Ce jeudi, 25 avril, on fêtera les 50 ans de la Révolution des oeillets. Et c'est une date importante, celle du renversement d'un régime dictatorial, considérée par certains comme la dernière révolution en date sur le sol européen. Une date importante aussi pour notre radio et son importante communauté d'auditeurs et auditrices portugaises.
Pour évoquer cette mémoire et ce qu'il en reste, on reçoit des bordelais et bordelaises qui ont un lien plus ou moins fort avec le 25 avril 1974.
- Manuel Dias Vaz, tu es né au Portugal sous la dictature, arrivé en France à 18 ans. On peut dire que tu as milité toute ta vie pour la reconnaissance et la solidarité avec les immigrés, tu es membre du Comité Sousa Mendes et de la Ligue des Droits de l'Homme.
- Maria Luisa Arnaud, portugaise toi aussi, tu étais à la fin de tes études pour devenir enseignante à Porto en avril 1974.
- Michel Cabannes, économiste français, on t'entend tous les mois dans les Clés de l'éco sur notre antenne. En 74 tu étais engagé en politique avec le PSU... Et tu t'es intéressé à la situation du Portugal à cette époque là.
- Mélina, tu es d'origine portugaise, étudiante en droit, militante à Révolution permanente, et on aura avec toi le regard d'une personne qui n'a pas vécu 74.
Je commence par un petit rappel historique. Au début des années 1970, le Portugal est engagé dans des guerres coloniales en Angola et au Mozambique. Ces guerres touchent durement la population, sommée d'y envoyer ses fils... mais sont aussi un terreau de radicalisation pour des militaires, qui constatent leur absurdité et refusent de plus en plus d'y participer. C'est dans ce contexte que des capitaines de l'armée s'organisent. Dans la nuit du 24 au 25 avril 1974, un signal est lancé avec la diffusion de 2 chansons à la radio (dont Grandola Vila Morena, alors interdite par la régime). Des troupes se mettent alors en route vers Lisbonne afin de destituer Marcelo Caetano, successeur de Salazar à la tête du gouvernement. C'est le début de la démocratisation de l'Etat portugais.