Il n'a pas encore 30 ans et vient de sortir son troisième album studio intitulé Every Dawn's A Mountain : c'est Tamino, le nom de scène d'un jeune auteur compositeur belge. Comme les deux précédents (Amir en 2018 et Sahar en 2022), ce disque impressionne par son lyrisme dépouillé et la puissance de la voix du chanteur.
La chanson qui donne son titre à l'album, « Every Dawn's A Mountain », installe une mystique quasi religieuse, même si ce serait un culte à la musique plus qu'à un Dieu quel qu'il soit, attestée par sa voix grave et douce, soutenue par des arpèges répétés à la guitare et un chœur féminin presque angélique.
Every dawn's a mountain, (« chaque aube est une montagne »), peut signifier que, comme dans le mythe de Sisyphe, l'être humain doit chaque jour recommencer à pousser sa pierre sur une pente qu'elle finira par dévaler. À moins qu'il ne s'agisse de prendre chaque nouvelle journée comme une belle occasion d'améliorer sa condition.
Avec ses deux premiers albums, Amir puis Sahar, on l'a déjà comparé à Leonard Cohen, mais aussi à Jeff Buckley. Car Tamino possède, comme Buckley tragiquement mort à 30 ans en 1997, la capacité de couvrir plusieurs octaves. C'est le cas sur les titres « Babylon » ou « Elegy ».
L'énergie de New YorkLe chanteur belge de 28 ans a composé et enregistré ce nouvel album aux États-Unis, et notamment à New York où il vit depuis un an et demi. Il prise l'énergie de la ville, la possibilité d'y vivre dans l'anonymat, et l'arrivée au pouvoir de Donald Trump ne remet pas en cause son projet de vie : « En ce moment, l'Amérique représente politiquement tout ce qui va de travers dans le monde. Mais justement, c'est pareil en Europe. Si je ne peux pas y habiter, je ne peux habiter nulle part. New York me fait penser à cette citation de Naguib Mahfouz : 'La maison n'est pas l'endroit où vous êtes né, mais c'est l’endroit où cessent toutes vos tentatives d’évasion' »
Tamino cite le grand auteur égyptien Naguib Mahfouz. Lui-même a des origines égyptiennes par son père. Tamino est le petit-fils du grand acteur et chanteur égyptien Muharram Fouad.
Sur cet album, et sur scène, ce multi-instrumentiste se sert de l'ancêtre de la guitare, le oud, d'une manière peu conventionnelle, mais qui est un train d'union entre son goût pour la folk américaine et ses racines orientales.
Tamino qui chante juste accompagné du oud sur le très intimiste « Dissolve ». Mais Tamino peut aussi exceller dans le duo, comme sur « Sanctuary » interprété avec la chanteuse Mitski très connue outre-Atlantique.