Grèce en juillet 1974 est marqué par un accueil délirant de la foule à Athènes

                            Discographie de Mélina Mercouri

                            En 1960 / 1962 paraissent quatre 45 tours dont trois bande originales de film : "Jamais le dimanche" (1960), "Stella" et "Phaedra" (1962)Il faudra attendre 1971 pour la parution d'un album 33 tours "Je suis grecqueé". L'année suivante verra la parution de deux album : "Zorba" et le magnifique "L'œillet rouge".en 1973 paraît "Si Mélina… m'était contée". Finalement, en 1974, elle rentre en Grèce où elle entame une carrière politique.

                            [ sources : recherches sur la toile ]

                            Chansons de la 2ème partie : Québec Territoire occupé : Au point de non retour

                            18:46 Mélina Mercouri          : Violence! violence !                 : Serge Lama - Costakos (Jean-Christophe Pelletier) : 197121:38 Marie Savard, Gilles Moreau : La nuit du 16 octobre : Marie Savard, Gilles Moreau - Claude Roy : 197125:45 Catherine Le Forestier : Parachutiste                            : Maxime Le Forestier : 1971

                            Biographie de Maurice Fanon

                            Maurice Fanon, chantauteur français, naît à Auneau (Eure-et-Loir) le 31 décembre 1929. Son père travaille dans un magasin de fourniture scolaire à Chartres, sa mère est institutrice. Son grand-père maternel, Octave Violette, dit « Octave le Rouge », ouvrier paysan, lui transmet sa passion de la nature, des livres et de la Commune de Paris. Il est élève au lycée Marceau à Chartres, puis étudiant en philosophie et en anglais à l'université de Rennes. Robert Merle est son professeur d'Anglais :

                            « Je me suis pris d'une espèce d'amour total pour cet homme qui a beaucoup d'amour à donner, et d'humour. Je crois que c'est lui qui m'a donné l'envie d'écrire, surtout »

                             

                            Ensuite, Maurice Fanon est professeur d'anglais de 1954 à 1963, période pendant laquelle il mène de front deux activités : enseigner et écrire. Parfois au détriment de la première.Maurice Fanon avait déjà écrit quelques textes lorsqu'il rencontre Pia Colombo en 1956. Elle sera la muse de Fanon jusqu'à sa mort. Les vrais débuts de Fanon sont liés à Pia. Les première chansons de Fanon enregistrées par Pia sont "À nos amours" et "Isabelle". Cette dernière qui évoque la guerre d'Indochine sera censurée par le "Comité d'écoute de la radio" Ce ne sera pas la seule.

                            Débuts de la carrière d'auteur de Maurice Fanon

                            Maurice s'installe rue Bréa, un appartement qui devient un lieu de rencontre de tout un groupe de jeunes auteurs : Joël Holmès, Jean-Yves Gran, Georges Moustaki, Oswald d'Andréa et bien sûr Pia. Tout ça formait une équipe qui travaillait.Puis, en mai 1959, à son retour du service militaire (en Algérie, pendant la guerre), Maurice Fanon est fiévreux d'écrire des choses. Il retrouve Pia qui a maintenant la confiance de Jacques Canetti. Celui-ci la programme aux "Trois Baudets". La collaboration Fanon-Pia-Oswald va prendre toute son ampleur mais le succès n'est pas au rendez-vous. Oswald d'Andréa :

                            « Je trouvais ça formidable. Mais on écrivait des chansons qui n'avaient pas le bonheur d'être accueillies comme on l'espérait. On était jeunes et peut-être exigeants, difficiles, intransigeants. Et les choses se sont passées avec moins de bonheur sur le plan de la réussite commerciale. Ce qui était normal d'ailleurs, parce que les chansons de Maurice n'étaient pas faciles, et Pia chantait avec une violence qui n'était pas acceptée hors cabaret. »

                            Maurice Fanon devient chantauteur

                            Mais en 1963, la relation avec Pia se défait. Jusqu'alors Maurice Fanon écrivait des chansons ne les interprétait pas. Mais Fanon souhaite que d'autres interprètes que Pia le chantent. Cependant les chanter lui-même est un bon moyen de les faire connaître. Maurice passe donc une audition à "La Colombe". Michel Valette ne peut l'engager rapidement. Jacques Massebeuf, patron du cabaret "Le Port du Salut", présent, l'engage pour trois ans. Maurice y restera bien plus longtemps. Ainsi, il peux passer en même temps à "La Méthode", "Chez Patachou", à "L'école Buissonnière"… Voilà Fanon devenu chantauteur. C'est ainsi qu'à partir du moment où Fanon devient son propre interprète, les choses vont aller très vite. Puisqu'en 1963 son premier album 25cm "Avec Fanon" obtient d'emblée le Grand prix de l'Académie Charles Cros. Maurice Fanon est lancé.

                            Discographie de Maurice Fanon

                            Après son premier album de 1963 "Avec Fanon" Fanon fait paraître deux 45 tours en 63 & 64Puis en 1965 paraît un album 33 tours "La petit juive" ainsi qu'un 45 tours "Elles ont quinze ans". Ensuite, en 1966, à la fin de son contrat chez CBS,  Maurice Fanon signe chez Barclay. Paraît alors un 33 tours "Martine" suivi l'année suivante du 45 tours "C'est un soir de décembre".Finalement, en 1968 paraît l'album "La chambre" avec les magnifiques brûlots antimilitaristes que sont "Le Général", "Le fusillé" (texte de Jacques Prévert" mais surtout l'incandescent "Les orgues de Monsieur Johnson".Il est bien probable que cette dernière chanson soit l'une des raisons qui ont provoqué l'arrêt de l'ascension de Maurice Fanon dans le vedettariat. En effet, la carrière de Maurice subit un coup d'arrêt brutal.Hormis trois 45 tours en 1969 / 1970 et 70, il faudra attendre plus de 10 ans pour trouver un nouveau disque dans les bacs, quant à la radio… blackout !

                            [ sources : Avec Fanon par Joseph Moalic / recherches sur la toile ]

                            Chansons de la 3ème partie : Québec Territoire occupé : Au point de non retour

                            31:44 Tex Lecor           : Le frigidaire                       : Georges Langford, adapt.  Tex Lecor : 197135:30 Jean-Yves Luley : La complainte du petit commerçant : Jean-Yves Luley : 197137:33 Mama Béa         : N'attendez rien de nous : Béatrice Tekielski : 197140:25 Maurice Fanon  : Au point de non retour : Maurice Fanon - Gilles Ribadeau Dumas, Jean-Pierre Sans : 1971

                            Biographie de Léo Ferré (4ème partie)

                            Suite de la 3ème partie de la biographie de Léo Ferré

                            Au printemps 1961, dans les coulisses du music-hall de la rue de Malte à Paris, Léo et Madeleine vont faire une rencontre capitale et décisive pour le reste de leur vie. La troupe "Les Gin's Family" présente un numéro de chimpanzés. Ces animaux "savants" fascinent Léo et Madeleine au point qu'ils demandent à leur maître s'il ne pourrait pas leur en procurer un. C'est ainsi que Pépée, femelle chimpanzé de six mois va entrer dans la famille Ferré. Pour le meilleur et pour le pire.Annie, la fille de Madeleine relate la scène :

                             

                            « Ils recueillirent, non, ils adoptèrent cette bébé chimpanzé.« J'ai divorcé trois fois à cause de mes chimpanzés, faites attention ! les avaient avertis Gin [le dresseur]. Encore plus qu'un autre animal, il faut qu'un chimpanzé sache qui est le maître sinon vous allez au désastre » Il nous expliqua que ce tendre adorable bébé noiraud mesurera un jour un mètre vingt, aura une force inimaginable « celle de huit, hommes », avait-il ajouté, et nous conseilla de continuer à l'habiller, car, il était bon dans la mesure du possible que cette petite ne développe pas trop ses muscles […] Lorsque je les ai rejoint une fin de semaine à Nonancourt je trouvai mon beau-père [Léo], venu me chercher à la gare, étrangement muet et renfrogné. Je le questionnai avec insistance. Il éclata « Ta mère exagère, ce chimpanzé est devenu une véritable obsession. Elle doit faire un complexe maternel. Je ne suis pas d'accord, mais pas d'accord du tout! » […]

                            Quand je revins quinze jours plus tard, la situation n'était plus la même.À la minute même où je vis Pépée, j'eus la prescience des gros problèmes à venir. Complètement nue, encore plus agitée qu'auparavant, elle sautait partout, cassait verres, vases et assiettes. Sa liberté était totale, aucune contrainte. […]Je repensai alors aux conseils du dresseur : Habillez la afin qu'elle ne développe pas trop ses muscles. Vous devez avoir le dessus, toujours, sinon vous allez à la catastrophe. »Nous y allions.»

