Le coup de projecteur de L'Eclaireur

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Le coup de projecteur de L'Eclaireur episodes

  • A-t-on encore besoin d'un pilote dans l'avion de chasse?

    Jean-François Geneste dit des choses qui ne vont pas plaire à tout le monde. Il jette un regard cru sur les errements de la politique industrielle en matière de défense depuis vingt ans.

    En France, souffrirait-on toujours du syndrome aiguë de la ligne Maginot? Avons-nous une fois de plus une guerre de retard?

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    Le Scaf, une idée originellement de Dassault, était déjà obsolète au moment de sa conception sur le papier. Pourquoi persevérer dans l’erreur?

    Le second porte-avion français? Une chimère à 15 milliards d’euros, une baignoire flottante qui relève plus de la mentalité impérialiste et néocoloniale de notre classe politique et de nos états-majors que d’une volonté d’efficacité militaire: un porte-avions ne vaut que contre des adversaires faibles ne disposant pas de défense anti-aérienne moderne ni des moyens de le couler.

    Les drones? Nous avons complètement raté le coche parce qu’on a refusé de comprendre que le vecteur importe plus que la charge utile, qui ne vaut rien sans vecteur la délivrant. Logique nous direz-vous, mais la logique ne semble pas présider aux choix industriels. Même chose pour nos capacités en matière de missiles.

    Et surtout, une absence de pensée stratégique, à commencer par la compréhension de qui sont nos ennemis, au sens de ceux qui pourrait s’en prendre à notre territoire national. On peine à sérier quel Etat ambitionnerait de s’attaquer à nous, alors que la France est dans l’incapacité de contrôler son domaine maritime, le deuxième plus vaste au monde.

    Et puis il y a un secteur complément passé sous silence, celui des ballons dirigeables. Non, ce n’est pas du “Steam Punk”, c’est extrêmement sérieux vu leur charge utile, comprendre le poids qu’ils sont capables de transporter, très supérieur à ceux des avions gros porteurs, pour un coup moindre et une autonomie inégalée .

    Jean-François Geneste est diplômé de l’École Nationale Supérieure d'Ingénieurs de Constructions Aéronautiques (ENSICA, aujourd'hui ISAE-SUPAERO). Il a effectué toute sa carrière dans l’aérospatiale, chez Matra puis chez EADS/Airbus. Il dirige aujourd’hui une start-up conçue comme une plateforme de recherche, la WARPA (World Advanced Research Project Agency), manière de clin d’oeil malicieux à la Darpa américaine.



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    36 min
  • Israël et Trump détruisent l'économie mondiale
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    Huit jours. Le détroit d’Ormuz est fermé depuis huit jours. Les assureurs maritimes — Lloyd’s en tête — refusent, à juste titre, de couvrir tout navire qui tenterait d’y transiter. Ce n’est pas une perturbation. C’est un arrêt net du commerce mondial en hydrocarbures dans le Golfe persique, Ormuz étant la principale route. Et les conséquences ne sont pas théoriques.

    Commençons par le pétrole. Non pas simplement comme source des carburants, mais comme l’une des matières premières fondamentales de la civilisation industrielle. Les raffineries ont été conçues, construites et calibrées pour le brut du Golfe persique — une norme historique qui remonte à la fin du XIXe siècle. Substituer d’autres qualités de brut n’est pas une mince affaire : cela exige des catalyseurs de craquage fluide, d’autres intrants coûteux, et une recalibration complète des procédés de raffinage. L’arrêt quasi-total de l’approvisionnement en brut du Golfe signifie une inflation sévère et garantie sur l’ensemble des produits dérivés du raffinage — c’est-à-dire, peu ou prou, tout.

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    3 min
  • Richard B. Spence: "La démocratie est un théâtre; les élections, une représentation"

    Ce podcast est en anglais.

    Jeffrey Epstein serait-il le nouveau Sidney Reilly — « L’as des espions » glorifié par les Britanniques mais qui dès 1917 fut très vraisemblablement un agent soviétique ?

