Au programme de la douzième édition du festival Tremor aux Açores, archipel paradisiaque au milieu de l’océan Atlantique, une soixantaine d’artistes d’avant-garde venus d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique. Parmi eux : le talentueux Oko Ebombo.
Oko Ebombo est un chanteur, auteur, compositeur, mais aussi poète, vidéaste et danseur parisien d’ascendance congolaise de 41 ans. Artiste total et nomade, très jeune, il traverse les États-Unis, expérimente le spoken word et croise de grands noms du jazz comme Mustapha Ahmed. Ses premiers titres naissent en 2009 au cours de ce voyage. Un jour, alors qu’il danse avec le reflet de sa silhouette sur les trottoirs new-yorkais, un homme s’approche et lui lance « Quelle ombre ! ». À son grand étonnement, c'était David Bowie. Grâce à cette rencontre fortuite qui a eu un impact considérable dans sa carrière, il a écrit « Black Bowie », une chanson cosmique sous influence du créateur de Ziggy Stardust.
La star britannique lui fait comprendre qu’il est possible d’être à l’avant-garde sans pour autant renoncer à son identité ni à ses racines africaines. La preuve : en 2016, l’artiste pluridisciplinaire signe un EP remarquable, fusionnant les styles afro-jazz, pop, électro et rumba congolaise. Ses chansons en anglais, français et lingala comme « Nalingi Yo », superbe mélopée dédié à sa mère, sont une ode au métissage.
À Paris, Oko Ebombo rencontre un autre visionnaire, le DJ fer de lance de l’électro française et membre du duo culte Cassius, Philippe Zdar. Avant de décéder en 2019, celui-ci produit les neuf chansons de son premier album Free Emotion, publié en 2023 seulement.
Mais l’attente en valait la peine, car c’est le disque d’une vie dans la lignée des alchimistes du trip hop Massive Atack. C’est aussi un projet autobiographique renversant qui cristallise tout un pan de passions artistique, sentiments amoureux au sens large, expériences de la vie, quête de soi, fièvres et frissons accumulés depuis son existence. Par exemple, le titre « Ordinary People » s'adresse à la terre entière en appelant à l’élévation face à cet aller-retour constant des étrangers tiraillés entre deux mondes.
Dans Free Emotion, la voix magique d’Oko Ebombo, habite une musique au maillage indescriptible tant ses couleurs musicales ont été remixées pour former une palette sonore à l’originalité viscérale. Un voyage dont, du départ à la destination, on devient vite accro avec ses détours introspectifs et ses virages vocaux érotiques.
Oko Ebombo sous les projecteurs du festival Tremor jusqu’au 12 avril 2025 aux Açores, Portugal.