On revient également sur le projet "Femmes d'ici et d'ailleurs](https://www.lacledesondes.fr/emission/femmes-d-ici-et-d-ailleurs)" : fruit d'une collaboration entre la Maison des Femmes et La Clé des Ondes, il s'agit de 9 entretiens qui ont été diffusés sur notre antenne durant les deux dernières semaines de juin et qui sont à réécouter en [podcast. Un projet qui donne la parole aux femmes qui passent par la Maison des Femmes. Enfin, on revient aussi dans l'émission sur l'actualité politique, la percée inquiétante de l'extrême droite en France, et les répercussions de cette situation sur les personnes immigrées et sur les associations qui les soutiennent.
Nos invitées :
- Isabelle, salariée de la Maison des Femmes
- Hope, qui fréquente la Maison des Femmes
Isabelle :
« La maison des femmes existe depuis plus de 20 ans. C’est un lieu associatif qui a été crée par des femmes féministes. C’est un lieu pour que les femmes se retrouvent, discutent etc. Ça s’est professionnalisé donc on a aujourd’hui une grosse partie d’accueil pour les femmes victimes de violence, sexuelles et conjugales. L’autre partie qui est un accompagnement social, c’est un accueil inconditionnel pour toutes les femmes. C’est avant tout aussi un lieu d’écoute. »
Hope :
« La maison des femmes pour moi c’est pour se retrouver avec les autres, pour me faire guider, et aussi j’ai fait mon stage là-bas et ça m’a beaucoup aidé. J’ai rencontré des femmes qui sont dans le même cas que moi et ça m’a permis de savoir que je ne suis pas toute seule. »
Isabelle, concernant la percée de l'extrême droite :
« On a pris une très grosse claque par rapport à tout ce qu’il s’est passé ces derniers mois et notamment là tout récemment évidement avec les élections. Ça pose vraiment question parce qu'il y a une telle haine dans ce pays face aux étranger·ères de la part de certaines personnes, je me dis qu’ils ne savent pas comment elles vivent. Ce qui nous manque vraiment c’est les papiers et les logements pour qu’elles puissent se poser, ce sont les deux points cruciaux. Après, pour ces femmes, ça roule, ce sont des guerrières. Une fois qu’elles sont posées, elles avancent. Elles ont envie d’avoir un petit lieu de vie et de travailler. Pour des contrats de 26h, elles font des semaines de 50h, elles se trimballent dans les trams, dans les bus pour aller travailler, ménages, auxiliaires de vie, elles sont dans tous les boulots sous tensions. Demain, s'il y a un truc qui se passe dans ce pays et qu’on fait partir toustes les étranger·ères, je vous dis qu'il n'y aura plus personne pour bosser dans pleins de domaines d’activités.»
Hope, concernant la percée de l'extrême droite :
« Moi ça m’inquiète beaucoup, je n’arrive plus à dormir et même quand je fais des activités, j’y pense tout le temps et ça m’inquiète beaucoup. J’ai peur qu’on me dise de repartir chez moi, même si je continue à me battre parce que je suis venue pour les études et je travaille et j’ai envie de réussir et de m’intégrer dans la société française. En venant ici j’ai fui des persécutions dans mon pays et je n’aimerais pas repartir comme ça sans être diplômée ou m’intégrer ici. C’est ça ma peur. »
Isabelle :
« L’urgence là ce sont les promesses d’embauche. Il faut qu’on trouve aujourd’hui des personnes qui sont prêtes à s’engager pour elles. Il faut une mobilisation des employeur·euses pour les sans papiers. On fait un appel à la solidarité aujourd’hui, parce qu’elles resteront sur le territoire français. Il y a des femmes qui ne peuvent plus repartir dans leur pays d’origine, ce n’est plus possible pour elles, donc nous allons les garder ici avec nous, elles vont vivre avec nous. Il faut qu’on trouve des solutions. »
Hope :
« J’ai des personnes qui sont bienveillantes et d’autres pas du tout. J’ai reçu des coups en travaillant chez une dame. Elle m’a tapé dessus avec sa canne parce que je n’arrivais pas à bien placer son rideau. Ça, ça met un coup quand même parce qu'on a envie de travailler et de bien faire son boulot et juste repartir à la maison sans chercher de problèmes. »
Les 9 entretiens sont à retrouver ici.
Photo de une : Léa Perron, Hope, Isabelle, Amandine (présidente de la MDF), Marion (salariée).