    Un secret n’est rien d’autre que ce qu’une personne, quelque part, a décidé que nous ne devions jamais savoir.

    Une conspiration, c’est au moins deux individus qui s’accordent en secret pour tenter d’imposer leur volonté sur le cours des événements.

    Aleister Crowley — l’as des occultistes — définissait la magie comme « la science et l’art de provoquer des changements en conformité avec la volonté ». En termes plus crus : appliquez la bonne force, par le bon canal, sur la bonne cible, et la réalité plie. Cela ne vous rappelle rien ? C’est la politique et l’exercice du pouvoir réduits à leur essence la plus brutale.

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    C’est exactement ce qu’Edward Bernays, pionnier des relations publiques et de la propagande moderne, a fait de la psychologie cognitive — l’appelant « propagande » quand les États s’en chargent, et « relations publiques » quand les entreprises sont les commanditaires.

    Les sociétés secrètes ne seraient-elles que des agences de casting, triant sur le volet qui peut accéder au pouvoir, pendant que les élections font office de rituels savamment mis en scène pour légitimer les pré-sélectionnés ?

    Non, nous ne basculons pas dans le complotisme. Si les sociétés secrètes existent, elles remplissent forcément une fonction sociale. Balayer leur influence d’un revers de main est de la paresse intellectuelle pure et simple.

    Richard B. Spence est professeur émérite d’histoire à l’Université de l’Idaho, une autorité sur l’histoire russe, les sociétés secrètes et l’espionnage. Il co-anime le podcast Strange As It Seems avec Stephen Austin et est l’auteur de plusieurs ouvrages , dont Trust No One: The Secret World of Sidney Reilly (Feral House, 2002) et Secret Agent 666: Aleister Crowley, British Intelligence and the Occult (Feral House, 2008).



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    1 hr 26 min
  • "La cession d'Exaion à Mara rappelle l'affaire Alstom et surtout Technip"

    Va-t-on vers un nouveau scandale Technip, voire une nouvelle affaire Alstom ? Le dossier de la vente d’Exaion, la filiale crypto d’EDF au groupe américain Mara, n’est pas seulement au carrefour de questions éminemment stratégiques, qui relèvent tout à la fois de la souveraineté, du numérique et de l’énergie. Mené en négociation exclusive, et toute aussi opaque, par l’entremise de Gérard Mestrallet, l’ex-patron d’Engie devenu le représentant d’Emmanuel Macron mais aussi le conseiller spécial de Mara Holdings, le dossier soulève bien d’autres questions.

    Pour le député Philippe Latombe (MoDem), qui suit particulièrement ces questions et ce dossier , “il y a une volonté de lier les mains d’EDF avec cette lettre de négociation exclusive signée entre Mara et EDF”. Avec le sénateur Dany Wattebled (Les Indépendants – République et territoires), il a saisi le parquet national financier (PNF) pour des soupçons d’atteinte à l’intérêt social mais aussi d’abus de biens sociaux, de prise illégale d’intérêts et de trafic d’influence.

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    26 min
  • "La dernière loi qui emploie le mot "liberté" date de 2016, depuis ce n'est que sanctions et répression"

    François Saint-Pierre a été un des avocats du journal Le Monde dans l’affaire des fadettes notamment, d’Air France dans le procès du crash du vol Rio-Paris. Il est également l’avocat des époux Villemin dans l’affaire du “petit Grégory”. Aux Deux Alpes, il défend la directrice de l’aménagement espionnée par son employeur.

    Mais François Saint-Pierre est aussi connu pour être un intellectuel engagé.

    Dans un essai, Un pays qui voudrait rester libre — Chronique d’une accoutumance sécuritaire, il analyse comment, entre 2015 et 2020, l’accent mis sur la sécurité en France a conduit à une érosion progressive des libertés publiques et de l’État de droit. Comment la normalisation des mesures sécuritaires a érodé les droits fondamentaux.

    François Saint-Pierre est donc particulièrement bien placé pour parler avec nous de liberté d’expression. A l’heure où la désinformation, cet objet juridique non identifié, est mis à toutes les sauces, à l’heure où la parole publique est, sous des motifs d’apparence louables (la protection des mineurs, l’ingérence étrangère) de plus en plus contrôlée, il est important de recadrer les débats.