                             

                            En 1962, Léo Ferré entre dans la collection "Poètes d'aujourd'hui" chez Seghers. Gilbert Sigaux, décrivant le quotidien du couple Ferré, écrit :

                            « Madeleine Ferré, inséparable de la réussite du poète et du chanteur. C'est elle que l'on devine derrière les plus belles chansons d'amour de Léo Ferré. »

                            Le couple est encensé mais la situation est explosive.

                            L'exil à Perdrigal

                            Léo Ferré a toujours eu une attirance pour l'exil : Pershing est à la lisière de la ville, Du Guesclin, une fausse île. Ainsi, en 1963 il va s'isoler davantage en achetant une vaste propriété perdue au fond du Lot, Pech Rigal, qu'il renommera en Perdrigal. La solitude aride au milieu des bois, ce climat étouffant l'été, très froid l'hiver, ces pièces trop grandes, trop hautes. Madeleine en parle dans "Les Mémoires d'un magnétophone" :

                            « Notre chambre d'amour, quand je regarde "Marie-Claire" c'est pas du tout ça : rien à voir ! Pourtant, tous les deux, le soir, on aime monter l'escalier de pierre avec les journaux et le plateau tilleul… Notre grand lit à trois, son lit d'officier de marine, des tapis malmenés, des accroche tableaux qui pleurent leurs tableaux décrochés avant qu'il ne soit trop tard. Quelques pots de chambre, petits poucets des pipis-Pépée pour lui faire penser que… elle y pense souvent - un singe c'est propre madame. Quand elle n'y pense pas, nous avons la technique suprême de la serpillière jolie, de couleur […] Pour l'autre chose plus moulée et plus dure, vous prenez un morceau de journal et, prestement, vous remettez le tout dans le pot… »

                            Relation quasi humaine avec Pépée

                            Cependant, grâce aux récits très circonstanciés de Madeleine, on imagine assez précisément les bons côtés de cette relation quasi humaine avec Pépée. Et l'on comprend mieux les satisfactions que Madeleine et Léo peuvent éprouver à "bêtifier" au sens le plus fort. La logique utopiste que le couple développe provoque en eux une certaine phobie du monde. Tous deux étaient persuadés qu'ils allaient remonter jusqu'au dernier ancêtre commun aux hommes et aux chimpanzés, jusqu'au chaînon manquant. Pépée était traitée comme un enfant, surtout pas comme un animal. Il fallait adhérer entièrement à leur mode de vie, sinon on devenait un ennemi. Annie doit appeler la guenon "sœu-sœur" qu'elle considère désormais Comme une rivale. Elle finit par ne plus revenir à Perdigal lorsque Léo et Madeleine accueillent trois autres chimpanzés, un taureau, des vaches, des chiens et des chats.

                            Quand les Ferré devaient partir pour des galas, ils exigeaient d'arriver juste à temps pour les répétitions afin de ne pas abandonner trop longtemps cette arche chimérique et diabolique. Il leur fallait quitter les lieux la nuit pendant que leur «fille» dormait.

                            Néanmoins cet esprit isolationniste n'est pas incompatible avec la création puisque Léo ne cesse de composer. C'est sa façon à lui de rester en phase, connecté. Non seulement sa production sera plus intensive que jamais mais ses chansons seront de plus en plus engagées dans l'époque. Cependant Léo devra se retrancher dans la seule pièce protégée. Le petit bureau qui renferme ses outils de travail : piano, machine à écrire, magnétophones….

                            Mais en réalité, ils n'en pouvaient plus. Leur situation à Perdrigal empirait de jour en jour. Voilà ce qu'en dit Annie :

                            « Cet isolement, ce huis clos dans un château en pleine forêt, avec tous ces animaux à nourrir, à soigner, ces profiteurs qui rôdaient, la célébrité, l'alcool, l'âge : le décor était planté.Était venu le temps des reniements. Bêtes et gens nous fûmes abandonnés, sacrifiés à leur passion pour une petite chimpanzé qui, ils voulaient encore le croire, devait un jour tout révolutionner.Eux seuls savaient, eux seuls, contre "tous ces cons", contre leurs proches, puis l'un contre l'autre.On sentait la catastrophe : il se préparait quelques chose d'inexorable, de sinistre.Le naufrage était proche, mais il allait quitter le navire. »

                            En effet, en mars 1968, à la suite d'une violente dispute, toujours au sujet de Pépée, Léo part seul à Elbeuf pour un gala. Il ne reviendra pas.

                            Après Perdrigal, le bain de jouvence

                            Puis après l'exil tumultueux de Perdrigal, Léo Ferré va se "décolliériser" et s'offrir un bain bouillonnant de jouvence : 1968 / 1973. Pour l'instant, en mai/juin 1968, c'est entre Lozère et Ardèche qu'il abrite sa nouvelle idylle avec Marie-Christine Diaz. Mais cette retraite n'aura qu'un temps. En effet Léo va reprendre le chemin des galas avec Paul Castanier au piano et Maurice Frot pour remplacer Madeleine à l'intendance.

                            De plus, le 6 janvier 1969 a lieu une rencontre qualifiée d'historique entre les "géants" de la chanson : Ferré, Brel et Brassens. Après plusieurs mois d'errance, Léo et Marie partent s'installer en Toscane.Néanmoins, Léo prend un pied à terre à Paris, par nécessité professionnelle. En octobre 1969, il donne une vingtaine de récitals au cabaret "Don Camillo".

                            Discographie 1962/1971 de Léo Ferré

                            Malgré la mise au pilon de son 3ème album "Barclay" pour cause de censure gaulliste, la production discographique de Léo Ferré va être intense :

                            •  1962 La langue française
                            •  1963 Flash ! Alhambra A.B.C.
                            •  1964 Ferré 64 + Double Album Verlaine et Rimbaud
                            •  1966 1916-19..
                            •  1967 album incluant "À une chanteuse morte" retiré du commerce + Cette chanson + double album Chante Baudelaire
                            •  1969 L'été 68 + double album en public à Bobino + album réenregistrement "Les 12 premières chansons"
                            •  1970 double album Amour Anarchie Ferré 70
                            •  1971 La solitude
                            • Il faut dire que la cure de jeunesse que vit Ferré lui a fait découvrir la pop music. Léo avait déjà collaboré avec le groupe Zoo dans son disque Amour Anarchie. Mais en 1971, il en fait ses accompagnateurs pour son nouveau disque :

                              « Je n'ai presque rien à voir avec mais j'aime certains groupes anglais ou américains que j'ai découverts voilà trois ans, lorsque je me suis réveillé comme un enfant… J'écoutais tout avec des oreilles neuves. La pop a pour moi un avantage énorme sur les autres formes de musique, c'est qu'elle ne vient pas de la bourgeoisie et qu'elle donne la possibilité de faire des recherches, de ma musique vivanteCes types-là ne cherchent pas à faire un succès, ils font leurs trucs parce qu'ils en ont envie. Et ça c'est fantastique… Grâce aux Zoo je me suis lancé dans des expérimentations nouvelles que je n'aurais sans doute pas tentées sans eux... »

                              [sources : Comment voulez-vous que j'oublie... par Annie Butor / Les mémoires d'un magnétophone par Madeleine Ferré / Léo Ferré une vie d'artiste par Robert Belleret ]

                              Chansons de la 4ème partie : Québec Territoire occupé : La solitude

                              46:20 Léo Ferré           : La solitude                 : Léo Ferré : 197151:29 Leny Escudero  : Le vieux Jonathan    : Leny Escudero : 197154:48 Georges Dor      : Je suis Québécois    : Georges Dor 1971

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                            • C.d.C. #41 1971 Centenaire de la Commune : Armand Mestral - Les Octaves - Simone Bartel - Francesca Solleville
                              C.d.C. #41 1971 Centenaire de la Commune : Armand Mestral - Les Octaves - Simone Bartel - Francesca Solleville
                              Table des matières
                              1971 Centenaire de la Commune : Contexte historique

                              Centenaire de la Commune, le peuple a toujours chanté :

                              « Si aujourd'hui, sa voix est, dans une large mesure, vaincue par celle du juke-box et de la télévision, il est frappant de constater, au contraire, combien voici 100 ans, le chant encore était pur, naturel, fait seulement des joies et des peines des hommes.

                              Le commerce n'avait pas dicté sa loi aux poètes et aux chansonniers. L'industrie n'était pas venue qui remplace l'artiste par la matière, qui transforme l'amateur, jadis chantant, en auditeur passif […]Le lancement d'une chanson ne se faisait pas par un seul canal qui est celui de la reproduction mécanique. Il n'était donc pas facile d'en assurer le contrôle. Enfin, surtout, n'était pas établie cette censure permanente du chant réputé non commercial qui voit le chansonnier préoccupé de son temps refoulé de tous les circuits… ».

