Le Plat de Résistance

Le Plat de Résistance

By La Clé des OndesSociety & Culture
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Le Plat de Résistance episodes

  • "Faire barrage ne suffit pas" - Notre débat sur le 2e tour et la montée de l'extrême droite
    Et maintenant, on fait quoi face à l’extrême droite, ses idées et ses actes ? On est tous et toutes ici je pense soit triste.s, en colère, abattu.es, désabusé.es… face à cette élection présidentielle et au choix qu’elle nous impose entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. C’est un peu comme quand on se demande en soirée « qu'est-ce que tu préfères entre 2 choses plus horribles l'une que l'autre ». Sauf que là que c’est la Ve république qui nous pose la question et qu’elle attend une réponse pour dimanche prochain, qu'elle donnera même une réponse dimanche prochain.
    Alors qu’est-ce qu’on fait, électeurs, militants, sympathisants de gauche ? Est-ce qu’on va voter ou pas ? Comment on fait réellement barrage à l’extrême droite ? C’est les questions qu'on se pose en ce moment, qui agite nos conversations et réseaux sociaux, et dont on voulait discuter à l’antenne aujourd’hui.
    Pour en parler, en studio :
    - Pauline Moszkowski, journaliste à La Clameur Podcast social club, et co-coordinatrice du podcast Sabotage, consacré à l’analyse de l’extrême droite
    - Philippe Arnaud, aujourd’hui retraité, syndicaliste à Solidaires 33, animateur de l’émission Achaïra sur la clé des ondes – tous les 1er lundis du mois à 20h
    - André Rosevègue, membre du collectif de soutien aux migrants sur Bordeaux et des Etats généraux des migrations, membre de l’Union juive française pour la paix, et animateur, entre autres, l’émission Des gens qui cherchent sur notre antenne aussi !
    - Morgan et Gaëlle, membres de l’UCL - Union communiste libertaire
    Qu'est-ce que le Rassemblement national, que ferait-il s'il était au pouvoir ? Que faire dans ce 2e tour de l'élection et face à ce choix du moins pire ? Comment lutter réellement contre l'extrême droite ?
    On parle au fil de l'émission de réinvestir les territoires abandonnés par la gauche, faire de l'éducation populaire, rompre avec toute forme de racisme, ou encore se préparer à se défendre...
    Image de Une : Professions de foi du deuxième tour (La Clé des Ondes)
    1 hr 6 min
  • Abstention, vote populaire et état des gauches : les enseignements du premier tour de la présidentielle
    Magali Della Suda, chargée de recherche CNRS en sciences politiques au Centre Emile Durkheim et enseignante à Sciences Po Bordeaux :
    "L'électorat d'Emmanuel Macron s'est vraiment resserré sur la sociologie d'un électorat de droite. Donc on peut vraiment identifier un vote de droite, de la même manière qu'il y a eu un vote de classe en faveur de Jean-Luc Mélenchon. On constate aussi la consolidation du vote pour Marine Le Pen dans les classes populaires et chez les femmes. "
    Magali Della Suda insiste sur l'importance de variables "lourdes" pour expliquer le vote : la catégorie socio-professionnelle, l'âge, le niveau de diplôme, la dépendance à un bassin d'emploi, et la présence ou pas de réseaux militants "qui sont des éléments explicatifs de socialisation et de basculement peut-être dans un vote RN ou Union populaire".
    "J'ai été très intéressée par les remarques de personnes vivant dans le périurbain déplorant l'absence de militants, sauf de militants du Rassemblement National dans leur commune. La seule visibilité politique et militante dans leurs lieux de vie, c'est celle de ces personnes-là. Alors que ce sont des militants RN qu'on ne voit pas dans les mouvements sociaux, dans la contestation de la réforme des retraites. On les a un peu vu dans le mouvement des gilets jaunes, mais de manière assez médiatique et peu visible. Là le RN récolte directement les fruits d'une médiatisation de ces enjeux, de la mise à l'agenda de problématiques sur lesquelles ce parti est positionné de manière hégémonique, du fait notamment de l'arrivée d'Eric Zemmour, de sa virtuosité dans le maniement des réseaux sociaux et de sa connivence avec une partie du champ journalistique.
    La Clé des Ondes vous donne rdv dimanche 24 avril à partir de 19h30, en direct et en public, pour se retrouver et préparer ensemble le 3e tour social. Ça se passera chez N'a qu'1 oeil, au 19 rue Bouquière à Bordeaux !
    37 min
  • "Le Pen veut faire croire qu'elle veut lutter contre la vie chère, or ce n'est pas son projet"
    François Richard, militant à Ensemble et à la FSU :
    "C'est Marine Le Pen qui va avoir le flambeau de la question sociale, c'est l'extrême droite. C'est ça la catastrophe. Elle a réussi à faire croire que c'est elle qui allait lutter contre la vie chère. Alors que ce n'est pas du tout le fond de son projet, qui est lui aussi néolibéral."
    Alors que l'extrême droite ne fait que progresser d'élection en élection (passant de 19 à 26 puis 32% des votes), François réfute l'idée que Macron formerait un "barrage" contre elle, "puisque c'est lui qui l'a installée ! Il a renforcé un monstre qu'il ne peut pas forcément contrôler."
    Résultat : c'est la première fois qu'un 2e tour où est présent l'extrême droite est aussi ouvert.
    "Macron a tellement siphonné la droite, Zemmour, une partie des socialistes, des écologistes, qu'il n'a plus beaucoup de réserves. Donc toute la question qui se pose pour nous c'est qu'est-ce qu'on va faire dans 15 jours ? La seule chose qui pourrait me faire voter Macron dans 15 jours, c'est qu'il annonce clairement que la réforme des retraites est abandonnée et qu'un certain nombre d'éléments de son programme sont transformés, sinon il n'y a aucune raison de voter Macron."
    D'un autre côté, l'idée que Marine Le Pen devienne présidente de la 5e République, "avec l'article 16 [qui donne des pouvoirs étendus au président de la République - ndlr], avec un syndicat Alliance hégémonique dans les forces de l'ordre, c'est la boucherie" selon François Richard.
    Il analyse également le comportement de certains membres du PS et de soutiens de Yannick Jadot :
    "Il y a une chose qui me hérisse dans les commentaires d'une partie de la gauche, c'est la notion "les extrêmes". J'ai encore lu Christine Bost, maire PS d'Eysines, parler "des extrêmes". Le PS et Jadot n'ont cessé dans les 2 dernières semaines de taper sur Mélenchon, alors qu'il fallait que la gauche soit au 2e tour. Il y a quelque chose là qui va laisser des traces, et ça me fait peur, parce qu'il va bien falloir dans les législatives et pour la suite dans les mouvements sociaux que toute la gauche se retrouve. Ce qui est fondamental pour moi c'est qu'hier face au bloc bourgeois, face raciste, il y a un bloc populaire qui s'est construit et qui doit se renforcer dans les semaines qui viennent, pour la préparation des législatives et dans la rue."
    18 min

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