    La lutte contre la désinformation, si elle ne dit pas toujours son nom, est vouée à l’échec. D’abord parce qu’il n’existe pas de délit de désinformation, parce c’est une impossibilité. Mentir n’est pas par exemple - à moins d’être sous serment - un délit.

    Faut-il organiser une législation qui régule les réseaux sociaux ? “L’Etat de droit doit être le cœur de nos préoccupations, dit François Saint-Pierre. Nous sommes des citoyens libres, on ne nous gouverne pas par la peur”.

    (photo @ François Saint-Pierre)

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    36 min
  • "Si Bruxelles prend le contrôle des réseaux électriques, elle contrôle la politique énergétique des pays"

    Qu’est-ce que l’European grids package, littéralement le “paquet de réseaux européen” ? C’est le dernier plan proposé par la Commission européenne pour developper, renforcer les connexions électriques transfrontalières. Objectif affiché par Bruxelles : permettre à l’électricité de mieux circuler et, surtout, d’écouler les pics de surproduction fatals pour l’équilibre du réseau et qui se multiplient depuis deux ans comme en témoigne la multiplication des épisodes de prix négatifs.

    De fait, sur le front électrique, rien ne s’accorde. A la croissance rapide des renouvelables, éolien et solaire, répond une consommation électrique en berne. La capacité de stockage et la flexibilité restant ce qu’elles sont, les vases ne communiquent pas.

    Mais le grand plan d’autoroute européen de l’électricité est-il la solution, qui ce faisant pousse à continuer de développer solaire et éolien ? En France, RTE n’est pas vraiment de cet avis. Faute d’électrification massive, le gestionnaire du réseau préconise, lui, de ralentir le développement des ENR. Le gouvernement, lui, ne sait plus sur quel pied, technique, politique, politicien, danser : sa feuille de route énergétique, censée donner le cap pour les dix ans à venir, et qui devait être approuvée par décret pour Noël, a encore été repoussée…

    Mais le grids package est-il seulement cela ? François Goulard y voit la main, encore et toujours, de l’Allemagne. Une tentative, constante, aussi de la Commission européenne de prendre le pouvoir sur un nouveau domaine, stratégique : l’énergie.

    “Si la Commission européenne prend le contrôle des réseaux électriques, elle contrôle totalement la politique énergétique des pays”, analyse l’ancien ministre aujourd’hui vice-président de l’association Patrimoine, Nucléaire, Climat (PNC-France) qui dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron met en garde contre les risques qu’il y a à ouvrir une telle brèche.

    Pour François Goulard, il y a urgence à stopper tous les nouveaux projets d’ENR. Quitte à alimenter la “guerre” entre nucléaire et renouvelables ? “L’opposition entre nucléaire et renouvelables est complètement artificielle, tout simplement parce qu’elle fait fi des réalités techniques. Nous ne nous opposons pas aux renouvelables mais à l’excès de renouvelables”.

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    A lire également sur le sujet :



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    54 min
  • L'arnaque de la suspension de la réforme des retraites

    Souvenez-vous : la réforme des retraites a été imposée sans débat, donc de manière aussi autoritaire qu’antidémocratique, par Emmanuel Macron et Elisabeth Borne, en usant d’un subterfuge. Ils avaient inclus la réforme des retraites dans le projet de loi de finance de la sécurité sociale afin de pouvoir utiliser le 49-3 pour la faire passer en force. Le gouvernement peut en effet user du 49-3 autant qu’il le souhaite pour faire passer la loi de finance et celle de financement de sécurité sociale, alors qu’il ne le peut qu’une fois par session parlementaire pour tout autre texte.

    Les décrets d’application des dispositions de la réforme des retraites ayant tous été publiés, elle ne peut être suspendue. Ces dispositions ne peuvent qu’être abrogées par le Parlement. Ce qui n’arrivera pas puisque le Sénat s’y opposera, si toutefois une loi passait le vote de l’Assemblée nationale. Or, puisque Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas utiliser le 49-3 - le ferait-il serait-il immédiatement censuré - il faudra utiliser la navette parlementaire traditionnelle en passant par la commission paritaire mixte.