                              Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

                              (source La Commune en chantant de Georges Coulonges )

                              Biographie de Armand Mestral

                              Armand Serge Zelikson, alias Armand Mestral, acteur et chanteur français, naît à Paris en 1917. Son père, Chlioma, d'origine russe, est sculpteur, sa mère Alice Eugénie Mestrallet est dessinatrice. Né sous le nom Armand Serge Mestrallet, il n'est reconnu par son père qu'en 1920.À la fin de ses études secondaires, Armand pense devenir peintre mais il pratique parallèlement le chant à l'église Saint-Roch. Finalement il devient choriste à la Gaîté Lyrique.

                              Pendant la deuxième guerre mondiale, doté d'une belle voix de basse, Armand Mestral participe à de nombreux concours et finit par se faire engager à l'Opéra comique. Il se produit dans des opéras et des opérettes. Mais il touche aussi à la variété avec succès en enregistrant des chansons populaires : Plaine, ma plaine, Jalousie, Mississipi (Old man river). De plus il fait ses débuts au cinéma en 1956 en incarnant Lantier dans Gervaise de René Clément.

                              Discographie de Armand Mestral

                              En premier lieu, Armand Mestral enregistre son 1er 78 tours en 1942 : "Chanter sous la pluie / Soir d'hiver. Ainsi, entre 1942 et 1955 il en enregistre plus de quarante 78 tours. Cette importante production reparaitra ensuite sous forme de 45 tours ou de 33 tours 25 cm. À partir de 1955 jusqu'au milieu des années 1960, il fera paraître régulièrement des 45 tours et albums de chansons populaires qui rencontrent le succès publicsPuis en 1971; il participe à l'enregistrement du spectacle "La Commune en chantant" de Georges Coulonges. En compagnie de Mouloudji, Francesca Solleville, Les Octaves, ...)Finalement en 1975 il participe à une Anthologie de la chanson paillardes en 6 volumes, encore en belle compagnie Marie-Thérèse Orain, Mouloudji, Les Octaves, etc...

                              Chansons de la 1ère partie : Centenaire de la Commune de Paris : Paris pour un beefsteak

                              02:04 Adrienne Chaumont : Au loup                              : Jean-Baptiste Clément : 197105:07 Armand Mestral        : Paris pour un beefsteak  : Emile Dereux : 197108:22 Groupe 17                  : Le drapeau rouge (1885) : Paul Brousse, adapt. Achille Le Roy - Jacques Vogt : 197111:42 Francesca Solleville   : La canaille                          : Alexis Bouvier - Joseph Darcier : 1971

                              Armand Mestral
                              Les Octaves
                              Biographie de Les Octaves

                              En 1963, cinq lycéens de Troyes; Gérard Boehler, Jean-Marie Ployé, Gérard Fardet, Bernard Guyot et Michel Joubert, passionnés de chansons forment un groupe vocal : Les Octaves.En premier lieu, ils enregistrent un premier album 17cm en 1968 "À l'opéra". Les Octaves ont ensuite l'occasion de rencontrer Mouloudji qui les amène dans l'aventure "La commune en chantant" en 1971

                              La Commune en chantant

                              En fait, en 1971 paraît un double album 33 tours "La Commune en chantant". Cet album provient d'un spectacle du même nom, tiré d'un livre de Georges Coulonges pour le centenaire de la Commune de Paris.

                              « Nous avons prêté une oreille attentive à ces chants montant d'un Paris qui connaît les assauts des Prussiens, la trahison, la famine, la révolte et, pour finir la tuerie ou la déportation de ses fils […]La chanson est l'un des grands moyens d'approcher le sentiments populaire […] Nous voyons vivre devant nous les Communards espérant, luttant, se battant, mourant ou, vaincus, proscrits, espérant encore avec pour les soutenir, leur confidente et leur entrain : la chanson ».

                              Cette œuvre collective réunit Mouloudji, Francesca Solleville, Armand Mestral, Les Octaves et les chœurs de l'Ensemble Madrigal de l'Île-de-France.

                              Chansons de la 2ème partie : Centenaire de la Commune de Paris : Vive la Commune

                              16:40 Mouloudji               : Quand viendra-t-elle ?        : Eugène Pottier - Traditionnel : 197120:26 Komintern              : Pongistes de tous les pays : Eva Baulen, adapt. Komintern - Oscar Petit22:47 Les Barricadiers     : Le père Duchesne               : Anonyme : 197124:27 Les Octaves             : Vive la Commune                : Eugène Chatelain - Traditionnel : 197126:22 Les Quatre Barbus : Chant de l'Internationale   : Paul Burani, Isch-Wall - Antonin Louis : 1971

                              Biographie de Simone Bartel

                              Simonne Lacrampe-Peyroutet, alias Simone Bartel, chanteuse et compositrice française, naît en 1922 à Lourdes. Son père est mécanicien naviguant dans l'aéropostale, sa mère infirmière. Ses parents sont libres penseurs, en outre son père est franc tireur partisan pendant la seconde guerre mondiale.

                              En conséquence Simone peut s'émanciper à 18 ans pendant la guerre. Elle fréquente alors les Auberges de la jeunesse puis après-guerre la chorale des Auberges "Chantons au vent" Ainsi en 1950 la chanteuse d'opéra Denise Dupleix l'incite à entamer une carrière solo.

                              Début de la carrière artistique de Simone Bartel

                              D'abord, Simone Bartel participe à la création d'une troupe d'amateurs : La compagnie Spartacus pour monter 'L'homme et sa liberté" de Chris Marker. Travail récompensé du prix des jeunes compagnies. Ensuite, elle fait le choix de s'orienter vers le professionnalisme. Simone prend alors des cours de chant avec Odette Soumaille, un travail pour mettre le texte en valeur.Simone Bartel débute au cabaret "L'Echanson" puis de fil en aiguille elle passe dans tous les cabarets qui comptent : L'Écluse,La Colombe, Milord l'Arsouille…De plus, elle chante aussi à l'étranger : en RDA, en Belgique, en Suisse, en Italie…

                              Carrière discographique de Simone Bartel.

                              En premier lieu, Simone Bartel participe dans deux titres au premier 45 tours de Lucette Raillat "Chantons l'histoire"Ensuite entre 1958 et 1962, la chanteuse enregistre cinq 45 tours chez BAM. Puis elle s'arrête quelques années pour s'occuper de son petit garçon.Simone reprend le chemin du studio en 1965 pour enregistrer l'album 33 tours 30 cm "Chansons du sang passé" suivi l'année suivante d'un album 17cm "Vive la Sociale - Chansons fouriéristes de Eugène Pottier".Puis en 1968 parait l'album "Chansons-bêtes" consacré à Jean ArnouilhEnfin, en 1969 Simone participe à l'album "Chants de galère, bagnes et prisons" des Quatre Barbus.

                              En 1971 paraît "Simone Bartel chante La Commune de Paris" un album enregistré en public mais malheureusement publié à seulement 300 exemplaires. Deux extraits de ce magnifique album seront diffusés lors de ce programme.

                              Chansons de la 3ème partie : Centenaire de la Commune de Paris : L'insurgé

                              32:41 Bernard Haillant  : La bande à Riquiqui          : Jean-Baptiste Clément - Maurice Debaisieux : 197134:31 Simone Bartel      : L'insurgé                              : Eugène Pottier - Hervé Ghesquière : 1971 36:47 Groupe 17            : La Communarde                : Jean-Baptiste Clément - air : La Carmagnole : 197139:59 Armand Mestral  : Le capitaine "Au mur"       : Jean-Baptiste Clément - Max Rongier : 1971 43:14 Simone Bartel      : Le tombeau des fusillés   : Jules Jouy - Frédéric Doria : 1971

                              Simone Bartel - La Commune de Paris
                              Simone Bartel
                              Francesca Solleville
                              Biographie de Francesca Solleville (2ème partie)

                              La 1ère partie est consultable ICI

                              En 1961, lors de sa première tournée avec Jean Ferrat, Francesca découvre la chanson "J'entends, j'entends" : J'en ai tant vu qui s'en allèrent / ils ne demandaient que du feu / Ils se contentaient de si peu / Ils avaient si peu de colère…. La première fois qu'elle la chante dans une fête populaire, ses yeux tombe sur les premiers rangs :

                              « Des gens comme on n'en voit nulle part… ou comme j'en ai vu à l'enterrement de Jacques Duclos. Des gens qui sortent rarement de chez eux et qui, ce jour-là, s'inclinaient en larmes devant le cercueil. J'ai été frappé par leur connivence avec les mots de la chanson, par notre compréhension mutuelle. Dans une telle situation tu comprends pourquoi tu chantes. C'est tout simple. Je chante encore "J'entends, j'entends" parce qu'elle s'adresse vraiment à l'âme des gens ».

                              Alors, Francesca enchaîne les tournées : Jeunesse Musicale de France, tournée en Algérie, tournée de la Contrescarpe en Amérique. En 1963, elle jouera le rôle d'une pute dans le film dragées au poivre où elle y chante "La joueuse de gong". Elle reprendra ce titre dans son album "Deuxième Récital" paru en 1964. Album qui sera récompensé du Prix de l'Académie Charles Cros.

