Militant communiste révolutionnaire, Alain Krivine est mort ce samedi 12 mars à l’âge de 80 ans. D’abord militant à l’Union des étudiants communistes (liée au Parti communiste français), il en est exclu en 1966 avec d’autres camarades pour ses prises de positions contre contre François Mitterrand.
Opposé au stalinisme, fondamentalement internationaliste, il avait cofondé la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), la Ligue communiste (LC) puis la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) – devenue NPA en 2009. En 1969, il fut le premier candidat communiste révolutionnaire à l’élection présidentielle.
Pour sa biographie détaillée, lire sa fiche sur le Maitron.
André Rosevègue, qui a participé aux mêmes combats que lui dans les années 1960, nous rappelle ce contexte et la place qu’a tenu Krivine dans ces évènements. Il revient sur la création de la JCR, mai 68, la première candidature à la présidentielle en 1969, la mobilisation contre l’organisation fasciste Ordre nouveau en 1973, et jusqu’à la création du NPA. Il insiste sur le flair politique qui caractérisait Krivine, à même de soutenir les luttes émergentes.
A La Clé, nous avons conservé de nombreuses archives des meeting d’Alain Krivine à Bordeaux. En voilà 3 que nous avons sélectionnées.
- 14 février 1992 : Alain Krivine en meeting (interdit) à Bordeaux contre la guerre du Golfe.
- 1993: interview par Gilbert Hanna avant des élections législatives. Il parle de l’unité à gauche, du chômage et de la technologie.
- Février 2001 : interview par Gilbert Hanna dans le cadre des élections municipales. Revenant du forum social de Porto Alegre, Krivine évoque la question de la démocratie locale et des budgets participatifs.
Enfin, nous avons voulu interroger la vision que les nouvelles générations militantes gardent de cette histoire. Sacha est militant au NPA Jeunes depuis moins d’un an, il n’a pas connu Alain Krivine, mais nous décrit l’image qu’il en a reçu et la manière dont les combats et l’expérience de ces générations peuvent se transmettre.
L'écrivain de polar Hervé Le Corre a également témoigné de son compagnonnage avec Alain Krivine :
"Alain Krivine est mort. 80 balais. Je ne sais pas si c'est lui qui a vieilli trop vite ou la révolution, à force d'être trahie, défigurée, ensanglantée par les tyrans qui ont cru la posséder en la violant et en lui faisant des enfants monstrueux.. Sans doute les deux."
Notre ami Jean-Paul Chaumeil se souvient aussi de ces années :
"Pour la campagne présidentielle de 1969, j’ai collé des affiches de lui avec sa tête de 1er de la classe – Krivine la cravate comme disaient les envieux – sur des bus. Non, pas les abribus, trop facile, mais sur les bus. On se place derrière, feu rouge, 2 coups de pinceau, pas le temps de regarder si c’est droit, on ripe."