    Le gouvernement a donc choisi de biaiser pour éviter la censure en faisant mine de donner au parti socialiste, syndicats d’élus intéressés uniquement par la soupe (les socialistes ne sont pas les seuls, coucou LR!), une victoire. Il ambitionne de faire passer la “suspension” jusqu’en 2027 par un amendement au projet de loi de finance de la Sécurité sociale 2026. Outre le fait que cet amendement sera également rejeté par le Sénat s’il survivait à l’examen de la Chambre, il sera censuré en toute logique par le Conseil constitutionnel parce qu’il constituera alors un cavalier législatif, c’est à dire une mesure qui n’a rien à faire dans cette loi.

    On nous prend pour des buses.



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    3 min
  • Le chemin de croix judiciaire des Macron, Sarkozy et autres joyeusetés

    Pour mémoire, les articles de Régis de Castelnau et de L’Eclaireur sur ce sujet, par ordre chronologique.

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    1 hr 32 min
  • Paraphraser sans citer les auteurs, c'est plagier

    Le rapport sur les Twitter Files France, publié par Civilization Works, est en accès libre, en anglais comme en français. Parce qu’il est d’intérêt public, il est important que ceux qui souhaitent le lire le puissent.

    En revanche, quand des commentateurs qui font profession de commenter et des journalistes qui font profession d’informer, utilisent notre travail, ils ont l’obligation déontologique et doivent avoir la courtoisie professionnelle de citer les auteurs. Paraphraser le travail d’autrui sans citer les auteurs est un plagiat, une infraction réprimée comme une contrefaçon au code pénal.

    Si nous ne sommes pas procéduriers pour un sou, en revanche nous sommes intraitables en matière de déontologie.

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    L’écrasante majorité des personnes qui ont répercuté ou repris notre travail nous ont porté crédit, il est important de le préciser.

    André Bercoff a invité mardi 9 septembre Idriss Aberkane sur Sud Radio pour parler des Twitter Files France. Il a réussi l’exploit de ne pas mentionner, dans un segment de 45 minutes, les auteurs de l’enquête, à savoir Thomas Fazi et Pascal Clérotte, qui ont travaillé avec le précieux soutien éditorial d’Alexandra Guttentag et de Michael Shellenberger.

    Il a au surplus été imputé à notre rapport lors de cette émission, que nous vous laissons retrouver sur internet, de nombreux éléments qui n’y figurent pas mais sont le produits de conjectures, de spéculations et d’opinions de MM. Bercoff et Aberkane, et qu’ils ont présentés comme des faits. Il s’agit donc de mésinformation.

    Un exemple: il a été affirmé à l’antenne de M. Bercoff que Jack Dorsey a refusé de donner suite à la demande d’Emmanuel Macron de lui envoyer un SMS. Nous n’avons pas établi cela. Nous n’en savons rien, c’est écrit en toute lettre dans le rapport, page 9.

    Et le reste de l’émission est à l’avenant, bourré de contre-vérités et d’affirmations fantaisistes. C’est à se demander si André Bercoff a lu le rapport pour préparer son émission et s’il est capable de tenir une antenne en portant contradiction à un interlocuteur qui indéniablement s’égare, emporté par sa passion pour le sujet.

    Les Twitter Files France sont une affaire grave, sans doute l’un des scoops de l’année. La nature des faits qu’ils révèlent - des atteintes organisées à la liberté d’expression depuis plus de dix ans - l’indication de l’implication du plus haut de sommet de l’Etat et les conséquences diplomatiques que cela peut avoir, interdisent le travestissement des faits, la propagation d’interprétations à l’emporte-pièce, les procès d’intention et les théories fumeuses. On ne parle pas de ce genre de chose à la légère. On s’en tient aux faits.