                              De plus Francesca Solleville tourne aussi beaucoup dans les cabarets rive gauche. Colette Magny venait l'écouter place de la Contrescarpe. Elles deviennent amies, Francesca inscrit alors "Les Tuileries" à son répertoire. Elle l'enregistrera dans son album "Récital N°3" paru en 1965

                              Francesca Solleville en mai 1968

                              Francesca Solleville et Colette Magny participent aux mêmes piquets de grève. Plus personne n'avait d'essence mais les ouvriers en grève en trouvaient pour qu'elles puissent se rendre en voiture d'une usine à l'autre.

                              « On n'avait pas de sono, on chantait n'importe où. Je garde le souvenir d'extraordinaires moments de solidarité. Nous passions des durs de chez Citroën aux toutes jeunes filles - 17, 18 ans - de Rivoire et Carret dans je ne sais plus quelle banlieue : des enfants qui défendaient leur travail - le conditionnement de pâtes- aux côtés de leurs aînés. Ces gamines jouaient avec une portée de chatons qu'elles avaient recueillis dans les fourrés proches des ateliers tout en continuant l'occupation et la grève ».

                              De fait en mai, les cabarets rive gauche sont contraints de fermer leurs portes. La capitale sort de sa léthargie puis s'enflamme. De Saint-Germain-des-Prés à Saint-Michel, de Saint-Michel à la Contrescarpe. Faute de public et d'artistes, les cabarets doivent attendre le retour de "l'ordre républicain" pour rouvrir. Plusieurs ne le feront pas. Le public est revenu mais pas le même, snob, se permettant de venir en cours de spectacle et de partir avant la fin. Pendant les vacances "Le Cheval d'Or" ferme.La fin du Cheval d'Or puis, un an et demi plus tard, celle de la Contrescarpe, peuvent être considérées comme la mort clinique du cabaret rive gauche. Galas et grande salles constituent alors la seule voie possible pour la chanson. Encore faut-il avoir les épaules alors que l'air du temps change à toute allure.

                              Finalement, en 1971 Francesca participe à l'aventure "La Commune en chantant" initiée par Mouloudji.

                              Chansons de la 4ème partie : Centenaire de la Commune de Paris : Elle n'est pas morte

                              47:39 Adrienne Chaumont  : La semaine sanglante    : Jean-Baptiste Clément - Pierre Dupont : 197152:37 Francesca Solleville    : Elle n'est pas morte       : Eugène Pottier - Victor Parizot : 1971 55:49 Nicole Vervil                : Louise Michel                  : Jules Jouy - Wicht : 196058:17 Simone Bartel             : Quand viendra-t-elle ?  : Eugène Pottier - Traditionnel : 1971

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                            • C.d.C. #40 1971 Un pays à vendre - Mama Béa - Jean-Claude Darnal - Catherine Le Forestier - Catherine Ribeiro
                              C.d.C. #40 1971 Un pays à vendre - Mama Béa - Jean-Claude Darnal - Catherine Le Forestier - Catherine Ribeiro
                              Table des matières
                              1971 Un pays à vendre : Contexte historique

                              Un pays à vendre : Au début des années 1970, le territoire français prend progressivement un nouveau visage. De grands aménagements y sont entrepris. Les échéances du traité" de Rome, chaque jour plus pressantes, ne laissent pas d'autres choix que d'accroître la part du produit national affectée au investissements productifs et aux équipements collectifs.Le Ve Plan consacre cette priorité en soulignant la nécessité de freiner désormais la croissance de la consommation privée. Les populations concernées ne sont évidemment pas consultées.

                              source

                              Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

                              Biographie de Mama Béa

                              Béatrice Tékielski, alias Mama Béa, Chantautrice française naît à Avignon en 1948. Son père, Karol Tekielski, est un violoniste polonais, né en Autriche ayant fait des études de chef d'orchestre au conservatoire de Vienne. Envoyé à la guerre du côté de la Wehrmacht, il est fait prisonnier en 1944. Une fois libéré, Karol Tekielski est engagé comme violon solo dans un cabaret d'Avignon. Il y rencontre une jeune fille pauvre, Mafalda Fiacco, fleuriste italienne. Ils s'aiment, se marient et ont deux enfants. Mais, lors d'une tournée au Maroc, le père disparaît deux ans après la naissance de sa fille. Béatrice et son frère ne le reverront que deux ou trois fois. Le père ne connaîtra pas le succès de sa fille : il meurt en 1964.

                              Biographie de Mama Béa (suite)

                              De ce fait, la vie chez les Tekielski, est très précaire : Ils vivent à trois dans un deux-pièces du centre d'Avignon. Pour améliorer l'ordinaire, la maman coud des sacs à domicile. Leurs voisins sont des pauvres de toutes origines. C'est dans ces conditions que Béatrice connaît les deux sentiments qui vont lui pourrir plus de trente ans sa vie : la peur et la honte.La peur du lendemain et la peur des gens, la honte d'avoir à remercier le Secours catholique pour le colis de Noël, la honte d'allonger l'ardoise chez l'épicière du coin.À l'école Béa est première en tout dans le primaire. Mais elle quitte le lycée en seconde à seize ans. Elle ne supportait aucune contrainte.

                              Début de la vie professionnelle de Béatrice Tékielski

                              D'abord, de 1964 à 1966, Béatrice Tékielski aide sa mère au banc des fleuristes des Halles d'Avignon. Cependant, elle prend quelques cours chez une pianiste, écrit quelques chansons. Ainsi, elle commence alors à s'inscrire dans les concours de chants.Luc Bérimont, poète et producteur à l'ORTF, balade alors à travers la France un radio-crochet : La Fine Fleur de la chanson française. En 1968, Bérimont croise Béatrice. Accompagnée au piano Béa interprète de manière remarquable "L'idiot du village" . Elle est embarquée dans l'aventure et finit deuxième lors de la finale de la Fine Fleur à Bobino. Derrière la comète Janine Jean.L'essentiel est fait :

                              « On m'a dit que j'avais un vrai talent »

                              Béatrice loue une chambre de bonne à Paris

                              En conséquence, Béatrice loue une chambre de bonne à Paris et joue sans grand succès dans les cabarets. Découragée, de retour à Avignon à l'été 1969, elle fait enfin une rencontre décisive, artistique et amoureuse : Yan More, alias Jean-Claude Morel, prof défroqué de trente ans. Grâce à son ingéniosité, Mama Béa commence à tourner dans le circuit alternatif de l'époque : MJC, Foyers de Jeunes Travailleurs…Finalement, en 1971, en vendant des bijoux artisanaux avec Yan, elle rencontre Michel Bachelet qui dirige l'étiquette SFP. Ainsi, Béatrice, la princesse de la zone, peut enregistrer son premier disque : "Je cherche un pays".(source Chorus N°11)

                              Deuxième partie de la biographie de Mama Béa

                              Chansons de la 1ère partie : Un pays à vendre : La route du progrès

                              02:50 Michel Bühler             : Le pays qui dort         : Michel Bühler : 1970106:30 Jean-Max Brua           : Le barrage                   : Jean-Max Brua : 197109:46 Mama Béa Tekielski  : La route du progrès  : Béatrice Tekielski : 197113:40 Gaston Beltrame       : La côte                         : Gaston Beltrame : 1971

                              Mama Béa
                              Jean-Claude Darnal
                              Biographie de Jean-Claude Darnal

                              Jean-Claude Darnal, chantauteur, écrivain français, naît à Douai en 1929. Son père est ingénieur dans les mines. D'abord, dès l'adolescence Jean-Claude veut devenir écrivain malgré l'opposition parentale. Pour s'évader, il tente la formule : écrivain pour exister, capitaine au long cours pour vivre. En fait, élève officier, il se retrouve sur un vieux cargo, affecté au cabotage le long des côtes africaines. La déception ! De retour chez lui, sa famille lui fait savoir que dorénavant il pouvait faire ce qu'il voulait… À condition de le faire tout seul.