    Dans notre rapport, les faits que nous exposons et l’analyse que nous en faisons sont clairement distincts et identifiables par le lecteur, en conformité avec la charte de Munich. La même chose est vrai pour le fil X de Michael Shellenberger dans lequel sont publiés des documents, la plupart caviardés par nos soins, afin de ne pas nuire à des innocents.

    Pascal Clérotte, excédé, a fait part sur X de sa surprise et de sa désapprobation à André Bercoff. Il a reçu la réponse suivante – promptement supprimée par André Bercoff.

    Oui, Mesdames Messieurs, André Bercoff est journaliste. Gageons qu’il ne représente pas l’état d’esprit - la mentalité, comme on dit dans le mitan - de l’ensemble de la profession.

    Cet incident est d’autant plus regrettable que M. Aberkane avait fait l’honneur et le plaisir de recevoir Pascal Clérotte jeudi dernier sur sa chaîne pour discuter des Twitter Files France, émission dont nous nous étions fait l’écho.

    Pascal Clérotte a demandé un droit de réponse à M. Patrick Roger, le patron de Sud Radio.



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    6 min
  • Europe humiliée, Europe ruinée

    Que faut-il retenir du sommet à Washington qui a réuni, derrière Trump et Zelensky, Emmanuel Macron, l’anglais Keir Starmer, l’italienne Georgia Meloni, l’allemand Friedrich Merz mais aussi le finlandais Alexander Stubb, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen – bref toute la cavalerie pour défendre les intérêts de l’Ukraine, qui ne sont pas ceux de “l’Europe”, avec le succès que l’on risque de voir ?

    Des échanges de territoires ? La question n’est pas traitée – mais l’administration américaine a fait comprendre que c’était inéluctable.

    Un cessez-le-feu ? L’idée a là aussi disparu du champ diplomatique puisque Donald Trump veut un règlement définitif du conflit, un accord de paix.

    Une rencontre Poutine-Zelensky ? A ce stade, tout est encore très flou, mais les Européens poussent pour être de la partie, ce dont les Russes ne veulent pas entendre parler.

    Des garanties de sécurité ? Le président américain a mis son veto à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et les déclarations d’Ursula von der Leyen quant à apporter des garanties équivalentes à celle de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord relèvent du fantasme. La présidente de la Commission européenne persiste à se prendre pour un chef d’Etat et à ne pas comprendre que les questions de défense ne sont pas de ses compétences. Comment rajouter de la confusion au désordre.

    La seule chose à retenir du sommet à Washington est que les Européens vont être une nouvelle fois les dindons de la farce et devront payer pour l’Ukraine, Etat croupion, un Kosovo puissance 10. Ne nous y trompons pas : quoi qu’en disent les médias en France, il y a bien eu une négociation. C’est affirmé très clairement dans la vidéo ci-dessus. Ce que confirme la présence du secrétaire du Trésor, Scott Bessent (3e en partant de la gauche debout derrière J-D Vance et Rubio) A la question de savoir ce que les Etats-Unis donneront à l’Ukraine, la réponse de Donald Trump a été très claire. Celle de Volodymyr Zelensky aussi.

    Donald Trump : “Nous ne donnons rien , nous vendons des armes”.

    Volodymyr Zelensky : “Nous avons maintenant la possibilité d’acheter des armes aux Etats-Unis. Nous sommes reconnaissants envers l’Europe, elle finance cela par l’intermédiaire de l’OTAN”.

    Le deal est là. Il avait d’ailleurs transpiré quand le Financial Times avait révélé le contenu d’un document dans lequel le président ukrainien faisait état de sa proposition d'acheter pour 100 milliards de dollars d'armes américaines financées par l'Europe dans le cadre d'un accord visant à obtenir des garanties des Etats-Unis pour sa sécurité après un accord de paix avec la Russie. Article relayé par l’agence Reuters.

    D’où sortent ces 100 milliards de dollars (90 milliards d’euros) ? De la Facilité européenne pour la paix (FEP) ? Depuis 2022, ce fonds extrabudgétaire financé par des contributions directes des États membres de l’UE et géré directement par le Conseil - non pas la Commission - a octroyé plus de 11 milliards d’euros à l’Ukraine pour des équipements militaires et des formations. Sachant que la FEP dispose d’un budget total de 17 milliards d’euros, on est encore loin du compte…

    La FEP est une innommable bourse aux armes parfaitement opaque basée sur un système de compensation, donc propice à toutes sortes de magouilles. Dès le début du conflit en Ukraine, nous l’avons souligné.

    Les ventes d’armes, d’équipements et de fournitures militaires sont toujours sujettes à corruption, Voir les enquêtes judiciaires qui visent la NSPA, la centrale d’achat de l’OTAN.

    En attendant, pas sûr que le compte soit bon pour tout le monde. En octobre dernier, la cour des comptes européenne avait tiré la sonnette d’alarme quant au risque que fait peser l’Ukraine sur le budget de l’UE. Ses alertes n’ont pas rencontré beaucoup d’écho.

    Nous re-publions à ce sujet, en accès libre, notre article paru le 24 octobre 2024.

    Du "quoi qu'il en coûte" appliqué à l'Ukraine

    L'aide financière à l'Ukraine plombe gravement les finances de l'Union européenne. La manière dont sont octroyés les prêts font du contribuable européen le premier dindon de la farce.

    Le jour où Emmanuel Macron recevait à l’Elysée Volodymyr Zelensky pour lui réitérer son soutien à l’Ukraine, le gouvernement Barnier dévoilait les premières mesures, entre économies et hausses d’impôt, qui seront soumises au vote du parlement pour faire baisser le déficit public - afin de financer l’aide à l’Ukraine.

    Le parallèle est saisissant. Mais il ne s’agit pas de seulement regarder ce nouvel épisode d’ukrainolâtrie à l’aune de ce qui se passe en politique intérieure française. Le dirigeant ukrainien craint à raison le désengagement des Etats-Unis dans sa guerre contre la Russie. Et s’est donc lancé une nouvelle fois dans une tournée européenne qui le mènera dans plusieurs capitales. Après Paris, le président ukrainien est attendu à Rome et à Londres. Le cirque est en ville…

    Autre parallèle frappant : la veille de la venue de Zelensky à Paris, la Cour des comptes de l’Union européenne a fait savoir dans un rapport qu’elle se montrait passablement inquiète pour les finances de l’UE. En cause : la Covid et l’Ukraine qui plombent les comptes. Il ne s’agit pas tant du montant des aides et prêts octroyés à l’Ukraine que de la façon dont ils sont octroyés, comme nous allons le voir.

    L’UE est endettée mais elle s’endette de plus en plus. Et de manière alarmante. En contravention avec les traités. Entre 2022 et 2023, sa dette a bondi de plus de 30 %. Elle est passée de 348 milliards à 458,5 milliards d’euros. Et elle est deux fois plus élevée qu’en 2021.

    L’UE est devenue “ l’un des principaux émetteurs de dette d’Europe”. Ce n’est pas nous qui le disons mais la cour des comptes dans son rapport publié le 9 octobre. En cause, l’inflation, mais pas seulement. Le programme NextGeneration EU, entièrement financé par la dette, pèse aussi dans les comptes de l’UE. A lui seul, le plan de relance post-Covid s’est traduit par la souscription de plus de 268 milliards d’euros d’emprunts en 2023, emprunts sans aucun effet sur l’économie. C’est la Cour des comptes européenne qui l’affirme également.

    En tout, la Commission européenne a prévu d’emprunter sur les marchés des capitaux des fonds d’un montant total de 800 milliards d’euros. Montant qu’il faudra rembourser à compter de 2027.

    Comment ? La Cour des comptes doute que la proposition de Bruxelles d’utiliser ses ressources propres soit suffisante pour rembourser la dette du plan de relance. Bref, il faudra souscrire de nouveaux emprunts pour rembourser les actuels dans la même spirale de l’endettement que la Commission européenne reproche à la France, à la Belgique, l’Italie, Malte etc.