                              Biographie de Jean-Claude Darnal (suite)

                              Jean-Claude Darnal s'inscrit en propédeutique à Paris. Il fréquente alors plus les bistrots de Saint-Germain-des-Prés que la fac de lettres. Il survit en étant pion et même secrétaire d'écrivain. À l'époque, la chanson ne l'intéresse pas du tout mais l'ambiance de Saint-Germain lui plaît beaucoup.Un jour l'armée se rappelle à son bon souvenir. Il est d'abord affecté à Paris. Mais à la fin de sa période militaire, Jean-Claude part pour Algérie. Voilà ce qu'il en dit :

                              « Enfin bon, je me suis retrouvé en Algérie dans le Constantinois, au début d'une guerre qui n'osait pas encore dire son nom. Il me restait quelques mois à tirer, je les ai passés le plus souvent aux arrêts, à écrire un roman, une pièce de théâtre… et des chansons avec la guitare offerte par un ami. »

                               

                              Début de la carrière artistique de Jean-Claude Darnal

                              Jean-Claude Darnal ne connaît alors que deux ou trois accords de guitare. Néanmoins, il compose "Le tour du monde" et "Le soudard". Revenu à Paris, accompagné d'un copain, il les chante dans les restos le samedi soir. Cependant, il se présente au Centre de Formation des journalistes, la chanson n'étant toujours qu'un à-côté dans son esprit. Pourtant, en 1954, il part faire le tour du monde avec une jeune Étasunienne de rencontre. Le tour du monde sera finalement limité à un tour de l'Adriatique.Car arrivés en Grèce, ils apprennent fortuitement qu'Eddie Constantine va reprendre plusieurs de ses chansons dans son nouveau spectacle à Bobino. Nouveau retour à Paris.Le disque de Constantine a prolongé le succès du récital. De son côté Catherine Sauvage reprend "Toi qui disais", Edith Piaf offre le titre à Jacques Pills, son nouveau mari. Se sorte que Jean-Claude Darnal est lancé dans le milieu de la chanson. De plus, Jacques Canetti l'engage en "supplément de programme" aux Trois Baudets. D'auteur-compositeur, il est devenu chantauteur sans s'en apercevoir.

                              Carrière discographique de Jean-Claude Darnal

                              En 1955, il signe pour un contrat de cinq ans chez Philips. Son 1er album, orchestré par Michel Legrand à été postfacé par Jacques Tati. Il est très demandé dans les cabarets. L'argent rentre. Mais Jean-Claude, n'a qu'une envie : gagner la Californie pour tenter de retrouver "son Américaine". Il part donc alors que son album allait affronter la critique…. À son retour il se fait virer et déprogrammer des tournées d'été par Canetti. Chez Philips, il est confié à Boris Vian alors responsable de l'étiquette "Fontana". Trois 45 tours paraîtront sous cette étiquette.En 1959, après le décès de Boris Vian, Jean-Claude Darnal part chez "Vogue" où il fera paraître régulièrement des 45 tours.En 1967, alors qu'il est en vacances à Wissant, il fait la connaissance de Raoul de Godwarsvelde. Le courant passe entre les deux artistes. Jean-Claude lui écrit alors "Quand la mer monte" qui aura un immense succès. L'année suivante Darnal lui offre "La Côte d'Opale". Jean-Claude la chantera aussi dans son album "M'am little Suzanne Dublanc" de 1971

                              (Source Chorus N°41)

                              Chansons de la 2ème partie : Un pays à vendre : La Côte d'Opale

                              18:40 Pia Colombo              : Un pays                             : Henri Gougaud - Jean Bertola : 197121:59 Hélène Martin           : Derrière les montagnes : Jean Giono - Hélène Martin : 197123:34 Jean-Claude Darnal  : La Côte d'Opale               : Jean-Claude Darnal : 197126:37 Gilles Servat               : Les colonies                     : Gilles Servat : 1971

                              Biographie de Catherine Le Forestier

                              Catherine Le Forestier, autrice-compositrice-interprète et violoniste française naît en 1946. La maman, musicienne, va assurer à ses trois enfants, Anne, Catherine et Maxime une éducation privilégiant la musique. Leçons profitables : Anne deviendra professeure de composition, Catherine & Maxime chanteront. Ces années d'enfance seront évoquées dans la petite fugue :

                              « C'était toujours la même / Mais on l'aimant quand même / La fugue d'autrefois / Qu'on jouait tous les trois / On était malhabile / Elle était difficile …»

                              Adolescents, Catherine et Maxime forment un duo interprétant des adaptations du trio étasunien Peter, Paul and Mary. Ainsi, en 1967, c'est avec l'une d'entre elles qu'ils obtiennent une seconde place au concours de la Rose d'Or d'Antibes. Ainsi, cela leur permet de rencontrer Georges Moustaki qui va leur confier quelques chansons.Par ailleurs, en mai 1968, Catherine & Maxime participe à l'occupation du Concert Pacra, un vieux music-hall et ils chantent dans les usines en grève.Mais en 1969, Maxime doit effectuer son service militaire, entraînant la fin du duo. Catherine entame alors une carrière solo.

                              Carrière discographique de Catherine Le Forestier.

                              Après les deux 45 tours enregistrés sous le nom de "Cat & Maxim", paraît le premier album solo de Catherine Le Forestier : L'amour avec lui". Les chansons sont accrocheuses, fraîches et jolies : "La Petite Fugue", "La chambre rouge", "L'amour avec lui". La voix est claire, très pure.En conséquence, en 1971, Catherine est présentée par Radio France au Festival de Spa, un concours organisé par la Communauté des radios publiques de langue française. Elle y défend une chanson d'amour tendre et sensuelle qu'elle a écrite et composée. "Le Pays de ton corps". Catherine en remporte le Grand prix.De plus, son deuxième album contient des chansons plus engagées : la célébrissime "Parachutiste" écrite par Maxime. En particulier, deux autres chanons écrites par Catherine "Le gardien du square" et "Allez voir mes voisins", serviront d'illustration sonore du film de Med Hondo, "Les Bicots Nègres vos voisins"

                              Catherine Le Forestier prend la route

                              Le grand prix de Spa est doté d'une somme rondelette : 10 000 francs de l'époque. Ce qui permet au frère et à la sœur de prendre alors la route vers la CalifornieIls y errent un moment avant de trouver une communauté hippie que Maxime décrira dans sa chanson "San Francisco". À leur retour, Catherine et Maxime ne sont plus les mêmes : Si Maxime rapporte des sons et une chanson, Catherine, elle, a attrapé le virus de la route.Après quelques spectacles bien accueillis à le Gaîté Montparnasse, elle déclare à sa famille :

                              « Je me demande si devenir une vedette est vraiment ma forme de bonheur »

                              Le lendemain, Catherine Le Forestier prend la route pour un voyage qui va durer dix ans.

                              Chansons de la 3ème partie : Un pays à vendre : Le gardien du square

                              32:14 Jacques Debronckart    : Au secours                     : Jacques Debronckart : 197135:44 Valérie Ambroise           : À califourchon               : Maurice Bourdet - Valérie Ambroise : 197137:16 François Béranger         : Ça doit être bien           : François Béranger : 197140:38 Catherine Le Forestier  : Le gardien du square   : Catherine Le Forestier : 197142:57 Joël Favreau                    : L'eau et la pierre           : Colette Chevrot - Joël Favreau : 1971

                              Catherine Le Forestier
                              Catherine Ribeiro
                              Biographie de Catherine Ribeiro

                              Catherine Ribeiro, chanteuse et actrice française, naît à Lyon en 1941. Ses parents sont des immigrés portugais, le père est ouvrier-chaudronnier chez Rhône-Poulenc, sa mère fait des ménages. Tassés dans une H.L.M. au bord de la Nationale 7, l'horizon se borne aux manufactures de Rhône-Poulenc. Entre ses frères et sœurs, Catherine grandit tel un animal sauvage. Sa maman la maltraite mais, chanteuse de fado, elle lui transmet au moins son goût pour l'expression vocale. Soignée par une marraine psychiatre, Catherine subit traitement sur traitement. Avec tranquillisants à la clé. Cependant la découverte de la lecture lui révèlera le pouvoir des mots.

                              Début de la carrière artistique de Catherine Ribeiro

                              Finalement, en 1960, elle part à Paris suivre les cours d'art dramatique de Raymond Girard. En 1963, sa beauté brune et minérale n'échappe pas à Jean-Luc Godard, qui lui confie un rôle dans "Les carabiniers". C'est au cours de ce tournage qu'elle fait la connaissance de Patrice Moullet qui deviendra son compagnon.Jean Van Parys (le fils de Georges) remarque à son tour sa voix singulière. Il a convainc d'enregistrer, entre 1964 et 1968, plusieurs 45 tours pour l'étiquette portugaise Estudio puis Barclay.Durant l'été 1968, une tentative de suicide conduit Ribeiro à l'hôpital. Patrice Moullet a lu ses poèmes y trouvant une force singulière. Il lui propose de les associer à ses compositions.Ainsi, l'année suivante ils font paraître un album "Catherine Ribeiro + 2 bis". Puis en 1970 Catherine enregistre un deuxième album avec une nouvelle formation : Alpes. Celui-ci contient une pièce colossale :" Poème non épique" morceau de plus de 18 minutesEn 1971 paraît "Âme debout", de nouveau avec le groupe Alpes. En avril, a revue "Rock & Folk" situe Catherine Ribeiro parmi les 10 meilleures interprètes du monde, en compagnie de Janis Joplin, Joan Baez… ( 5ème chanteuse mondiale, 1ère chanteuse française).