    La charge de la dette, c’est la capacité non pas seulement à rembourser les emprunts mais aussi à en payer les intérêts. Or, ce poste de dépenses enfle à vue d’œil. En France, la charge de la dette explose. Elle est aujourd’hui de 57 milliards d’euros. Demain, en 2027, elle devrait atteindre 84 milliards d’euros d’après Pierre Moscovici, le premier président de la cour des comptes, pour devenir le premier poste de dépenses devant l’Education nationale.

    Au sein de l’UE, le coût des intérêts de la dette explose également. La charge de la dette pour financer les plans de relance européens a ainsi quasiment triplé, et devrait atteindre 42 milliards d’euros. Une “bombe à retardement”pour le budget de l’UE, soulignait le rapporteur sur le budget de l’UE Siegfried Mureșan (Parti populaire européen, PPE).

    Si le budget européen est sérieusement mis à mal par le plan de relance post-Covid, le soutien à la guerre en Ukraine fait planer un risque financier encore plus important.

    En 2023, l’aide à l’Ukraine a plus que doublé, passant de 16 à 33,7 milliards d’euros – sur un total de plus de 70 milliards, chiffres arrêtés en juin 2023, voir le détail ci-dessous.

    Rien ne vient garantir que l’Ukraine parvienne à rembourser ces prêts, au moins dans les délais, contribuant à aggraver l’endettement de l’Union européenne puisque le défaut de paiement serait directement supporté par les futurs budgets de l’UE, alerte la Cour des comptes. Mais de nouveaux instruments, mis en place début 2024 pour aider Kiev, viennent en rajouter une couche.

    C’est la facilité pour l’Ukraine – à ne pas confondre avec la Facilité pour la paix. Un programme – hors aide militaire et aide aux réfugiés qui relèvent d’autres dispositifs – à hauteur de 50 milliards d’euros prévu jusqu’en 2027, soit 200 milliards d’euros dédiés à l’Ukraine pour l’aider dans sa reconstruction. Un soutien mis en place sans aucune étude d’impact, sur l’Ukraine comme sur les finances de l’UE. Sans véritable contrepartie, le dispositif mentionnant un vague respect des droits de l’Homme ou des mécanismes démocratiques– rappelons que Volodymyr Zelensky est depuis 2023 un président non élu. Un programme sans beaucoup de contrôles, dans un contexte de grande corruption systémique.

    Il faut lire l’avis rendu en 2023, avant la mise en place de la facilité, de la Cour des comptes de l’UE.

    Ces cinquante milliards d’euros se répartissent en un peu plus de 17 milliards d’euros de subventions et de bonifications d’intérêts, non remboursables par Kiev. Et en 33 milliards d’euros de prêts contractés sur les marchés financiers et couverts par la “marge de manœuvre” 1 du budget de l’UE. A des conditions très avantageuses pour Kiev 2, beaucoup moins pour l’UE en cas de défaut de paiement de l’Ukraine. Ou pour les Etats-membres et in fine le contribuable européen - c’est à dire les contributeurs nets, Allemagne et France en tête - dans le cas où ce qui reste de “marges de manœuvre” du budget de l’UE ne permette… aucune marge de manœuvre.

    La Commission européenne pourra en dernier recours demander des ressources aux États membres pour les affecter au service de la dette de l’UE… En gestion d’entreprise, cela s’appelle organiser sa faillite, donc une banqueroute.

    Dit autrement, non seulement l’UE dépense pour l’Ukraine qui n’en fait pas partie, mais elle s’endette aussi pour l’Ukraine au détriment des Européens, faisant peser un risque de plus en plus accru sur les finances publiques de l’ensemble des Etats membres. En 2022, la Cour des comptes avait déjà souligné “l’augmentation considérable de l’exposition du budget de l’UE à la situation en Ukraine”.

    1 La marge de manœuvre est la différence entre le plafond du CFP, auquel la facilité déroge, et celui des ressources propres de l’UE.

    2 Prêts d’une durée maximale de 35 ans, le remboursement du principal ne débutant qu’en 2034; accompagnés de bonifications des intérêts et d’autres coûts de l’emprunt.



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