                              Chansons de la 4ème partie : Un pays à vendre : Dingue

                              48:02 Françoise Château  : Madame H.L.M.    : Françoise Château : 197150:25 Serge Kerval             : Anticipation           : Bob Dylan, adapt. Luc Aulivier : 197153:45 Catherine Ribeiro    : Dingue                    : Catherine Ribeiro - Patrice Moullet : 197157:59 Les Octaves              : Pollution                : Roger Noël - Gérard Fardet : 1971

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                            • C.d.C. #39 Le chant des canons - Marie-Josée Vilar - Glenmor - Pol Serge - Claude Lombard
                              C.d.C. #39 Le chant des canons - Marie-Josée Vilar - Glenmor - Pol Serge - Claude Lombard
                              Table des matières

                              Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

                              1970 Le chant des canons : Contexte historique

                              En 1970, la fin de la guerre d'Algérie s'éloigne. Cependant, son souvenir est bien ancré dans la mémoire de ceux qui ont dû quitter leur région brumeuse pour se retrouver en enfer sous le soleil. Les deux vers de la chanson : L'amour et la guerre" résonnent toujours au plus profond d'eux. :

                              « Pourquoi donc irais-je à la guerreAprès ce que j'ai vu, avec ce que je sais ? »

                              1968 a rallumé le flambeau de l'antimilitarisme. De nombreux artistes vont l'exprimer avec talent et rencontrer le succès auprès de la jeunesse. En raison de la multiplication des conflits à travers le monde, et particulièrement celui du Vietnam, la chanson pacifiste est très populaire. Elle sera pérenne tout au long de la décennie.

                               

                              Biographie de Marie-Josée Vilar

                              Marie-Josée Vilar naît à Paris. Étudiante à Censier, une licence de Lettres en poche, elle part pour aller voir du pays. Revenue dans la capitale fin des années soixante, elle arrive alors que les cabarets rive gauche connaissent leur crépuscule. Les jeunes auteurs-compositeurs-interprètes se tournent alors vers d'autres réseaux : les circuit des associatifs des maisons de jeunes, les foyers Léo-Lagrange et les tournées de la Ligue de l'enseignement. Marie-José Vilar fait des premières partie, mais ni à Bobino, ni à l'Olympia. En revanche elle se souvient d'avoir fait une émission de radio avec Georges Brassens en Belgique.

                              Discographie de Marie-Josée Vilar

                              En 1969 Marie-Josée Vilar enregistre chez Festival deux 45 tours : "Un chat c'est un chat" et "Ne me dites jamais" L'année suivante elle fait paraître un album 33 tours " Les amants de fin de semaine". Cet album sera postfacé par Georges Brassens.(Sources : Je chante ! n°4 & 25 - Chorus n°11)

                              Chansons de la 1ère partie : Le chant des canons : La guerre

                              02:01 Jean-Marie Vivier  : Les revendications d'un nouveau-né : Stéphane Golmann : 197003:57 Brigitte Sauvane   : La ronde des têtes                                : Michel Brihat - Yves Gilbert05:59 Jean Vasca             : L'écarlate et l'outre-mer                       : Jean Vasca : 197009:24 Andrée Simons     : Trois petits tours de manège              : Andrée Simons : 197012:31 Marie-Josée Vilar  : La guerre                                                 : Marie-Josée Vilar : 1970

                              Marie-Josée Vilar
                              Dédicace de Georges Brassens
                              Glenmor
                              Biographie de Glenmor

                              Emile le Scanff (Milig ar Skañv en breton), alias Glenmor, chantauteur, poète breton naît à Maël-Carhaix en 1931. Il est élevé par des parents paysans bretonnants et apprends à parler, lire et écrire en breton malgré les humiliations subies à l'école.Ensuite, il étudie au petit puis au grand séminaire avant de préparer une licence de philosophie à Rennes qu'il obtient en 1952. Mais, en 1953, Il n'est pas du tout intéressé par l'enseignement Alors il part à l'aventure sur les routes à travers l'Europe jusqu'en Union Soviétique. Périple difficile où, désargenté, il connaît la faim. Fin 1954, Emile rentre en Bretagne, il commence alors à écrire et composer.

                              Début de la carrière artistique de Glenmor

                              La carrière artistique de Glenmor débute par un récital à Paris en 1959. Il adopté le nom de scène de Glenmor ("terre-mer" en breton). Ensuite, Glenmor part pour Bruxelles en 1961, il y rencontre Jacques Brel et Catherine Duveillez (Katell), une institutrice belge qui deviendra son épouse. Jacques Brel fera référence à Glenmor quand il chantera dans '"Le Moribond" :

                              « Adieu l'Emile, je t'aimais bien / Adieu l'Emile, je t'aimais bien, tu sais / On a chanté les mêmes vins / On a chanté les mêmes filles / On a chanté les mêmes chagrins… »

                              Discographie 1961 / 1970 de Glenmor

                              En premier lieu, en 1961, Glenmor fait paraître un 45 tours autoproduit "Tout au bout du sillon" puis en :

                              • 1963 un 45 tours autoproduit : Les hommes de notre temps
                              • 1964 un 45 tours autoproduit : Klemm Breiz-izel (en breton)
                              • 1966  un 33 tours autoproduit  en public : Á la Mutualité
                              • 1968 un 45 tours : Cet amour-là (Ternel)
                              • 1969 un 33 tours : Cet amours-là (7 titres reenr.)  + un 45 tours : Ô Keltia (Barclay)
                              • 1970 un 45 tours : Les temps de la colère (Barclay)
                              • Chansons de la 2ème partie : : Le chant des canons : Les temps de la colère

                                17:48 Giani Esposito                  : À tititre posthume         : Giani Esposito : 197019:51 Monique Pianéa              : Les couillons                   : Gribouille - Christine Fontane : 197022:24 Jacqueline Dorian            : Chante une femme       : Martine Merri - Jean Arnulf : 197024:40 Glenmor                            : Les temps de la colère : Glenmor : 197028:02 Théâtre de l'Est Parisien : Le chant des canons    : Bertolt Brecht, adapt. Jean-Claude Hémery - Kurt Weill

                                Biographie de Pol Serge

                                Pol Serge Kakon, alias Pol Serge, chantauteur, écrivain et peintre français, naît à Mogador (aujourd'hui Essaouira, Maroc) en 1938. Mogador était une ville ouverte où se cotoyaient Juifs, musulmans, espagnols, anglais, portugais, caravaniers et marins.Pol Serge est très tôt attiré par le poésie, la musique et le théâtre. Cependant, influencé par Georges Brassens et Charles Trénet, il quitte Mogador pour se consacrer à la chanson et la poésie à Paris.Pol Serge débute dans les cabaret à Montmartre (Le Lapin agile, Le Tire-Bouchon) et sur la rive gauche (Chez Georges, La Contrescarpe, La Méthode...).

                                Ouverture du cabaret "Le Bateau Ivre"

                                Mais, devant la difficulté à défendre "La chanson poétique", Il décide d'ouvrir son propre lieu en louant une ancienne droguerie désaffectée, rue de l'Échaudé à Saint-Germain-des-Prés... Très vite "Le Bateau ivre" trouve sa clientèle. La salle permet d'accueillir une soixantaine de personnes, on y dine "sur le pouce" et l'on peut écouter Jean Vasca, Hélène Martin, James Ollivier et bien-sûr Pol Serge.Cependant, le loyer devient trop cher. Alors, Jean Vasca, rédacteur en chef de la revue "Guitare et Musique" pour la partie chanson et poésie, située rue Descartes oriente Pol Serge vers une cave de cette rue. Ainsi, début 1968, Le Bateau Ivre vogue de Saint-Germain-des-Près à la Contrescarpe. La succès est, là aussi, immédiat. Si la poésie constitue l'épine dorsale du lieu, le Bateau Ivre ouvre progressivement ses portes à la chanson et aux sketches.

                                Marcel Mouloudji  découvre Pol Serge au Bateau Ivre

                                Marcel Mouloudji  découvre Pol Serge au Bateau Ivre. Ainsi en 1969 paraît son album 33 tours "les gueules à voyager" sous l'étiquette Disques Mouloudji, suivi en 1970 d'un 45 tours "Mustapha et Rachel". Deux artistes majeurs vont contribuer à l'essor du Bateau Ivre : Jean Vasca & Jacques Bertin. Le succès du Bateau Ivre, dernier bastionde la Contrescarpe durera jusqu'en 1973. Pol Serge entreprend alors de longues tournées à l'étranger.

                                Chansons de la 3ème partie : Le chant des canons : Comme l'écrit l'AFP

                                32:28 Simone Bartel       : Comme l'écrit l'AFP     : Jean Baumgarten : 197034:09 Monique Morelli   : L'enfant soldat             : Louis Aragon - Lino Léonardi : 197037:11 Jean Ferrat             : Camarade                     : Jean Ferrat : 197039:40 Pol Serge                : Mustapha et Rachel   : Pol Serge : 197042:15 Maurice Fanon      : Bleu                               : Maurice Fanon - Gilles Olivier, Darzie: 1970

                                Biographie de Claude Lombard

                                Claude Deruyck, alias Claude Lombard autrice-compositrice-interprète, comédienne et adaptatrice de doublage belge naît à Etterbeek (Belgique) en 1945. Fille de la chanteuse de cabaret Claude Alix et du musicien Ernest Craps, la petite Claude baigne très jeune dans la musique. Elle étudie, le piano, la guitare, l'harmonie et le contrepoint. Ce qui l'amène très rapidement à la composition.Ensuite, après le baccalauréat, elle s'inscrit à l'Institut Supérieur des Arts du Spectacle de Bruxelles.

                                Carrière discographique de Claude Lombard

                                Elle fait paraître un 1er 45 tours chez Polydor en 1966 dont elle est l'autrice-compositrice : "Bains de Mousse". Puis,il est  suivi d'un EP où elle met en musique un poème d'Aragon : "L'amour de toi".Elle épouse alors le chanteur et parolier Freddy Zegers et devient aussi la compositrice des chansons qu'il écrit. Entre 1967 et 1970 ils publieront cinq 45 tours chez Palette.Repérée par Jacques Canetti, ce dernier lui fait enregistrer un album en 1970 publié sous l'étiquette "Disques Jacques Canetti".Enfin au milieu des années 1960, le couple Zegers/Lombard héberge Andrée Simons. Claude Lombard, présentant alors une émission pour la jeunesse, une intense collaboration artistique va naître entre les deux artistes : à Andrée les paroles, à Claude la composition. Ainsi en 1974, paraît "ABC pour les enfants pop" leur album commun.

                                 

                                Chansons de la 4ème partie : Le chant des canons : Le triste jour de fête

                                48:16 Georges Moustaki          : Nous sommes deux     : Mikis Theodorakis, adapt. Georges Moustaki : 197050:11 François Béranger          : Le téléphone                 : François Béranger : 197053:46 Claude Lombard             : L'usine                            : Freddy Zegers - Claude Lombard : 197056:17 Catherine Le Forestier   : Le triste jour de fête    : Catherine Le Forestier - Maxime Le Forestier : 1970

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                              • C.d.C. #38 La mort d'Orion - James Ollivier - Jacques Yvart - Luce Klein - Gérard Manset
                                C.d.C. #38 La mort d'Orion - James Ollivier - Jacques Yvart - Luce Klein - Gérard Manset
                                Table des matières

                                Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d'attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.

                                La mort d'Orion : Contexte historique

                                Au début des années 1970, la musique anglo-saxonne et particulièrement celle des Beatles influence les artistes français. Ainsi début 70 paraît "La mort d'Orion", un oratorio désespéré de métaphysique de Gérard Manset. Ce dernier a travaillé une année entière à la réalisation de ce chef-d'œuvre. Michel Lancelot le fera connaître en le diffusant régulièrement dans son émission Campus sur Europe 1. Le disque se vendra régulièrement jusqu'à ce de Manset décide de retirer le vinyle du commerce en 1988.

                                 

                                Biographie de James Ollivier
                                Enfance et formation de James Ollivier

                                James Gaston Raymond Duchamp, alias James Ollivier, chanteur, compositeur français, naît à Reims en 1933. Ses origines sont de Champagne-Ardennes du côté maternel, du Pas de Calais et de Paris du côté paternel.James est un petit garçon charmant, un peu espiègle, qui vit au sein de la famille, composée de ses parents, de sa sœur aînée, de sa grand-mère maternelle, qui lui raconte des histoires fabuleuses, et de la sœur de sa maman.En septembre 1939, la famille, craignant les vicissitudes de la guerre, se réfugie en Normandie, au bord de la mer, près de la Baie du Mont Saint-Michel. Là, le petit James découvre la beauté du site, son immensité, la plage, et tombe sous le charme.

                                James a cinq ans, va en classe, poursuivant son petit bonhomme de chemin d'écolier. Ayant appris les chansons « Le petit chemin de fer » et « Les petits lapins », il les reprendra bien plus tard dans un disque pour enfants, lorsque les années auront passé. De retour à Reims en 1941/42, ce sera l'école, la première communion et le collège Henri Jolicœur, où sera signé l'armistice en mai 1945.

                                Aimant la musique, le chant, le théâtre, James entre au Conservatoire de Reims, où il recevra le premier Prix de Comédie pour le rôle de Lorenzaccio d'Alfred de Musset. Cela décide de ses projets d'avenir, puisqu'il rêve de monter à Paris et de devenir comédien. Ses études terminées, il travaille comme aide-chimiste dans une maison d'alimentation rémoise, mais son idée artistique le tarabuste toujours.

                                Début de la carrière artistique De James Ollivier

                                Au milieu des années 1950, James part à Paris où il entre au cours Simon, puis chez Gabrielle Fontan, qui lui donne son nom de scène « James Ollivier ». Arrive, alors, le service militaire, il est infirmier au Val de Grâce.Celui-ci terminé, il rencontre Jean Dasté de la Comédie de Saint-Etienne qui l'engage, lui donnant ainsi son baptême du feu. Là, pendant trois ans, il interprétera les grands auteurs, Molière, Shakespeare, Dostoïevski, Bertolt Brecht, Bernard Shaw, etc... Il jouera dans « Le héros et le soldat », « Les frères Karamazov », « Le cercle de craie caucasien » et bien d'autres pièces de nombreux auteurs.

                                De retour à Paris, James Ollivier fait un petit détour par le Théâtre de Bussang de Frédéric Pottecher.Il joue chez Sacha Pitoëff, Jacques Fabri, Marie Bell, qui lui donnera un rôle chantant dans « La voleuse de Londres », et Jacques Sarthou dans « Les fourberies de Scapin ».

                                Mais James Ollivier compose aussi des chansons et met en musique les poètes qu'il aime : Jacques Prévert, Louis Aragon, Robert Desnos, Guillaume Apollinaire, Paul Verlaine Verlaine, Joe Bousquet, Claude Roy, Jules Lafforgue, etc… Un soir, avec des amis, il va « Chez Georges », rue des Canettes. On lui demande de chanter. Suivront le Club des Poètes, la Closerie des Lilas, la Contrescarpe, le Don Camilo.

                                Ainsi en 1966 paraît chez BAM son disque Marennes - Cancale deuxième album de la série "La Fine Fleur de la Chanson Française" . Le premier ayant été consacré à Hélène Martin, les suivants respectivement à Jacques Douai, Jean Vasca & Francesca Solleville. Bel entourage….Ensuite, en 1970 paraît toujours chez BAM l'album 33 tours Meinert Hobbéma dans lequel il met en musique différents poètes comme Louis Aragon, Norge, Jules Lafforgue, Raymond Queneau…

                                [ source : archives personnelles de Michel Le Bas, grand merci à lui ! ]

                                Discographie 1963 / 1970 de James Ollivier

                                1963 Un 45 tours : L'île lointaine (Bel Air)1964 Un 45 tours : La plage (Bel Air)1965 Un 33 tours : Messagers de l'Histoire (participation) (Reflets SM)1966 Un 33 tours : L'oiseau mort (compilation + 4 inédits) (Bel Air) &Un 33 tours : La Fine Fleur n°2 - Marennes Cancale (BAM)1970 Un 33 tours : Meinhert Hobbéma (BAM)

                                Chansons de la 1ère partie : La mort d'Orion - Meinert Hobbema

                                02:03 Mouloudji                   : Autoportrait (Athée grâce à dieu) : Marcel Mouloudji - Cris Carol : 197004:39 James Ollivier             : Meinert Hobbema                           : Louis Aragon - James Ollivier : 197007:58 Jean-Paul Marchant  : La source                                           : Jean-Paul Marchant : 197010:38 Andrée Simons         : Les canaux de Hollande                  : Andrée Simon : 197013:33 Hélène Martin          : Chanson de la rose des vents         : Georges-Emmanuel Clancier - Hélène Martin : 1970

                                James Ollivier
                                Jacques Yvart
                                Biographie de Jacques Yvart

                                Jacques Bryckaert, alias Jacques Yvart, chantauteur français, naît à Rosendaël en 1940. Son père est cap-hornier, ses grands-parents pêcheurs d'Islande. Sa mère avait ses cahiers de chansons et lui a offert sa premières guitare. Après le bac, il prépare un professorat d'éducation physique.Pendant son service militaire, il crée un groupe vocal d'appelés et lui fait chanter ses propres chansons.De retour en France, il fait ses débuts à la Grange au Bouc à Montmartre puis à La Colombe. Sa voix profonde comme le son d'une contrebasse ainsi que sa diction nordiste impressionnent. Guy Béart le convie alors dans ses récitals, parfois en compagnie de Dominique Grange. Georges Brassens qui le surnomme "son filleul" le fait passer deux fois en première partie à Bobino. Georges reprendra "Jehan l'advenu" une de ses chansons dont il fit la musique sur un texte de Norge.

                                Discographie de Jacques Yvart

                                D'abord, au début des années 1960, Jacques Yvart fonde avec Gaston Belby et Edouard Manga (Doudou) le groupe Les Bab's. Il feront paraître six 45 tours entre 1964 et 1966.En 1966, il participe avec les Bab's, Juliette et Anne Ballester sous le nom de "Lubriks" à un album 33 tours "7 chansons spéciales et un texte" vente interdite aux mineurs, exclusivement réservée au corps Médical…La carrière solo de Jacques Yvart commence en 1967 par un 45 tours tiré à 300 exemplaires "Graveline 67" où il met en musique et chante quatre textes d'André Devynck.Ainsi en 1968/69, il remporte le prix Paul Fort et la médaille d'or au festival de la jeunesse à Sofia.Enfin en 1969, il enregistre son premier album 33 tours composé de traditionnels et de textes d'André Devynck qu'il a mis en musique. L'année suivante paraît "De la mer et des hommes" autres album où Jacques fait à nouveau la part belles aux textes d'André Devynck. Il reprend "Cent matelots" de Roger Riffard en deux versions différentes.

                                Chansons de la 2ème partie : La mort d'Orion : On joue à l'homme

                                17:27 Barbara                 : Le quatre novembre : Rémo Forlani - Barbara : 197020:06 Arlette Téphany   : Le sage Salomon       : Bertolt Brecht, adapt. Jean-Claude Hémery - Kurt Weill : 197023:14 Jacques Yvart        : On joue à l'homme   : André Devynck - Jacques Yvart : 197025:19 Juliette Gréco        : Les pingouins           : Frédéric Botton : 197027:11 Marie-Josée Vilar  : Fille de joie                : Marie-Josée Vilar : 1970

                                Biographie de Luce Klein

                                Luce Klein, chantautrice française, naît à Sélestat (Alsace) en 1933. Benjamine d'une famille de 5 enfant, elle est très tôt passionnée de chanson. Ainsi, sur le chemin de l'école, Luce chante les chansons entendues à la radio. Deux kilomètres à pied, quatre fois par jour. Son seul désir est d'être chanteuse. Ayant obtenu son bac, ses parents l'inscrivent à l'École hôtelière de Strasbourg. À l'insu de ces derniers, Luce s'inscrit au concours du Conservatoire et y est reçue. Devant tant de culot, son père lui accorde le droit de suivre l'École du Centre Dramatique de l'Est… si elle est prise. Elle y est acceptée, suit le cursus de trois ans. Mais ce n'est pas de la chanson. On lui distribue des rôles qui chantent mais Luce n'en est pas satisfaite. Elle commence alors à écrire des chansons.

                                En décembre 1957 Luce Klein part pour Paris

                                La maman pleure mais son papa l'aide et ainsi en décembre 1957, Luce Klein part pour Paris. Ses chansons intéressent les cabarets. Elle débute à la Colombe. Michel Valette dit d'elle :

                                « Venue en décembre 1957 me présenter ses propres chansons, elle avait la fraîcheur des fausses naïves et cependant l'histoire de son parcours la révélera comme une femme de tête. […] Elle s'était mise récemment à écrire quelques chansons et voulait les interpréter elle-même. Ne sachant pas jouer de la guitare, elle fut accompagnée par Marcel Yonnet et programmée dans cinq chansons le 15 février 1958 en première partie des "Contes de fées".Dans les deux ans qui suivirent, elle passa aussi chez Moineau, à l'Écluse, au Collège Inn, à la Rôtisserie de l'Abbaye et au Cheval d'Or qui l'engagea à l'année… pendant sept ans. En 1961, elle fit la première partie d'André Claveau aux Concerts Pacra.»

                                Malgré les prix (Prix de la chanson française à Beyrouth, Coupe d'Europe de la chanson), les tournées (avec Barbara et Reggiani, Bobino avec Colette Renard) le succès public ne vient pas.

                                Discographie de Luce Klein

                                Luce Klein enregistre chez Ricordi deux 45 tours en 1960 & 1961. Georges Brassens lui dit qu'il aurait aimé avoir écrit sa chanson "Le grand tonton". Il donne ainsi la légion d'honneur à Luce sans le savoir. Georges se souviendra d'elle en 1972 car il invitera Luce Klein pour son passage à Bobino en décembre 1972.Ensuite Luce enregistre un album 25 cm "Dans une flaque d'eau" chez Philips. Puis elle fait paraître cinq 45 tours entre 1963 et 1969.Enfin, en 1970 paraît "Rue Mouffetard" un album 33 tous sous l'étiquette BAM.

                                Chansons de la 3ème partie : La mort d'Orion : Vous savez bien

                                32:53 Les Frères Amara                : Le mendiant                 : Roger Riffard, Jean-Claude Amara - Roger Riffard : 197034:42 Luce Klein                             : Vous savez bien           : Luce Klein : 197036:46 Raoul De Godewarsvelde  : Adieu pour un artiste  : Bernard Dimey - Maurice Blanchot : 197039:18 Eric Robrecht                       : L'oiseleur                       : Bernard Dimey - Eric Robrecht : 197041:43 Anne Vanderlove               : La route du Levant        : Gérard Manset - d'après Ludwig van Beethoven : 1970

                                Luce Klein
                                Gérard Manset
                                Biographie de Gérard Manset

                                Gérard Manset, auteur-compositeur-interprète, peintre et écrivain français, naît à Saint-Cloud (région parisienne) en 1945.Parents aisés, son père, beaucoup admiré, genre self-made man est ingénieur dans l'aviation, sa mère violoniste. Un grand-père artiste-peintre qui avait fait les beaux-Arts.Gérard Manset passe sa prime enfance à Saint-Cloud dans des conditions très précaires jusqu'à l'âge de huit ans. Puis la famille déménage dans le 16ème arrondissement de Paris dans des conditions très bourgeoises. Peu intéressé par les études, il échoue au baccalauréat. Il part alors étudier le dessin aux Art Déco.Manset baigne dans la musique classique par l'entremise de son frère aîné. Alors qu'il a 14 ou 15 ans, sa sœur cadette apprend le piano. Mais une fois le cours terminé, il s'installe à sa placez pour déchiffrer les notes à son tour. Après quelques mois, il vole de ses propres ailes, impatient d'aller plus vite que la musique. Puis il se met à la guitare comme tous les pré-adolescents et se met à écrire des chansons.

                                 

                                En 1966, Gérard Manset confie ses premières chansons à son copain de lycée Laurent Malek. En 1970 il crée avec ce dernier son propre studio d'enregistrement : Le Studio Milan.

                                Discographie de Gérard Manset

                                D'abord en 1968 paraît le 45 tours 3 titres "Animal on est mal" (avec L'Arc-en-ciel & La dernière symphonie). Celui-ci est suivi d'un album 33 tours éponyme à l'automne. Plusieurs titres dont bien sûr "Animal on est mal " sont diffusés régulièrement dans l'émission Campus de Michel Lancelot. Les chansons, à la fois simples et pleines de mystères, donnent l'impression d'un homme étrange et secret. En effet, Gérard Manset paraît préoccupé par les questions existentielles de l'époque et tiraillé entre les solutions possibles. Non-violence, avec "La dernière symphonie" éclatant sur fond d'explosion atomique, respect de l'être humain. Mal de vivre, difficulté à communiquer avec ses semblables "Animal on est mal".Enfin, deux ans plus tard, Gérard Manset publie son mythique album, sorte d'oratorio pop, teinté de science-fiction : La mort d'Orion. Malgré une approche un peu difficile, il rencontre peu à peu un joli succès auprès d'une frange marginale du public.

                                « Parabole cosmique dont le sitar et les cordes, la guitare électrique et les flûtes accentuent le caractère solennel, ponctuent le cheminement tragique. La voix aérienne d'Anne Vanderlove, celle émouvante, de Giani Esposito contribuent à faire de cette mort d'Orion une pièce d'une exceptionnelle beauté. » in Paroles et Musique n° 34

                                Début du culte voué à Gérard Manset

                                Malgré l'écho relativement faible qu'a rencontré le disque "La mort d'Orion", ceux qui l'ont apprécié vont vouer un culte à son créateur. Culte d'autant plus vif qu'il n'est pas partagé par le "grand public". Cependant Gérard Manset a honte d'être chanteur :

                                « Il existe une anormalité décente, positive : celle des écrivains ou des peintres. Ils peuvent être malsains, antipathiques, irascibles : on les vénère comme tels. Un auteur-compositeur-interprète ne sera qu'un saltimbanque, le bas de l'échelle. ».

                                Imper noir, col roulé noir, regard noi, barbe noire et cheveux bruns, il se déguise alors en nuit sans étoiles.

                                Chansons de la 4ème partie : La mort d'Orion

                                47:26 Gérard Manset                                 : La mort d'Orion - Où l'horizon prend fin  : Gérard Manset : 197049:07 Gérard Manset, Anne Vanderlove : La mort d'Orion - Salomon l'hermite        : Gérard Manset : 197055:38 Gérard Manset                                  : La mort d'Orion - Final                                : Gérard Manset : 1970 56:55 Gilles Elbaz                                        : L'eau                                                               : Gilles Elbaz : 1970

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